Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Archives de Tag: Sartre Jean-Paul

Les Sans-Couilles !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Il y a eu les Sans-Culottes, aujourd’hui, il y a les Sans-Couilles !!! et demain, il faudrait mener un combat contre les énarques,  cancer de la France avec ce message : Les Sans-Enarques retournés dans votre Corps d’état et quitter l’entreprise dont vous avez assez profité pour laisser votre place aux vrais entrepreneurs ! ENA ( Ecole de Névrose et d’Ambition )

Au début de la Révolution française de 1789, le nom « Sans-culottes » est donné par mépris aux manifestants populaires qui portent des pantalons à rayures bleues et blanches. Ce costume est un signe de protestation, arboré par des avocats, des commerçants, des employés, des artisans, des bourgeois, puis par les membres de toutes les conditions qui se présentaient comme « patriotes ».

 La jolie sans-culotte en armes et son compagnon !

« Qu’est-ce qu’un sans-culotte ?  décrit par le Père Duchesne, été 1793
C’est un être qui va toujours à pied, qui n’a pas de millions comme vous voudriez tous en avoir, point de châteaux, point de valets pour le servir, et qui loge tout simplement avec sa femme et ses enfants, s’il en a, au quatrième ou au cinquième étage. Il est utile, il sait labourer un champ, forger, scier, limer, couvrir un toit, faire des souliers et verser jusqu’à la dernière goutte de son sang pour le salut de la République.

Quelques journalistes surent coller à ce peuple combattant et révolutionnaire : Jean-Paul Marat et son Ami du peuple, dans un tout autre registre, Jacques-René Hébert et son Père Duchesne, mais aussi Jacques Roux et son groupe les Enragés. Ils en furent longtemps les porte-paroles, plus que les guides, incontestés.

Ou sont-ils les journalistes qui s’engagent aujourd’hui ? Comme Camus, Mauriac, Jaurès, Zola, Aragon …

Ou sont-ils les intellectuels ? comme Jean-Paul Sartre, debout sur un bidon devant les usines Renault pour défendre le monde ouvrier.

Ou sont-ils les artistes comme Jacques Prévert qui à créé le Groupe Octobre ? et Coluche et ses Restos ?

Ou sont-ils les politiques ? …. comme Hollande, Président du Pays-Bas !!!

 

Publicités

L’Express a 60 ans

Bonjour M’ssieurs-Dames,

L’Express est né le 16 mai 1953 pour certains alors que j’ai en ma possession le numéro 1 datant du 2 mars 1953. Les historiens le diront.

L'Express n° 1

Le titre est fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber – JJSS et Françoise Giroud, comme supplément politique du journal  » Les Echos « , fondé par le père de JJSS,  Emile Servan-Schreiber. A sa création L’Express agit comme le « porte-parole » du président du conseil de l’époque, Pierre Mendès France, et permet l’adhésion d’une partie de la population à un régime qui était jusqu’alors jugé décevant.

En 1964, L’Express se transforme au format newsmagazine, qui inspireront plus tard Le Nouvel ObservateurLe PointL’Evénement du Jeudi. L’Express devient le premier magazine d’information français sur le modèle du Time. Le journal se généralise de plus en plus et devient le reflet des changements de la société française. L’Express est le grand succès de la presse des années 1960.

La citation de JJSS   » Dire la vérité telle que nous la voyons  » devrait être inscrite dans toutes les rédactions !!!

Jean-Jacques Servan-Schreiber par sa conviction et son intelligence a fait venir des grands noms comme  :

Albert Camus, Alfred Sauvy, André Malraux, Fernando Arrabal, François Mauriac, François Mitterrand, Françoise Sagan, Jacques Attali, Jean Daniel, Jean-Paul Sartre, Pierre Salinger, Raymond Aron, Robert Badinter,  et tant d’autres…

téléchargement (1)

JJSS, François Mauriac, Françoise Giroud en 1954

De nombreux journalistes y ont fait leurs armes : Jacques Derogy, André Bercoff, Jean-François Khan, Roger Priouret, Georges Suffert, Pierre Péan, Michèle Cotta, Catherine Nay, Anne Sinclair, Christine Ockrent, Yvan Levaï, Danièle Granet, Jean-François Bizot, Alice Morgaine, Jean-François Revel, Olivier Todd, Philippe Grumbach…

Brigitte Gros, Madeleine Chapsal, Jean-Louis Servan-Schreiber, Christiane Collange, Jean Ferniot, formaient la forteresse de JJSS.

J’ai eu la chance de travailler à L’Express comme collaborateur de JJSS  de juin 1970 jusqu’au jour de la vente de L’express à Jimmy Goldsmith en 1977, ensuite j’ai continué avec lui pour d’autres aventures ( Défi Mondial, Centre Mondial Informatique )

Depuis 1977, Jean-Jacques ne croyait plus à la presse écrite à cause des nouveaux réseaux d’information, comme d’habitude il avait vu juste, c’était un visionnaire qui manque aujourd’hui.

Je souhaite un bon anniversaire à L’Express et mon soutien à Christophe Barbier afin qu’il n’oublie pas les messages des fondateurs et les grands noms qui sont passés par L’Express pour défendre les combats et les idées de notre société.

Pour son 60 ème  anniversaire L’Express change. Parce  que nous attendons plus d’un journal d’information, comme à l’origine.

