Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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Lettre au Président de la République

Monsieur le Président,

30.000 enfants vivent dans la rue en France. ( Source Insee ), les Roms sont Européens, pouvez-vous intervenir auprès du Parlement Européen pour leur rappeler ! C’est a eux de s’en occuper.

Ceux que l’on voit à Paris, ce sont quasi exclusivement des Roms. C’est à dire des populations qui font ce choix, par traditions, et qui utilisent leurs enfants comme… main d’œuvre, en se marginalisant elles-mêmes (non scolarisation des enfants exploités pour vol et mendicité, vie dans des bidonvilles… et remontée de la rapine vers les mafias en Roumanie et Bulgarie).

Les Français ont défilé pour « La Manif pour tous «, pourquoi ne défilent-ils pas pour cette misère humaine en bas de chez eux ?

Catholiques, mères, grand-mères avez-vous un cœur ? Si ne n’est se donner bonne conscience en donnant la pièce ou un bout de pain en fermant les yeux. Et vous les pères, réveillez-vous !

Indignons nous, sortons du silence qui est une forme de collaboration passive.

A chaque fois, que je rencontre ces enfants, j’ai honte et suis en colère, d’être dans le pays des Droits de l’Homme !!!

Reconnaissance aux associations pour leur travail acharné.

J’ai connu les bidonvilles étant enfant à Montreuil, je ne veux plus voir ça !

« Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres ». (Abbé Pierre)

Que dirait-il aujourd’hui, après la misère des années 50, qu’il a combattu ?

Monsieur, le Président, nous comptons sur vous.

Sincère hommage.

André Cardinali

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La collection Chtchoukine à Paris

Bonjour M’ssieurs, Dames,

J’ai eu la chance de visiter le musée de l’Ermitage à Saint Petersbourg en 2004 et le musée Pouchkine à Moscou en 1997 et admirer plusieurs œuvres de la collection de Sergueï Ivanovitch Chtchoukine

Sa collection fait partie des collections russes d’art les plus remarquables. Depuis déjà longtemps, elle jouit d’une vaste renommée et d’une gloire légitime auprès des artistes et des connaisseurs éclairés de l’art. Il lui est revenu de devenir en Russie le passeur le plus fort des courants artistiques occidentaux, si brillamment exprimés par les œuvres de sa collection de Claude Monnet, Degas, Cézanne, Gauguin, Picasso, Van Gogh, Matisse, Renoir, Derain (… ) http://www.collectionchtchoukine.com/emplacement/musee-pouchkine

Sa collection donne véritablement un tableau fidèle de la peinture la plus récente…C’est pour cela, que j’ai couru revoir ce beau trésor avec 130 œuvres de la collection à la Fondation Louis Vuitton, jusqu’au 20 février 2017. C’est grâce à Mr Bernard Arnault que des expositions comme celle-çi sont exposées à Paris. Prochainement une exposition du musée MoMa de New York sera présentée.

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L’événement culturel de l’année, en toute simplicité. Proprement bouleversant de voir de tels chefs-d’œuvre de nos plus grands peintres de l’art moderne… dont la grande majorité nous étaient restés inconnus. Une grande émotion et un plaisir étrange, et surpris.
Dont deux œuvres de l’un de mes Maîtres préférés;  le Douanier Rousseau
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Vue du pont de Sèvres et des coteaux de Clamart. 1908
et
Vue du parc Montsouris.1909
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Deux beautés de Alexandre Rodchenko.
Deux cercles . 1920
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Ligne n° 128. 1920img_6551
Une toile de Ivan Klioune.1916
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Suprématisme. 1916
img_6537Deux merveilles.
Picasso. Garçon au chien. 1904
et Garçon nu. 1906
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 Je craque sur Alexandra Exter. Vu à la galerie Trétiakov à Moscou en 1997
Florence 1914
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L’Atelier Picasso sauvé !

Bonjour Mssieurs, Dames,

Il y a des combats qui méritent d’être menés, comme celui de l’Atelier des Grands-Augustins, qui était en péril! Et qui vient de bénéficier d’une décision favorable et sans précédent de la Cour de Cassation.

C’est ICI, que Balzac, Jacques Prévert, Jean-Louis Barrault ont créé certaines de leurs œuvres!. C’est pour cela que je me suis engagé auprès de mon ami, Alain Casabona, délégué général du CNEA ( Comité National pour l’Education Artistique ) qui n’a jamais baissé les bras, malgré les pressions et les anomalies, pour sauvegarder ce lieu rempli d’histoires et de créations pour la jeunesse.

Ce billet est destiné à tous les amis et personnalités qui ont apporté spontanément leurs soutiens et leurs signatures à la Lettre ouverte, adressée au Premier Ministre, Manuel Valls et à la Maire de Paris, Anne Hidalgo, datée de 2014.

Je vous en remercie chaleureusement. Sans oublier mes enfants Linh et Jean qui m’ont toujours soutenu.

Ce billet mérite d’être diffusé auprès de vos amis et des réseaux sociaux. Je compte sur vous. Merci. dédé

C’est ICI, que Picasso a peint Guernica !

photo Grenier

Cher Dédé,

Je sais tout le travail que tu as accompli depuis si longtemps au service de la jeunesse et des artistes et plus largement de la culture. Ton ardeur à soutenir notre cause depuis trois ou quatre ans en témoigne largement, s’il le fallait. Ton ralliement immédiat au noyau dur constitué par les animateurs de notre Comité de soutien, Lucien Clergue, Charlotte Rampling, Didier Lockwood et maître Marc Bellanger, a été décisif pour le développement de notre campagne. Pour paraphraser le Cid: « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort…. » 
C’est pourquoi je pense que le communiqué que tu trouveras ci-joint, ainsi que la décision de justice qui l’accompagne devraient te réjouir, de même que tous ceux que tu as convaincus de nous rejoindre dans ce combat que l’on disait perdu d’avance. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. Certes rien n’est encore gagné; aussi faut-il se garder de tout triomphalisme, mais il s’agit là d’une superbe victoire qui augure d’une heureuse issue.
Avec toute mon amitié,
Alain Casabona,
Délégué général du CNEA

Communiqué de presse, 3 juin 2016

Grenier des Grands-Augustins :

La Cour de Cassation donne raison au CNEA

et condamne sévèrement la Chambre des Huissiers de Justice de Paris

Le CNEA (Comité National pour l’Education Artistique) a la satisfaction d’annoncer que par arrêt de la Cour de Cassation en date du 1er juin 2016, justice lui a été rendue, la Cour Suprême ayant invalidé le congé qui a permis à la CHJP (Chambre des Huissiers de Justice de Paris) de l’évincer du Grenier des Grands-Augustins. Il est désormais jugé de façon définitive que le CNEA a été expulsé du Grenier de manière illégale.

C’est donc à bon droit que le CNEA a engagé cette action judiciaire dans le but de « sanctuariser » ce lieu mythique, ancien atelier de Jean-Louis Barrault et de Pablo Picasso, afin de le protéger et de permettre ainsi au public, et tout particulièrement aux scolaires, de profiter de cet endroit qualifié par le réalisateur Carlos Saura de « lieu le plus emblématique de Paris, digne d’être classé au Patrimoine mondial de l’Humanité. »

Il fallait pour cela éviter que le Grenier ne soit transformé, comme l’étage inférieur, en chambres d’hôtel et suites, le président de la CHJP, Maître Denis Calippe, ayant contracté un bail avec un groupe immobilier, chargé de convertir l’ensemble de l’immeuble, situé 7, rue des Grands-Augustins, en résidence hôtelière de luxe. Afin d’éviter ce désastre, le CNEA avait organisé une vaste campagne et saisi, par le biais d’une lettre ouverte, le Premier ministre et la maire de Paris. A la suite de cette action, la Commission régionale du Patrimoine et des Sites avait voté à l’unanimité le 13 mai 2014 le classement à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques des deux derniers étages de l’immeuble, dont le Grenier.

Faisant fi de cette décision, ledit groupe immobilier avait déposé le 5 août 2014 un permis de construire occultant ce classement. Malgré toutes les interventions du CNEA, entre autres, auprès des pouvoirs publics, la mairie de Paris avait accordé un permis de construire au groupe en question le 15 juillet 2015. Face au danger planant sur les deux derniers étages, le CNEA avait donc décidé de déposer un recours devant le Tribunal administratif le 15 septembre 2015 pour demander l’annulation de ce permis, appuyé dans sa démarche par le Comité de défense des Ateliers des Grands-Augustins.

Toutes les étapes de ce combat sans précédent dans l’histoire du Patrimoine sont retracées sur le site du CNEA (rubriques « Actualité », « Actualité judiciaire » & « Communiqués ») : https://lecnea.wordpress.com/

Le CNEA tient à remercier tous ceux qui lui ont manifesté leur soutien pendant ces années de procédure judiciaire, si lourdes à traverser. Nous ferons état de tous ces soutiens dans un prochain communiqué, après avoir réfléchi aux suites à donner à cette décision de justice et consulté notre Conseil, Maître Marc Bellanger. Une réunion du Conseil d’administration est convoquée à cet effet.

P/O le Bureau national du CNEA

Alain Casabona, Délégué général

Contact : c.n.e.a@wanadoo.fr

Conférence de presse, jeudi 13 novembre 2014 à la Mairie du 6ème arr…

Chers amis,

De Shanghai, je suis, comme vous pouvez l’imaginer, de tout cœur avec vous dans ce combat ultime pour sauver les Grands-Augustins ( Atelier Picasso ) en étant l’un des animateurs du Comité de soutien avec Charlotte Rampling et Didier Lockwood.

 Je remercie Frédéric Beigbeder d’avoir accepté de me représenter.

Je salue tout particulièrement Maître Roland Dumas, dont le témoignage précieux et la ténacité dont il a fait preuve, pour que soit respectée la volonté de Picasso, à savoir le retour de Guernica à Madrid, « quand l’Espagne serait devenue une démocratie ».

J’ai la conviction que la réunion d’aujourd’hui va permettre de trouver enfin une solution positive face à la situation scandaleuse contre laquelle nous protestons. Alerté par le Président de l’Académie des Beaux-Arts, et président de notre Comité de soutien, Lucien Clergue, le Président de la République avait pourtant – c’était en avril 2013 – exprimé clairement sa volonté de voir ce dossier « traité prioritairement ». Un an après, face à l’inertie des pouvoirs publics, le Comité de soutien dont je suis l’un des animateurs, avait pris l’initiative d’adresser une lettre ouverte au Premier ministre et à la Maire de Paris, quelques jours après leur nomination.

La commission régionale du Patrimoine et des sites s’était réunie, et avait – décision semble-t-il sans précédent – voté à l’unanimité le classement du Grenier et de l’étage inférieur, où Picasso a peint Guernica et la Colombe, devenue l’emblème de la paix.

Nous nous étions tous félicités de cette décision, largement relayée par la presse, qui avait titré « le Grenier des Grands-Augustins est sauvé ».

Sauvé ? Tu parles ! Les huissiers, ou plutôt la Chambre des huissiers de Justice de Paris – ne pas confondre – a profité de l’absence de réactivité immédiate des pouvoirs publics pour déposer, en douce, le 5 août dernier, une demande de permis de construire pour transformer l’Hôtel de Savoie…en résidence hôtelière de luxe, après avoir affirmé pendant des mois que telle n’était pas son intention, et que ceux qui véhiculaient cette information étaient des affabulateurs, allant jusqu’à faire état, sur une radio publique, d’ « allégations fantaisistes ».

