Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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Jean-Jacques Servan-Schreiber. Un homme hors du commun !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Le 13 février 1924 naissait JJSS. Un visionnaire que la France a loupé !!! Dans l’émission ‘Face à la nation’,  le célèbre intervieweur Lawrence Spivak a conclu l’intervention avec ces mots: « Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence. » 

Polytechnicien, Pilote de chasse  (US Navy en Alabama ), Journaliste, Patron de presse, Essayiste, homme politique.

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JJSS a écrit ce texte magnifique :

 » Il faut penser et agir avec toute la complexité de l’amour réel,

                          se garder de la rigueur de l’esprit.

Il faut croire à de multiples et changeantes vérités,

                        combattre au jour le jour,

et aimer en son coeur autre chose que soi-même.

                   Il faut créer.  » 

Jean-Jacques était un créateur, il aimait l’avenir et en particulier dans notre pays où chacun ne voit qu’un très grand espace devant lui, ne voit pas l’avenir, et quand il le voit, il en a peur, Jean-Jacques c’était le contraire…Il s’engagea avec un sens aigu de l’anticipation. Il est des premiers combats pour la décolonisation de l’Algérie, il est contre l’arme nucléaire, défend Airbus contre le Concorde, prône la suppression de l’héritage des moyens de production, développe des idées environnementalistes, accompagne les débuts de la révolution informatique, milite pour une Europe politique, la monnaie unique et pressent ce que l’on appellera plus tard la mondialisation…

JJSS était unique. Nous ne verrons pas de sitôt un autre homme comme lui. 

Fondateur de L’Express à 29 ans

Le titre est fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, comme supplément politique du journal  » Les Echos « , fondé par le père de JJSS,  Emile Servan-Schreiber. L’Express est le grand succès de la presse des années 1960. Jean-Jacques Servan-Schreiber par sa conviction et son intelligence a fait venir des grands noms comme  : Albert Camus, Alfred Sauvy, André Malraux, Fernando Arrabal, François Mauriac, François Mitterrand, Françoise Sagan, Jacques Attali, Jean Daniel, Jean-Paul Sartre, Pierre Salinger, Raymond Aron, Robert Badinter,  et tant d’autres…

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Cela me fait penser à la phrase de Françoise Giroud sur JJSS : « Quand on travaille à ses côtés, il vous éclaire sous votre meilleur jour, il vous donne envie de vous dépasser ».

La citation de JJSS   » Dire la vérité telle que nous la voyons  » devrait être affichée dans toutes les rédactions !!!

Depuis 1977, Jean-Jacques ne croyait plus à la presse écrite à cause des nouveaux réseaux d’information, comme d’habitude il avait vu juste.

J’ai eu la chance de travailler à L’Express comme collaborateur de JJSS   jusqu’au jour de la vente de L’express à Jimmy Goldsmith en 1977, ensuite j’ai continué avec lui vers d’autres aventures ( Défi Mondial, Centre Mondial Informatique ).

A 20 ans, rencontrer un homme comme JJSS, m’a permis de sortir des sentiers battus. C’était l’époque ou les patrons avaient conscience de leur rôle social et de leurs responsabilités  ( les actionnaires n’avaient pas le pouvoir d’aujourd’hui ) et le Coca Light pour Bobo’s n’existait pas !

Vous comprendrez mieux mon combat pour aider la jeunesse de demain, c’est comme Jean-Jacques, un Devoir… comme le 1er défilé de mode que j’ai conçu après 17 années de guerre à Beyrouth et aussi mon engagement pour préserver l’Atelier Picasso, la rénovation de la bibliothèque de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, et mon implication à l’occasion de la remise du Prix Alphonse Allais à Jean-Pierre Mocky, l’un des derniers cinéastes de notre temps, etc…

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Jean-Jacques, mon pygmalion éternel.

« C’est pas possible !  «   ? est la phrase qu’il n’aimait pas de la part de ses collaborateurs. C’est pour cela qu’on allait jusqu’au bout de nos missions et c’est aussi pourquoi je suis resté à ses côtés pendant vingt ans.

Le Défi américain

Jean-Jacques Servan-Schreiber est au milieu des années 1960, un riche patron de presse et un éditorialiste politique toujours à l’affût des nouvelles idées. Par ses brillantes analyses et synthèses, il attire à lui les cerveaux de sa génération. L’Express est le principal journal d’opposition au Général de Gaulle et compte dans ses rangs quelques barons de la presse des décennies à venir : Claude Imbert, Jean-François Kahn, Catherine Nay, Michèle Cotta, Yvan Levaï, André Bercoff, Jean-François Revel…

De plus en plus anti-gaulliste et persuadé que le vieux Général n’est plus l’homme d’une France moderne, JJSS ne veut plus se contenter de son rôle d’observateur politique. Il est pourtant influent dans les milieux de gauche. Mais JJSS est avant tout un agitateur d’idées. Il considère que ses éditoriaux ne suffisent pas à éveiller ses concitoyens sur les défis que la France va devoir relever à l’avenir.  L’un d’eux bouleverse JJSS : les Etats-Unis et l’Europe se livreraient une guerre économique silencieuse où l’Europe semble totalement dépassée, tant au niveau des méthodes modernes du management que de l’équipement technologique et de la capacité de recherche.  Mais Servan-Schreiber y trouve l’occasion de développer un argumentaire en faveur d’un fédéralisme européen, dans un livre choc Le Défi américain, paru en 1967, reste aujourd’hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre est traduit en quinze langues, se vend à des millions d’exemplaires partout dans le monde et est unanimement reconnu comme très brillant.

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Une carrière politique engagée avec plusieurs batailles.

Le Concorde.

