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Emmanuel Macron, serait-il le Jean-Jacques Servan-Schreiber de notre époque ?

Bonjour M’ssieurs-Dames,

L’Express titre : Emmanuel Macron serait-il le Jean-Jacques Servan-Schreiber de notre époque ?.
Ayant été l’un des plus proches collaborateurs de Jean-Jacques Servan-Schreiber pendant vingt ans, Emmanuel Macron à t-il la même vision de la société que JJSS ?  j’espère que oui ! JJSS était un visionnaire.

« Le Défi américain » : 45 ans après, l’Europe aurait grand besoin d’un nouveau Jean-Jacques Servan-Schreiber.

La réédition de ce livre clé est un appel pour que notre société stagnante retrouve son chemin vers le futur optimiste. Éditions : Versilio Format : Numérique

Préface de Paul Krugman. Professeur émérite de l’université de Princeton, Paul Krugman est un économiste américain qui a obtenu le prix Nobel d’économie.

« À notre époque marquée par l’étroitesse d’esprit, où tous les discours s’accordent à prôner l’austérité et la révision à la baisse des attentes, relire l’ouvrage de Jean-Jacques Servan-Schreiber est un bon moyen de se souvenir à quel point il est essentiel d’avoir ce genre de vision. L’Europe a grand besoin d’autres » 

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Plus de 45 ans se sont écoulés depuis la publication du Défi américain par JJSS. Pourtant, cet ouvrage reste fondateur. Certes, les prédictions les plus saisissantes de Servan-Schreiber ne se sont pas réalisées : les entreprises américaines ne dominent pas l’économie européenne, les États-Unis n’ont pas acquis la supériorité économique et technologique à laquelle on pouvait s’attendre. Si JJSS n’a donc pas toujours été un prévisionniste exact (mais qui l’est ?), il n’en était pas moins un prophète exceptionnellement perspicace. La domination américaine contre laquelle il nous avait mis en garde ne s’est pas vérifiée – mais le monde dans lequel nous vivons n’en est pas moins celui que JJSS avait imaginé.

Si l’on s’en tient uniquement au « défi américain » dans son interprétation stricte : les entreprises américaines sont des acteurs majeurs de la scène européenne, mais elles sont loin de remplir le rôle qu’il avait envisagé pour elles.

Si l’on en croit les estimations du Bureau of Economic Analysis américain, les multinationales américaines en Europe ont produit une plus-value d’environ 600 milliards de dollars, soit un peu moins de 4 % du PIB de l’Union européenne. Elles ont par ailleurs employé 4,6 millions de personnes, ce qui représente un peu de plus de 2 % des emplois en général. Ces chiffres sont élevés, mais ils ne sont pas stupéfiants. La mainmise à laquelle les lecteurs de l’édition de 1968 auraient pu s’attendre n’a pas eu lieu.

Néanmoins, enrelisant Le Défi américain aujourd’hui, on pourrait se dire que le propos de l’auteur n’était pas tant de comparer l’Amérique à l’Europe que d’annoncer la nature changeante des économies avancées. JJSS s’est contenté de donner un visage à ces changements en les appelant « Amérique », ce qui l’a, d’ailleurs, aidé à capter l’attention du lecteur européen. (Il n’y a rien de tel qu’un peu de nationalisme pour faire monter l’adrénaline). Nous importe-t-il réellement de savoir si une corporation multinationale est américaine ou européenne ? Pas vraiment, non. Ce qui est important, ce sont les moteurs de la valeur et du succès économiques. JJSS était très en avance sur son temps dans sa manière de voir comment ces moteurs évoluaient.

Aujourd’hui, dire que nous vivons dans une économie du savoir est un lieu commun, tout comme d’avancer que le capital humain nous importe davantage que le capital physique, que la valeur économique provient largement d’actifs invisibles et que l’innovation est plus importante que l’accumulation. En 1968, ces propos étaient radicaux. Au-delà de la rivalité transatlantique, c’est la vision de l’avenir de Servan-Schreiber qui s’est révélée étonnamment juste.

Le chapitre qu’il a consacré à l’informatique était particulièrement prémonitoire. À cette époque, il s’agissait encore d’unités centrales gigantesques, laborieusement alimentées de cartes perforées. JJSS a vu que le futur se construirait àpartir de machines petites en taille mais incroyablement puissantes, sans parler des réseaux – le futur qu’il décrit, celui des données en ligne et de la communication instantanée, préfigure l’Internet avec une précision remarquable.

Et puis surtout, JJSS avait une vision très large de la politique économique – une vision qui soulignait l’importance de l’éducation, de la créativité et de l’intégration européenne. Certaines des avancées qu’il espérait pour l’Europe ont été accomplies ; beaucoup d’autres, non. À notre époque marquée par l’étroitesse d’esprit, où tous les discours s’accordent à prôner l’austérité et la révision à la baisse des attentes, relire cet ouvrage est un bon moyen de se souvenir à quel point il est essentiel d’avoir ce genre de vision.

Jean-Jacques Servan-Schreiber passe, dans les années 1960, pour un agitateur d’idées. Fondateur de L’Express, antigaulliste viscéral, mendésiste du premier cercle, il publie le 11 octobre 1967, chez Denoël, Le Défi américain. Prévu à un tirage de 15 000 exemplaires : il s’en vendra 3 millions en France et 15 millions dans le monde, en quinze langues. Un succès comparable à celui de Françoise Sagan en 1954 avec Bonjour tristesse.