Le temps des pétitions est passé ! C’est pourquoi, aujourd’hui, nous en appelons au Président de la République pour lui demander d’user de son autorité et de ses pouvoirs pour que les Grands-Augustins retrouvent leur vocation culturelle et artistique, et soient ouverts au public, dans les meilleurs délais. Halte au foutage de gueule : il faut arrêter de tergiverser !

Avec tout le respect que nous devons au Président de la République, nous lui demandons solennellement de prendre ses responsabilités dans cette affaire.

Faute de quoi, la France sera la risée du monde entier pour tous ceux qui sont attachés à ce patrimoine.

André Cardinali dit dédé de Montreuil ou de Shanghai, c’est selon !.

F Beigbeder Conf de presse

Carlos Saura m’a adressé le message suivant :

Cher dédé,

Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I’Humanité, mérite donc la plus grande attention de I’Etat français. ll n’est pas vain de penser que le « Guernica » est la plus formidable représentation « des désastres provoqués par la guerre », un tableau-affiche qui symbolise I’horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I’Humanité.

Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris « .

A ce sujet, Carlos Saura prépare un film,  « 33 dias « , dont la sortie est prévue en 2017, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.

Et puisqu’il est question de cinéma, rappelons que chaque scène est précédée de l’ordre du réalisateur : « ACTION ». C’est ce que nous attendons aujourd’hui. Il est temps de mettre un terme à ce mauvais feuilleton !

André Cardinali.

PS : Une anecdote veut qu’Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire  » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous !.

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Robert Doisneau

Alberto Giacometti

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Après avoir vu la Rétrospective au musée d’Art moderne de Paris en 1991 et à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. L’exposition de Giacometti à Shanghai est de loin la meilleure. Ne la loupez-pas si vous passez par ici, jusqu’au 31 juillet.

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Giacometti fait parti des artistes qui sont ancrés dans ma mémoire artistique comme Turner, Picasso, Dali, Delacroix, Calder.

Son père, Giovanni Giacometti, lui-même peintre, le pousse à s’intéresser à l’art. Il peint ses premières œuvres dans le domicile familial, essentiellement des portraits des membres de sa famille ou de ses condisciples, reprenant le style postimpressionniste paternel. Au terme de ses écoles obligatoires, Alberto part étudier à l’École des beaux-arts de Genève avant d’arriver à Paris en janvier 1922. Il emménage en décembre 1926 au 46 rue Hippolyte-Maindron (14e arr) dans « la caverne-atelier » qu’il ne quittera plus, malgré sa petite taille et son inconfort.

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Après avoir visité les Ateliers de Dali à Portlligat près de Cadaquès , Picasso rue des Grands-Augustins, Delacroix place de Fürstenberg, Calder à Saché,  j’aurais tant aimé connaître l’atelier de Giacometti, ou il créa la majorité de ses œuvres et m’asseoir à côté de lui dans le rade qu’il fréquentait tous les jours.

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Il fréquente l’atelier d’Antoine Bourdelle à Montparnasse. Il découvre le cubisme, l’art africain et la statuaire grecque et s’en inspire dans ses premières œuvres. Ses sculptures sont en plâtre, parfois peintes secondairement, ou coulées en bronze, technique qu’il pratiquera jusqu’à la fin de sa vie. Il étudia aussi au collège de Leonard de Vinci où il s’ennuya énormément.

Pour mieux connaître son oeuvre, il publie ce texte magnifique en 1933 :

« Depuis des années, je n’ai réalisé que des sculptures qui se sont offertes tout achevées à mon esprit ; je me suis borné à les reproduire dans l’espace sans y rien changer, sans me demander ce qu’elles pouvaient signifier. […] Rien ne m’est jamais apparu sous la forme de tableau, je vois rarement sous la forme de dessin. Les tentatives auxquelles je me suis livré quelquefois, de réalisation consciente d’une table ou même d’une sculpture ont toujours échoué. […] L’objet une fois construit, j’ai tendance à y retrouver transformés et déplacés des images, des impressions, des faits qui m’ont profondément ému (souvent à mon insu), des formes que je sens m’être très proches, bien que je sois souvent incapable de les identifier, ce qui me les rend toujours plus troublantes… » 

Giacometti a été l’un des premiers graffeurs, il avait compris qu’il fallait faire découvrir l’art dans la rue. Je ne pouvais pas le remarquer ! et ne pas penser à Jean-Michel Basquiat.

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J’ai craqué pour ses deux dessins.

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pour cette statuette

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et pour cette photo prise par Henri-Cartier – Bresson, en 1961, rue d’Alésia.

1961 FRANCE.  Personalities. 1961. Paris. 14th arrondissement. Rue d'AlÈsia. Alberto GIACOMETTI, Swiss painter and sculptor. Image envoyÈ ‡ Pascale Giffard (Transaction : 632203948288906250) © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Alberto Giacometti et Henri Cartier-Bresson se sont rencontrés à Paris dans les années 1930. De cette rencontre est née une relation toute particulière qu’Henri a décrite en ces mots – publiés dans le journal The Queen du 1er mai 1962 :

Giacometti est un des hommes les plus intelligents que je connaisse, d’une honnêteté sur lui-même et sévère sur son travail, s’acharnant là où il éprouve le plus de difficultés. A Paris il se lève vers trois heures, va au café du coin, travaille, vadrouille à Montparnasse et se couche au jour. (…) Son visage a l’air d’une sculpture qui ne serait pas de lui, sauf les sillons des rides. La démarche très personnelle, un talon se pose très avant, peut-être a-t-il eu un accident, je ne sais pas, mais la démarche de sa pensée est encore plus curieuse, sa réponse va bien au-delà de ce que vous avez dit : il a tiré un trait, additionne et ouvre une autre équation. Quelle vivacité d’esprit, le moins conventionnel et le plus honnête qui soit. (…) Chez Alberto l’intellect est un instrument au service de la sensibilité. Dans certains domaines sa sensibilité prend de curieuses formes, par exemple méfiance de tout laisser-aller affectif avec les gens. Enfin cela ne regarde pas les lecteurs de Queen, pas plus que des descriptions d’Alberto prenant son café au lait au lit. Suffit, c’est mon ami. 

Le hasard a voulu qu’aujourd’hui, la Fondation Henri Cartier-Bresson se situe dans un atelier d’artiste du XIVe arrondissement de Paris, à deux pas des ateliers où Alberto Giacometti oeuvrait jadis…

 

Federico Restrepo. Un Philosophe-designer, colombien à Shanghai !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Ma passion dans ma vie est d’aider les artistes, l’artiste que je vous présente aujourd’hui en est un vrai !, en ce moment, il traverse une mauvaise période, c’est pour cela que je lance un APPEL SOLENNEL pour lui trouver du travail, afin qu’il retrouve la place qui est la sienne: celle du monde de la création et des arts. Deplus, il a une famille à nourrir avec deux enfants de bas âge …

Après avoir été l’animateur pour sauver l’atelier Picasso, je compte bien sauver un autre grand artiste comme Federico, avec votre aide. Merci.

Créer est aussi difficile que d’être libre ! Elsa Triolet

Cette citation pourrait être associée au talent de Federico Restrepo : un homme d’esprit et de savoir installé à Shanghai depuis 2007.

Sensibilisé à tous les moyens de création, Federico Restrepo développe un sens aigu de la création qu’il exerce dans son métier comme dans sa vie, car, selon lui, «la création est le plus noble des actes humains ».

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Né à Bogota (1962) de père architecte, grand-père aquarelliste, arrière-arrière-grand-père  « Grand prix de Rome » (et architecte de la Sorbonne) et de mère créative dans le design, Federico Restrepo est imprégné dès son plus jeune âge par l’univers de la création.

Cette culture s’enrichit de ses nombreux voyages effectués au fil des ses études – Colombie, Espagne, France – et Federico Restrepo développe alors son sens artistique. Il l’exprime dès l’âge de 18 ans à travers la peinture dont il expose son travail à Rodez en 1981. Trop jeune et non préparé à affronter le monde des galeries, il renonce à s’engager dans cette voie et entame alors des études de logique et de philosophie à La Sorbonne jusqu’à sa maîtrise en 1987. Encore étudiant et toujours féru de création, il conçoit et dessine un luminaire grâce auquel il remporte le titre « Lampe d’Or » au Salon International du Luminaire en 1987, remis par Philippe Starck. Dès lors, il se dédie définitivement au design.

Après avoir monté sa première agence (Raison Pure) en 1988 à l’âge de 25 ans, il mûrit la trajectoire qu’il souhaite donner à son métier et à sa vie et crée en 1994 L’ATELIER FEDERICO RESTREPO où il développe son savoir-faire singulier dans le monde du design, combinaison d’une formation à la fois artistique et philosophique. Son approche éclectique du design a déjà remporté un vif succès dans le domaine des parfums et de la cosmétologie où il a acquis une notoriété de véritable expert.

Voici un extrait de ses réalisations www.federicorestrepo.me

Sensibilisé à tous les moyens de création dès son plus jeune âge, Federico Restrepo développe un sens aigu de la création qu’il exerce dans son métier comme dans sa vie, car, selon lui, «la création est le plus noble des actes humains »

De la philosophie qu’il étudie à La Sorbonne, Federico Restrepo a gardé le goût de l’analyse et de la réflexion. Il aime lire mais aussi écrire. Son premier livre « Le livre d’heures » (aux éditions Milan) illustre sa manière d’appréhender le métier de créateur. Dernièrement, il vient de terminer son nouvel ouvrage « Le livre des Illusions, Petits sentiers pour une méditation terrestre ».

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Jeune peintre à 18 ans, la peinture reste une de ses passions. Il peint des aquarelles dans son atelier . Libre de toutes contraintes puisqu’il n’expose pas, Federico Restrepo crée pour le simple bonheur de donner vie à des créations.

Le dessin fait partie de son quotidien professionnel. En dehors des flacons de parfums, il aime également dessiner des objets très divers aussi bien dans le domaine des arts de la table, de l’écriture que des spiritueux….

Autodidacte dans le domaine du design, il a approfondi l’étude des techniques de fabrication et a poussé son travail jusqu’à la recherche fondamentale sur les matériaux pour les industriels. De ce travail acharné, il a même découvert des procédés de fabrication insoupçonnés dans le domaine du verre. Il travaille à titre personnel le verre soufflé en produisant des pièces à destination de galeries ou de particuliers.

Polyglotte (espagnol, anglais, italien, français), Federico Restrepo aime voyager et côtoyer des cultures différentes qui nourrissent son esprit créatif et ses idées.

Federico vient de créer une ligne de joillerie pour Hommes :  « LES ORNEMENTS  » www.frestrepo.com

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Selon lui, l’échange est une véritable richesse : « Tout seul on n’a pas d’idées. Il faut  les échanger ». C’est pour cela que je fais un appel amical auprès de mes amis, et à la communauté française en Chine.

Pour découvrir ses multiples facettes, voici plusieurs Liens:

Site professionel : www.restrepodesign.com

Le cabinet des curiosités de Shanghai http://federicorestrepo.me/portfolio/cabinet/book.swf
Livres : Peinture, poésie, etc…: a télécharger http://restrepodesign.com/books/

Lucien Clergue, le saltimbanque

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Lucien Clergue, est mort aujourd’hui, à l’âge de 80 ans, soit dix jours après son grand ami, le guitariste gitan Manitas de Plata.

4524197_7_56bd_lucien-clergue-en-juin-2013_d86b62c346ae6efff20e144d9a9cce8fphoto Dominique Faget. AFP

Lucien était le président du Comité de soutien pour sauver l’atelier de son ami Picasso en intervenant auprès du Président de la République.Lettre François Hollande

Figure majeure de la photographie en France, cet Arlésien pur jus, issu d’un milieu modeste et qui rêve d’abord de devenir violoniste, photographie des cadavres d’oiseaux sur les berges du Rhône. Il montre ses images, au culot, à Picasso, il n’a pas 20 ans. C’est le début d’une longue amitié et d’une belle carrière de photographe.