Le Concorde fut, comme le prédisait Jean-Jacques Servan-Schreiber avant même son premier vol, un  » Vietnam industriel« , mais cette entreprise était d’abord gaullienne.  » Nom de Dieu, nous le ferons ! » avait tonné le Général, en 1964, tapant du poing sur son bureau. La belle aventure a définitivement tourné au désastre financier. Le général de Gaulle s’en fichait: « On a fait ric-rac avec Caravelle, on fera peut-être ric-rac avec Concorde », rigolait-il. Pas le président François Mitterrand, qui veut même stopper l’exploitation commerciale du Concorde. Il sera finalement sauvé de justesse avec l’appui du ministre communiste des Transports Charles Fiterman qui trouve de nouveaux débouchés auprès des tour-opérateurs – l’un d’eux a d’ailleurs affrété l’avion qui s’est écrasé le 25 juillet 2000 à Gonesse.  Le coût du programme s’est élevé à 45 milliards de francs pour une vingtaine d’exemplaires construits. JJSS, s’interroge sur l’intérêt d’une telle dépense, « pour permettre à quelques milliardaires de traverser plus vite l’Atlantique ».  Aucun Concorde n’a été vendu, JJSS l’avait prédit.

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Le Bataillon de la Paix.

Une équipe internationale, embarque sur un petit voilier, le Fri en direction de Moruroa et Tahiti. L’objectif d’alerter l’opinion mondiale mais aussi, de retarder la campagne d’essais nucléaires aériens.

Plusieurs députés emmenés par Jean-Jacques Servan-Schreiber, Louis Besson, Charles Josselin, Anne-Marie Fritch – se joignent au « Bataillon de la Paix ». Accompagnés de représentants des Eglises, les pasteurs Gilbert Nicolas et Richard-Mollard, le Père Avril. Ils apportent le message des « Français contre la bombe », lancé à l’initiative du Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté. Plusieurs milliers de Polynésiens formeront un impressionnant cortège dans la capitale tahitienne. Entre temps, le 22 juin, la Cour Internationale de Justice aura statué provisoirement demandant à la France de s’abstenir de sa campagne d’essais aériens.  Peu après, des militants non-violents français ont rejoint le Fri pour une action de « vigile » autour de Moruroa. Ce sont Jean-Marie Muller, fondateur du Mouvement pour une alternative non violente, Brice Lalonde, alors jeune écologiste, l’abbé Jean Toulat, écrivain et le général Jacques de Bollardière, mis d’office à la retraite pour avoir protesté contre l’usage de la torture en Algérie. Le tir Centaure du 17 juillet 1974 contaminera gravement Tahiti. 

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Enlèvement du chanteur Mikis Theodorakis aux colonels qui régnaient en Grèce.

En 1970, Jean-Jacques a été en Grèce avec Mélina Mercouri et Costa-Gravas pour plaider en faveur des condamnés du réseau « Défense démocratique », Papadopoulos lui permet de ramener Theodorakis en France. Le dictateur retient cependant sa femme et ses enfants en Grèce : Ils seront ses otages pour empêcher Theodorakis de parler.

Le Pouvoir Régional.

Avec dix ans d’avance sur les grandes lois décentralisatrices, Jean-Jacques Servan-Schreiber rêvait déjà de consacrer  » le pouvoir régional « .

Son idée ? Ne plus considérer la région comme un simple échelon administratif, réduit à l’application des politiques publiques, mais la doter d’un véritable pouvoir d’action. Un poids politique réel, équivalent à celui de l’Etat centralisé.

Aujourd’hui encore, à l’heure où l’on parle de regrouper les régions, cette conception demeure d’actualité.

Il faut la mener à son terme et doter les régions d’un véritable pouvoir réglementaire, outil indispensable pour mener de vraies politiques globales. C’est le seul moyen de créer vraiment des entités capables de peser au niveau européen et même mondial.

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Ministère des Réformes.

Après le décès du Président de la République, Georges Pompidou, le 2 avril 1974, Valéry Giscard d’Estaing accédait à la tête de l’Etat après 16 ans de régime gaulliste. Au gouvernement, le député Réformateur Jean-Jacques Servan-Schreiber est nommé Ministre des Réformes le 27 mai 1974.

Le 9 juin 1974, en apprenant la reprise des essais nucléaires à Moruroa, JJSS fait cette déclaration à France Inter : « Au nom de la France, des bombes vont exploser de nouveau dans le ciel du Pacifique et contaminer les habitants de la Polynésie française. C’est une chose contre laquelle je me suis élevé l’année dernière de toutes mes forces, lorsque j’étais à Tahiti avec le Bataillon de la Paix… » Jacques Chirac, Premier ministre, fit pression sur le Président de la République pour faire exclure Jean-Jacques Servan-Schreiber du gouvernement, ce qui fut fait le jour même de la déclaration publique du ministre.

Carrière politique : Député de Nancy. Président du Conseil Régional de Lorraine. Président du Parti Radical – Socialiste. Président du Mouvement Réformateur. Père fondateur de l’UDF.

Le Défi Mondial

Au milieu de la crise mondiale,JJSS saisit l’imagination et éclaire l’avenir. Il nous emporte de Paris à Bombay, de Tokyo à Riyad, de Hambourg à Alger, sur les sentiers de l’espoir. Dans le village de Taïf, en Arabie, dix avions privés atterrissent au crépuscule. Les hommes qui en sortent détiennent la richesse du monde. Ils posent leurs conditions.
Parmi des millions d’êtres humains affamés, illettrés, accumulant la misère du monde, des chefs d’Etat impatients interpellent l’Occident.

Dans les pays développés, la société industrielle, qui a perdu la maîtrise du pétrole et des investissements, se retrouve le dos au mur.

Du choc entre ces trois univers peut surgir un désastre, ou bien jaillir une flamme. Celle d’une épopée à l’échelle planétaire. Des instruments existent _ mais qui le sait? La révolution de l’intelligence est à notre portée, mais qui la veut? Un groupe d’hommes Européens, Arabes, Japonais conscients de ces périls, informés de ces réalités et de ces moyens, ont exploré ensemble, la voie de la Renaissance. Oui, elle existe. Tel est l’enjeu du Défi Mondial.

