Le blog de Dédé de Montreuil

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Jacques Rougerie, le génie des mers

Bonjour M’ssieurs-Dames,
Quelle chance, hier, j’ai rencontré avec Philippe Monnet, Jacques Rougerie, le génie des mers, l’Architecte Visionnaire, l’Académicien. Un homme humble à l’écoute des autres. Un lien commun entre-nous trois, nous a unis l’espace d’ un moment : nos yeux bleus, la couleur des océans et nos parcours différents avec comme objectif, celui de donner du rêve aux enfants de notre planète… C’est notre devoir et notre mission,  sinon, à quoi sert-on ?
Jacques est dans la lignée  de Jules Verne, du Commandant Cousteau, du Professeur Jacques Piccard, de Steve Jobs, des grands, quoi !!!
Le départ de ce nouveau vaisseau mérien aura lieu à Monaco, par tous les moyens, j’y serais, je ne veux pas louper cet événement planétaire, comme quand j’étais môme ou j’ai vu marcher les terriens sur la lune, à la télévision en noir & blanc.
Jacques nous a offert son livre  » De vingt mille lieues sous les mers à SeaOrbiter « , préfacé par son ami Jean-Loup Chrétien édité aux éditions Democratic Books, je vous conseille de l’acheter, c’est une oeuvre des temps modernes (www.democratic-books.com), j’aime beaucoup sa citation au début du livre  » J’ai regardé la mer et j’ai rêvé des possibles  » et celle-çi :  » De Vingt mille lieues sous les mers à SeaOrbiter, ce livre est dédié aux femmes et aux hommes explorateurs des dernières frontières qui offrent aux enfants de demain les outils de leurs propres découvertes afin qu’ils bâtissent un futur à la mesure de leurs rêves. « 
Nul autre mieux que Jules Verne, n’aurait su caractériser le lien qui unit Jacques Rougerie à cet  » infini vivant  » qu’est l’océan.
Ce qui prouve cette autre réflexion de Jacques  » C’est de l’océan que naîtra le destin des civilisations à venir. « 
Mes amis, mon blog sert aussi à vous faire découvrir des hommes et femmes exceptionnels pour nous évader un instant de ce Monde de bruts. Jacques, je vous remercie de nous apporter du bonheur et d’espérer un monde meilleur pour nos enfants.
A demain…Cher Ami. dédé
SeaOrbiter - Jacques Rougerie - chapeau

SeaOrbiter sera un outil d’exploration scientifique d’exception. La première maison nomade entourée du plus grand des jardins : l’océan. Véritable base océanographique mobile, ce navire vertical dérivera au gré des courants avec, à son bord, 18 membres d’équipage qui vivront et travailleront au cœur du monde marin et sous-marin. Pour plongeur.com j’ai rencontré son géniteur, Jacques Rougerie. Suivez-moi dans son sillage.
Il a conçu Galathée, Hippocampe, Aquabulle, Aqualab, Aquascope… et bien d’autres. Il détient — avec Rik Presley et Yann Koblik — le record du monde du plus long séjour dans une maison sous-marine (71 jours à bord de Chaloupa, en 1992 au large de Key Largo). Océanopolis à Brest, Nausicaa à Boulogne-sur-Mer, le Pavillon de la mer d’Osaka, c’est encore lui et le futur Musée d’Archéologie sous la mer de la baie d’Alexandrie (Egypte), ce sera toujours lui. Tout cela n’est qu’un petit éventail de ses réalisations. Mais l’extraordinaire avec ce grand Monsieur (au propre et au figuré ; il mesure pas loin du 1m 90) inspiré par la mer, c’est qu’il n’y a jamais de fin à sa créativité.