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Première rencontre entre Picasso et Lucien Clergue

Ses images de taureaux morts (ses « charognes ») ou de débris sur la plage, ses nus particulièrement osés pour l’époque – il en tirera un livre célèbre, Née de la vague (1965), le rendent rapidement célèbre. Son premier livre, Corps mémorable(1957), accompagné de poèmes de Paul Eluard, d’une introduction de Jean Cocteau, et orné d’une couverture de Picasso, est un succès.

Sa réputation va bien au-delà des frontières : il est l’un des rarrissimes français à bénéficier d’une exposition au MoMA de New York, en 1961.

Lucien Clergue deviendra, toute sa vie, un activiste de la photographie, qu’il tente de promouvoir comme un art – une notion moquée à l’époque. Président de l’Académie des Beaux-Arts, Membre de l’Institut, c’est le premier photographe entré sous la Coupole, en octobre 2007.

Mais sa plus grande œuvre reste sans aucun doute les Rencontres d’Arles, qu’il crée en 1969 avec l’écrivain Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette : il transforme le festival local, dédié au départ à la musique, en des rencontres autour de la photographie et des expositions d’images dans la ville, et bientôt dans les églises. Il fait venir toutes les grandes figures de l’époque, Lucien donne ainsi un coup de fouet décisif à la diffusion de la culture photographique en France.

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Portrait de Picasso par Lucien Clergue

Je lui dédicace cette citation, créé pour le Festival d’une photo : Le photographe est l’oeil de la vie pour nous ouvrir les yeux.

https://soufflezsurlesbraises.com/2011/11/05/notre-festival-dune-photo/

et aussi trois photos prises à Shanghai par mon fils (8 ans comme le 8ème art ) avec son iPod ,
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Lettre Ouverte au Président de la République.

Monsieur le Président, cher François Hollande,

Beaucoup d’appels et de combats ont été menés de l’extérieur de la France, celui-ci en est un ! de Shanghai, je me permets de solliciter de toute urgence votre aide pour sauver les ateliers des Grands-Augustins menacés de destruction par la Chambre des Huissiers de Justice de Paris.

Alors que vous venez d’inaugurer le Musée Picasso,  le Grenier des Grands-Augustins va disparaître pour laisser place à une résidence hôtelière !

Monsieur le Président, vous venez d’affirmer que Pierre Daix qui vient de nous quitter: «  C’était un homme libre « , voici sa réaction dans un article de La Croix, daté du 24 juin 2014:

« Je suis absolument indigné des menaces pesant sur le Grenier des Grands-Augustins. C’est un lieu historique. C’est là, que Picasso a peint Guernica, mais aussi le Charnier. C’est là qu’il a passé toutes les années d’occupation avant de partir à la fin de la guerre dans le Midi. Il y revenait de temps à autre. Et c’est là encore qu’en 1949, il nous a montré à Aragon et à moi des lithographies qu’il venait de réaliser, dont La Colombe, devenue l’emblème du Mouvement de la paix. Ce lieu doit être conservé… »

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C’est ici au 7, rue des Grands-Augustins, que l’enfant Louis XIII fut proclamé roi le 10 mai 1610 à la mort de son père Henri IV.

C’est ici que l’on a amené Ravaillac après son attentat.

C’est ici que Honoré de  Balzac situe l’action de son  » Chef d’œuvre inconnu« , nouvelle fantastique mettant en scène le jeune Nicolas Poussin et les peintres Porbus et Frenhofer.

C’est ici que Jean-Louis Barrault  installa sa première compagnie et tint son théâtre expérimental.

Paul Claudel, Antonin Artaud, Louis Aragon, Georges Bataille, André Masson, Claude Dauphin, Jean Giraudoux, Jean Cocteau, Jules Romain, Armand Salacrou, François Mauriac, Henri Mondor, Jacques Prévert, Marcel Carné, Robert Desnos, Mouloudji, Dora Maar, Jean-Paul Sartre et bien sûr Simone de Beauvoir… Tous se retrouvaient régulièrement au  « Grenier des Grands Augustins », résidence de Jean-Louis Barrault entre 1933 et 1936.

« Au Grenier, la porte n’était jamais fermée, venait y habiter qui voulait ».

C’est ici que le Groupe Octobre de Jacques Prévert, et les Surréalistes organisèrent plusieurs réunions en 1936.

C’est ici que Pablo Picasso réalisa Guernica et séjourna jusqu’en 1955

C’est ici que Le Comité National pour l’Education Artistique ( CNEA ) association Loi de 1901, fondée en 1966 a installé son siège social, après avoir entièrement réhabilité les lieux, laissés en totale déshérence après l’expulsion de Pablo Picasso par les huissiers.

Le CNEA a été à son tour expulsé par la Chambre des huissiers il y a un an.

Il y a plus d’un an, le 15 avril 2013, vous aviez immédiatement répondu à l’appel lancé par le président du comité de soutien, Monsieur Lucien Clergue et exprimé votre volonté de voir ce dossier « traité prioritairement ». Aujourd’hui où en est-on ?

Votre lettre adressée à Lucien Clergue :   François Hollande

…La seule question qui se pose est de savoir quand les ateliers des Grands-Augustins seront à nouveau ouverts au public

Il ne semble pas que l’on soit en mesure, du côté de l’administration, de répondre à cette question légitime. Par contre, ce qui est sûr, c’est que la chambre des huissiers se contre-fout éperdument des décisions prises par la Commission du patrimoine et des sites, autant que du décret qui a été signé par le Préfet de Paris le 18 juillet, et notifié à la mairie de Paris le 28 juillet, décret qui n’a toujours pas fait l’objet d’une publication au JO.

Vous a-t-on informé que huit jours après la notification du dit décret à la mairie, les huissiers ont déposé un permis de construire ? (PJ) Monsieur le Président de la République, vos ordres étaient clairs. Ils ont pourtant été bafoués, et permettez-moi de dire, avec tout le respect que je vous dois, que l’on se fout de votre gueule, comme de la nôtre et de tous ceux qui s’intéressent – ils sont légion – dans ce pays comme à l’étranger, à ce patrimoine universel. Nous attendons maintenant de votre part une décision urgente et incontestable. »

Une anecdote veut qu’à Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire  » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous ! avec le soutien de François Hollande, Président de la République.

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Certain que vous mesurerez l’importance de cet appel, et confiant dans votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma très haute considération.

André Cardinali, animateur du comité de soutien.

PS : le Comité de soutien a récolté plus de deux mille signataires adressées à Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris et à Monsieur Manuel Vals, Premier Ministre.

Etant installé en Chine, j’appelle tous mes amis à prendre mon relais pour sauver l’atelier Picasso.Ce combat est primordial pour les jeunes générations et pour le patrimoine culturel français et espagnol.
Frédéric Beigbeder, a lu ce message en mon absence, le jeudi 13 novembre 2014, lors de la conférence de presse à la Mairie du 6ème
Merci Frédéric, tu est un ami.
F Beigbeder Conf de presse
Quelques témoignages :

Carlos Saura

» ll y a quelques mois, alors que je préparais mon film « 33 jours » sur Picasso, Dora Maar et l’élaboration du tableau « Guernica« , j’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de la rue des Grands- Augustins où l’artiste a peint le « Guernica ». Ce fut un grand moment d’émotion.

Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I’Humanité, mérite donc la plus grande attention de I’Etat français. ll n’est pas vain de penser que le « Guernica » est la plus formidable représentation « des désastres provoqués par la guerre », un tableau-affiche qui symbolise I’horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I’Humanité.

Pablo Picasso est un peintre espagnol et français, un peintre universel et sans frontières. ll a passé la majeure partie de sa vie en France qui I’a toujours bien accueilli. C’est à Paris, dans cet atelier des Augustins que Picasso, en y réalisant le « Guernica », a vécu une des expériences les plus émouvantes de l’Histoire de la peinture. Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris « .

NB : Carlos Saura prépare un film, 33 dias, dont la sortie est prévue en 2015, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.


Erik Orsenna

»S’il est un lieu où la culture de la modernité a été créée, c’est les Grands-Augustins ! C’est par Guernica que j’ai appris ce qu’avait été la guerre d’Espagne et que j’ai compris certains enjeux qui ont meurtri l’Europe.

Bafouer ainsi cette mémoire si précieuse est insupportable. De plus, et surtout, faire vivre des endroits où il y a eu création, cela donne envie de créer. Et la France et l’Europe ont besoin de lieux de création. Les Grands-Augustins doivent revivre« .


Coup de gueule de Jean-Pierre Mocky

Une chose est certaine, le musée Picasso va rouvrir. Une autre chose est certaine : si les ateliers des Grands-Augustins ne sont pas classés, ils risquent, eux,  d’être définitivement fermés au public.

Picasso avait déclaré à Brassaï, le grand photographe : « après l’incendie du Bâteau-Lavoir, si les Grands-Augustins disparaissent, il ne restera plus rien de mon passage à Paris «

Et puis j’aimerai aussi qu’on pense au CNEA, viré par les huissiers à l’automne dernier. Sans le CNEA et tous ceux qui se battent aux côtés d’Alain Casabona, le grenier serait toujours aux oubliettes, et qui parlerait d’éducation artistique dans ce pays  ? «

Lucien-Clergue-┬®-K.Cooper

Lucien Clergue. Président de l’Académie des Beaux-Arts. Président du comité de soutien.

photo Conf

Les animateurs du comité de soutien :

André Cardinali – Didier Lockwood, Charlotte Rampling, Alain Casabona.

Charlotte Rampling

» Petit à petit, je me suis engagée, par envie, par amour pour un endroit que je refusais de voir disparaître. Pour quelle raison? Qu’est-ce qui peut justifier la disparition d’un tel lieu de mémoire? Nous avons réalisé au Grenier des choses très créatives, très fortes, très joyeuses aussi. Je sais qu’il ne veut pas qu’on en parle, mais tant pis, nous y avons également joué une pièce de théâtre écrite par Alain Casabona sur cet atelier et les personnages historiques qui l’ont visité à travers les siècles. Les Grands-Augustins sont un véritable symbole. Quant à dire ce qu’ils vont devenir…Même si le résultat obtenu est considérable, la bataille n’est pas pour autant complètement gagnée, mais je doute que les ateliers puissent être désormais détruits. Il faut quand même rester très vigilant. Je ne suis pas politique, je suis simplement un soutien moral, affectif. Amoureuse d’un endroit, tout simplement, et amie des gens qui l’animaient, et qui, je l’espère, pourront à nouveau nous enchanter. Parce que le Grenier n’est pas seulement mythique. Il est magique« .


 Didier Lockwood

»La culture, l’art, la mémoire sont les garants de la survie de notre espèce. L’art exerce une triple fonction : il est divinatoire, puisque visionnaire, en ce sens qu’il s’adresse au futur. Il est également le témoin de notre passé, de notre éveil et de notre progression. Mais il est également le seul véritable ancrage dans le présent car tout acte artistique est un cadeau. Ainsi, c’est en regardant au fond des choses, à travers une éducation au sensible, que l’on peut apercevoir la lumière et se retrouver, ensemble, pour servir ce qui nous anime : la vie. Le Grenier des Grands-Augustins doit demeurer un lieu de rassemblement, en toute humilité. Il s’agit de réfléchir sur ce que l’art et la culture nous apportent. A travers le sensible, on peut sublimer le sensé et le rationnel. De ce fait, si nos dirigeants faisaient davantage confiance aux artistes dans leurs visions, on pourrait éviter beaucoup de catastrophes« .