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Le Centre Mondial Informatique

JJSS joue alors de son influence auprès de Gaston Defferre afin de convaincre Mitterrand de créer un institut d’informatisation de la France. Ce sera le Centre mondial informatique et ressource humaine (CMIRH). JJSS est, comme il l’était avec Mendès France et Giscard d’Estaing, un conseiller de l’ombre du président, un éveilleur et même dit-on un « visiteur du soir »

Voir billet : https://soufflezsurlesbraises.com/2014/01/24/le-macintosh-a-30-ans-aujourdhui/  

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Oui JJSS était trop en avance, surtout dans le contexte des années 70. Bref, il a eu son utilité.
Les historiens s’y pencheront un jour, ce n’était pas totalement anachronique de parler d’Europe fédérale, de monnaie unique, d’informatisation, de globalisation de la consommation en 1969. JJSS a été là pour le montrer. Et d’une certaine façon, il est avec Mendès-France l’exemple que des hommes politiques peuvent être droits, intégres et visionnaires. Qu’on ne s’y trompe pas, l’image qu’on a voulu donner de lui : imprévoyant, bondissant et léger est fausse. JJSS est l’un de nos héros nationaux les plus lucides et les plus graves. Son idéal était le développement de son pays et, partant, le bonheur des Français.

JJSS laissera l’image d’un homme « visionnaire », louant son « courage qui avait du sens ». 

Message pour ses fils :  » Soyez fiers de votre père, c’était un grand homme de la France « 

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Pourquoi les riches ont gagné ?

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Crise ou pas, la richesse mondiale est en plein boum et ceux qui la possèdent n’ont jamais été si dominateurs. Jean-Louis Servan-Schreiber prend, dans son nouveau livre, la mesure de ce phénomène.

Et, à l’autre extrémité du spectre, la pauvreté, sur la planète, s’est aussi réduite plus vite que prévu. Pourtant, les inégalités s’accroissent et peuvent déstabiliser des sociétés obsédées par l’égalitarisme. Pour « JLSS », la réduction de cette fracture va devenir la question primordiale des vingt années à venir.

Pourquoi les riches ont gagné
Le fondateur de L’Expansion et de Clés souligne que le pouvoir d’informer est très largement tombé aux mains des riches. © Bruno Charoy / Pasco

Jean-Louis Servan-Schreiber, journaliste, écrivain et patron de presse, est l’un des meilleurs observateurs de l’époque contemporaine. Il l’a montré dans ses choix professionnels, en créant les bons médias au bon moment: L’Expansion avec Jean Boissonnat en 1967, puis, notamment, L’Entreprise, Radio Classique, Psychologies Magazine et, enfin, Clés, avec sa femme, Perla… sans oublier L’Express, lancé avec son frère, Jean-Jacques Servan-Schreiber ( avec qui j’ai travaillé pendant 20 ans )

Il l’a montré aussi dans ses engagements, puisqu’il préside aujourd’hui le comité de soutien en France de l’ONG Human Rights Watch. Il l’a montré, enfin, dans les choix thématiques de la dizaine de livres qu’il a publiés à ce jour : Le Pouvoir d’informer, L’Art du temps, Le Métier de patron,ou plus récemment Trop vite ! et Aimer (quand même) le XXIe siècle.

L’économie, le comportement humain, l’accélération des sociétés sont ses centres d’intérêt permanents, et il porte sur leur évolution un regard à la fois lucide et optimiste. Son nouveau livre, Pourquoi les riches ont gagné (Albin Michel), dont L’Express publie en exclusivité les bonnes feuilles, part d’un constat : depuis six ans, en Occident, l’obsession politique et médiatique de « la crise » occulte le fait que nous assistons, depuis 2000, à une explosion de la richesse mondiale.  

La planète compterait désormais plus de 12 millions de millionnaires, dont 500 000 en France!

[Extraits] Les riches ont gagné, mais quels riches? Tous ceux qui, dans un pays comme la France, gagnent 6 000 euros net par mois et plus (montant à partir duquel les Français, interrogés en 2013 par Challenges, situent la richesse)? Ou ceux qui possèdent 1 million de patrimoine? Ou les très riches (10 millions)? Ou les hyperriches, ce 0,1 % de la population qui nourrit à la fois les fantasmes des plus modestes, les tirages des magazines people et l’imagination fiscale des gouvernants à la recherche de symboles politiques d’équité?

Même s’ils ne constituent pas une catégorie sociologique homogène, même s’ils ne vivent pas de la même manière et n’ont pas les mêmes priorités, ils ont en commun de ne pas connaître les pesanteurs et les difficultés matérielles auxquelles se mesurent au jour le jour 99 % des citoyens. Eux-mêmes et leurs enfants ont accès à ce qu’une société moderne offre de plus confortable, de plus divertissant, de plus succulent, de plus exotique, de plus esthétique ou de plus novateur. Ils sont mieux conseillés, mieux protégés, mieux soignés, mieux éduqués.

C’est pour eux que semble avoir été formulée l’expression anglaise« the best of everything ». Certes, cela ne les empêche pas de connaître les duretés de l’existence comme les dilemmes ou les conflits de tout mortel. Mais leur bulle est climatisée.

En majorité, ce ne sont pas des nantis paresseux ni des parasites de la modernité. La plupart agissent, produisent et s’efforcent de maintenir ou de développer leurs actifs. Beaucoup même se plaignent de consacrer tant de temps à ce qui les rend riches qu’ils n’en ont guère pour profiter du résultat de leurs efforts. Ils jouent plutôt, dans notre société, un rôle de modèle enviable que de repoussoir ou d’adversaire. C’est peut-être en cela qu’ils ont gagné, sans avoir mené de guerre ni suscité de révolte.

Pourquoi un tel succès, qui ne paraît ni précaire ni sérieusement contesté ? Pour des raisons conjoncturelles, politico-historiques et du fait aussi de leur propre comportement. Nous les avons abordés sous différents aspects au long de cet essai, mais il est temps de les résumer, comme un faisceau d’indices ou de preuves :

– Pour être riche, il faut de l’argent, or celui-ci abonde comme jamais sur notre planète. On l’oublie souvent dans nos pays en crise, mais le développement mondial est rapide et global. La richesse naît plus facilement dans son sillage. Non seulement parce qu’il se crée, en permanence, de nouveaux produits ou services, mais du fait que le niveau de vie général augmente, de même que le pouvoir d’achat des consommateurs de ces produits. Davantage, certes, dans les pays en progression forte que dans les nôtres. Mais les riches vendent et investissent partout, puisqu’ils ont les moyens d’être présents sur les marchés où la demande croît le plus vite.