SeaOrbiter - Jacques RougeriePhoto 1 : © Jacques Rougerie Architecte

Normal, il est Immortel. Le 3 juin 2009 il a été reçu à l’Institut de France au sein de l’Académie des beaux-arts. Cette nomination fut un choc et cette reconnaissance de son œuvre, qu’il a fini par accepter avec humilité, lui a donné l’occasion de prononcer de très belles paroles lors de son discours d’installation sous la Coupole, et notamment celle-ci : « Le rebelle a rendu les armes, mais il a gardé l’épée. Peut-être pour se défendre un jour d’en avoir accepté les honneurs ? »
Justement, son épée d’académicien qu’il a lui-même dessinée – et qui a été réalisée par le sculpteur Manuel Sauvage – évoque des symboles forts. Elle rappelle par sa forme le projet SeaOrbiter.
Au cœur de cette épée Jacques Rougerie a placé une perle noire du Pacifique, tel un œil qui observe pour savoir si nous protègerons la mer et il y a gravé ce message : « C’est de l’Océan que naîtra le destin des civilisations à venir ».

SeaOrbiter - Jacques Rougerie et son épée
Photo 2 : © Jacques Rougerie Architecte

Photos 1 et 2 – Portrait : « A une époque j’ai hésité entre la musique et la mer, se souvient Jacques Rougerie. Mais mon destin c’était de continuer avec la mer, de lui rester fidèle et c’est pour ça que j’ai mener de front des études d’océanographie et d’architecture. Parce que j’aimais cette notion de bâtir… bâtir pour les générations futures ».

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - logo

SeaOrbiter serait-il le projet « fou » d’un homme « sage » ?

Non, c’est tout simplement la continuité du travail d’un visionnaire réaliste, une sorte de Léonard de Vinci du XXIe siècle, un architecte de la mer qui pense que « le devenir de l’homme est sur la terre, mais la connaissance est sous la mer » et en digne admirateur de Jules Verne, que « tout ce qu’un homme peut imaginer, d’autres hommes sont capables de le réaliser ». Tout de même, un navire vertical de 51 mètres de hauteur ; 31 mètres immergés et 20 mètres émergés !!!

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - Éclaté du SeaOrbiter
Photo 3 : © Jacques Rougerie Architecte

Les premières esquisses de SeaOrbiter datent de 1998. Marchant un jour, au bord du lac Léman, avec son ami le professeur Jacques Piccard ce dernier lui dit : « Jacques il faudrait absolument qu’on essaye de revenir dans le Gulf Stream, il s’y passe beaucoup de choses… il faut qu’on invente un engin extraordinaire pour de nouvelles explorations, mais ça ne peut pas être un bateau, ça ne peut pas être un sous-marin, il faut trouver une autre idée ».

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - Éclaté du SeaOrbiter
Photo 4 : © Jacques Rougerie Architecte

Photos 3 et 4 – Éclaté du SeaOrbiter : Vivre sous la mer : l’originalité de l’assemblage de modules pressurisé et en pression atmosphérique.
SeaOrbiter comporte un module en pression atmosphérique sur plusieurs niveaux, et un module pressurisé. Ouvert sous la mer, ce dernier permet aux aquanautes de vivre en permanence au cœur des océans et d’avoir un accès immédiat au monde sous-marin. Le sas de décompression communique avec les ponts supérieurs en pression atmosphérique qui assurent la logistique et l’intendance des aquanautes.

Cette plateforme futuriste qui explorera la planète Mer au grès des courants océaniques lui est apparue comme une évidence. Il avoue modestement que SeaOrbiter est l’aboutissement de trente ans de parcours, le sien, bien-sûr, mais y sont associés aujourd’hui des grands noms de la mer, de l’espace et de la science : Michel Thodoroff (Manager de SeaOrbiter),Jean Loup Chrétien (astronaute), Henri-Germain Delauze (président de la Comex), Scott Carpenter (un des premiers astronautes et aquanautes américain), Bill Todd (directeur du programme d’entraînement sous-marin NEEMO de la NASA), Kjell Holden (spécialiste des océans et vice président du Marintek), pour ne citer qu’eux et, sans oublier Jacques Piccard, le pionnier des grands fonds et Lucien Laubier, entre autre directeur de l’Institut Océanographique de Paris (tous deux décédés en 2008).