Communiqué d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, à propos du classement du Grenier Picasso

Publié le 13.05.2014 À 19H50

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, se félicite de l’avis favorable rendu par la Commission régionale du patrimoine et des sites à l’inscription du Grenier Picasso au titre des monuments historiques. Réunie le 13 mai, la commission régionale du patrimoine et des sites d’Ile-de-France, placée sous la présidence du Préfet de région, a examiné l’extension de la protection au titre des monuments historiques de l’immeuble des Grands-Augustins. Étaient notamment concernés le 2ème étage et le grenier des Grands-Augustins où Pablo Picasso a installé son atelier à partir de 1937. Il aura créé dans ces lieux, pendant plus de trente ans, de nombreux chefs d’œuvre, et notamment « Guernica ». La Commission a rendu un avis favorable à l’extension de la protection. Désormais toutes les conditions sont réunies pour que l’arrêté d’inscription puisse être pris très rapidement. Aurélie Filippetti se réjouit de cet avis rendu par une commission composée d’éminents experts du patrimoine. Elle rappelle qu’elle avait demandé aux représentants du ministère de la Culture et de la Communication, au sein de cette commission, de voter en faveur de la protection, eu égard à la valeur historique de ce lieu indissociable de la mémoire de Pablo Picasso.


Comité de soutien, présidé par Lucien Clergue et fédéré autour de Charlotte Rampling, Didier Lockwood et André Cardinali dit dédé de Montreuil.

 Premiers signataires :

Victoria Abril, Nicole Avril, Pierre Arditi, Fernando Arrabal, Eugénie Bachelot-Prévert Josiane Balasko, Marie-Christine Barrault, Géraldine Beigbeder, Marc Bellanger, Pierre Bénichou, André Bercoff, Patrick Bouchitey, Emmanuel de Brantes, Cabu, Grâce de Capitani, André Cardinali, Alain Casabona, Madeleine Chapsal, Philippe Chevallier, Cyrielle Clair, Lucien Clergue, Hermine de Clermont-Tonnerre, Pierre Cornette de Saint-Cyr Michèle Cotta, Béatrice Dalle, Didier Decoin, Jean-Paul Delevoye, Philippe Douste-Blazy Jean-Claude Dreyfus, Jean-Pierre Elkabbach, Bruno Gaccio, Gilbert Grellet, Rona Hartner Izïa Higelin, Jacques Higelin, Yvette Horner, Paco Ibanez, Jean-Noël Jeanneney, Jean-Pierre Kalfon, Nelly Kaplan, Francis Lai, Jack Lang, Olivier et Yara Lapidus, Bernard Lavilliers Amanda Lear, Jean-Pierre Lecoq, Pierre Lescure, Peter Lindbergh, Didier Lockwood Michaël Lonsdale, Jacques Mailhot, Raghunath Manet, Joël Martin, Florent Massot, Jacques Menninger, Kamel Mennour, Saülo Mercader, Serge Moati, Jean-Pierre Mocky, François Morel, Nicoletta, Hélène Nougaro, René de Obaldia, Erik Orsenna, Henri Peña-Ruiz, Francis Perrin, Philippe Perrin, Patrick Poivre d’Arvor, Anne Queffelec, Charlotte Rampling, Michel Rocard, Jacques Rouveyrollis, Pierre Santini, Carlos Saura, Jacques Séguéla, Roger Serre, Jérôme Seydoux, Bruno Solo, Agnès Soral, Ousmane Sow, Bruno de Stabenrath, Philippe Tesson François-Joël Thiollier, Danièle Thomson,Sarah Vernette, Astrid Veillon, Jean-Pierre Wallez, Jean-Michel Wilmotte, Georges Wolinski, Gordon Zola…


PERMIS DE CONSTRUIRE. PC 075 106 14 V 0019

Date de dépôt 05/08/2014

Adresse

7 – 7 rue des Grands Augustins

Demandeur

HELZEAR

Monsieur Timothée de COURCY

22 rue Rennequin

75017 PARIS

Objet des travaux (lors du dépôt)

Réhabilitation avec changement de destination d’un bâtiment de bureau, sur rue et cour, de 3

étages + combles, sur 1 niveau de sous-sol, en résidence hôtelière de 25 chambres, avec

construction de mezzanines dans les volumes du rez-de-chaussée et 1er étage pour création de duplex, démolition des extensions à rez-de-chaussée et R+1 en fond de parcelle pour restitution

d’une deuxième cour, ravalement de la façade sur rue et de l’aile droite sur cour, modification de la devanture sur rue et création d’un pyrodome et d’une lucarne en brisis versant rue.

Surface supprimée : 110 m². Surface créée : 77 m².

Immeuble concerné par une inscription sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments

Historiques en date du 06/02/1926. Programme (lors de la décision)

Propriétaire :

CHAMBRE DEPARTEMENTALE DES HUISSIERS DE JUSTICE DE PARIS

17 RUE DE BEAUJOLAIS . 75001 PARIS

Architecte

CLCT ARCHITECTES

2, rue de Compiègne

75010 Paris

 

 

L’atelier Picasso sauvé !

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Encore merci de votre soutien précieux, votre nom restera gravé dans l’histoire de ce lieu mythique.

J’aime bien ce genre de combats dont on dit qu’ils sont désespérés.

Sauver les Grands-Augustins, c’est notre devoir et notre fierté pour l’avenir des jeunes générations. C’est l’affaire de tous, ou du moins ça devrait l’être ! Pour reprendre ma maxime préférée, le Général Patton disait : “ Rien n’est impossible à condition d’utiliser l’audace ”. J’y ajouterai la passion !

dédé


 

Communiqué de presse CNEA                  
14 mai 2014
Le Comité National pour l’Education Artistique (CNEA) a pris connaissance du communiqué publié le 13 mai par Mme Aurélie Filippetti, ministre de la Culture (cf. PJ), et se félicite de l’avis favorable adopté à l’unanimité par la commission régionale du patrimoine et des sites. Ainsi que le demandaient les signataires de la lettre ouverte à la maire de Paris et au Premier ministre, la commission s’est prononcée en faveur de la protection, au titre des monuments historiques, du Grenier des Grands-Augustins, du deuxième étage de l’immeuble où fut peint Guernica, mais aussi de l’ensemble des façades, des toitures et de la cage d’escalier du 7, rue des Grands-Augustins.
Il s’agit là d’une magnifique victoire pour tous ceux qui ont uni leurs efforts depuis mai 2013 afin que les Grands-Augustins, qualifiés de « lieu le plus emblématique de Paris  » par le réalisateur Carlos Saura, soient définitivement protégés.
Le CNEA exprime sa vive reconnaissance aux membres de son comité de soutien, présidé par M. Lucien Clergue et fédéré autour de Mme Charlotte Rampling, de M. Didier Lockwood et de M. André Cardinali, dit Dédé de Montreuil.
Que soient aussi remerciés Opinion Internationale, le média en ligne qui a recueilli les signatures de nos soutiens*, et son fondateur, M. Michel Taube ; maître Marc Bellanger ; le groupe IGS (Institut de Gestion Sociale), qui soutient l’action du CNEA depuis plus de vingt ans et a accepté d’héberger l’association à titre provisoire. Bien évidemment, nos remerciements s’adressent aussi à tous les signataires de la lettre ouverte à la maire de Paris et au Premier ministre. Leur contribution a été essentielle pour rendre cette victoire possible. Merci aussi à M. Bertrand Delanoë, Mme Anne Hidalgo, M. Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, et M. Jean-Pierre Lecoq, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour appuyer nos démarches auprès du gouvernement. Merci enfin aux journalistes qui ont bien voulu se faire l’écho de ce combat sans précédent dans l’histoire du Patrimoine.
Pour reprendre les termes de la ministre de la Culture, « désormais, toutes les conditions sont réunies pour que l’arrêté d’inscription puisse être pris très rapidement. »
Notre combat ne s’arrête pas là. La vocation des Grands-Augustins ne peut être seulement patrimoniale, elle est aussi et avant tout culturelle: elle ne peut reprendre toute sa dimension que dans le cadre d’une ouverture au public, et tout particulièrement aux scolaires.
Le conseil d’administration du CNEA
* La liste des signataires, mais aussi l’éditorial de Michel Taube, la conférence de presse du 6 mai 2014, l’interview d’André Cardinali et l’improvisation de Didier Lockwood, sont consultables à l’adresse suivante:
2000 signataires ont signé la lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls avec plus de 100 personnalités du monde de l’art.

Pour tous ceux qui n’ont pas encore signé, vous pouvez encore le faire et le demander à vos amis. Merci d’avance.

 


Il était temps de classer cet immeuble emblématique.
 » ll y a quelques mois, alors que je préparais mon film « 33 jours » sur Picasso, Dora Maar et l’élaboration du tableau « Guernica« , j’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de la rue des Grands- Augustins où l’artiste a peint le « Guernica ». Ce fut un grand moment d’émotion.
Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I’Humanité, mérite donc la plus grande attention de I’Etat français. ll n’est pas vain de penser que le « Guernica » est la plus formidable représentation « des désastres provoqués par la guerre », un tableau-affiche qui symbolise I’horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I’Humanité.
Pablo Picasso est un peintre espagnol et français, un peintre universel et sans frontières. ll a passé la majeure partie de sa vie en France qui I’a toujours bien accueilli. C’est à Paris, dans cet atelier des Augustins que Picasso, en y réalisant le « Guernica », a vécu une des expériences les plus émouvantes de l’Histoire de la peinture. Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris « Carlos Saura
NB : Carlos Saura prépare un film, 33 dias, dont la sortie est prévue en 2015, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.

 » S’il est un lieu où la culture de la modernité a été créée, c’est les Grands-Augustins ! C’est par Guernica que j’ai appris ce qu’avait été la guerre d’Espagne et que j’ai compris certains enjeux qui ont meurtri l’Europe.

Bafouer ainsi cette mémoire si précieuse est insupportable. De plus, et surtout, faire vivre des endroits où il y a eu création, cela donne envie de créer. Et la France et l’Europe ont besoin de lieux de création. Les Grands-Augustins doivent revivre « . Erik Orsenna

Coup de gueule de Jean-Pierre Mocky

 » ça me fait doucement marrer de voir la polémique sur la réouverture de l’hôtel de Salé, et tout ça pour des histoires de personnes . Une chose est certaine, le musée va rouvrir. Une autre chose est certaine : si les ateliers des Grands-Augustins ne sont pas classés, ils risquent, eux,  d’être définitivement fermé au public.

J’ai été surpris de voir que Mr Claude Picasso, lors de ses nombreuses interviews, n’a pas parlé une seule fois de l’urgence de classer les ateliers de son père, qui avait déclaré à Brassaï, le grand photographe : « après l’incendie du Bâteau-Lavoir, si les Grands-Augustins disparaissent, il ne restera plus rien de mon passage à Paris « .

Mais, peut-être que Claude Picasso n’a pas eu le temps de se pencher sur le problème. On me dit qu’il n’a jamais mis les pieds aux Grands-Augustins.

C’est facile de dire :   » la France se fout de mon père  » , alors que les ateliers sont en péril et qu’on ne bouge pas le petit doigt !.