Les riches n’ont pas de frontières.

– La richesse n’est pas une simple retombée du progrès économique. Elle fructifie aussi au croisement des deux valeurs clefs de ce nouveau siècle : l’individualisme et le culte de l’argent. Les héros contemporains ne sont ni politiques, ni militaires, ni religieux, ni même savants. Ils sont sportifs, acteurs et artistes, entrepreneurs à succès.

Les héros sont bien payés et deviennent riches. 

– Les patrimoines des riches s’accroissent plus vite que la misère ne diminue. Les taux de rendement des capitaux seront durablement, au cours de ce siècle, plus élevés que la croissance des PIB. De ce fait, l’héritage va reprendre de l’importance dans les décennies à venir, ce qui n’est jamais en faveur de la réduction des inégalités.

Qu’ils travaillent ou non, les riches s’enrichissent.

– La misère recule enfin dans le monde. Elle était dominante il y a encore un demi-siècle; la croissance est rapidement en train de la marginaliser, laissant la place à une immense classe moyenne, qui peuplera la planète ce siècle durant. Il en résulte une atmosphère plus propice à la richesse. Il semble plus légitime de prospérer si d’autres ne meurent pas de faim à proximité.

Le ressentiment à l’encontre de la richesse s’atténue.

– En même temps, la demande d’égalité, si rituelle dans le discours républicain, n’est plus politiquement prioritaire. Dans les continents en forte croissance, on insiste plutôt sur l’égalité des chances que sur celle des revenus. Sans grands résultats d’ailleurs. Dans les pays plus stagnants, la revendication sociale se porte sur le maintien des acquis plutôt que sur des progrès de niveau de vie, qui semblent bien hypothétiques sans vraie croissance.La pression sociale est plus réaliste et souvent résignée.

– Il n’y a plus d’idéologies antiriches, comme ce fut longtemps le cas entre la Révolution française et la dissolution du Parti communiste de l’Union soviétique en 1990. Il n’y a plus d’ennemis de classe, selon la formule léniniste. Les riches sont considérés par la gauche comme une force politique antagoniste et une cible encore privilégiée de contribuables. Mais ces derniers y sont habitués et ont appris à négocier en conséquence.

Politiquement, les riches sont devenus des acteurs sociaux puissants et non plus une classe honnie.

– Les riches sont militants et acteurs d’une idéologie, le libéralisme. Le fait qu’il s’agisse d’un système économique illustre notre époque, où l’essentiel du jeu politique tourne autour du partage d’un gâteau qui se rétrécit. Le libéralisme est à la fois décrié et triomphant. Il déchaîne les polémiques, mais il n’a aucun adversaire frontal. Personne n’a, mondialement, de doctrine crédible à lui substituer. Les débats actuels se limitent aux moyens d’en atténuer les effets sociaux, quelquefois dévastateurs.

Les riches sont à l’aise avec l’idéologie dominante, la leur.

– Partout dans le monde, le seul adversaire des riches est la fiscalité. Il s’agit à la fois de les faire contribuer le plus possible aux dépenses publiques et de donner l’impression que les politiciens ne sont pas leurs amis ou complices. Cette guérilla, pour laquelle les riches sont bien armés, ne pourra obtenir de résultats significatifs que lorsqu’il y aura une véritable fiscalité mondiale. On en est loin. Les Etats s’efforcent de resserrer les mailles du filet en passant des accords d’échanges d’informations et de lutte contre les paradis fiscaux. Mais, avec 192 nations à la fiscalité autonome, les riches trouveront encore longtemps des havres financiers hospitaliers.

Les riches sont experts en stratégies fiscales planétaires.

– Les Etats de toutes tendances ferraillent avec les riches, mais n’ont pas les moyens de leur faire la guerre. Car leur premier casse-tête politique est le chômage. Or ce sont les riches qui créent les emplois. Le grave pour un responsable politique serait de déclencher une grève – pis, un exode – des employeurs. Il y a connivence de fait entre les gouvernements et les riches, qui ont mutuellement besoin les uns des autres.

On ne peut pas se passer des riches quand on est au pouvoir.

– Les riches sont amenés partout à se substituer à l’indigence budgétaire publique. Leur rôle financier est donc destiné à croître dans de nombreux secteurs d’activité : éducation, santé, recherche scientifique, aide humanitaire, philanthropie, mécénat artistique. Sans oublier que, de longue date, les entreprises que possèdent et dirigent les riches contribuent de façon décisive au financement des prestations sociales. Ce qui rend les riches coresponsables, avec la puissance publique, de la stabilité sociale du pays.Les riches sont devenus un acteur public central.

– Les riches sont mieux à même de tirer parti de la modernité que les politiques. Ils sont mieux informés, mieux conseillés, plus libres et plus concentrés que les élus du peuple. Car ils n’ont qu’un seul objectif, produire de l’argent et le protéger. Ils n’ont pas d’électeurs, peuvent garder le secret sur leurs plans et leurs tactiques, et savent s’arranger entre eux.

En même temps, au service de cet objectif central, ils peuvent mettre des moyens considérables, qui, souvent, manquent aux Etats. A la différence de ces derniers, ils se jouent des frontières et ont des stratégies mondiales. Les entreprises multinationales, que certains d’entre eux gouvernent, sont plus puissantes économiquement que la plupart des pays représentés à l’ONU. Seules les plus grandes nations peuvent encore les tenir en respect mais pas sur tous les terrains. Seuls les riches ont un pouvoir mondial.

– De ce fait, les riches n’ont plus de complexes et poussent leurs avantages sans prendre trop de précautions. La manière dont les banquiers et les financiers ont réduit à une peau de chagrin les mesures de régulation que les Etats voulaient prendre après la crise de 2008 l’illustre de façon éclatante. Les bonus les plus insolents sont repartis de plus belle dès 2009. Comme si les riches se sentaient libres de tirer un profit financier de tous les aléas économiques, laissant les politiques s’arranger avec les conséquences, en particulier sociales. Qu’a pesé un Montebourg face à un Mittal?

Les riches ne prennent plus de gants pour affronter le pouvoir politique.

