Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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Les autodidactes, (H)espèce en voie de disparition.

Celui qui s’applique à mémoriser la culture et qui parle comme un livre en citant les grands auteurs, ce n’est plus un autodidacte : c’est un fils de bonne famille …

On parle souvent avec admiration de ces savants ou entrepreneurs de renom arrivés au sommet de leur art de manière autodidacte, sans diplôme significatif. Qu’ils s’appellent Thomas Edison, inventeur aux mille et un brevets, Charles Darwin et sa théorie de l’évolution, Jean-Jacques Rousseau le Solitaire, César et ses compressions, Marcel Bleustein-Blanchet le roi de la pub, Pierre Bérégovoy – tourneur – fraiseur devenu Premier Ministre, Gilbert Trigano créateur du Club Mediterranée, Steve Jobs, le leader d’Apple, sans oublier Coluche et ses restos, tous ont su se former par eux-même à l’écart des institutions éducatives. Et leur réussite témoigne de l’efficacité que peut avoir ce mode d’apprentissage, qui est pourtant moins facile à mettre en oeuvre et moins coté que la voie royale de l’éducation supérieure.

L’autodidacte est passionné

Comme l’autodidacte n’est pas forcé d’apprendre, que la décision lui appartient, il développe généralement une réelle passion pour son sujet d’étude, et c’est un critère essentiel pour son succès. L’intérêt prononcé qu’il éprouve fait que sa motivation vient plutôt de l’intérieur que d’une quelconque bonne note ou de la reconnaissance d’un tiers. Ceci lui permet d’être plus endurant et plus résistant aux critiques. Armé de ses modèles de réussite et de ses rêves, sa détermination est supérieure à celle des élèves encadrés. L’autodidacte sait ce qu’il veut et agit en conséquence.

L’autodidacte explore

Libéré des pressions institutionnelles, l’autodidacte a le champ libre pour mener ses recherches là où bon lui semble. Il n’est pas obligé de suivre le chemin conventionnel de l’étudiant encadré qui doit se concentrer sur l’obtention du diplôme.

Il en ressort une curiosité insatiable qui le pousse sans cesse à l’acquisition de compétences multiples souvent mêlées. Cela lui donne plus de chances d’aborder son sujet sous plusieurs perspectives, et donc plus de chances de voir des choses qui auraient échappé aux experts. Son profil singulier nourrira une créativité abondante lui permettant d’innover et de développer son propre style.

Conclusion

Comme on le voit, le principal atout de l’autodidacte est la liberté que lui procure ce mode d’apprentissage. Il peut ainsi apprendre ce qui lui tient à coeur, aller pratiquer sur le terrain et organiser son parcours comme il l’entend. Mais c’est aussi un mode d’apprentissage exigeant : l’autodidacte doit être capable de s’automotiver et de se discipliner pour avancer. Il doit lui-même trouver ses supports d’étude et faire la part entre le futile et l’essentiel, notamment en pratiquant le plus souvent possible.

S’il arrive à trouver son rythme tout en restant exigeant avec lui-même, l’autodidacte aura alors initié une habitude propre à lui assurer une autoformation permanente. Il aura alors mis toutes les chances de son côté pour faire partie des grands de ce monde.

PS: L’autodidacte est une  Espèce en voie de disparition…il y en a certainement en bas de chez vous…

il est souvent libre et va à l’école de l’intelligence tous les jours.. c’est dans ses gènes ( élément du chromosome conditionnant la transmission et la manifestation d’un caractère héréditaire )

A + ( c’est mon groupe sanguin )

dédé de Montreuil . Autodidacte et fier de l’être.

 

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Jean-Paul Sartre au Flore

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Je vais vous raconter, comment j’ai envoyé péter Jean-Paul Sartre pour ensuite le respecter !

Après la mort de mon père, j’étais en colère contre la société entière, j’avais 14 ans et elle m’a privé de l’homme que j’aime, qui m’a appris le courage et l’intelligence. C’est à ce moment-là que je décide avec mon pote Bachir (un kabyle), qui se fait prénommer Aldo, d’aller faire la manche à Saint-Germain des Prés.

