Le blog de Dédé de Montreuil

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Les migrants…

Bonjour M’ssieurs, Dames, ciao Signore Signora

Devant l’exode de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant les guerres, je ne pouvais rester absent, aveugle et muet ! Etant un fils d’immigrés italiens ayant fuit l’Italie, je comprends très bien le désarroi et l’espoir de ses humains voulant vivre dans un autre pays en laissant  leur famille, leurs amis, leurs souvenirs, leurs coutumes et leurs pays d’origines.

Mes parents originaires de la région de Parma ( Bedonia ) sont arrivés en France en 1919, pour fuir la misère. La France devint alors le premier pays d’accueil, devant les Etats Unis. Pour la France il s’agisait d’un enjeu économique, social, politique et culturel.

- Deux siècles d’immigration en France

En 1881, on dénombre 230 000 italiens, en 1901 environ 400 000. Dans l’entre-deux-guerres, c’est la première population étrangère par le nombre, avec plus de 800 000 personnes en 1931. Les vagues de migrations répondaient aux besoins français de main-d’œuvre dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie. Leur installation ne va pas sans difficultés, et quelquefois les travailleurs italiens sont victimes de manifestations xénophobes.

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Dans l’entre-deux-guerres, la deuxième vague de l’émigration italienne se caractérise par une proportion plus importante de réfugiés politiques, qui organisent depuis la France une opposition au régime mussolinien.

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La main-d’œuvre italienne permet de fluidifier le fonctionnement du marché du travail en France. Les travailleurs italiens acceptent des emplois parmi les plus pénibles et les plus dangereux. Ces étrangers répondent aux exigences de flexibilité des entreprises industrielles, liées à la nécessité de capter des gains productivité croissants pour rester compétitifs dans un environnement d’ouverture croissante de l’économie nationale.

L’on vient en France pour trois raisons. La première est évidemment économique. La France a toujours représenté un pôle de prospérité pour des populations pauvres. Il ne faut pas l’oublier. Car si beaucoup d’Italiens arrivés en France étaient antifascistes, ils étaient avant tout misérables. Deuxième motivation spécifique à la France : le symbole de liberté que représente ce pays. Voir le nombre d’artistes, d’intellectuels, de militants, d’Amérique Latine ayant fui les dictatures du Brésil, d’Argentine, du Chili, ou tous ces Grecs qui ont fui la dictature des Colonels et en 1939 les 400 000 espagnoles qui ont quitté l’Espagne franquiste dans une vague d’émigration qu’on a appelée exil ou exode républicain. Les destinations ont été variées, mais c’est la France qui a été la plus choisie : Souvenez-vous Monsieur le Premier Ministre, Manuel Valls !

La troisième raison est importante, même si elle est circonscrite au niveau des artistes : La France est apparue comme un pays qui accordait beaucoup d’importance aux questions culturelles.

La France de la Renaissance, puis celle du Grand Siècle, ont été italiennes : ingénieurs, artistes, financiers, maîtres d’armes, chirurgiens réputés venaient alors de la Péninsule. Ils ont fait bénéficier la monarchie de leurs talents et de leurs compétences. Une immigration réussie…

- Sans rappeler les immigrés italiens qui ont fait la France : Gambetta, Yves Montand, Lino Ventura, Max Gallo, Catherine de Médicis, Emile Zola, Pierre Cardin, Serge Reggiani, Raphaël, Machiavel, Mazarin, Eco Umberto Giuseppe Garibaldi, Guillaume Apollinaire, Cavanna, Platini, Coluche … sans oublier deux italiens qui ont fait l’Europe, Alcide de Gasperi, s’est battu toute sa vie pour l’idée européenne et Altiero Spinelli à l’origine du traité d’Union européenne de 1984. 

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Trois millions et demi de descendants d’italiens vivent en France actuellement et font partie de la grande famille des Français.

Voici ce qu’écrivit mon ami Alberto Toscano ( journaliste italien) dans le Nouvel Obs :

« Je suis sincèrement dégoûté par ces années d’indifférence européenne vis-à-vis de la catastrophe humanitaire qui se consomme dans les eaux d’un Mare nostrum, désormais débordant des cadavres des autres et de notre hypocrisie.Les pays de la première ligne en Méditerranée – Grèce, Espagne et surtout Italie – ont été laissés seuls face à une tragédie qu’ils ne peuvent manifestement pas gérer tous seuls.

Les gouvernements nationaux et les grosses têtes de Bruxelles n’ont pas compris que, dans les eaux de la Méditerranée, risque de se noyer notre crédibilité de démocrates et de défenseurs des droits de l’homme ? Avait-on besoin d’une dernière (dernière ?) tragédie, bien plus épouvantable que les autres, pour faire avancer un peu de bon sens dans le brouillard de l’hypocrisie européenne » ?

C’est la présence constante de souvenirs d’enfance et de mes parents qui m’ont fait réagir, ce n’est pas un acte de charité envers ses migrants, mais un acte de civisme et de devoir que nous devons apporter aux 24 000 syriens fuyant la dictature et la guerre.

Je suis fier que mes parents ont choisis la France, cette force qu’étant fils d’immigrés m’a apporté et m’a permis de m’instruire et de bien vivre en liberté en France. Etant né en France, j’ai obtenu la nationalité française à 21 ans, je l’ai voulu et ne le regrette pas !

Honte aux intellectuels de ne pas bouger sur cette situation intolérable et inhumaine.

« Il n’a pas honte, lui, franchement, il ferait mieux de rester caché », s’est exclamé le philosophe Michel Onfray sur BFMTV jeudi 3 septembre, citant le cinéaste Michel Audiard : « Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît ».

L’auteur de Cosmos (2015) a réagi aux propos tenus par son confrère Bernard-Henri Lévy sur la photo du petit syrien retrouvé mort sur une plage de Bodrum (Turquie), qui a fait le tour du monde. Interrogé par téléphone, BHL avait déclaré : « Il y a eu des photos dans les trente, quarante dernières années qui ont eu la vertu paradoxale comme ça, d’un seul coup, de réveiller les opinions (…), de casser la mécanique froide des chiffres, de donner un visage à ce qui n’était jusque-là que des statistiques (…). C’est difficile de dire ça parce qu’un enfant qui meurt, il meurt d’abord pour rien, (…) mais elle peut avoir cette petite vertu ».

Michel Onfray a rappelé l’engagement de Bernard-Henri Lévy en Libye au moment des révolutions arabes en 2011 : « A un moment donné, il faut un peu de pudeur »,a-t-il lancé, évoquant « tous ces gens qui ont rendu possible cet enfant mort – et Bernard-Henri Lévy en fait partie ». Le philosophe a appelé à l’arrêt de la « politique criminelle » migratoire mise en place par les dirigeants internationaux.

Déclaration de Bernard-Henri Lévy sur France-Inter :  : « Il faut sauver les gens en mer, le reste c’est de la discutaillerie ». Cher Monsieur BHL, Honte à toi !!! Signé André Cardinali.