– Les riches tiennent les médias, directement ou indirectement. Soit parce qu’ils en sont propriétaires, soit parce que les médias ont un besoin vital de la publicité que les riches peuvent leur attribuer, ou leur refuser. Comme la presse est en position de faiblesse partout, elle est un peu à leur merci. Les journaux les plus prestigieux, au bord de la faillite, sont rachetés à la casse par des possédants.

C’est ainsi que Jeff Bezos, qui a créé Amazon, a « sauvé », en 2013, le Washington Post. Même les médias les plus modernes ne peuvent vivre, à l’exception de quelques-uns, du Canard enchaînéà Mediapart, sans l’assentiment financier des puissants. Il n’y a que lorsqu’un riche est en difficulté que les médias se ruent à la curée. Ce qui donne à ces derniers une impression fugitive de puissance. D’autant qu’à ce moment-là les autres riches abandonnent l’animal à son triste sort. Car les riches ne sont pas tendres avec les plus faibles d’entre eux.

Le pouvoir d’informer est tombé très largement entre les mains des riches.

– Plus globalement, les riches contrôlent l’essentiel de l’argent sur la planète. Soit parce qu’ils en possèdent eux-mêmes (mais ce n’est qu’une petite partie de l’argent-pouvoir), soit parce qu’ils sont aux manettes du business mondial. Ceux, en effet, qui sont à la tête des entreprises ou des banques, non seulement sont nommés par eux, mais ils sont responsables devant ces jurys d’argent que sont les actionnaires, lesquels ont compris l’intérêt d’enrichir rapidement ceux qui travaillent pour eux.

Ainsi s’assurent-ils qu’ils sont passés dans le clan des riches. De ce fait, la morale de l’argent, les buts de l’argent, les stratégies de l’argent pèsent de plus en plus sur le destin de nos contemporains. On n’en finit pas d’en mesurer l’ampleur des conséquences. A l’échelle de la planète, même le plus puissant des riches ne pèse pas bien lourd, mais la religion de l’argent, commune à presque tous les riches, domine le débat mondial dans les pays en paix, c’est-àdire presque partout.

Les riches détiennent le pouvoir essentiel, celui de l’argent. Le reste suit.

– Certains riches ont pu réussir en politique, comme Michael Bloomberg ou Silvio Berlusconi, mais ce sont des exceptions. Car, d’instinct, les riches ont compris combien la détention publique du pouvoir est périlleuse et provisoire. Ils préfèrent l’infiltrer pour en obtenir ce qui leur est nécessaire. La vulnérabilité des politiciens face aux riches, c’est que la politique coûte cher et que la plupart des candidats à l’élection ne disposent pas de moyens personnels. Les scandales financiers qui émaillent la vie politique portent sur des sommes dérisoires comparées aux vraies fortunes. Quand un politique dissimule 600 000 euros, sa carrière est fichue. Quand un riche a fraudé sur 6 millions, il trouve discrètement un compromis financier avec l’administration.

Les riches laissent les détenteurs officiels du pouvoir prendre les risques. Ils se contentent de les influencer.Ils savent que la richesse est plus pérenne que les mandats électifs.

Ainsi s’exerce le pouvoir des riches. Il est pacifique, car ils n’ont plus, comme ce fut le cas au cours de l’Histoire, besoin de déclencher des guerres ni de fomenter des coups d’Etat pour maximiser leur puissance. Un marché mondial sur lequel ils peuvent intervenir avec l’efficacité des technologies contemporaines leur suffit. Ils n’ont besoin ni de police, ni d’armée, ni de censure pour servir leurs intérêts.

Au contraire, opérer dans un monde ouvert, à l’expression libérée et où la loi est respectée, crée les conditions optimales de leur réussite. Les riches sont forcément modernes, sinon ils ne survivent pas longtemps dans un monde en accélération permanente.

Les riches se doivent d’être des mutants de leur époque, de la comprendre, la deviner avant les autres. Ceux qui y parviennent gagnent gros et, en plus, s’amusent à ce jeu en vraie grandeur et à sommes réelles.

Les riches ont gagné. Ils n’ont même plus besoin de s’en vanter. Ce monde actuel est devenu le leur, ils y sont chez eux.

Ne pas oublier que les nouveaux riches sont aussi des anciens pauvres… dédé

Moi, je m’en fous, je vis dans la luxure :

 Je fais ce que je veux

ou je veux

quand je veux

avec qui je veux… 

Même Bill Gates et le Pape ne peuvent pas le faire !!! 

ça s’appelle la liberté et je l’ai eu à juste prix.

L’Express a 60 ans

Bonjour M’ssieurs-Dames,

L’Express est né le 16 mai 1953 pour certains alors que j’ai en ma possession le numéro 1 datant du 2 mars 1953. Les historiens le diront.

L'Express n° 1

Le titre est fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber – JJSS et Françoise Giroud, comme supplément politique du journal  » Les Echos « , fondé par le père de JJSS,  Emile Servan-Schreiber. A sa création L’Express agit comme le « porte-parole » du président du conseil de l’époque, Pierre Mendès France, et permet l’adhésion d’une partie de la population à un régime qui était jusqu’alors jugé décevant.

En 1964, L’Express se transforme au format newsmagazine, qui inspireront plus tard Le Nouvel ObservateurLe PointL’Evénement du Jeudi. L’Express devient le premier magazine d’information français sur le modèle du Time. Le journal se généralise de plus en plus et devient le reflet des changements de la société française. L’Express est le grand succès de la presse des années 1960.

La citation de JJSS   » Dire la vérité telle que nous la voyons  » devrait être inscrite dans toutes les rédactions !!!

Jean-Jacques Servan-Schreiber par sa conviction et son intelligence a fait venir des grands noms comme  :

Albert Camus, Alfred Sauvy, André Malraux, Fernando Arrabal, François Mauriac, François Mitterrand, Françoise Sagan, Jacques Attali, Jean Daniel, Jean-Paul Sartre, Pierre Salinger, Raymond Aron, Robert Badinter,  et tant d’autres…

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JJSS, François Mauriac, Françoise Giroud en 1954

De nombreux journalistes y ont fait leurs armes : Jacques Derogy, André Bercoff, Jean-François Khan, Roger Priouret, Georges Suffert, Pierre Péan, Michèle Cotta, Catherine Nay, Anne Sinclair, Christine Ockrent, Yvan Levaï, Danièle Granet, Jean-François Bizot, Alice Morgaine, Jean-François Revel, Olivier Todd, Philippe Grumbach…

Brigitte Gros, Madeleine Chapsal, Jean-Louis Servan-Schreiber, Christiane Collange, Jean Ferniot, formaient la forteresse de JJSS.