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette
Photo 5 : © Jacques Rougerie Architecte

Comme tout projet d’envergure et innovant, SeaOrbiter a eu, a et aura des détracteurs. Maisune maquette au 1/15e vient d’effectuer de nombreux tests au Marintek de Trondheim, le plus grand centre d’essais en bassin de carènes européen, installé en Norvège. Ils sont concluants et prouvent qu’une mer déchaînée ne trouble ni la stabilité, ni le fonctionnement de la structure.

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - Essai en bassin de carènes
Photo 6 : © Jacques Rougerie ArchitecteSeaOrbiter - Jacques Rougerie - Essai au Marintek
Photo 7 : © Jacques Rougerie Architecte

Photos 6 et 7 – Une maquette au 1/15e du SeaOrbiter a effectué des essais en bassin de carènes à l’institut norvégien de recherche en technologie marine de Trondheim (le Marintek). Tous les tests sont concluants, même dans des éléments déchaînés SeaOrbiter tient la mer.

Vous l’aurez compris, moi je suis « fan » et j’attends avec la plus grande impatience sa première mise à l’eau, prévue pour 2011 en Méditerranée. Ensuite, ce sera huit mois d’essais et une première mission de quatre mois.

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquettePhoto 8
SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquetteSeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette10SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette11SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette
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Photos 8 à 12 : © Jacques Rougerie Architecte

La construction du premier SeaOrbiter permettra d’optimiser celle de plusieurs « sister ships » qui couvriront l’ensemble des océans et constitueront un réseau mondial de sentinelles.

Et vous serez à bord, Jacques ?

« Ah oui, bien-sûr. SeaOrbiter est prévu pour 18 personnes dont 8 aquanautes en zone de saturation. Parce que la particularité de SeaOrbiter, c’est de voir, avec ses yeux grands ouverts, en continuité 24 heures sur 24 sous la mer et d’écouter grâce aux instruments qui sont à bord. Et surtout de sortir à l’extérieur quelles que soient les conditions de mer. On pourra plonger grâce à tout un équipement spécialement adapté à cette problématique, sortir de façon extra véhiculaire et travailler sur un grand plateau de 30 mètres de diamètre extérieur ».

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette
Photo 13
SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette
14  SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette15  SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette16

Photos 13 à 16 : © Jacques Rougerie Architecte

Ses yeux pétillent. Il n’en parle pas au futur mais au présent. Il navigue déjà à bord de SeaOrbiter. Alors, j’aurais pu vous assommer avec des centaines de détails techniques ainsi que vous décrire la philosophie du projet, mais les sites nommés en fin d’article sont très complets et le feront mieux que je n’aurais pu l’écrire. J’ai juste voulu vous faire découvrir la fabuleuse aventure de ce défi technique et humain.

Et comme le dit Jacques Rougerie : « Bah ! Une fois qu’on aura trouvé le chantier tout ira vite… finalement ce n’est qu’un tout petit bateau de 51 mètres ».
Donc on en reparlera très prochainement.

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette
Photo 17
SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette18SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette19SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette20SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette21
Photos 17 à 21 : © Jacques Rougerie Architecte

Pour tout connaître sur le sujet :
• SeaOrbiter (le projet, la visite virtuelle, les vidéos, etc…) ;
• Le Gulf Stream ;
• Les réalisations de l’Agence d’architecture Jacques Rougerie ;
• La Fondation Jacques Rougerie ;
• Jacques Piccard ;
• Lucien Laubier.