JJSS. Un visionnaire que la France a loupé !!! Dans l’émission de NBC  » Face à la nation « , le célèbre intervieweur Lawrence Spivak a conclu l’intervention avec ces mots: « Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence. »

• CITATIONS •

« Le Défi américain m’a ravi sans réserve et allumé l’esprit. Il y a là une grande réussite : on a envie de réagir et de réaliser ». François Mitterrand. Président de la République Française.

« Le Défi américain est un livre excellent, vigoureux, moderne, c’est-à-dire libéré de beaucoup d’entraves et de routines de pensées ».  Valéry Giscard d’Estaing. Président de la République Française.

« Le Défi américain est un de ces livres phare qui marquent une époque. Il est difficile aujourd’hui d’imaginer le retentissement immense de cette œuvre. JJSS se révélait l’un des plus lucides et audacieux penseurs de son temps, et par bien des aspects du nôtre ». Robert Badinter. Avocat, ministre de la Justice.

« Le Défi américain fût un immense succès qui influença toute une génération. Il inspira mon départ pour les Etats-Unis après ma victoire aux Jeux Olympiques pour lancer ma vie professionnelle. C’est un livre qui rayonne d’intelligence et reste d’actualité ». Jean-Claude Killy. Triple médaillé d’or aux JO de Grenoble 1968.

« La publication du Défi américain, et ma première discussion avec Jean-Jacques Servan-Schreiber à cette occasion, fut le moment pour moi d’un éveil à la conscience européenne, et à l’importance de penser à long terme. Ce livre majeur a eu une influence considérable, même par celles de ses prévisions qui ne se sont pas réalisées, parce qu’elles ont sans doute aidé à réagir contre les menaces qu’elles annonçaient. » Jacques Attali. économiste et écrivain.

« J’appartiens à la génération pour laquelle Le Défi américain a été un livre culte. C’était un cri d’alarme pour nous appeler, nous Européens, à nous mobiliser. Le grand marché, l’euro, et bien d’autres réalisations de l’Europe politique ont été les réponses ultérieures au Défi américain. JJSS était un inégalable éveilleur des esprits ». Alain Minc. Ecrivain

« Le Défi américain a changé la donne non seulement dans les rapports Europe-Amérique, mais a aussi apporté une vision nouvelle et innovante de la compétitivité nationale. Ce livre fut un véritable catalyseur dans la création du Forum économique mondial ». Klaus Schwab. Fondateur et président du Forum économique mondial

« Jean-Jacques Servan-Schreiber a d’abord partagé sa vision audacieuse de l’accélération de la prospérité américaine en 1967. Cette progression semblait inévitable à l’époque : mais cinquante ans plus tard, nous en sommes bien loin. La réédition de ce livre clé est un appel pour que notre société stagnante retrouve son chemin vers le futur optimiste annoncé dans les années soixante ». Peter Thiel. Co-fondateur de Paypal, Managing Partner du Founder’s Fund.

« Jean-Jacques Servan-Schreiber était un vrai humaniste. Il comprenait l’importance de la souveraineté des peuples après le colonialisme européen, ainsi que la puissance qui vient en fédérant les ressources dans un monde de plus en plus multipolaire, démontré par son soutient de l’intégration européenne. Il a aussi prévu les opportunités et les défis de la technologie moderne ». Nicolas Berggruen. Fondateur et président du Berggruen Institute on Governance

 » Le Défi américain est en tête des listes de ventes. C’est un succès prodigieux quand on sait que le livre est riche en statistiques, traite du développement de l’économie et des entreprises mondiales, des ordinateurs, satellites et des rivalités entre puissances industrielles… Si Marx avait eu la même réussite avec « Das Kapital », nous serions peut-être tous en train d’agiter des drapeaux rouges en mangeant du caviar ». New York Times, 19 mai 1968.

 

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Sam Pisar, mon ami !

Sam Pisar, mon ami s’est éteint le 28  juillet 2015. Sam fait parti des grands hommes que j’ai eu la chance de côtoyer. Je me souviens encore des questions sur la politique que Sam me posait à chaque rencontre. Encore merci Sam de m’avoir écouter. Sam, c’est l’intelligence, le savoir, le regard et l’écoute envers les autres, toujours présent quand on a besoin de ses conseils.

Un américain à Paris

Samuel Pisar, européen de naissance, américain par vote spécial du Congrès, avocat et négociateur international, docteur des Universités de Paris et de Harvard. Celui qui fut l’un des plus jeunes survivants des camps de la mort à Auschwitz, écrivit ses phrases sublimes avec une telle force pour donner de l’espoir aux autres, c’est à dire nous tous…

« J’étais si jeune dans l’enfer que je n’avais pas grand chose à transformer. Ma colonne vertébrale intellectuelle et psychique était si souple qu’elle ne s’est pas brisée. »
« Aujourd’hui, survivant des survivants, je ressens une obligation de transmettre les quelques vérités que j’ai apprises lors de mon passage dans les bas-fonds de la condition humaine, puis sur quelques-uns de ses sommets. Personne ne peut vivre ce que j’ai vécu sans ressentir le besoin d’alerter les nouvelles générations sur les dangers qui peuvent détruire leur univers, comme ils ont jadis détruit le mien. »

Il a dialogué et travaillé avec les décideurs du monde, d’ouest en est et du nord au sud, contre les engrenages de la fatalité. De Henry Kisinger à Barack Obama en passant par Michel Rocard, Michaël Gorbatchev, Alexandre Soljénitsyne…

Sam est l’ami et le confident des grands de ce monde et aussi de dédé de Montreuil, et OUI ? Il a été aussi conseiller du Président John Fitgerald Kennedy.

