Le blog de Dédé de Montreuil

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La Paix !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dit Tony est arrivé mardi 25 mai à Tel Aviv pour tenter de stabiliser la trêve et préserver La PAIX !

Le secrétaire d’Etat américain s’est rendu d’abord à Jérusalem puis à Ramallah, ainsi qu’en Egypte et en Jordanie, pour renouer les liens avec les Palestiniens et leurs dirigeants, délaissés par l’administration Trump.

J’ai très bien connu Anthony, fils de Judith Pisar et beau-fils de Samuel Pisar quand il était installé à Paris pour sa scolarité à l’école bilingue Jeannine-Manuel, un établissement bilingue réputé, situé sur la rive gauche parisienne. 

Jean-Jacques Servan-Schreiber est son parrain, Anthony était très ami avec les fils de Jean-Jacques, je me rappelle de leurs rigolades sur les pistes de ski à Megève.

Jean-Jacques Servan-Schreiber et Sam Pisar seraient fiers de voir Anthony, aujourd’hui à la tête de la Diplomatie Américaine, il était auparavant secrétaire d’État adjoint sous la présidence de Barack Obama.

Anthony lors de son passage à Paris en juin 2021 avec Emile et Frankin Servan-Schreiber.

Les Etats-Unis veulent « reconstruire » leur relation avec les Palestiniens et israéliens, rompue sous l’administration de Donald Trump.

Il reste encore « beaucoup de travail » pour « restaurer la confiance » entre Israéliens et Palestiniens, a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Cela doit nous pousser à redoubler d’efforts pour préserver la paix », a-t-il ajouté à Jérusalem, au sortir d’une rencontre avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Finalement, il est possible de reprendre les efforts pour parvenir à une solution à deux Etats, que nous continuons de considérer comme la seule façon d’assurer le futur d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique et bien sûr de donner aux Palestiniens l’Etat auquel ils ont le droit. » Le secrétaire d’Etat n’est cependant pas entré dans les détails quant au rôle que les Etats-Unis, médiateurs traditionnels du conflit israélo-palestinien, pourraient jouer dans cette perspective.

Je parlais beaucoup de la Paix entre Israël et la Palestine avec son beau-père Sam Pisar, Avocat de renom, survivant de la Shoah.

Sam et Anthony aimait la phrase que j’ai écrite dans le Sinaï en 1981, après avoir ressenti la guerre des Six jours  » Ils n’ont donc pas d’épouses, ces frères insensés, ils n’ont donc pas de mères ? Pourquoi ne courent-elles pas pour enlever leurs êtres chers à l’ignoble champ de bataille ? Cette terre pétrie de sang qui les a séparés !

J’espère que cette dédicace sur Les armes de la Paix portera chance à Anthony.

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Anthony est toujours amateur de pop rock quatre décennies plus tard, il est resté fidèle au Rock and roll avec ses compositions. L’amour d’Antony pour la musique remonte à ses jours à Paris où il à appris à jouer de la guitare.

La preuve par cette vidéo où Anthony s’était produit avec Jeff « Skunk Baxter » de Steely Dan, lors d’une réception officielle à la Maison-Blanche en 2016. Quel autre ministre des Affaires étrangères peut en dire autant ?

Sam Pisar, mon ami !

Sam Pisar, mon ami s’est éteint le 28  juillet 2015. Sam fait parti des grands hommes que j’ai eu la chance de côtoyer. Je me souviens encore des questions sur la politique que Sam me posait à chaque rencontre. Encore merci Sam de m’avoir écouter. Sam, c’est l’intelligence, le savoir, le regard et l’écoute envers les autres, toujours présent quand on a besoin de ses conseils.

Un américain à Paris

Samuel Pisar, européen de naissance, américain par vote spécial du Congrès, avocat et négociateur international, docteur des Universités de Paris et de Harvard. Celui qui fut l’un des plus jeunes survivants des camps de la mort à Auschwitz, écrivit ses phrases sublimes avec une telle force pour donner de l’espoir aux autres, c’est à dire nous tous…

« J’étais si jeune dans l’enfer que je n’avais pas grand chose à transformer. Ma colonne vertébrale intellectuelle et psychique était si souple qu’elle ne s’est pas brisée. »
« Aujourd’hui, survivant des survivants, je ressens une obligation de transmettre les quelques vérités que j’ai apprises lors de mon passage dans les bas-fonds de la condition humaine, puis sur quelques-uns de ses sommets. Personne ne peut vivre ce que j’ai vécu sans ressentir le besoin d’alerter les nouvelles générations sur les dangers qui peuvent détruire leur univers, comme ils ont jadis détruit le mien. »

Il a dialogué et travaillé avec les décideurs du monde, d’ouest en est et du nord au sud, contre les engrenages de la fatalité. De Henry Kisinger à Barack Obama en passant par Michel Rocard, Michaël Gorbatchev, Alexandre Soljénitsyne…

Sam est l’ami et le confident des grands de ce monde et aussi de dédé de Montreuil, et OUI ? Il a été aussi conseiller du Président John Fitgerald Kennedy.

« L’expérience extraordinaire de sa vie nous montre que l’univers est balayé par des rafales dont la violence échappe à la conscience des hommes, et que la survie d’un peuple, comme celle d’un individu, est toute entière en lui:dans sa capacité d’endurance, d’adaptation et de création, la ressource humaine est sans limite. Si nous puisons dans cette source infinie, des sociétés naîtront qui relègueront au Moyen Age la sueur et le capitaL ». Il écrivit ce texte en 1983, avait -il tort, avait-il raison, à vous de juger !!!