SeaOrbiter - Jacques Rougerie - maquette
Photos 22 : © Jacques Rougerie Architecte

Photos 5 et 8 à 22 – Maquettes du seaOrbiter : SeaOrbiter est un vaisseau unique dont la technologie permet à l’homme de vivre au cœur des océans, de les parcourir sur les grands courants, de les observer et d’accéder à tout moment au milieu marin.
Observer :
 de grandes baies panoramiques et des capteurs acoustiques. SeaOrbiter est un vaisseau d’exploration qui permet une observation au-dessus et en-dessous de la surface des océans. La partie émergente reçoit les équipements de navigation et de communication. Elle se caractérise par un pont ouvert aérien, permettant l’observation des cétacés et le repérage des espèces migratrices. La partie immergée, solidaire de la partie émergée, est un observatoire mobile. Au-delà de ses larges hublots, cet observatoire possède de larges baies panoramiques qui créent une relation privilégiée et permanente avec la vie marine. Le faible niveau de pollution acoustique du vaisseau permet en outre une observation fine des sons sous-marins.
Les principales missions scientifiques prévues s’articulent autour de :
– L’homme sous la mer : études en parallèle avec les agences spatiales sur la physiologie et la psychologie des équipages en milieu confiné sur de longues durées;
– Monitoring des pollutions : aérosols, processus de bio accumulation des polluants;
– Etudes de la biodiversité : oasis de vie au milieu des océans grâce au phénomène d’agrégation lié aux structures dérivantes, gestion des ressources, exploration des monts sous-marins;
– Etudes du climat à travers les observations faites dans les courants : températures, impact du CO2, échanges gazeux, calibrages de mesures satellitaires.

S.A.S. Cheikha Mozah, la Princesse des sables

Bonjour mes amis,

Belle, moderne et cultivée, l’épouse de l’émir du Qatar est une des femmes les plus influentes du monde arabe, icône du féministe islamique, je  souhaite vous la faire découvrir, car le monde bouge pour certains et s’endort pour d’autres en Occident.

Vice-présidente du Conseil suprême de l’éducation, Ambassadrice de L’Unesco pour l’enseignement et l’éducation de base, elle dirige la Fondation du Qatar et a supervisé le développement d’une ” cité de l’éducation” à Doha.

Je souligne quelques phrases en gras qui rejoignent ma façon de penser  en adéquation avec cette grande dame.

Hier, j’ai eu la chance de rencontrer l’Académicien -l’architecte des mers, Jacques Rougerie, il m’a signalé que le discours de la Princesse était d’un très haut niveau et quelle a ému les académiciens.

Sous les yeux de son époux Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani , elle a reçu l’épée d’académicien des mains du Secrétaire perpétuel, Arnaud d’Hauterives.

Discours de Son Altesse Sheikha Mozah Bint Nasser Al-Missned

à l’occasion de son installation comme membre associé étranger

de l’Académie des Beaux-Arts au fauteuil de Giörgy Ligeti.

Mercredi 24 juin 2009

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie beaucoup pour votre présence à cette cérémonie d’aujourd’hui. Je remercie les membres de l’Académie des Beaux-Arts que je suis vraiment honorée de rejoindre et tout particulièrement M. Roger Taillibert.

Lorsque les membres de l’Académie m’ont fait l’honneur de m’élire en 2007, j’ai réfléchi longuement avant d’accepter la responsabilité qui, pour moi, était indissociable de cette distinction.

Cette attitude n’était pas le résultat d’un préjugé à l’égard de cette institution, car je connais la valeur de l’Institut de France et de son héritage humain, ancré dans cet esprit des lumières que vous vous efforcez de maintenir toujours vivant.

Mon attitude était dictée par des considérations pratiques, liées à ma conception du principe d’engagement qui implique responsabilité envers soi-même, envers la société à laquelle nous appartenons chacun et envers l’humanité.

Soutenir cette responsabilité exige de bien choisir les moyens d’aboutir à certains objectifs prioritaires qui, pour moi, sont la réalisation de l’entente entre êtres humains et la réconciliation entre les civilisations.

Pour moi, l’honneur de rejoindre l’Académie des Beaux-Arts constitue une étape dans la réalisation de cette entreprise.

Aussi suis-je particulièrement heureuse d’être parmi vous aujourd’hui en tant que membre de cette académie ; je suis également heureuse de m’adresser à ce groupe d’élite qu’est l’Institut de France, regroupant l’élite de la France autour d’un même intérêt pour la science, l’art et la littérature, la politique et l’économie.