« L’expérience extraordinaire de sa vie nous montre que l’univers est balayé par des rafales dont la violence échappe à la conscience des hommes, et que la survie d’un peuple, comme celle d’un individu, est toute entière en lui:dans sa capacité d’endurance, d’adaptation et de création, la ressource humaine est sans limite. Si nous puisons dans cette source infinie, des sociétés naîtront qui relègueront au Moyen Age la sueur et le capitaL ». Il écrivit ce texte en 1983, avait -il tort, avait-il raison, à vous de juger !!!

Sam fut le confident et l’ami de Jean-Jacques Servan-Schreiber pendant 40 ans, jusqu’au dernier jour de son souffle, menant à ses côtés tous ses combats : la campagne de Nancy, contre Chaban-Delmas à Bordeaux, la vente de L’Express à Jimmy Goldsmith, le Parti Radical et le Mouvement Réformateur, le Ministère des Réformes, Le Centre Mondial Informatique, l’Université de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh,

J’ai eu la chance et le privilège de voir souvent Sam, j’ai participé à la lecture de ses ouvrages : La ressource Humaine, Les armes de la paix, Le sang de l’espoir, dont voici quelques dédicaces.

Pisar livre 3

Pisar livre 2

Pisar livre 1

J’ai une pensée toute particulière pour son épouse Judith, sa complice… sa fille Leah et son beau-fils Antony *. Je vous embrasse fidèlement.

André

* Antony Blinken est le Conseiller diplomatique de Barack Obama à la Maison Blanche.

http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/07/21/ils-feront-le-monde-10-43-antony-blinken-le-diplomate-des-deux-rives_4460291_4415198.html

Sam Pisar et JJSS étaient deux visionnaires toujours à l’écoute du monde.

« Adieu JJSS « , par Samuel Pisar

La nouvelle m’est venue d’Amérique : JJSS n’est plus. Ma fille Leah – sa filleule – m’a appelé de Washington au milieu de la nuit. Elle a été prévenue par David, Émile, Franklin et Édouard, qui étaient au chevet de leur père en Normandie. Ainsi a disparu de ma vie un irremplaçable ami – un frère. Sa mère, Denise, me disait souvent avec humour : « J’ai trois fils : Jean-Jacques, Jean-Louis et Jean-Sam. » Un soir encore si proche, quand Sabine, son ange gardien jusqu’au dernier jour, nous a amené Jean-Jacques à la maison, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a demandé : « Toi, qui es-tu ? » « Je suis Sam. » « Et elle, qui est-elle ? » « C’est Judith. » Soudain il s’agite et nous lance, des abîmes de sa longue maladie cérébrale, un message lucide, inespéré, déchirant, mi-question, mi-affirmation : « Les Pisar ? »

Le Jean-Jacques dont je parle n’est pas l’homme de presse, l’homme politique, l’homme public. Je parle de l’homme privé, de l’homme de coeur, de l’être tendre, généreux et sage qui m’a aidé à éduquer mes enfants, tout comme moi je l’ai aidé pour les siens, dans les grandes écoles et universités des deux côtés de l’Atlantique. Et pas seulement les siens et les miens : de jeunes Français et Françaises ont été formés à l’université Carnegie Mellon, ce temple de l’informatique, de la robotique et de l’intelligence artificielle, dont il a présidé le comité international après sa retraite de la vie politique, ainsi qu’à Harvard, Stanford et au coeur de la Silicon Valley.

Une génération franco-américaine a été marquée par ses idées. Jean-Jacques aimait l’Amérique, comme moi j’aime la France. Je voudrais témoigner aussi de la figure de dimension internationale, à travers laquelle la France rayonnait sur tous les continents. Le visionnaire du défi anticolonial, du défi américain, du défi nucléaire, du défi mondial – de tous les défis – se moquait de la politique conventionnelle, de la droite et de la gauche.

Il voulait non seulement réformer son pays, qui reste si farouchement opposé aux réformes. Il voulait surtout « équiper » sa jeunesse, ainsi que celle de l’Europe entière, pour les préparer à la désindustrialisation, à la concurrence sauvage qu’une économie globale allait leur imposer.

Aujourd’hui, la France et le monde se souviennent de Jean-Jacques Servan-Schreiber. De toutes les grandes capitales de la planète, les éloges affluent. Des États-Unis en particulier. Une avalanche d’articles et de portraits dans leNew York Times, le Washington Post ou le Wall Street Journal exprime l’universelle et profonde émotion d’une grande perte. C’est un phénomène qui incite à la réflexion.