Et puis j’aimerai aussi qu’on pense au CNEA, viré par les huissiers à l’automne dernier. Sans le CNEA et tous ceux qui se battent aux côtés d’Alain Casabona, le grenier serait toujours aux oubliettes, et qui parlerait d’éducation artistique dans ce pays  ?  »


Lucien-Clergue-┬®-K.Cooper

 

Lucien Clergue. Président de l’Académie des Beaux-Arts et

Président du comité de soutien.

 

photo Conf
Les animateurs du comité de soutien et Alain Casabona, Délégué général du CNEA.

 » Petit à petit, je me suis engagée, par envie, par amour pour un endroit que je refusais de voir disparaître. Pour quelle raison? Qu’est-ce qui peut justifier la disparition d’un tel lieu de mémoire? Nous avons réalisé au Grenier des choses très créatives, très fortes, très joyeuses aussi. Je sais qu’il ne veut pas qu’on en parle, mais tant pis, nous y avons également joué une pièce de théâtre écrite par Alain Casabona sur cet atelier et les personnages historiques qui l’ont visité à travers les siècles. Les Grands-Augustins sont un véritable symbole. Quant à dire ce qu’ils vont devenir…Même si le résultat obtenu est considérable, la bataille n’est pas pour autant complètement gagnée, mais je doute que les ateliers puissent être désormais détruits. Il faut quand même rester très vigilant. Je ne suis pas politique, je suis simplement un soutien moral, affectif. Amoureuse d’un endroit, tout simplement, et amie des gens qui l’animaient, et qui, je l’espère, pourront à nouveau nous enchanter. Parce que le Grenier n’est pas seulement mythique. Il est magique « .
Charlotte Rampling

 » La culture, l’art, la mémoire sont les garants de la survie de notre espèce. L’art exerce une triple fonction : il est divinatoire, puisque visionnaire, en ce sens qu’il s’adresse au futur. Il est également le témoin de notre passé, de notre éveil et de notre progression. Mais il est également le seul véritable ancrage dans le présent car tout acte artistique est un cadeau. Ainsi, c’est en regardant au fond des choses, à travers une éducation au sensible, que l’on peut apercevoir la lumière et se retrouver, ensemble, pour servir ce qui nous anime : la vie. Le Grenier des Grands-Augustins doit demeurer un lieu de rassemblement, en toute humilité. Il s’agit de réfléchir sur ce que l’art et la culture nous apportent. A travers le sensible, on peut sublimer le sensé et le rationnel. De ce fait, si nos dirigeants faisaient davantage confiance aux artistes dans leurs visions, on pourrait éviter beaucoup de catastrophes « . Didier Lockwood


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La victoire de Guernica

Nous en aurons raison.

 Paul Eluard 

Une anecdote veut qu’à Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire  » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous !

 

 

URGENT. J’ai besoin de vous.

 

 

« Il reste 5 jours pour sauver les Ateliers de Picasso »

André Cardinali, dit Dédé de Montreuil, est un créateur d’événements culturels. Il aide les jeunes talents à percer dans ce milieu. Fils d’immigrés italiens, il a grandi dans le Paris des années 60. C’est au contact de Jean-Jacques Servan-Schreiber, le fondateur de l’Express, dont il a été le secrétaire particulier pendant vingt ans, qu’il a puisé cette culture de l’engagement. Aujourd’hui il s’engage en tant qu’animateur du Comité de soutien pour sauver le Grenier des Grands-Augustins.

André Cardinali, à Paris, 9 avril 2014 © Alain Elorza

Vous vous battez pour la protection du Grenier des Grands-Augustins, là où Picasso a peint Guernica.

Quelle mouche a piqué Dédé de Montreuil pour qu’« il » s’engage ainsi ? 

C’est mon ami Alain Casabona qui, à la tête du Comité National pour l’Education Artistique (CNEA), m’a sensibilisé à cette cause. Nous avons mené ensemble des actions humanitaires comme la campagne « Tâtez-vous », pour le dépistage du cancer du sein, ou celle encore pour soutenir le chef Raoni et protéger la forêt amazonienne.

Selon nos informations, la Chambre des huissiers de justice de Paris, propriétaires de l’immeuble, s’apprêterait à louer l’ensemble du bâtiment à un investisseur qui voudrait y ouvrir une résidence hôtelière de luxe. Cela vous révolte. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’aime bien ce genre de combats dont on dit qu’ils sont désespérés ce qui, à mon avis, n’est pas le cas ici, quoiqu’en pensent ceux qui ont réussi à expulser le CNEA qui, rappelons-le, a réhabilité les lieux en 2002 pour y accomplir une œuvre considérable, notamment en organisant des concerts, des lectures, des expositions et surtout des ateliers pédagogiques, activités toutes gratuites.

J’ai eu la chance de travailler aux côtés d’un homme, Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui m’a beaucoup inspiré et m’a appris comment on menait des combats à leur terme. Le combat pour sauver les Grands-Augustins est une cause magnifique. C’est un combat que je mène pour tous les enfants, et en particulier les miens : je les ai d’ailleurs emmenés à plusieurs reprises avec toute leur école à l’Atelier Picasso et ils y ont reçu des bonnes ondes.

Comment peut-on fermer un lieu aussi chargé d’histoire ? Balzac y situe l’action de son Chef d’œuvre inconnu, Jean-Louis Barrault y installa son atelier entre 1934 et 1936. C’est ici aussi que Prévert a créé le groupe Octobre. Picasso y a peint Guernica et la Colombe de la paix. Fermer ces ateliers reviendrait à rayer d’un trait une partie de notre patrimoine, du patrimoine européen aussi : ce serait une gifle pour l’Espagne mais aussi, même si cela peut sembler paradoxal, pour l’Allemagne. Pour moi, ce serait un acte de vandalisme caractérisé.

Parlez-nous de la chronologie des événements : comment ce lieu a t-il pu être cédé sans prendre en compte cette dimension historique ?

Tout d’abord, il faut préciser que ce lieu n’a pas encore été cédé pour la simple raison qu’il s’agit d’un bien inaliénable, qui ne peut être proposé qu’à la location, et encore… Ce n’est pas la Chambre des huissiers de justice de Paris qui en est le propriétaire, mais la centaine d’huissiers et des ayant-droits qui ont acheté l’immeuble en 1926. D’ailleurs, le CNEA a interjeté appel de l’ordonnance d’expulsion du 3 juillet 2013 en mettant en avant cet argument important émanant du juge des référés qui estime que la contestation émise par le CNEA est sérieuse et dépasse son pouvoir.

Ce qui est sûr, c’est que l’un des héritiers du peintre a proposé à la Chambre de louer l’ensemble de l’immeuble et de prendre à sa charge la totalité des travaux pour y installer une Fondation. Cette solution idéale a été refusée par le président de la Chambre qui a peut-être reçu une offre plus alléchante. Il serait intéressant d’ailleurs de savoir ce qu’en pensent ses confrères…

Toujours est-il qu’il y a le feu au lac. En effet, la commission régionale du patrimoine et des sites doit se réunir le 13 mai pour décider de l’avenir des Ateliers Picasso.

Vous évoquez les Ateliers Picasso et non le Grenier. Pourquoi ?

Cette question est essentielle. Il faut savoir que Picasso occupait non seulement le Grenier, c’est-à-dire le dernier étage, composé de sa chambre, de sa salle de bains et de l’atelier de peinture, mais aussi l’étage inférieur qui comprenait notamment l’atelier de sculpture. C’est là que fut peint en réalité Guernica. La hauteur sous plafonds du Grenier ne permettait pas à l’artiste d’y réaliser son chef d’œuvre. Imagine-t-on un instant que cet espace soit transformé en suite avec jacuzzi ? Nous avons soulevé cet aspect du problème dans nos courriers adressés au Premier ministre et à la Maire de Paris. En effet, le classement doit porter sur l’ensemble des ateliers, c’est-à-dire les deux derniers étages de l’immeuble du 7, rue des Grands-Augustins.

Comment se fait-il qu’une procédure d’urgence de classement n’ait pas encore été décidée ?

Effectivement, cette mesure aurait pu être prise dès l’été dernier. Saisi par le président de l’Académie des Beaux-Arts, Monsieur Lucien Clergue, François Hollande avait répondu à ce dernier le 14 avril 2013 – il y a donc plus d’un an – en exprimant sa volonté de voir ce dossier « confié à Madame Filippetti, traité prioritairement. »

Malgré les interventions du président de la République, du président de l’Académie des Beaux-Arts, de l’ancien Maire de Paris, du Conseil de Paris, du Maire du VIèmearrondissement, et les protestations indignées de très nombreuses personnalités, relayées par une importante campagne de presse, cette mesure, la seule de nature à protéger les Ateliers, n’a pas été engagée. Ceci est d’autant plus étonnant qu’il y a quelques années, Monsieur Jack Lang, alors ministre de la culture, avait réussi à classer en très peu de temps le Fouquet’s et éviter ainsi sa transformation en galerie marchande.

Comment expliquez-vous cet abandon des politiques ?

Plus que d’abandon, je parlerais d’incurie. Quand on sait que l’Hôtel Salé (Musée Picasso) qui devait ouvrir ses portes à l’automne dernier voit une fois encore son ouverture reculée à l’automne prochain, on peut se demander si certains de nos dirigeants aiment Picasso. D’où la Lettre ouverte à Monsieur Valls et à Madame Hidalgo sur lesquels nous comptons beaucoup. Et je le pense sincèrement. En effet, tous les deux ont insisté à plusieurs reprises sur l’importance qu’ils attachaient à la protection du patrimoine et au développement de l’éducation artistique. Le sort des Grands-Augustins est entre leurs mains. Alors, que l’on ne vienne pas nous annoncer le 14 mai que les Ateliers ne sont pas classés, faute d’information : désormais, toute la classe politique est au courant.

Le 6 mai, Opinion Internationale organise une conférence de presse avec le soutien du CNEA. Qu’en attendez-vous ?

Cette conférence de presse, à laquelle nous avons convié aussi tous nos soutiens, est l’ultime chance de mobiliser l’opinion et les politiques. Souvenons-nous de ce que disait Picasso à Brassaï, quelques temps après avoir été expulsé lui aussi par les huissiers : « après l’incendie du Bateau Lavoir, la destruction des Ateliers des Grands-Augustins effacerait toute trace de mon passage à Paris. »

Imaginez un peu : Carlos Saura doit sortir un film, 33 dias, avec Antonio Banderas dans le rôle de Picasso et Gwyneth Paltrow dans celui de Dora Maar en 2015 sur le moment de sa vie où le peintre peignit Guernica. La France serait la risée du monde. Personnellement, je préfère imaginer un autre scénario : voir les responsables politiques français, allemands et espagnols inaugurer ensemble les Ateliers restaurés. Cela aurait quand même une autre gueule, non ?

Si le 13 mai, les Ateliers ne sont pas classés, ils risquent de disparaître à jamais. Nous espérons donc que les médias relaieront fortement notre Appel : il reste «13 dias » pour sauver les Grands-Augustins.

C’est notre devoir et c’est notre fierté de mener ce combat. C’est pourquoi nous comptons sur vous, parce que la culture, parce que l’avenir des jeunes générations, c’est l’affaire de tous !

Pour reprendre ma maxime préférée, le Général Patton disait : “ Rien n’est impossible à condition d’utiliser l’audace ”. J’y ajouterai la passion !

Propos recueillis par Elie Levaï

En ma qualité d’animateur du Comité de soutien, je compte sur vous pour signer cet appel et m’aider à faire passer le message autour de vous.

Nous serons tous fiers d’avoir participé à ce combat culturel, sinon à quoi sert-on ?

Je n’ai pas envie que les enfants et les jeunes nous disent  » Pourquoi, vous avez laissé faire ça  » .