Si vous le permettez, j’aimerais en cette occasion évoquer la mémoire du compositeur Giörgy Ligeti, décédé depuis trois ans, élu membre de votre Académie au fauteuil qui m’échoit aujourd’hui.

Sa vie confirme les mots d’Eugène Ionesco ; je cite : « une oeuvre d’art n’est pas un reflet ou une image du monde, c’est une image de ce monde. »

Je ne prétends pas être un critique d’art, mais en lisant la biographie de Giörgy Ligeti, j’ai été frappée par deux choses, peut-être parce que les questions de l’éducation et du dialogue des civilisations sont au coeur de mes priorités.

La première, c’est la pratique par Ligeti de la profession d’enseignant, qui représente pour moi l’une des professions les plus sacrées parce qu’elle permet la transmission, c’est à dire la continuation de la vie de l’esprit.

Ligeti n’était pas un artiste installé dans sa tour d’ivoire ; il a utilisé son talent et ses connaissances au service des autres. Il a enseigné dans sa patrie, la Hongrie, puis à Hambourg de 1973 jusqu’au jour où il a pris sa retraite, l’année de l’effondrement du mur de Berlin.

La deuxième chose, c’est la connaissance approfondie que Ligeti avait non seulement en matière musicale mais également dans les domaines de la littérature, de l’art, de l’architecture et de la science (en mathématique et surtout en géométrie), ce qui a contribué à ouvrir son intelligence à l’ensemble du patrimoine de l’esprit humain.

Il nous rappelle les pionniers de la Renaissance qui ont compris l’essence de l’héritage de la civilisation humaine et qui l’ont offert au monde en le traduisant d’une manière compréhensible.

Mon commentaire : ça me rappelle la citation, que j’avais écrite lors de mon séjour au Liban en 1995 et qui avait été reprise par plusieurs leaders d’opinions des communautés religieuses, après 17 années de guerre :

La Renaissance du Liban, passera par la jeunesse et la culture…

Excusez-moi Princesse, reprenons la lecture de votre discours

Je vous invite, mesdames et messieurs à observer une minute de silence en mémoire du compositeur Giörgy Ligeti.

Mesdames, Messieurs,

L’humanité fait face à des défis sérieux, des défis propres à ce troisième millénaire et qui contredisent les principes des droits de l’homme.

Cependant, l’énergie dont Dieu nous a dotés doit nous permettre de les surmonter.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’utiliser cette énergie sans égoïsme, arrogance et isolement.

Nous avons besoin d’apprendre des expériences du passé et de ses leçons afin de redonner à la vie sa valeur, de reconstruire des fondations solides, capables de nous rendre espoir et de

donner confiance en eux-mêmes à nos enfants et à nos petits enfants.

C’est le véritable changement dont nous avons besoin sans délai car il garantit la sécurité de toute l’humanité.

Mesdames et Messieurs, regardons sérieusement et d’une façon responsable le monde autour de nous, regardons comment nous détruisons notre environnement, causant ce lent suicide, comment nous nous contentons de réagir au lieu d’agir pour faire face à la pauvreté, la maladie, l’ignorance, les guerres et les conflits, au point qu’il est devenu normal de considérer que la culture du désespoir a triomphé sur la culture de la vie.

Que faisons-nous pour combattre cette situation honteuse et irrationnelle ?

La créativité et l’intelligence sont les attributs propres de l’être humain ; ils ne peuvent être confinés. La nature artistique et créative de cette cérémonie d’aujourd’hui me conduit à vous remémorer une histoire réelle, où l’intelligence humaine et le génie social ont réussi là où la politique avait échoué.

Lorsque le célèbre poète et musicien musulman Ziryab fut contraint de quitter Bagdad, la capitale du califat à l’apogée de son pouvoir, pour Cordoue, qui était la capitale de l’Ouest de l’Islam, il y a apporté toute sa culture arabe, persane, indienne et grecque qu’il a ainsi pu transmettre à l’Andalousie.