Il a fait irruption dans ma vie il y a quarante ans, avec un appel téléphonique peu ordinaire. « Maître, plusieurs prisonniers politiques vont être condamnés à mort par la junte des colonels grecs, au coeur de notre Europe, dans le berceau même de la démocratie. Il nous faut agir. Accepterez-vous de m’accompagner à Athènes avec le général de Bénouville, le professeur Le Prince-Ringuet et le professeur Milliez ? Notre avion part du Bourget dans une heure. »

Voilà comment celui que de Gaulle appelait «notre  Zorro » m’a embarqué pour une aventure humanitaire et diplomatique couronnée de succès. Après sa grande victoire politique en Lorraine, je l’ai embarqué à mon tour. Le Congrès des États-Unis, où j’avais été conseiller pendant l’Administration Kennedy, l’a invité à Washington pour témoigner devant la commission des affaires étrangères du Sénat présidée par William Fulbright, et puis devant la commission sur la technologie de la Chambre des représentants présidée par le jeune Al Gore. Ses prestations étaient époustouflantes. La thèse qu’il a accréditée était que le vrai défi américain n’était pas sa force de frappe militaire, mais sa force de frappe universitaire. Toute la classe politique américaine l’a reçu comme un nouveau Tocqueville. Convié à la télévision nationale, dans l’émission « Face à la nation », le célèbre intervieweur Lawrence Spivak a conclu l’intervention avec ces mots : « Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence. »

http://www.servan-schreiber.com/

Jean-Jacques Servan-Schreiber. Un homme hors du commun !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Le 13 février 1924 naissait JJSS. Un visionnaire que la France a loupé !!! Dans l’émission ‘Face à la nation’,  le célèbre intervieweur Lawrence Spivak a conclu l’intervention avec ces mots: « Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence. » 

Polytechnicien, Pilote de chasse  (US Navy en Alabama ), Journaliste, Patron de presse, Essayiste, homme politique.

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JJSS a écrit ce texte magnifique :

 » Il faut penser et agir avec toute la complexité de l’amour réel,

                          se garder de la rigueur de l’esprit.

Il faut croire à de multiples et changeantes vérités,

                        combattre au jour le jour,

et aimer en son coeur autre chose que soi-même.

                   Il faut créer.  » 

Jean-Jacques était un créateur, il aimait l’avenir et en particulier dans notre pays où chacun ne voit qu’un très grand espace devant lui, ne voit pas l’avenir, et quand il le voit, il en a peur, Jean-Jacques c’était le contraire…Il s’engagea avec un sens aigu de l’anticipation. Il est des premiers combats pour la décolonisation de l’Algérie, il est contre l’arme nucléaire, défend Airbus contre le Concorde, prône la suppression de l’héritage des moyens de production, développe des idées environnementalistes, accompagne les débuts de la révolution informatique, milite pour une Europe politique, la monnaie unique et pressent ce que l’on appellera plus tard la mondialisation…

JJSS était unique. Nous ne verrons pas de sitôt un autre homme comme lui. 

Fondateur de L’Express à 29 ans

Le titre est fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, comme supplément politique du journal  » Les Echos « , fondé par le père de JJSS,  Emile Servan-Schreiber. L’Express est le grand succès de la presse des années 1960. Jean-Jacques Servan-Schreiber par sa conviction et son intelligence a fait venir des grands noms comme  : Albert Camus, Alfred Sauvy, André Malraux, Fernando Arrabal, François Mauriac, François Mitterrand, Françoise Sagan, Jacques Attali, Jean Daniel, Jean-Paul Sartre, Pierre Salinger, Raymond Aron, Robert Badinter,  et tant d’autres…

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Cela me fait penser à la phrase de Françoise Giroud sur JJSS : « Quand on travaille à ses côtés, il vous éclaire sous votre meilleur jour, il vous donne envie de vous dépasser ».

La citation de JJSS   » Dire la vérité telle que nous la voyons  » devrait être affichée dans toutes les rédactions !!!

Depuis 1977, Jean-Jacques ne croyait plus à la presse écrite à cause des nouveaux réseaux d’information, comme d’habitude il avait vu juste.

J’ai eu la chance de travailler à L’Express comme collaborateur de JJSS   jusqu’au jour de la vente de L’express à Jimmy Goldsmith en 1977, ensuite j’ai continué avec lui vers d’autres aventures ( Défi Mondial, Centre Mondial Informatique ).

A 20 ans, rencontrer un homme comme JJSS, m’a permis de sortir des sentiers battus. C’était l’époque ou les patrons avaient conscience de leur rôle social et de leurs responsabilités  ( les actionnaires n’avaient pas le pouvoir d’aujourd’hui ) et le Coca Light pour Bobo’s n’existait pas !

Vous comprendrez mieux mon combat pour aider la jeunesse de demain, c’est comme Jean-Jacques, un Devoir… comme le 1er défilé de mode que j’ai conçu après 17 années de guerre à Beyrouth et aussi mon engagement pour préserver l’Atelier Picasso, la rénovation de la bibliothèque de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, et mon implication à l’occasion de la remise du Prix Alphonse Allais à Jean-Pierre Mocky, l’un des derniers cinéastes de notre temps, etc…

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Jean-Jacques, mon pygmalion éternel.