J’ai eu la chance de travailler à L’Express comme collaborateur de JJSS  de juin 1970 jusqu’au jour de la vente de L’express à Jimmy Goldsmith en 1977, ensuite j’ai continué avec lui pour d’autres aventures ( Défi Mondial, Centre Mondial Informatique )

Depuis 1977, Jean-Jacques ne croyait plus à la presse écrite à cause des nouveaux réseaux d’information, comme d’habitude il avait vu juste, c’était un visionnaire qui manque aujourd’hui.

Je souhaite un bon anniversaire à L’Express et mon soutien à Christophe Barbier afin qu’il n’oublie pas les messages des fondateurs et les grands noms qui sont passés par L’Express pour défendre les combats et les idées de notre société.

Pour son 60 ème  anniversaire L’Express change. Parce  que nous attendons plus d’un journal d’information, comme à l’origine.

Christophe Barbier écrit dans son édito du nouveau numéro de L’Express du 15 mai :

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Parce que vous espérez de la presse écrite une hauteur de vue, un standing élevé, une distinction, et non le rabâchage du  » vu partout « . Notre journal entend répondre à cette question fondamentale : quels sujets méritent vraiment d’être imprimés ? Seuls les écrits restes, et ce qu’ils recèlent doit donc être au-dessus de toute facilité. Contre l’  » ‘infobésité « , cette malbouffe du cerveau qui nous fait avaler le moindre fait divers comme si il s’agissait d’une affaire d’Etat, tout en érigeant les starlettes de la télé-réalité au rang de philosophes des temps modernes, la presse doit se révolter, pour mettre dans la tête de ceux qui  » font l’actu » le plomb qui servait jadis dans les imprimeries. L’Express dresse ses colères, ses idées et son inextinguible foi en l’humanisme, ( je rajouterai l’humain ) pour un autre mai fondateur. Oui, nous croyons que l’optimisme est un combat, qu’une plume peut changer le siècle, que les maux se guérissent aussi par les mots.

Ma réaction subite …

L’Express doit revenir comme avant avec des personnalités qui ont des choses à dire  (sans être en campagne de promotion)  et avec des journalistes curieux, informés ( sans google actu ) et sans copier et déguiser les dépêches de l’AFP ainsi que leurs confrères de la presse étrangère. Enfin, sortir du format des écoles de journalisme sans goût et sans odeur !!! du light.

La vraie université du journalisme, c’est le bistrot :on pause une question et on a la réponse immédiatement  ( surtout pas les bars branchés pour les débranchés  )!!! dédé

L'Express n° 1

Sur les marches de L’Elysée

Photo de gauche prise par Jean-Régis Roustan ( photographe de L’Express ) et celle de droite par Benoît Lombrière

La Traversée de Paris avec Marlon Brando

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Un de mes Maîtres, Philippe Grumbach, alors Directeur de la rédaction de L’Express, m’invita à trimballer Marlon Brando dans Paris à l’occasion de la sortie du film « Le dernier Tango à Paris » avec Maria Schneider (morte le 3 février 2011). Sa mère, Marie-Christine Schneider, était Directrice de la librairie de L’Express au 25 rue de Berri, près des Champs-Elysées.

Nous sommes en 1972, sous la Présidence de Georges Pompidou, notre espace de liberté culturelle s’ouvre de plus en plus, OUF !!! Ce film de Bernardo Bertolucci, provoqua un scandale pour les rapports intimes entre un homme mûr et une très jeune femme et aussi pour certaines scènes érotiques comme la fameuse scène du beurre.

Philippe Grumbach et son épouse Lilou étaient des amis de Marlon, surtout le frère de Lilou, Christian Marquand, frère de Nadine Trintignant qui a réalisé en 1968, Candy, son deuxième et dernier film, c’est la pépite psychédélique de 68, avec un déluge de stars : Marlon Brando, Richard Burton, James Coburn, John Huston, Ringo Star (oui ! le Beatles), Monsieur Charles Aznavour, Elsa Martinelli, Sugar Ray Robinson, Joey Forman.

Tournée en deux semaines, cette coproduction franco-italo-américaine n’a pu être financée que sur le nom des stars. La légende veut que certains aient donné leur accord sans même lire le scénario… À se demander si le tournage n’a pas été effectué sous l’influence de substances illicites ou si celui-ci n’était que prétexte à siroter sans modération du Limoncello sur le bord de mer. Cette belle aventure rappelle combien la libération sexuelle s’est accompagnée de toute une mythologie de l’ éden terrestre. Pilule du bonheur d’hier, Candy est une hostie à ne pas mettre entre toutes les mains. Surtout pas de nostalgie ma poule !!!!

Me voilà donc assis au volant de ma DS Pallas avec Marlon Brando – et oui, vous ne rêvez-pas ! Au moment de traverser les Champs-Elysées, je brûle légèrement un feu rouge. Bien entendu, un agent de la circulation m’ordonne de m’arrêter juste devant le Grand Palais. Je sors et lui explique que j’accompagne Marlon Brando à un rendez-vous très important. Le flic me répond qu’il n’en n’avait rien à foutre et je commence à m’embrouiller avec lui. C’est alors que Marlon, sort de la voiture et voyant l’embrouille, commence à insulter le queuf. Mamma mia ! Quel bordel ! Le lardu appelle au secours ses collègues du Commissariat qui était à 100 mètres. Le Chef-Brigadier, voyant Marlon et l’attroupement que cela avait créé, calma le jeu et nous demanda de partir. Marlon n’était toujours pas calmé mais il se raisonna.

Et oui ! Le mec de l’Equipée Sauvage avait rugi …

Une fille : Hey Johnny, what are you rebelling against? (Hé Johnny, tu te rebelles contre quoi ?)
Johnny : What have you got? (Qu’est-ce que tu m’proposes ?)