Ziryab a profité de la liberté existant en Andalousie pour y établir une école de musique destinée aux garçons comme aux filles ; il a aussi contribué à l’épanouissement de la société andalouse d’un point de vue culturel et intellectuel. Cette influence s’est révélée dans plusieurs aspects liés au mode de vie de la société comme les vêtements, la cuisine et l’art de la décoration. Je ne développerai pas plus avant ces détails, suffisamment analysés par les historiens français, notamment Lévi-Provençal.

Ce qui me paraît important dans cette histoire, c’est que le génie de la créativité et la perméabilité de la société de cette partie du monde à cette époque ont pu conduire à la naissance de la civilisation andalouse, qui est en réalité un mélange de la civilisation islamique orientale avec des éléments gothiques, byzantins, berbères et romains, le tout sur un arrière plan culturel judéo-chrétien.

Cordoue était politiquement séparée de Bagdad mais en raison des liens entretenus alors entre leurs deux cultures, elles ont toutes les deux constitué les deux faces d’une même monnaie : la civilisation islamique.

Cordoue est devenue une capitale mondiale, influençant les autres capitales et partageant avec elles ses expériences intellectuelles, artistiques et culturelles riches et variées.

Cet environnement est à l’origine de la naissance d’Ibn Rushd et de Moussa Ibn Maymun.

Le fameux Ziryab n’a-t-il pas réussi ainsi à rapprocher les sociétés et les cultures alors que la politique avait échoué dans ce domaine, contribuant à propager une civilisation fondée sur l’entente, la transparence et la tolérance ?

Goethe a écrit que les arts, je cite : « accordent aux êtres humains ce qu’ils ne parviennent pas à accomplir dans la vie ». Nous avons besoin aujourd’hui d’une renaissance humaine universelle comprenant parmi ses objectifs prioritaires le renforcement du droit à l’éducation pour chacun, une éducation de qualité fondée sur l’esprit critique ; une éducation, également, donnant une place de choix aux contenus artistiques. Ces enseignements recèlent en effet une valeur unique qui accompagnera pour toute leur vie les étudiants, en nourrissant leur intelligence, leur imagination et leur goût.

Ce que j’ai tenu à vous présenter brièvement ici n’est pas une ordonnance magique mais une ébauche de réflexion à la constitution d’un antidote qui renforce notre immunité contre l’isolement et la discrimination ; ceci afin qu’un jour, la réconciliation des civilisations nous donne le droit légitime d’appartenir à ce troisième millénaire, au sein d’une humanité ayant retrouvé son véritable sens.

C’est dans cette optique que je comprends la mission et la vision de l’Académie des Beaux-Arts. Merci.

Merci, Chère Princesse, continuez votre mission pour l’éducation, comme je continue la mienne : celle d’aider la jeunesse, c’est mon devoir… voir du civisme.

Le 8 décembre 2011, votre pays vient de lancer un fonds de 50 millions d’euros pour aider les entrepreneurs des quartiers de Seine-Saint-Denis, ” un moyen de lutter contre les injustices “. Votre Ambassadeur en France, Son Excellence Mohamed Jahan Al-Kuwari aura même ces mots pour ses jeunes entrepreneurs ” Vous avez représenté la France de façon très moderne. Vous avez donné une très bonne image des Français d’origine arabe “.

Chère Princesse, vous et votre pays visionnaire, devez nous apporter votre expérience, dîtes-le à votre amie Carla.

Voici une partie du texte que j’ai écrit sur mon blog  ” Brute France  ”

https://soufflezsurlesbraises.com/2011/02/17/brute-de-france-pour-carla/

France

France, ton peuple a de la patience

France, donne-nous de l’assurance, de la délivrance

France, ne gâche pas nos expériences et nos sciences

France, réveille les compétences

France, bouscule le silence

France, nous voulons ta Renaissance