André Cardinali dit dédé de Montreuil
P. 06 20 51 71 63
guernica
Lien : http://www.opinion-internationale.com/

 

Il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica‏

Signez la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls : il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica

Chers amis,

Je sais combien cette cause vous tient à cœur et vous connaissez ma fierté d’avoir contribué à lui donner le plus large écho, en ma qualité d’animateur du comité de soutien. 

Nous comptons sur votre signature et pour faire passer le message autour de vous. Rien n’est perdu: nous pouvons encore sauver ce patrimoine.

Le CNEA a décidé de saisir la nouvelle municipalité, le premier ministre, et bien évidemment le président de la République.
 
C’était un 8 avril, Picasso nous quittait, rendons lui aujourd’hui un hommage mérité.
 
 Amitié fidèle
 
André Cardinali dit dédé de Montreuil
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Guernica – Pablo Picasso – 1937

Opinion Internationale lance une campagne pour demander au Premier ministre et à la maire de Paris de faire classer en urgence le Grenier des Grands-Augustins. Lisez l’édito de Michel Taube et signez l’Appel à Anne Hidalgo et Manuel Valls.

Je signe la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls :

Monsieur le Premier ministre,

Madame la Maire,

Tous deux venez d’être élus et nommés à vos éminentes fonctions. Tous deux êtes nés en Espagne et avez choisi de vivre en France et à Paris. C’est également à Paris que Picasso peignit le plus important tableau du XXème siècle, Guernica, dans l’appartement, constitué des deux derniers étages, où il vécut de 1937 à 1955, 7, rue des Grands Augustins. A votre manière, vous êtes, Madame, Monsieur, des héritiers singuliers deGuernica et vos destins marchent sur les pas de Picasso.

Vous le savez, le Grenier des Grands Augustins est fermé au public depuis novembre dernier. En 2013, la Chambre des huissiers de justice de Paris, propriétaires de l’immeuble, en a expulsé le Comité national pour l’Education artistique qui, après avoir entièrement réhabilité en 2002 cet espace laissé en déshérence depuis l’expulsion du peintre, y a organisé des centaines d’expositions, concerts, lectures, et surtout accueilli des milliers d’élèves d’écoles, de collèges et de lycées dans le cadre d’ateliers pédagogiques. Toutes activités gratuites.

Selon nos informations, l’immeuble de la rue des Grands Augustins est menacé d’être transformé…en résidence hôtelière de luxe. Ce serait d’autant plus incompréhensible que l’un des héritiers du peintre était disposé à financer intégralement une Fondation qui aurait maintenu la vocation artistique de ce lieu mythique tout en satisfaisant les exigences financières des propriétaires.

Madame la Maire, Monsieur le Premier ministre, nous vous demandons solennellement d’user de votre pouvoir et de votre autorité pour instruire une procédure de classement en urgence du Grenier comme lieu de mémoire. Malgré les interventions du Président de la République, du président de l’Académie des Beaux-Arts, du précédent maire de Paris, du Conseil de Paris, du maire du VIème arrondissement et de très nombreuses personnalités, cette procédure n’a toujours pas été, à notre connaissance, activée. Pourtant, ce type de protection avait été engagé avec succès il y a quelques années pour préserver un célèbre restaurant des Champs-Elysées ! Nous savons que la commission régionale du patrimoine et des sites se réunira le 13 mai prochain pour décider d’une éventuelle extension de la protection de l’immeuble des Grands-Augustins. Il s’agit là de l’ultime chance de conserver ce lieu unique de l’histoire des arts.

Quel magnifique symbole ce serait si vous annonciez, au moment de la réouverture de l’Hôtel Salé, la préservation définitive du Grenier des Grands-Augustins, et son accessibilité au public

Nous vous remercions de la bienveillante attention que vous pourrez porter à cette cause et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, Madame la maire, l’expression de nos sentiments respectueux.

NOUS AVONS BESOIN DE VOUS POUR SAUVER L’ATELIER PICASSO

APPEL CULTUREL

Que va devenir le Grenier-atelier de Picasso à Paris ? Le Comité National pour l’Education Artistique (CNEA), qui l’anime, a reçu jeudi une ordonnance d’expulsion mais continue d’espérer une « solution amiable » avec le propriétaire.

 » Ce sont les montagnes russes, on ne sait pas très bien où l’on va. Nous voudrions avoir l’assurance solennelle que la Chambre des huissiers de justice de Paris ne va pas exécuter cette ordonnance », déclare à l’AFP Alain Casabona, délégué général du CNEA.

Situé au 7 rue des Grands-Augustins, l’Hôtel de Savoie qui abrite l’atelier où Picasso a peint « Guernica« , appartient aux huissiers de justice de Paris et de la Petite-Couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).

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Le CNEA occupe à titre gracieux le grenier-atelier, au dernier étage, après avoir rénové à ses frais en 2002 cet espace laissé à l’abandon pendant des années. Il y organise des manifestations artistiques et des ateliers pour enfants.

Mais la Chambre des huissiers de justice de Paris a demandé fin 2012 au CNEA de quitter les lieux car elle entend trouver un « repreneur » qui rénoverait et louerait l’ensemble de l’immeuble.

Le CNEA refusant de partir, la Chambre des huissiers de Paris a saisi en urgence le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris. Le juge des référés a ordonné le 4 juillet l’expulsion de l’association sous quinze jours après notification de l’ordonnance. L’association a fait appel.

Décidé à résister, le CNEA a organisé jeudi une conférence de presse dans l’ancien atelier du maître, aux poutres apparentes, en présence de l’actrice Charlotte Rampling et du violoniste Didier Lockwood, qui participent aux activités de l’association.

Un comité de soutien animé par André Cardinali dit  » dédé de Montreuil « , lancé récemment, a réuni les signatures de personnalités comme Jacques Delors, Michel Rocard, Jean-Jacques Debout, Jacques Séguéla, Jean-Michel Wilmotte, Bernard-Henri Lévy. Marie-Christine Barrault, Eugénie Bachelot – Prévert, André Bercoff, Pierre Cornette de Saint-Cyr, Michèle Cotta, Jean Daniel, Jean-Jacques Debout, Jacques Mailhot, Christine Géricot, Serge Moati, François Morel, Patrick Poivre- d’Arvor, Grâce de Capitani, Pierre Santini, Cyrielle Clair, Jean-Pierre Mocky, Jean-Noël Jeanneney, Joël Martin ( La Comtesse du Canard ) Gilbert Grellet  ( AFP ), Hélène Nougaro, Pierre Terrasson, Bernard Lavilliers, Rona Hartner, Nicoletta, Kate Barry, Raghunath Manet, François Marthouret, Rick Odums, Patrick Rotman, Nicolas Stavy, Hermine de Clermont-Tonnerre, Pierre Lescure, Pierre Arditi, Olivier et Yara Lapidus, Aimé Nouma…

Nous avons reçu également le soutien de Jack Lang président de l’Institut du Monde Arabe

Photo Conférence

André Cardinali, Didier Lockwood, Charlotte Rampling et Alain Casabona au Grenier.

Charlotte Rampling a évoqué « les ondes » que diffuse ce lieu. Didier Lockwood voudrait que ce grenier mythique devienne « un phare » démontrant « l’importance de l’éducation artistique ».

Coup de théâtre

Le ton de la conférence était plutôt optimiste. « Depuis hier, une solution amiable a l’air de se dégager avec un héritier Picasso qui négocie actuellement avec la Chambre des huissiers de Paris », a annoncé M. Casabona.

Il ne révèle pas le nom de l’héritier concerné pour ne pas risquer de compromettre les discussions mais indique que l’idée serait de créer une fondation.

Cette solution devrait permettre au CNEA de rester dans les lieux et de poursuivre ses activités, ajoute-t-il.

Mais une fois la conférence de presse terminée – coup de théâtre – un huissier est venu remettre à M. Casabona l’ordonnance d’expulsion. « On a quinze jours pour quitter les lieux », constate le délégué général qui préfère penser que tout peut encore s’arranger.

Le CNEA se bat également pour que l’Etat classe ce grenier dans lequel Picasso a installé son atelier parisien de 1937 à 1955, avant d’en être expulsé. Auparavant, le grenier avait accueilli Jean-Louis Barrault, qui y a créé sa première compagnie (1934-1936). Et Balzac y a situé son « Chef d’oeuvre inconnu ».

Le Président de l’Académie des Beaux-Arts Lucien Clergue a écrit fin mars une lettre à François Hollande pour le sensibiliser à cette question du classement.

Lettre Lucien Clergue

Dans une lettre du 15 avril rendue publique par le CNEA, le chef de l’Etat a répondu au photographe qu’il avait demandé à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti  » de se saisir prioritairement de ce dossier « .

Lettre François Hollande

Le ministère de la Culture a fait savoir qu’il avait commencé à se pencher sur la question du classement.

Lettre Ministère de la Culture

UNE DEMANDE DE CLASSEMENT ANNONCÉE

Afin d’empêcher tout projet de réaménagement par un promoteur privé, Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement de Paris, avait de son côté annoncé sa « demande de classement sur l’inventaire supplémentaire du Grenier » et disait vouloir « accélérer la procédure ». À la différence du « classement historique », cette démarche n’implique pas de participation financière de l’État.

« Mais il faut aller vite », a estimé  Jean-Pierre Lecoq, présent dans la salle lors de la conférence de presse, « c’est une question de volonté politique ». 

LETTRE Jean-Pierre Lecoq à Aurélie Fillippetti

En 1990, Jack Lang  sauve le Fouquet’s  d’un rachat par des financiers, désireux de transformer ce haut lieu parisien en galerie marchande, en l’inscrivant  à l’inventaire des Monuments historiques.

VENEZ-NOUS REJOINDRE

pour défendre ce lieu d’histoire, patrimoine de

la France et de l’Espagne

C’est notre devoir et du civisme

Reportage sur France 3 Ile de France

http://culturebox.francetvinfo.fr/latelier-parisien-ou-picasso-a-peint-guernica-est-menace-137587

Les graffitis du mur de Gainsbourg ont disparu…

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Vendredi matin, j’ai vu un peintre sur une échelle enlever les graffitis sur le mur de la maison de Gainsbourg, au 5 Bis rue de Verneuil, 40 ans de graffitis enlevés par des coups de truelles et de grattoirs.  Ce peintre devrait entrer dans le livre des records de la connerie.

Dieu, pardonne-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font !!!  

et les initiateurs non plus !!!

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Comme pour l’atelier Picasso, mon autre combat, quand allons-nous laisser comme témoignage l’histoire des lieux ou se sont réalisés des créations  ? Je suis en colère car mes enfants, nos enfants ne sauront et ne verront pas que leurs parents ont vécu une époque formidable avec des grands artistes comme l’était Gainsbourg.

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L’art contentpourien, c’est déjà quelque chose. Copyright dédé de Montreuil

L’art doit être aussi dans la rue et pas seulement dans les musées, Serge était très fier des graffitis sur son mur quand nous rentrions d’une bonne nuit d’ivresse et de poésie. J’étais présent quand César a fait un graffiti pour Serge à 6 h du mat en sortant du Don Camillo.

Aujourd’hui, c’est un mur mort dont voici le requiem

http://www.youtube.com/watch?v=7vJvwD3XADc

Mur

En voyant cette interdiction crétine et provocante, des graffitis vont renaître cette nuit.  je l’espère…

Ne pas écrire

Serge avait déjà repeint en blanc le mur de sa façade, ça n’avait duré que quelques jours !!! comme le montre ce beau projet d’animation réalisé par Arnaud Jourdain, qui retrace l’accumulation des graffitis sur ce mur pendant cinq ans. A voir absolument !