« C’est pas possible !  «   ? est la phrase qu’il n’aimait pas de la part de ses collaborateurs. C’est pour cela qu’on allait jusqu’au bout de nos missions et c’est aussi pourquoi je suis resté à ses côtés pendant vingt ans.

Le Défi américain

Jean-Jacques Servan-Schreiber est au milieu des années 1960, un riche patron de presse et un éditorialiste politique toujours à l’affût des nouvelles idées. Par ses brillantes analyses et synthèses, il attire à lui les cerveaux de sa génération. L’Express est le principal journal d’opposition au Général de Gaulle et compte dans ses rangs quelques barons de la presse des décennies à venir : Claude Imbert, Jean-François Kahn, Catherine Nay, Michèle Cotta, Yvan Levaï, André Bercoff, Jean-François Revel…

De plus en plus anti-gaulliste et persuadé que le vieux Général n’est plus l’homme d’une France moderne, JJSS ne veut plus se contenter de son rôle d’observateur politique. Il est pourtant influent dans les milieux de gauche. Mais JJSS est avant tout un agitateur d’idées. Il considère que ses éditoriaux ne suffisent pas à éveiller ses concitoyens sur les défis que la France va devoir relever à l’avenir.  L’un d’eux bouleverse JJSS : les Etats-Unis et l’Europe se livreraient une guerre économique silencieuse où l’Europe semble totalement dépassée, tant au niveau des méthodes modernes du management que de l’équipement technologique et de la capacité de recherche.  Mais Servan-Schreiber y trouve l’occasion de développer un argumentaire en faveur d’un fédéralisme européen, dans un livre choc Le Défi américain, paru en 1967, reste aujourd’hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre est traduit en quinze langues, se vend à des millions d’exemplaires partout dans le monde et est unanimement reconnu comme très brillant.

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Une carrière politique engagée avec plusieurs batailles.

Le Concorde.

Le Concorde fut, comme le prédisait Jean-Jacques Servan-Schreiber avant même son premier vol, un  » Vietnam industriel« , mais cette entreprise était d’abord gaullienne.  » Nom de Dieu, nous le ferons ! » avait tonné le Général, en 1964, tapant du poing sur son bureau. La belle aventure a définitivement tourné au désastre financier. Le général de Gaulle s’en fichait: « On a fait ric-rac avec Caravelle, on fera peut-être ric-rac avec Concorde », rigolait-il. Pas le président François Mitterrand, qui veut même stopper l’exploitation commerciale du Concorde. Il sera finalement sauvé de justesse avec l’appui du ministre communiste des Transports Charles Fiterman qui trouve de nouveaux débouchés auprès des tour-opérateurs – l’un d’eux a d’ailleurs affrété l’avion qui s’est écrasé le 25 juillet 2000 à Gonesse.  Le coût du programme s’est élevé à 45 milliards de francs pour une vingtaine d’exemplaires construits. JJSS, s’interroge sur l’intérêt d’une telle dépense, « pour permettre à quelques milliardaires de traverser plus vite l’Atlantique ».  Aucun Concorde n’a été vendu, JJSS l’avait prédit.

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Le Bataillon de la Paix.

Une équipe internationale, embarque sur un petit voilier, le Fri en direction de Moruroa et Tahiti. L’objectif d’alerter l’opinion mondiale mais aussi, de retarder la campagne d’essais nucléaires aériens.

Plusieurs députés emmenés par Jean-Jacques Servan-Schreiber, Louis Besson, Charles Josselin, Anne-Marie Fritch – se joignent au « Bataillon de la Paix ». Accompagnés de représentants des Eglises, les pasteurs Gilbert Nicolas et Richard-Mollard, le Père Avril. Ils apportent le message des « Français contre la bombe », lancé à l’initiative du Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté. Plusieurs milliers de Polynésiens formeront un impressionnant cortège dans la capitale tahitienne. Entre temps, le 22 juin, la Cour Internationale de Justice aura statué provisoirement demandant à la France de s’abstenir de sa campagne d’essais aériens.  Peu après, des militants non-violents français ont rejoint le Fri pour une action de « vigile » autour de Moruroa. Ce sont Jean-Marie Muller, fondateur du Mouvement pour une alternative non violente, Brice Lalonde, alors jeune écologiste, l’abbé Jean Toulat, écrivain et le général Jacques de Bollardière, mis d’office à la retraite pour avoir protesté contre l’usage de la torture en Algérie. Le tir Centaure du 17 juillet 1974 contaminera gravement Tahiti. 

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Enlèvement du chanteur Mikis Theodorakis aux colonels qui régnaient en Grèce.

En 1970, Jean-Jacques a été en Grèce avec Mélina Mercouri et Costa-Gravas pour plaider en faveur des condamnés du réseau « Défense démocratique », Papadopoulos lui permet de ramener Theodorakis en France. Le dictateur retient cependant sa femme et ses enfants en Grèce : Ils seront ses otages pour empêcher Theodorakis de parler.

Le Pouvoir Régional.

Avec dix ans d’avance sur les grandes lois décentralisatrices, Jean-Jacques Servan-Schreiber rêvait déjà de consacrer  » le pouvoir régional « .