Cette réplique aurait pu être écrite pour ce grand moment que j’ai vécu avec Marlon le gadjo de Los Angeles.

Au bout de 20 mètres, il sortit un flash de whisky qu’il m’invita à boire. On s’est mis à se fendre la gueule en pensant au pauvre flic qui était devenu une grande Star le temps d’un instant.

J’ai dansé un tour de passe-passe du « Dernier Tango à Paname » avec le beau Marlon. Merci encore Philippe de m’avoir permis de vivre ce moment-là.

J’ai raconté cette histoire à Lilou. J’en ai profité pour quelle me raconte l’Amitié qui liait toute la famille Marquand à Marlon.

Un de mes amis, François Forestier vient de publier Un si beau monstre aux éditions Albin Michel.

Il a tout eu. Vraiment tout : les femmes, l’argent, la gloire, la beauté – une beauté incroyable, divine, irréelle. Il a couché avec les plus belles filles, a été désiré par les hommes les plus célèbres. Il a été la star des stars, le plus grand acteur du monde, s’est acheté un Paradis en plein océan. Il aurait pu être heureux.
Sa vie a pourtant été une longue recherche du malheur. Il a provoqué des suicides, fait régner un climat de peur, craché sur son métier, tourné des films épouvantables, et, finalement, gâché son talent. Il est devenu obèse, secret, reclus – et a terminé sa vie avec sa femme de ménage.
Son fils a été un assassin, sa fille s’est pendue avec une laisse à chien.
Dans la vie de Marlon Brando, il n’y a que du noir.
Ce livre n’est pas une biographie, surtout pas. C’est le récit de la fabrication d’un monstre.
Mais un si beau monstre…

Je suis fier d’avoir croisé le rebelle des temps modernes, j’ai hâte de lire le livre de François Forestier. dédé

L’idéologie est froide

Bonjour M’ssieurs-Dames,

<< Comptez l’argent pour rien, les places pour rien, la popularité pour rien ; c’est la presse qui est tout. Achetez la presse, et vous serez maîtres de l’opinion, c’est-à-dire les maîtres du pays. >> Isaac Moïse.

Les grands manias de la presse française gagnent des bénéfices dans leurs entreprises, pourquoi en perdent-ils autant dans les médias ? La question est posée …Sont-ils les maîtres du pays ? comme Google est, le maître-copieur des rédactions !!!

Le premier périodique imprimé au monde, un hebdomadaire de quatre pages, titré Relationfut lancé à Strasbourg en décembre  1605,  par Jean Carolus.

Le Monde. Actionnaires : Pierre Bergé (Héritier de Yves Saint-Laurent),Matthieu Pigasse ( homme d’affaires, propriétaire du magazine «  Les Inrockuptiles « ) et Xavier Niel ( Fondateur de Free)

Michel Legris publie en 1976 Le « Monde » tel qu’il est. D’après cet ancien journaliste du « quotidien de référence », derrière son apparente objectivité, Le Monde appliquerait de multiples procédés de désinformation mis au service de son engagement dans l’intelligentsia de gauche par une ligne éditoriale gauchisante.

En mai 2011, irrité par le contenu d’un article du Monde consacré à  François Mitterrand signé par l’historien François Cusset, l’actionnaire Pierre Bergé dira « regretter » d’avoir investi dans le quotidien. Il avance ainsi : « Je considère que contrairement … à ce qu’ils prétendent, les journalistes du Monde ne sont pas libres mais prisonniers de leurs idéologies, de leurs règlements de compte, et de leur mauvaise foi « .

Jean-Jacques Servan-Schreiber, responsable de la page de politique extérieure, quitte Le Monde au début des années cinquante en lui reprochant son neutralisme dans les relations Est-Ouest. 

Sous la Ve République, Le Monde soutient la politique étrangère du Général de Gaulle, tout en critiquant sa politique intérieure. Dans les années 1970, Le Monde s’oriente clairement vers un soutien à l’Union de la Gauche en soutenant la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981.

En 2007, le directeur de la publication, Jean-Michel Colombani a lancé un appel à voter pour la candidate socialiste  Ségolène Royal.

NEWS. Anne Sinclair, à la tête du Hinffington  Post France ( site d’information américain, 37 millions de lecteurs /mois aux Etats-Unis ) financé par Le Monde et Matthieu Pigasse.

http://www.huffingtonpost.co.uk/

Libération. Actionnaires : Edouard de Rothschild ( ancien membre du CNPF) Carlo Caracciolo (magnia de la presse italienne), Pierre Bergé ( tiens-tiens) André Rousselet, BHL ( Tiens-tiens), Henry Seydoux et Pathé.

Libé à été fondé sous l’égide de Jean-Paul Sartre qui disait dans Nekrassov «  L’argent n’a pas d’idées «

Laurent Joffrin explique dans un courrier électronique :«La disparition de Libération ferait taire une voix importante dans la société française et exclurait de facto la gauche de la presse du matin » on comprend mieux pourquoi, Libé a fait appel au grand capital…

Le Point. Actionnaire : François Pinault ( homme d’affaires. PDG de la holding Artémis, très proche de Jacques Chirac.

Directeur de la publication Franz-Olivier Giesber, ancien directeur de la rédaction du Nouvel Observateur puis du Figaro ( de gauche à droite, en avant toute… )

Chroniqueurs : Claude Allègre, Alain Duhamel, Jean-Paul Enthoven, Bernard-Henri Lévy, Valéry Giscard D’Estaing, Patrick Besson.

Les Echos. Actionnaire : Bernard Arnault ( homme d’affaires. PDG de LVMH )

Selon l’ancien directeur de la rédaction, Jacques Barraux, « l’orientation du journal est d’essence libérale : nous défendons l’idée que le marché est supérieur au plan. En conséquence, nous pensons que l’entreprise privée est l’outil le plus performant, même si ce n’est pas le seul».