Christophe Barbier écrit dans son édito du nouveau numéro de L’Express du 15 mai :

images (1)

Parce que vous espérez de la presse écrite une hauteur de vue, un standing élevé, une distinction, et non le rabâchage du  » vu partout « . Notre journal entend répondre à cette question fondamentale : quels sujets méritent vraiment d’être imprimés ? Seuls les écrits restes, et ce qu’ils recèlent doit donc être au-dessus de toute facilité. Contre l’  » ‘infobésité « , cette malbouffe du cerveau qui nous fait avaler le moindre fait divers comme si il s’agissait d’une affaire d’Etat, tout en érigeant les starlettes de la télé-réalité au rang de philosophes des temps modernes, la presse doit se révolter, pour mettre dans la tête de ceux qui  » font l’actu » le plomb qui servait jadis dans les imprimeries. L’Express dresse ses colères, ses idées et son inextinguible foi en l’humanisme, ( je rajouterai l’humain ) pour un autre mai fondateur. Oui, nous croyons que l’optimisme est un combat, qu’une plume peut changer le siècle, que les maux se guérissent aussi par les mots.

Ma réaction subite …

L’Express doit revenir comme avant avec des personnalités qui ont des choses à dire  (sans être en campagne de promotion)  et avec des journalistes curieux, informés ( sans google actu ) et sans copier et déguiser les dépêches de l’AFP ainsi que leurs confrères de la presse étrangère. Enfin, sortir du format des écoles de journalisme sans goût et sans odeur !!! du light.

La vraie université du journalisme, c’est le bistrot :on pause une question et on a la réponse immédiatement  ( surtout pas les bars branchés pour les débranchés  )!!! dédé

L'Express n° 1

Sur les marches de L’Elysée

Photo de gauche prise par Jean-Régis Roustan ( photographe de L’Express ) et celle de droite par Benoît Lombrière

Jean-Paul Sartre au Flore

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Je vais vous raconter, comment j’ai envoyé péter Jean-Paul Sartre pour ensuite le respecter !

Après la mort de mon père, j’étais en colère contre la société entière, j’avais 14 ans et elle m’a privé de l’homme que j’aime, qui m’a appris le courage et l’intelligence. C’est à ce moment-là que je décide avec mon pote Bachir (un kabyle), qui se fait prénommer Aldo, d’aller faire la manche à Saint-Germain des Prés.

Préparez-vous, je vais vous parler d’un homme très moche, Jean-Paul Sartre, assis avec deux femmes à la terrasse du Café de Flore. Alors, que je lui demande du fric, il me répond: «  au lieu de faire la manche, tu devrais être à l’école ? Ton père sait que tu fait ça ?« .

Il n’aurait jamais dû me parler de mon père, je suis certain qu’il a signé mon certificat de colère, ce jour-là.  Je lui ai répondu «  Va te faire enc…. connard ! Je fais ce que je veux et ou je veux, ce n’est pas toi qui va guider ma vie ! ».  Je n’ai même pas regardé sa réaction, j’étais déjà parti ailleurs.

Ma liberté s’arrête où commence celle d’autrui. – (Jean-Paul Sartre)

Je continuais ma cavale de vagabond heureux et libre. J’aimais bien cette ambiance de St Germain, il y avait une bonne odeur de vie, des personnages bizarres, des frimeurs avec leurs belles bagnoles, des filles superbes et pas farouches, elles nous conduisaient dans leurs vies sans histoires et sans saveurs en nous emmenant dans les endroits chics, comme le Drugstore, Castel, le Montana, le Club de Nesles ….bref, ça sentait le fric!

Mon QG était l’Apollinaire, disparu aujourd’hui, à côté de l’église St Germain, remplacé par la boutique Hugo Boss! Avec Bachir, c’était notre terrain de chasse, comme nous n’étions pas du même milieu que les petits minets, on avait la côte auprès des filles, elles cherchaient à savoir comment on vivaient sans aller à l’école, où on couchaient, que faisaient nos parents, etc… Souvent ont leurs donnaient des conseils aux petits bourgeois, car ils avaient des problèmes d’existentialisme avec leurs parents et avec les filles.

J’avais appris par un de mes potes de la bande, que Sartre était un écrivain, un intellectuel, un philosophe… Je ne connaissais pas la différence et j’en avais rien à foutre.

Une femme de 50 ans environ, nous donnait des biffetons tous les jours à L’appolinaire et nous payait des diabolos-menthe, après plusieurs semaines, elle nous parlait toujours du vieux con (excusez-moi) parce qu’il voulait renouer avec moi pour s’excuser. Il avait appris ma fugue par cette dame qui était son amie et son indic. Je me suis fait piéger !!!

Alors, je rencontre Sartre au Flore. Il me demande de m’asseoir. Je reste debout. Une conversation s’engage sur mon père, je lui répond plus gentiment, j’étais moins énervé contre lui. Il alla m’acheter des livres à La Hune (librairie de St Germain des Près) en me soulignant un ou deux paragraphes au crayon Bic. Sartre me demandait ce que j’en pensais, lors de nos rencontres devenues journalières, aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne m’a jamais donné 10 balles! Je pense qu’il était radin !.

C’est grâce à lui, que Jean-Jacques Rousseau est devenu mon auteur classique préféré, avec «  Les rêveries du promeneur solitaire« .

J’ai compris progressivement que c’était bien de lire. Cela me faisait réfléchir, quand j’avais rien à foutre et, pour draguer les filles, j’avais plus de vocabulaire et des sujets à raconter. Je ne remercierai jamais assez cet homme qui m’a fait aimer les livres et la littérature. J’ai compris que je lui rendais la monnaie de sa pièce (si je puis dire) avec ma jeunesse, ma fougue et ma colère.

En conclusion, on ne se doit rien. Nos chemins devaient se croiser.

La différence avec aujourd’hui ? A qui pourrait parler un môme des banlieues au Flore ?

PS : Ah ! Oui, j’oubliais … respect pour Monsieur Sartre d’avoir apporter sa science sur un bidon devant les usines Renault à Boulogne-Billancourt. La pseudo-révolution de 68 lui doit beaucoup.