Voici deux livres sur ce sacré mur :

LE MUR DE GAINSBOURG  Par Samuel Tastet (Ed. Est, Paris-Bucarest, 1992) 

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Le mur de l´hôtel particulier de Serge Gainsbourg aura vu défiler bon nombre de ses “fanatiques”. Chacun laissant en guise de témoignage troublant, un mot, une phrase, un graffiti. 56 photos illustrent cette étape obligée du pélérinage du souvenir.

RUE GAINSBOURG  Par Jean-Claude Maillard. (Editions Alternatives, 1998)

Adieu

La bible des amoureux du mur de Gainsbourg !

En mars 1990, Jean-Claude Maillard, reporter de La 5, interroge Serge Gainsbourg lorsqu’il sort de chez lui rue de Verneuil, et lui demande de commenter la façade graffitée de son hôtel-particulier. Il reconnaîtra que toutes les phrases écrites sont bonnes et qu’il en avait trouvée une très jolie: “Ici cogite une âme slave”. 

L’Appel du 18 juin

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Il reste une journée pour sauver le Grenier Picasso ! Venez nombreux à l’audience des référés au Palais de Justice à partir de 13 h 30. Amitié combattante. dédé

CNEA

Logo CNEA

Communiqué de presse. 18 Juin 2013

La Chambre des huissiers de justice de Paris a décidé d’intenter une action en justice pour expulser le Comité National pour L’ Education Artistique du Grenier des Grands-Augustins et de fermer ce lieu emblématique de la capitale (cf communiqué du 11 Juin). Les deux parties sont convoquées demain mercredi 19 juin devant le Tribunal de grande Instance de Paris (référé) 4 boulevard du Palais 75001 Paris, à partir de 13h30. L’audience est publique. Venez nombreux.

MISE AU POINT:

Dans un entretien accordé au Figaro « Le-grenier-de-picasso-menace-de-fermer-ses-portes. », la Chambre des huissiers de justice de Paris dément l’information selon laquelle le CNEA a trouvé un repreneur, en l’occurrence un membre de la famille Picasso. Pourtant les courriels échangés entre la Chambre, le dit repreneur et le CNEA témoignent de la bonne foi du CNEA. Une proposition de bail a bien été transmise au conseil du repreneur par la Chambre des huissiers. Le CNEA, qui a toujours privilégié la recherche d’une solution négociée espère que ce projet aboutira et permettra ainsi de préserver le caractère culturel et patrimonial du lieu tout en y maintenant l’association. D’un commun accord avec l’éventuel repreneur, il a été décidé de ne pas révéler son identité pour l’instant.

CLASSEMENT DE L’ATELIER:

Le CNEA se félicite de la volonté exprimée par le Président de la République de voir ce dossier traitée prioritairement. Une procédure de classement a été activée par Madame Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication. Pour sa part, le maire de Paris est lui aussi intervenu pour appuyer les démarches du CNEA.

REMERCIEMENTS:

Le CNEA exprime sa vive reconnaissance à tous ceux qui ont accepté de le soutenir, tout particulièrement:

M. Lucien Clergue, Président de l’Académie des Beaux-Arts, Madame Charlotte Rampling, M. Didier Lockwood et André Cardinali, animateurs du comité de soutien.

Les membres du comité de soutien: Michel Rocard, Jacques Delors, Marie-Christine Barrault, André Bercoff, Joël Martin ( La Comtesse du Canard Enchainé ) Serge Moati, François Morel, Grâce de Capitani, Jacques Mailhot, Cyrielle Clair, Pierre Santini, Patrick Poivre d’Arvor, Michele Cotta, Jean Daniel, Jean-Jacques Debout…

Les journalistes qui ont bien voulu se faire l’écho de ce dossier. …

et de tous les bénévoles présents en permanence à nos cotés, notamment à M. André Cardinali, dit » Dédé de Montreuil » pour sa réactivité et efficacité.

Alain Casabona

Délégué général

CNEA

Contact: c.n.e.a@wanadoo.fr 

mon portable 06 20 51 71 63

L’atelier Picasso menacé par les huissiers

URGENT

Au moment où l’on commémore le 40è anniversaire de la disparition du peintre, L’atelier Picasso est menacé de fermeture par la Chambre des huissiers de justice de Paris. Le CNEA ( Comité National pour l’Education Artistique) qui a réhabilité en 2002, ce lieu mythique où Picasso a peint Guernica, est en effet assigné en référé le 19 juin par le Président des Huissiers parisiens, qui compte profiter des vacances d’été pour expulser l’association. Sans faire de vagues ? voire ( cf communiqué de presse )

Picasso chassé par un huissier.

Autoportrait…

Picasso huissiers
Face à cette situation absurde, le CNEA a décidé de lancer un appel solennel à l’ensemble des huissiers de justice concernés et de constituer un Comité de soutien animé par Lucien Clergue, Président de l’Académie des Beaux-Arts, Charlotte Rampling, ambassadrice du CNEA et le violoniste Didier Lockwood, président d’honneur de l’association.
En quelques heures de nombreuses personnalités ont répondu parmi lesquelles: Jacques Delors, Michel Rocard, Marie-Christine Barrault, Eugénie Bachelot Prévert, André Bercoff, Grâce de Capitani, André Cardinali (dit Dédé de Montreuil), Cyrielle Clair, Michèle Cotta, Jean Daniel, Jean-Jacques Debout, Jean-Noël Jeanneney, Raghunath Manet,  Serge Moati, François Morel, Hélène Nougaro, Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Stavy, Pierre Cornette de Saint-Cyr…
À signaler la réaction de Pierre Daix dans un article de La Croix: Je suis absolument indigné des menaces pesant sur le Grenier des Grands-Augustins. C’est un lieu historique. C’est là, que Picasso a peint Guernica, mais aussi le Charnier. C’est là qu’il a passé toutes les années d’occupation avant de partir à la fin de la guerre dans le Midi. Il y revenait de temps à autre. Et c’est là encore qu’en 1949, il nous a montré à Aragon et moi des lithographies qu’il venait de réaliser, dont La Colombe, devenue l’emblème du Mouvement de la paix. Ce lieu doit être conservé, même si la dernière fois que je l’ai visité il ne restait plus que les murs. Déjà, l’autre atelier de Picasso à Paris, le Bateau-Lavoir a disparu, dans un incendie en 1970. » Pierre Daix. Spécialiste de Picasso.

La liste des membres du comité de soutien sera réactualisée quotidiennement.

L’atelier Picasso est situé au 7, rue des Grands-Augustins, Paris 6ème

C’est ici que l’enfant Louis XIII fut proclamé roi le 10 mai 1610 

C’est ici que Balzac, dans sa nouvelle  » Le Chef-d’Oeuvre inconnu « , situe la rencontre entre Porbus, Poussin et Frenhofer

C’est ici que Jean-Louis Barrault installa sa compagnie théâtrale

 C’est ici  que le Groupe Octobre de Jacques Prévert fut hébergé

C’est ici, que se sont tenus des conférences du mouvement  » Contre-attaque « 

C’est ici,  le 30 novembre 2012, que Cacique Raoni Metuktire, Chef suprême du peuple Kayapo a lancé L’opération  » Urgence Amazonie « , pour aider à la protection de territoires Kayapo menacés.

https://www.youtube.com/watch?v=9FEY-MrZGaU

C’est ici que Pablo Picasso réalisa Guernica

C’est ici que Picasso réalisa La Colombe, devenue l’emblème du Mouvement de la paix

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Lettre de soutien de François Hollande François Hollande 

Face à cette situation absurde, un comité de soutien animé par André Cardinali dit  » dédé de Montreuil « , lancé récemment, a réuni les signatures de personnalités comme Jacques Delors, Michel Rocard, Jean-Jacques Debout, Jacques Séguéla, Jean-Michel Wilmotte, Bernard-Henri Lévy. Marie-Christine Barrault, Eugénie Bachelot – Prévert, André Bercoff, Pierre Cornette de Saint-Cyr, Michèle Cotta, Jean Daniel, Jean-Jacques Debout, Jacques Mailhot, Christine Géricot, Serge Moati, François Morel, Patrick Poivre- d’Arvor, Grâce de Capitani, Pierre Santini, Cyrielle Clair, Jean-Pierre Mocky, Jean-Noël Jeanneney, Joël Martin ( La Comtesse du Canard ) Gilbert Grellet  ( AFP ), Hélène Nougaro, Pierre Terrasson, Bernard Lavilliers, Rona Hartner, Nicoletta, Kate Barry, Raghunath Manet, François Marthouret, Rick Odums, Patrick Rotman, Nicolas Stavy, Hermine de Clermont-Tonnerre, Pierre Lescure, Pierre Arditi, Olivier et Yara Lapidus, Aimé Nouma,

Nous avons reçu également le soutien de Jack Lang,  Président de l’Institut du Monde Arabe

c’est pour tout cela que nous avons besoin de votre soutien réactif. 

Battons- nous pour la sauvegarde de la Culture 

Envoyez-nous votre soutien par mail SVP

dcardinali@hotmail.com 

Amitié combattante 

dédé de Montreuil

téléchargement

Picasso déjà chassé du lieu en 1955 par les huissiers, on est en pleine commémoration culturelle…

CNEA           

Communiqué de presse 10/06/2013

LE GRENIER DES GRANDS-AUGUSTINS, ANCIEN ATELIER  DE PABLO PICASSO,

MENACÉ DE FERMETURE PAR LES HUISSIERS.

Au moment ou l’on commémore le 40è anniversaire de la disparition du peintre, le Président de la Chambre des huissiers de justice de Paris a décidé d’organiser un vide grenier rue des Grands-Augustins.

Le Grenier des Grands-Augustins, 7, rue des Grands-Augustins à Paris 6è, constitue un témoignage unique dans l’histoire des Arts aux XIXè et XXè siècle. Balzac y situe sonChef-d’œuvre inconnu, Jean-Louis Barrault y créé sa première compagnie (1934-1936), Picasso y installe son atelier en 1937 et y peint sa célèbre  toile Guernica , avant d’en être expulsé en 1955. Après un demi-siècle d’abandon,  la Chambre des huissiers de justice de Paris, présidée à l’époque par Maitre Jean-Daniel Lachkar, passe une convention en 2002 avec le CNEA (Comité National pour l’Education Artistique), dont l’action est saluée par des politiques de tous horizons, mais aussi par la Commission Européenne ou encore par les trois derniers directeurs généraux de L’UNESCO. Cette convention prévoit la mise à disposition du Grenier à titre gracieux. En contrepartie, le CNEA a remis en état ce lieu mythique et a amplement associé la Chambre aux manifestations artistiques et autres opérations de communication sur une cause qui recueille une adhésion à peu près unanime. Plus de 700 concerts, expositions, lectures et ateliers pédagogiques ont pu être ainsi proposés à un large public, sur invitation. Toutes ces manifestations étant gratuites.

Aujourd’hui le Président de la Chambre a décidé d’engager une procédure (référé devant le TGI de Paris le 19 Juin) afin de profiter des vacances d’été pour expulser le CNEA et fermer le Grenier. Sans faire de vagues? Voire…  Cette initiative est loin de faire l’unanimité au sein d’une profession soucieuse de restaurer une image dégradée. Acquis en 1925 par la Chambre du département de la Seine, regroupant aujourd’hui Paris et les départements de la Petite Couronne, et sous condition d’inaliénabilité, l’immeuble est en effet  propriété non de la Chambre, mais de l’ensemble des huissiers parisiens et, semble t-il de ceux des Hauts de Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val de Marne.