Sam fut le confident et l’ami de Jean-Jacques Servan-Schreiber pendant 40 ans, jusqu’au dernier jour de son souffle, menant à ses côtés tous ses combats : la campagne de Nancy, contre Chaban-Delmas à Bordeaux, la vente de L’Express à Jimmy Goldsmith, le Parti Radical et le Mouvement Réformateur, le Ministère des Réformes, Le Centre Mondial Informatique, l’Université de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh,

J’ai eu la chance et le privilège de voir souvent Sam, j’ai participé à la lecture de ses ouvrages : La ressource Humaine, Les armes de la paix, Le sang de l’espoir, dont voici quelques dédicaces.

Pisar livre 3

Pisar livre 2

Pisar livre 1

J’ai une pensée toute particulière pour son épouse Judith, sa complice… sa fille Leah et son beau-fils Antony *. Je vous embrasse fidèlement.

André

* Antony Blinken est le Conseiller diplomatique de Barack Obama à la Maison Blanche.

http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/07/21/ils-feront-le-monde-10-43-antony-blinken-le-diplomate-des-deux-rives_4460291_4415198.html

Sam Pisar et JJSS étaient deux visionnaires toujours à l’écoute du monde.

« Adieu JJSS « , par Samuel Pisar

La nouvelle m’est venue d’Amérique : JJSS n’est plus. Ma fille Leah – sa filleule – m’a appelé de Washington au milieu de la nuit. Elle a été prévenue par David, Émile, Franklin et Édouard, qui étaient au chevet de leur père en Normandie. Ainsi a disparu de ma vie un irremplaçable ami – un frère. Sa mère, Denise, me disait souvent avec humour : « J’ai trois fils : Jean-Jacques, Jean-Louis et Jean-Sam. » Un soir encore si proche, quand Sabine, son ange gardien jusqu’au dernier jour, nous a amené Jean-Jacques à la maison, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a demandé : « Toi, qui es-tu ? » « Je suis Sam. » « Et elle, qui est-elle ? » « C’est Judith. » Soudain il s’agite et nous lance, des abîmes de sa longue maladie cérébrale, un message lucide, inespéré, déchirant, mi-question, mi-affirmation : « Les Pisar ? »

Le Jean-Jacques dont je parle n’est pas l’homme de presse, l’homme politique, l’homme public. Je parle de l’homme privé, de l’homme de coeur, de l’être tendre, généreux et sage qui m’a aidé à éduquer mes enfants, tout comme moi je l’ai aidé pour les siens, dans les grandes écoles et universités des deux côtés de l’Atlantique. Et pas seulement les siens et les miens : de jeunes Français et Françaises ont été formés à l’université Carnegie Mellon, ce temple de l’informatique, de la robotique et de l’intelligence artificielle, dont il a présidé le comité international après sa retraite de la vie politique, ainsi qu’à Harvard, Stanford et au coeur de la Silicon Valley.

Une génération franco-américaine a été marquée par ses idées. Jean-Jacques aimait l’Amérique, comme moi j’aime la France. Je voudrais témoigner aussi de la figure de dimension internationale, à travers laquelle la France rayonnait sur tous les continents. Le visionnaire du défi anticolonial, du défi américain, du défi nucléaire, du défi mondial – de tous les défis – se moquait de la politique conventionnelle, de la droite et de la gauche.

Il voulait non seulement réformer son pays, qui reste si farouchement opposé aux réformes. Il voulait surtout « équiper » sa jeunesse, ainsi que celle de l’Europe entière, pour les préparer à la désindustrialisation, à la concurrence sauvage qu’une économie globale allait leur imposer.

Aujourd’hui, la France et le monde se souviennent de Jean-Jacques Servan-Schreiber. De toutes les grandes capitales de la planète, les éloges affluent. Des États-Unis en particulier. Une avalanche d’articles et de portraits dans leNew York Times, le Washington Post ou le Wall Street Journal exprime l’universelle et profonde émotion d’une grande perte. C’est un phénomène qui incite à la réflexion.

Il a fait irruption dans ma vie il y a quarante ans, avec un appel téléphonique peu ordinaire. « Maître, plusieurs prisonniers politiques vont être condamnés à mort par la junte des colonels grecs, au coeur de notre Europe, dans le berceau même de la démocratie. Il nous faut agir. Accepterez-vous de m’accompagner à Athènes avec le général de Bénouville, le professeur Le Prince-Ringuet et le professeur Milliez ? Notre avion part du Bourget dans une heure. »

Voilà comment celui que de Gaulle appelait «notre  Zorro » m’a embarqué pour une aventure humanitaire et diplomatique couronnée de succès. Après sa grande victoire politique en Lorraine, je l’ai embarqué à mon tour. Le Congrès des États-Unis, où j’avais été conseiller pendant l’Administration Kennedy, l’a invité à Washington pour témoigner devant la commission des affaires étrangères du Sénat présidée par William Fulbright, et puis devant la commission sur la technologie de la Chambre des représentants présidée par le jeune Al Gore. Ses prestations étaient époustouflantes. La thèse qu’il a accréditée était que le vrai défi américain n’était pas sa force de frappe militaire, mais sa force de frappe universitaire. Toute la classe politique américaine l’a reçu comme un nouveau Tocqueville. Convié à la télévision nationale, dans l’émission « Face à la nation », le célèbre intervieweur Lawrence Spivak a conclu l’intervention avec ces mots : « Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence. »

http://www.servan-schreiber.com/