Son idée ? Ne plus considérer la région comme un simple échelon administratif, réduit à l’application des politiques publiques, mais la doter d’un véritable pouvoir d’action. Un poids politique réel, équivalent à celui de l’Etat centralisé.

Aujourd’hui encore, à l’heure où l’on parle de regrouper les régions, cette conception demeure d’actualité.

Il faut la mener à son terme et doter les régions d’un véritable pouvoir réglementaire, outil indispensable pour mener de vraies politiques globales. C’est le seul moyen de créer vraiment des entités capables de peser au niveau européen et même mondial.

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Ministère des Réformes.

Après le décès du Président de la République, Georges Pompidou, le 2 avril 1974, Valéry Giscard d’Estaing accédait à la tête de l’Etat après 16 ans de régime gaulliste. Au gouvernement, le député Réformateur Jean-Jacques Servan-Schreiber est nommé Ministre des Réformes le 27 mai 1974.

Le 9 juin 1974, en apprenant la reprise des essais nucléaires à Moruroa, JJSS fait cette déclaration à France Inter : « Au nom de la France, des bombes vont exploser de nouveau dans le ciel du Pacifique et contaminer les habitants de la Polynésie française. C’est une chose contre laquelle je me suis élevé l’année dernière de toutes mes forces, lorsque j’étais à Tahiti avec le Bataillon de la Paix… » Jacques Chirac, Premier ministre, fit pression sur le Président de la République pour faire exclure Jean-Jacques Servan-Schreiber du gouvernement, ce qui fut fait le jour même de la déclaration publique du ministre.

Carrière politique : Député de Nancy. Président du Conseil Régional de Lorraine. Président du Parti Radical – Socialiste. Président du Mouvement Réformateur. Père fondateur de l’UDF.

Le Défi Mondial

Au milieu de la crise mondiale,JJSS saisit l’imagination et éclaire l’avenir. Il nous emporte de Paris à Bombay, de Tokyo à Riyad, de Hambourg à Alger, sur les sentiers de l’espoir. Dans le village de Taïf, en Arabie, dix avions privés atterrissent au crépuscule. Les hommes qui en sortent détiennent la richesse du monde. Ils posent leurs conditions.
Parmi des millions d’êtres humains affamés, illettrés, accumulant la misère du monde, des chefs d’Etat impatients interpellent l’Occident.

Dans les pays développés, la société industrielle, qui a perdu la maîtrise du pétrole et des investissements, se retrouve le dos au mur.

Du choc entre ces trois univers peut surgir un désastre, ou bien jaillir une flamme. Celle d’une épopée à l’échelle planétaire. Des instruments existent _ mais qui le sait? La révolution de l’intelligence est à notre portée, mais qui la veut? Un groupe d’hommes Européens, Arabes, Japonais conscients de ces périls, informés de ces réalités et de ces moyens, ont exploré ensemble, la voie de la Renaissance. Oui, elle existe. Tel est l’enjeu du Défi Mondial.

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Le Centre Mondial Informatique

JJSS joue alors de son influence auprès de Gaston Defferre afin de convaincre Mitterrand de créer un institut d’informatisation de la France. Ce sera le Centre mondial informatique et ressource humaine (CMIRH). JJSS est, comme il l’était avec Mendès France et Giscard d’Estaing, un conseiller de l’ombre du président, un éveilleur et même dit-on un « visiteur du soir »

Voir billet : https://soufflezsurlesbraises.com/2014/01/24/le-macintosh-a-30-ans-aujourdhui/  

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Oui JJSS était trop en avance, surtout dans le contexte des années 70. Bref, il a eu son utilité.
Les historiens s’y pencheront un jour, ce n’était pas totalement anachronique de parler d’Europe fédérale, de monnaie unique, d’informatisation, de globalisation de la consommation en 1969. JJSS a été là pour le montrer. Et d’une certaine façon, il est avec Mendès-France l’exemple que des hommes politiques peuvent être droits, intégres et visionnaires. Qu’on ne s’y trompe pas, l’image qu’on a voulu donner de lui : imprévoyant, bondissant et léger est fausse. JJSS est l’un de nos héros nationaux les plus lucides et les plus graves. Son idéal était le développement de son pays et, partant, le bonheur des Français.

JJSS laissera l’image d’un homme « visionnaire », louant son « courage qui avait du sens ». 

Message pour ses fils :  » Soyez fiers de votre père, c’était un grand homme de la France « 

Aznavour, Mocky, Holgado, JJSS…

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Après avoir organisé les anniversaires de Charles Aznavour et Jean-Pierre Mocky arrive bientôt le 10 ème anniversaire de la disparition de mon ami Ticky Holgado. Cela m’a donné l’idée d’organiser des anniversaires pour des grandes personnalités afin de ne pas oublier leur passage sur cette Terre …

Anniversaire Charles Aznavour à Cannes. 18 mai 2005.  ( 81 ans )

Voici un billet avec une interview exclusive. Un vrai message…..

3 et deux, ça fait 5

Anniversaire de Jean-Pierre Mocky ( 80 ans ) à la remise du Prix Alphonse Allais le 2 décembre 2013 à Paris.

S’il en est un qui méritait d’être honoré ce jour-là, c’est bien Jean-Pierre Mocky: il est à la fois metteur en scène, interprète, scénariste, monteur, producteur et distributeur.