Les Echos ont été fondé par le père de JJSS, Monsieur Emile Servan-Schreiber

Hachette. Actionnaire : Arnaud Lagardère

Paris Match célèbre par sa devise : « Le poids des mots, le choc des photos ». En 2008,l’hebdomadaire adopte une nouvelle devise, « La vie est une histoire vraie » comme  par exemple :

Ségolène Royal serait intervenue auprès de Paris Match pour obtenir, même si elle n’avait aucune chance de l’obtenir, le renvoi d’une journaliste, Valérie Trierweiler, présentée comme l’« amie » de François Hollande…

Le Figaro. Actionnaire : Serge Dassault ( homme d’affaires. Sénateur UMP de l’Essonne )

d’après Figaro, le personnage de Beaumarchais, met en exergue la réplique :

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. » C’est du lourd !!!

La ligne éditoriale du Figaro est de droite ou de Centre-droit, selon le spectre politique français habituellement utilisé. ( d’après le vent, Monsieur dédé !!! )

Tout ceci montre que la presse est culturellement de gauche et de droite,puisque les journalistes défendent des idées libérales. Il eut été plus intéressant de se demander pourquoi, alors que la plupart des journalistes se considèrent comme de gauche.
Les recrutement se font par l’intermédiaire d’écoles de journalisme qui pratiquent une rééducation aussi féroce que celle des IUFM sur les jeunes journalistes. Les journalistes de gauche étant généralement bien plus sectaires que ceux de droite peuvent facilement briser la carrière de celui qui oserait affirmer des idées différentes. L’uniformité étant en place, celui qui ose sortir de sa tranchée est flingué de suite.
En privé, et entre eux, des journalistes peuvent dire exactement la même chose que Le Pen, mais sans l’avouer à leur lecteurs et se l’avouer à eux mêmes.

Le gauchisme culturel des journalistes est donc une structure culturelle et s’explique par leur volonté d’être dans le camp du bien, du côté des beaux mots généraux et généreux.

Ayant travaillé à L’Express, je suis bien placé pour savoir que la presse sert de tremplin et de propagandes à un homme politique ou à un parti :

JJSS et L’Express servait Pierre Mendès France contre l’OAS. La candidature de Gaston Defferre est notamment inspirée par la campagne de L’Express, étant le « Monsieur X », candidat idéal de l’opposition au gaullisme, sans oublier Giscard d’Estaing en 1974 pour la présidentielle, etc…

Pour qui roulent-ils aujourd’hui ? Tout dépend du sens du vent !!!

Et encore ?

Le meilleur politique-journalistique l’emporte toujours comme lors des débats : Giscard-Mitterrand, Sarkozy-Ségolène, Sarkozy-Hollande

Quelques citations à méditer :

JEAN-JACQUES SERVAN-SCHREIBER  » Dire la vérité telle que nous la voyons « . 

ARMAND (Louis)
<< Une démocratie est d’autant plus stable qu’elle peut supporter un plus grand volume d’informations de qualité. >>

BEAUMARCHAIS (Pierre Augustin Caron de)
<< Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. >>

CHATEAUBRIAND (François René de)
<< J’ai aidé à conquérir celle de vos libertés qui les vaut toutes, la liberté de la presse. >>

CHATEAUBRIAND (François René de)
<< Plus vous prétendez comprimer la presse, plus l’explosion sera forte. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle. >>

GAULLE (Charles de)
<< La raison d’être du gouvernement, c’est qu’il gouverne, c’est qu’il prend des responsabilités. C’est qu’il fait des choix clairs. C’est qu’il est cohérent. C’est qu’il obéit à l’intérêt national, et non à la dernière pression qu’il a subie, à la dernière mode qui court dans les journaux. C’est qu’il n’est pas du sable entre les doigts. >>

HUGO (Victor)
<< La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde. Après le pape, le papier. >>

JEFFERSON (Thomas)
<< Dans la presse, seules les publicités disent la vérité. >>

JEFFERSON (Thomas)
<< S’il m’était laissé de choisir si nous devons avoir un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, je n’hésiterais pas un instant à préférer le dernier choix. >>

KARR (Alphonse)
<< Il y a deux sortes de journaux : ceux qui approuvent et soutiennent le gouvernement quoi qu’il fasse, et ceux qui le blâment et l’attaquent quoi qu’il fasse. >>

MITTERRAND (François)
<< Le journaliste, lui peut écrire n’importe quoi et se tromper sur tout, cela ne change rien, ses journaux se vendent toujours aussi bien ou aussi mal. >>

RAFFARIN (Jean-Pierre)
<< On cherche toujours à annoncer la nouvelle la veille, et la dictature du scoop conduit l’homme politique à être préfabriqué. (…) La société de l’information adore annoncer une rentrée difficile, une année suivante forcément plus rude que la précédente. >>
SARKOZY (Nicolas)
<< Dans un pays où il n’y a plus d’opposition, la presse s’attribue la fonction d’opposition. >>

VIGNY (Alfred de)
<< La presse est une bouche forcée d’être toujours ouverte et de parler toujours. De là vient qu’elle dit mille fois qu’elle n’a rien à dire, et qu’elle divague souvent. >>

ZOLA (Émile)
<< La presse est le réceptacle de tous les ferments nauséabonds. Elle fomente les révolutions, elle reste le foyer toujours ardent où s’allument les incendies. Elle deviendra seulement utile le jour où l’on aura pu la dompter et employer sa puissance comme un instrument gouvernemental… >>

Et la meilleure pour la fin :

GANDHI (Mohandas Karamchand)
Philosophe et homme politique indien

<< La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. >>
| Source : Tous les hommes sont frères

 C’est vraiment l’objet d’un débat. qu’en pensez-vous ?

Aussi imparfaite qu’est la presse, vaut-il mieux la conserver ainsi ou la réformer ?. Sa réforme, ses valeurs, ses responsabilités dans l’influence de l’opinion sont-elles en train d’évoluer avec la liberté d’expression des blogueurs, nouveaux témoins critiques de la société qui fabriquent leur propre audience organisée par les algorithmes des moteurs de recherche. Sans Google, que serait la presse aujourd’hui ?

Alors le Canard Enchainé, délivre-toi et devient Le Canard Déchainé…

Je terminerais par cette phrase que j’ai écrite sur les bords de la Mer Rouge en 1981 :

  » Quand on voyage, on s’aperçoit que les livres mentent  »  alors la presse !!! : No Comment