Préparez-vous, je vais vous parler d’un homme très moche, Jean-Paul Sartre, assis avec deux femmes à la terrasse du Café de Flore. Alors, que je lui demande du fric, il me répond: «  au lieu de faire la manche, tu devrais être à l’école ? Ton père sait que tu fait ça ?« .

Il n’aurait jamais dû me parler de mon père, je suis certain qu’il a signé mon certificat de colère, ce jour-là.  Je lui ai répondu «  Va te faire enc…. connard ! Je fais ce que je veux et ou je veux, ce n’est pas toi qui va guider ma vie ! ».  Je n’ai même pas regardé sa réaction, j’étais déjà parti ailleurs.

Ma liberté s’arrête où commence celle d’autrui. – (Jean-Paul Sartre)

Je continuais ma cavale de vagabond heureux et libre. J’aimais bien cette ambiance de St Germain, il y avait une bonne odeur de vie, des personnages bizarres, des frimeurs avec leurs belles bagnoles, des filles superbes et pas farouches, elles nous conduisaient dans leurs vies sans histoires et sans saveurs en nous emmenant dans les endroits chics, comme le Drugstore, Castel, le Montana, le Club de Nesles ….bref, ça sentait le fric!

Mon QG était l’Apollinaire, disparu aujourd’hui, à côté de l’église St Germain, remplacé par la boutique Hugo Boss! Avec Bachir, c’était notre terrain de chasse, comme nous n’étions pas du même milieu que les petits minets, on avait la côte auprès des filles, elles cherchaient à savoir comment on vivaient sans aller à l’école, où on couchaient, que faisaient nos parents, etc… Souvent ont leurs donnaient des conseils aux petits bourgeois, car ils avaient des problèmes d’existentialisme avec leurs parents et avec les filles.

J’avais appris par un de mes potes de la bande, que Sartre était un écrivain, un intellectuel, un philosophe… Je ne connaissais pas la différence et j’en avais rien à foutre.

Une femme de 50 ans environ, nous donnait des biffetons tous les jours à L’appolinaire et nous payait des diabolos-menthe, après plusieurs semaines, elle nous parlait toujours du vieux con (excusez-moi) parce qu’il voulait renouer avec moi pour s’excuser. Il avait appris ma fugue par cette dame qui était son amie et son indic. Je me suis fait piéger !!!

Alors, je rencontre Sartre au Flore. Il me demande de m’asseoir. Je reste debout. Une conversation s’engage sur mon père, je lui répond plus gentiment, j’étais moins énervé contre lui. Il alla m’acheter des livres à La Hune (librairie de St Germain des Près) en me soulignant un ou deux paragraphes au crayon Bic. Sartre me demandait ce que j’en pensais, lors de nos rencontres devenues journalières, aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne m’a jamais donné 10 balles! Je pense qu’il était radin !.

C’est grâce à lui, que Jean-Jacques Rousseau est devenu mon auteur classique préféré, avec «  Les rêveries du promeneur solitaire« .

J’ai compris progressivement que c’était bien de lire. Cela me faisait réfléchir, quand j’avais rien à foutre et, pour draguer les filles, j’avais plus de vocabulaire et des sujets à raconter. Je ne remercierai jamais assez cet homme qui m’a fait aimer les livres et la littérature. J’ai compris que je lui rendais la monnaie de sa pièce (si je puis dire) avec ma jeunesse, ma fougue et ma colère.

En conclusion, on ne se doit rien. Nos chemins devaient se croiser.

La différence avec aujourd’hui ? A qui pourrait parler un môme des banlieues au Flore ?

PS : Ah ! Oui, j’oubliais … respect pour Monsieur Sartre d’avoir apporter sa science sur un bidon devant les usines Renault à Boulogne-Billancourt. La pseudo-révolution de 68 lui doit beaucoup.