Voir billet https://soufflezsurlesbraises.com/2013/12/06/jean-pierre-mocky-prix-alphonse-allais-2013/

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Anniversaire de la disparition de Ticky Holgago. 22 janvier 2004.  10 ans déjà !

Voir billet  https://soufflezsurlesbraises.com/2013/01/22/ticky-on-sennuie-2/

DCF 1.0

 

« Créer, c’est se souvenir.  » Victor Hugo

Je cherche une idée pour organiser l’anniversaires de JJSS. 13 février 1924 (90 ans ) 

et de Charles Aznavour 22 mai 1924. (90 ans )

« Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne »

Bonjour M’ssieurs-Dames,

« Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne », disait Jean-Pierre Chevènement.

Delphine Batho contre les restrictions budgétaires

Delphine Batho

Quelques heures seulement après ses critiques sur RTL ,où elle dénonçait les restrictions budgétaires auxquelles son ministère allait devoir faire face, le Président François Hollande a limogé sa ministre de l’Ecologie.

Avant elle, d’autres ministres ont été priés de se diriger vers la sortie. En cause : des prises de position souvent peu appréciées par l’exécutif.

Léon Schwartzenberg et le sida

Léon Schwartzenberg, ministre délégué chargé de la Santé, à l'issue du premier Conseil des ministres du gouvernement Rocard, le 29 juin 1988.

Il détient le record de brièveté du gouvernement Rocard. Léon Schwartzenberg n’est resté ministre de la Santé que neuf jours, courant 1988.

Neuf petits jours au cours desquels le cancérologue a déclenché une polémique, se prononçant pour « le dépistage systématique du sida et l’utilisation de la méthadone dans le traitement de la toxicomanie ».  Trop radical pour l’exécutif de l’époque.

Jean-Jacques Servan-Schreiber contre les essais nucléaires

Jean-Jacques Servan-Schreiber en octobre 1971.

Jean-Jacques Servan-Schreiber a aussi été un ministre éphémère, (du 28 mai au 9 juin 1974 ) dans le gouvernement de Jacques Chirac. L’homme est contraint à la démission, quelques jours après sa nomination, pour avoir pris position publiquement contre les essais nucléaires français dans le Pacifique.

« Je ne pouvais rien dire d’autre », s’explique l’ex-ministre, cité par L’Express. « Ma position était parfaitement connue des journalistes et de l’opinion, je n’allais pas la changer! » Le président de l’époque, Valery Giscard d’Estaing, lui aurait alors répliqué :  » Mais si, Jean-Jacques. Il fallait simplement vous taire ou dire que vous étiez désormais lié par la solidarité gouvernementale. » Et le président de conclure :  » De tous les départs que j’ai connus, c’est l’un des plus dignes et des moins amers. »

Alain Bombard contre la chasse à cour

Alain Bombard, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Environnement, arrive au conseil des ministres, le 27 mai 1981

Le biologiste était un « scientifique engagé ». Trop engagé pour rester au gouvernement. Alain Bombard a fait un passage éclair d’un mois dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy, en 1981. Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Environnement fut débarquer après s’être prononcé pour l’abolition de la chasse à courre.

« Malencontreuse initiative ». « François Mitterrand, dont le frère Philippe était maître d’un équipage au lièvre, s’opposa à cette interdiction symbolique ».

Alain Madelin contre certains avantages acquis sur les retraites

Alain Madelin en mai 1995.

Pas touche aux régimes spéciaux. Alain Madelin n’est pas resté bien longtemps à Bercy en 1995, la faute à ses positions trop libérales sur la réforme des retraites. explique Libération

Le ministre de l’Économie et des Finances doit faire son « départ forcé  » du gouvernement, après avoir suggéré de remettre en cause « certains avantages acquis« . La suggestion avait provoqué « un tollé dans les milieux syndicaux et à gauche « .

Question : vaut-il mieux l’ouvrir ou être appréciés par l’exécutif ?

Les caisses sont vides…

Bonjour M’ssieurs-Dames,

J’ai relevé dans Ouest-France.fr, cet article passionnant, qu’en pensez-vous ?

En 1966, mon patronJean-Jacques Servan-Schreiber utilisait l’Amérique pour réveiller l’Europe. Son célèbre essai Le défi américain aurait pu tout aussi bien s’intituler Le défi européen.

En 2012, voici Le défi asiatique. Derrière la Chine et l’Inde, ce continent joue, pour le monde occidental, le rôle que l’Amérique joua, hier, pour l’Europe. Il constitue un appel à l’effort et au renouveau. Ces dernières années, le monde occidental a vécu très au-dessus de ses moyens matériels, et très en dessous de ses moyens intellectuels, spirituels sinon éthiques. La crise qu’il traverse aujourd’hui lui donne l’occasion inespérée de se ressaisir, ne serait-ce que pour stopper la contagion, inévitable dans l’univers de la mondialisation, qui affecte les pays émergents.

L’Europe, en particulier, est devenue « l’homme malade de la planète ». Mais comme tout le monde occidental, elle possède ces anticorps institutionnels que sont la démocratie et l’état de droit. Elle peut donc se révéler plus résistante à la crise que ne le sont les pays émergents, plus vulnérables encore à la baisse de leurs taux de croissance que ne le sont des pays démocratiques face à l’absence même de croissance.