Le CNEA, saisi du souhait du Président de louer l’immeuble dans sa totalité, a trouvé un preneur prestigieux et éminemment solvable, membre de la famille Picasso, qui ne s’oppose pas, bien au contraire, au maintien du CNEA dans les lieux, ni à l’engagement d’une procédure d’urgence de classement du Grenier au titre des monuments historiques. En effet, l’Hôtel de Savoie, où est situé le Grenier, est partiellement classé, mais sans protection particulière du Grenier. Une démarche en ce sens a été effectuée récemment par le Président de l’Académie des Beaux-Arts auprès de Président de la République qui a répondu favorablement à cette requête.

Contact: c.n.e.a@wanadoo.fr

 

C’est ici, que ça se passe…

Bonjour M’ssieurs-Dames,

J’aime vous faire découvrir Ici ou là des moments privilégiés, comme Le Grenier des Grands-Augustins, lieu Phoenix, sans doute le plus mythique de l’histoire de l’art et de la culture. C’est ici un lieu de création… où l’on a envie de créer.

C’est ici que d’illustres anciens résidents hantent encore les lieux.

C’est ici, au 7, rue des Grands-Augustins, que l’enfant Louis XIII fut proclamé roi le 10 mai 1610 à la mort de son père Henri IV.

C’est ici que l’on a amené Ravaillac après son attentat. 

C’est ici que Honoré de  Balzac situe l’action de son  » Chef d’œuvre inconnu « , nouvelle fantastique mettant en scène le jeune Nicolas Poussin et les peintres Porbus et Frenhofer.

« Vers la fin de l’année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence, se promenait devant la porte d’une maison située rue des Grands Augustins, à Paris. Après avoir assez longtemps marché dans cette rue avec l’irrésolution d’un amant qui n’ose se présenter chez sa première maîtresse, quelque facile qu’ elle soit, il finit par franchir le seuil de cette porte, et demanda si Maître François PORBUS était en son logis.

Sur la réponse affirmative que lui fit une vieille femme occupée à balayer une salle basse, le jeune homme monta lentement les degrés, et s’arrêta de marche en marche, comme quelque courtisan de fraîche date, inquiet de l’accueil que le roi va lui faire. Quand il parvint en haut de la vis, il demeura pendant un moment sur le palier, incertain s’il prendrait le heurtoir grotesque qui ornait la porte de l’atelier où travaillait sans doute le peintre de Henri IV délaissé pour Rubens par Marie de Médicis. Le jeune homme éprouvait cette sensation profonde qui a dû faire vibrer le cœur des grands artistes quand, au fort de la jeunesse et de leur amour pour l’art, ils ont abordé un homme de génie ou quelque chef-d’œuvre. »

C’est ici que Jean-Louis Barrault  installa sa première compagnie et tint son théâtre expérimental.

Paul Claudel, Antonin Artaud, Louis Aragon, Georges Bataille, André Masson, Claude Dauphin, Jean Giraudoux, Jean Cocteau, Jules Romains, Armand Salacrou, François Mauriac, Henri Mondor, Jacques Prévert, Marcel Carné, Robert Desnos, Mouloudji, Dora Maar, Jean-Paul Sartre et bien sûr Simone de Beauvoir… Tous se retrouvaient régulièrement au  » Grenier des Grands Augustins », résidence de Jean-Louis Barrault entre 1933 et 1936.

 » Au Grenier, la porte n’était jamais fermée, venait y habiter qui voulait  » 

Laissons à Jean-louis Barrault (de 1934 à 1936) évoquer sa vie au grenier :

« J’avais trouvé un lieu merveilleux, rue des Grands Augustins, au 7 ou au 11, en tout cas deux bons chiffres. Vieil immeuble du XVIème siècle qui, le soir, était complètement vide. On y accédait par quelques marches au fond d’une cour bosselée de vieux pavés. A ce rez-de-chaussée surélevé siégeait le Syndicat des huissiers. Au-dessus, il y avait une industrie de tissage avec de vieux métiers très beaux. J’avais loué le dernier étage. Trois pièces bizarres avec de magnifiques poutres apparentes.

La première avait quatorze mètres sur huit. J’en fis mon atelier de travail et nous y donnâmes des représentations. La deuxième pièce, de quinze mètres sur quatre, devint à la fois dortoir, salle à manger, toilettes, fourre-tout : la salle commune. Je revois une étiquette  » Le lavabo doit rester bo.  » La troisième, de huit mètres sur quatre, je me la réservai pour moi. Mais souvent, quand je rentrais tard dans la nuit, je trouvais des gens dans mon lit.

Je fondai une compagnie : le Grenier des Augustins. Jean Dasté, au début, s’y était associé, il reprit vite sa liberté ; il eut raison car j’étais loin d’être mûr. Il me fallait encore beaucoup vivre.

J’étais très neuf alors, très primitif, je n’avais pas assez de connaissances spéciales pour devenir un intellectuel ; beaucoup de choses devaient me passer au-dessus de la tête. D’ailleurs, on ne me demandait pas de comprendre. J’étais conquis, c’était suffisant. Au reste, tout cela n’était pas tellement clair. A la papauté de Breton, au schisme communiste d’Aragon, à la dispersion des individualistes, on pouvait ajouter une quatrième veine ; celle qui venait du mouvement Dada : Tristan Tzara, Dr Fraenkel, etc. Tout le monde se mélangeait. Breton et Georges Bataille me demandèrent l’hospitalité au Grenier pour tenir leurs assemblées. C’est ainsi que, le 21 janvier 1936 eut lieu une grave cérémonie pleine d’humour à propos de la décollation de Louis XVI. L’humour. C’est du sérieux qui ne se prend pas au sérieux pour ne pas devenir trop sérieux.

C’est ici que le Groupe Octobre de Jacques Prévert, et les Surréalistes organisèrent plusieurs réunions en 1936.

Au Grenier, la porte n’était jamais fermée, venait y habiter qui voulait. J’en laissais à mes camarades. Nous avions installé des lits dans tous les coins. Une république idéale. Une fois par semaine, nous organisions un pique-nique. Chacun apportait ce qu’il voulait. Les filles de notre groupe confectionnaient un plat. Je revois une énorme bassine remplie de calamars. L’imagination des convives n’était pas toujours éveillée et il nous arrivait parfois quarante camemberts que nous nous efforcions d’épuiser durant le reste de la semaine.

Joseph Kosma, compositeur tzigane, nous écrivait de merveilleuses chansons sur des poèmes de Prévert. Nous cherchions un enfant. Itkine m’en indique un qui traîne dans un quartier populaire de Paris, il doit avoir dans les huit ans, ne craint que deux espèces d’animaux : les flics et les chiens. Ce petit s’appelait Mouloudji. II trouve son lit au Grenier. Le premier soir, il venait de se coucher mais nous l’entendions remuer.(…) ».

C’est ici que les comédiennes Charlotte Rampling et Marie-Christine Barrault, nièce de Jean-Louis, ont revisités ici pour un bel hommage à Jean-Louis Barrault.

C’est ici que Pablo Picasso réalisa Guernica et séjourna jusqu’en 1955

En 1929, Pablo Picasso, qui voue une passion au « Chef d’œuvre Inconnu », illustre la nouvelle de Balzac en l’ornant de onze eaux fortes. Huit ans après, il s’installe au Grenier des Grands-Augustins où il crée notamment « Guernica ».

Cette photographie a été prise le 16 juin 1944 dans l’atelier de Picasso par Brassaï. Debout, de gauche à droite : Jacques Lacan, Cécile Eluard, Pierre Reverdy, Louise Leiris, Zanie Aubier, Picasso, Valentine Hugo, Simone de Beauvoir. Assis : Sartre , Albert Camus, Michel Leiris, Jean Aubier et Kazbek, le berger afghan de Picasso.

Dans son magnifique livre « Conversations avec Picasso », paru chez Gallimard, Brassaï, cet immense photographe qualifié  » d’œil vivant » par Henry Miller décrit la nouvelle résidence de Picasso.

« Dans ce très vieux coin de Paris, la rue porte le nom d’un ancien couvent rasé en 1791 et dont les terres s’étendaient jusqu’aux rue de Nevers, rue Guénégaud et rue Christine où habita Gertrude Stein et demeure encore Alice Toklas. Le petit hôtel particulier, à l’angle de la rue et du quai des Grands Augustins, occupé par le restaurant Lapérouse, est du XVème siècle. Je connaissais déjà la demeure patricienne du XVII ème siècle du n° 7 et les deux étages supérieurs devenus l’atelier de Picasso. Avant lui, Jean-Louis Barrault y répétait des pièces de théâtre ; et j’avais assisté parfois dans le « grenier Barrault » à ces séances. C’est d’ailleurs l’acteur qui avait signalé à Picasso ces curieux locaux disponibles, et celui-ci fut aussitôt séduit. En plus vaste, ils lui rappelaient le Bateau-Lavoir, dont secrètement il garda toute sa vie la nostalgie. Il pouvait y avoir l’impression d’être à l’intérieur d’un navire avec ses passerelles, ses soutes, sa cale.

Une autre séduction de cette maison : Balzac y avait situé son Chef-d’œuvre inconnu. C’est dans cette demeure l’hôtel de Savoie-Carignan avant la Révolution qu’il faisait rencontrer le maître Frenhofer avec François Porbus et Nicolas Poussin; c’est là que le héros de son roman s’éloignant, dans sa soif d’absolu, de plus en plus de la représentation de la nature, créa et détruisit son chef-d’œuvre et mourut… La description que Balzac donne de cette maison, de l’escalier raide et sombre, est d’ailleurs d’une ressemblance assez frappante. Ému et stimulé à l’idée de prendre la place de l’illustre ombre de Frenhofer, Picasso loua aussitôt l’atelier. C’était en 1937. Et sur le lieu du Chef-d’œuvre inconnu il allait peindre le  » chef-d’œuvre bien connu  » : Guernica.

C’est ici, que le piano préféré de Chopin est entré par la fenêtre

C’est ici, aujourd’hui que le CNEA est installé, dirigé par Alain Casabona. https://soufflezsurlesbraises.com/2012/01/10/alain-casabona-le-lion-de-st-germain-2/

Le Grenier des Grands-Augustins n’est pas un musée, il renaît et vibre en permanence.

Qu’est-ce que le C.N.E.A. ?

Le Comité National pour l’Education Artistiqueest une association Loi de 1901, fondée en 1966 et regroupant des enseignants, des étudiants, artistes, parents d’élèves, chefs d’entreprises, journalistes et élus de tous horizons, dans le seul but de défendre et de promouvoir les enseignements artistiques en milieu scolaire, de la maternelle à l’université. Tous les membres, y compris ceux du conseil d’administration, sont bénévoles.

Soutenu par un comité d’honneur composé de 700 personnalités, le C.N.E.A. s’est fixé une mission d’information et d’intervention permanente auprès de l’opinion et des pouvoirs publics, quelque soit le gouvernement en place.

Alain Casabona, Délégué général, a écrit une pièce en cinq tableaux «  C’est ici « destinée au théâtre et à la télévision.

La pièce a été jouée au Grenier avec Charlotte Rampling Mise en scène par François Leclère.

C’est ici, que l’affiche   » Notre festival d’une photo » sur une idée de ma pomme, a été vendue aux enchères par Maître Cornette de Saint-Cyr, au profit de l’Institut Gustave Roussy.

 https://soufflezsurlesbraises.com/2011/11/05/notre-festival-dune-photo/


C’est ici, que je fus proclamé  « Ambassadeur des profils louches  » par Alain Casabona, président de l’Académie Alphonse Allais.

Allais-y, c’est ici que ça se passe.