L’industrie du luxe, experte en matière de mondialisation et de gestions des risques, a bien compris cette évolution. Pendant plus de vingt ans, elle a fait le choix de l’Asie et des pays émergents en général. Aujourd’hui, pour ne pas « mettre tous ses oeufs dans le même panier », elle réinvestit dans le monde occidental et plus particulièrement en Europe. En pleine crise grecque, Louis Vuitton a ouvert une boutique à Mykonos.

Alors que la presse ne parle que de la chute de l’euro et de la fin du monde occidental, la réalité est infiniment plus complexe. Hier, l’Europe constituait pour les pays émergents un miroir reflétant leur réussite. Ils pouvaient y comparer leurs taux de croissance aux nôtres et se conforter dans leur sentiment de supériorité : la croissance était à « l’est », les dettes à « l’ouest ». Aujourd’hui, à l’inverse, ils s’inquiètent d’une crise européenne qui agit comme un révélateur et un accélérateur de leurs faiblesses structurelles : corruption, inégalités sociales…

Accepter le changement du monde, en comprendre les ressorts, s’ajuster à cette évolution : les défis auxquels le monde occidental est confronté sont redoutables. Mais avec un juste mélange de modestie, par rapport à l’autre, et d’ambition, par rapport à soi, ils peuvent être surmontés.

Les cartes de l’Amérique et de l’Europe sont loin d’être identiques. Elles représentent une réalité de plus en plus éclatée. Cette réalité inclut désormais sans doute, en termes d’émotions et de valeurs, un pays comme le Japon, de ce point de vue plus « occidental » qu’asiatique. Mais les cartes du monde occidental, et de l’Europe en particulier, sont bien réelles avec cette combinaison unique d’unité et de diversité, source de créativité.

« Les caisses sont vides, il est temps de se mettre à penser », disait, en 1922, le prix Nobel de chimie Sir Ernst Rutherford. Le temps de la pensée et celui de l’action commencent maintenant. C’est une question de volonté et d’intelligence politique. Il s’agit de concilier effort, justice et compétitivité. L’exercice est difficile, mais pas impossible. Il suppose de privilégier la pédagogie sur la démagogie.

 

 

Première rencontre avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, mon pygmalion!

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Je dédie ce billet à mon Maître, celui qui m’a façonné et qui m’a permis d’avoir un bon parcours.

 

La première fois que j’ai rencontré JJSS, c’était en  1970,  pendant sa première  campagne électorale comme  Député de Nancy.  Je travaillais au journal L’Express , on me demande de lui apporter des documents en urgence à Nancy, à l’époque il n’y avait pas l’autoroute, il fallait 6 heures de route. J’arrive très fatigué dans un restaurant « classieux », Place Stanislas, je le vois au milieu d’une grande tablé entouré de son staff.

Il me demanda si j’avais mangé et m’installe à côté de lui sans que j’ai eu le temps de dire bonsoir,  il commence par me demander d’où je viens, mon âge, si je suis marié, etc… C’est un vrai questionnaire:  j’ai envie de lui dire: « attendez,  Monsieur, j’ai faim on verra après « . Je pense qu’il a dû lire dans ma pensée. Les plats qu’il m’a commandé arrivent de suite. Je suis le dernier client. C’est déjà un signe…

JJSS me réserve une chambre au Grand hôtel sur la Place Stanislas avec un grand lit ou on pourrait dormir à quatre voir cinq. Après une nuit récupératrice, il me donne rdv à 8 heures pour le petit-déjeuner avant que je reparte à Paris avec les documents signés. Au moment de le quitter, il me tend sa main chaleureuse et ferme et me demande de me tenir en alerte au cas où il ait besoin de moi.

A partir de ce jour, il m’a fasciné. J’ai senti son intelligence dès le départ. J’aurais du me méfier, car aujourd’hui 40 ans après, il est toujours présent dans mon esprit, avec lui rien n’était impossible. Il l’a prouvé dans tous ses combats envers et contre tous. Ce qui lui a valu de la jalousie. Quand il avait une idée en tête, souvent pour la bonne cause de son pays, par tous les moyens, il la réalisai. C’était un vrai combattant et un visionnaire.

Il m’a transmis son énergie, son savoir, son respect, sa détermination et sa capacité à s’adapter à l’instant présent et laisser les incompétents sur le bord de la route.

En 20 ans, il m’a donné deux conseils :  » André, arrêtez de protéger les nuls, ils vous feront perdre du temps et prendrons votre énergie  » – « venez avec moi aux USA, la France n’est plus un pays pour vous !  » Les américains sauront vous comprendre et exposer votre intelligence créatrice  »

Pendant 20 ans, à ses côtés, j’ai rencontré des personnalités de tous bords: des politiques, des intellectuels, des dirigeants de grandes sociétés, des chercheurs, etc… Quelle chance d’avoir partagé des actions avec tous ses hommes et femmes du monde entier.

Sans cette rencontre qui m’a sauvé des griffes de la justice et de mes mauvaises fréquentations, qui serais-je aujourd’hui ? Merci Jean-Jacques.

NB : je vais revenir plusieurs fois sur notre collaboration et notre complicité.

http://www.servan-schreiber.com/