Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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URGENT. J’ai besoin de vous.

 

 

« Il reste 5 jours pour sauver les Ateliers de Picasso »

André Cardinali, dit Dédé de Montreuil, est un créateur d’événements culturels. Il aide les jeunes talents à percer dans ce milieu. Fils d’immigrés italiens, il a grandi dans le Paris des années 60. C’est au contact de Jean-Jacques Servan-Schreiber, le fondateur de l’Express, dont il a été le secrétaire particulier pendant vingt ans, qu’il a puisé cette culture de l’engagement. Aujourd’hui il s’engage en tant qu’animateur du Comité de soutien pour sauver le Grenier des Grands-Augustins.

André Cardinali, à Paris, 9 avril 2014 © Alain Elorza

Vous vous battez pour la protection du Grenier des Grands-Augustins, là où Picasso a peint Guernica.

Quelle mouche a piqué Dédé de Montreuil pour qu’« il » s’engage ainsi ? 

C’est mon ami Alain Casabona qui, à la tête du Comité National pour l’Education Artistique (CNEA), m’a sensibilisé à cette cause. Nous avons mené ensemble des actions humanitaires comme la campagne « Tâtez-vous », pour le dépistage du cancer du sein, ou celle encore pour soutenir le chef Raoni et protéger la forêt amazonienne.

Selon nos informations, la Chambre des huissiers de justice de Paris, propriétaires de l’immeuble, s’apprêterait à louer l’ensemble du bâtiment à un investisseur qui voudrait y ouvrir une résidence hôtelière de luxe. Cela vous révolte. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’aime bien ce genre de combats dont on dit qu’ils sont désespérés ce qui, à mon avis, n’est pas le cas ici, quoiqu’en pensent ceux qui ont réussi à expulser le CNEA qui, rappelons-le, a réhabilité les lieux en 2002 pour y accomplir une œuvre considérable, notamment en organisant des concerts, des lectures, des expositions et surtout des ateliers pédagogiques, activités toutes gratuites.

J’ai eu la chance de travailler aux côtés d’un homme, Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui m’a beaucoup inspiré et m’a appris comment on menait des combats à leur terme. Le combat pour sauver les Grands-Augustins est une cause magnifique. C’est un combat que je mène pour tous les enfants, et en particulier les miens : je les ai d’ailleurs emmenés à plusieurs reprises avec toute leur école à l’Atelier Picasso et ils y ont reçu des bonnes ondes.

Comment peut-on fermer un lieu aussi chargé d’histoire ? Balzac y situe l’action de son Chef d’œuvre inconnu, Jean-Louis Barrault y installa son atelier entre 1934 et 1936. C’est ici aussi que Prévert a créé le groupe Octobre. Picasso y a peint Guernica et la Colombe de la paix. Fermer ces ateliers reviendrait à rayer d’un trait une partie de notre patrimoine, du patrimoine européen aussi : ce serait une gifle pour l’Espagne mais aussi, même si cela peut sembler paradoxal, pour l’Allemagne. Pour moi, ce serait un acte de vandalisme caractérisé.

Parlez-nous de la chronologie des événements : comment ce lieu a t-il pu être cédé sans prendre en compte cette dimension historique ?

Tout d’abord, il faut préciser que ce lieu n’a pas encore été cédé pour la simple raison qu’il s’agit d’un bien inaliénable, qui ne peut être proposé qu’à la location, et encore… Ce n’est pas la Chambre des huissiers de justice de Paris qui en est le propriétaire, mais la centaine d’huissiers et des ayant-droits qui ont acheté l’immeuble en 1926. D’ailleurs, le CNEA a interjeté appel de l’ordonnance d’expulsion du 3 juillet 2013 en mettant en avant cet argument important émanant du juge des référés qui estime que la contestation émise par le CNEA est sérieuse et dépasse son pouvoir.

Ce qui est sûr, c’est que l’un des héritiers du peintre a proposé à la Chambre de louer l’ensemble de l’immeuble et de prendre à sa charge la totalité des travaux pour y installer une Fondation. Cette solution idéale a été refusée par le président de la Chambre qui a peut-être reçu une offre plus alléchante. Il serait intéressant d’ailleurs de savoir ce qu’en pensent ses confrères…

Toujours est-il qu’il y a le feu au lac. En effet, la commission régionale du patrimoine et des sites doit se réunir le 13 mai pour décider de l’avenir des Ateliers Picasso.

Vous évoquez les Ateliers Picasso et non le Grenier. Pourquoi ?

Cette question est essentielle. Il faut savoir que Picasso occupait non seulement le Grenier, c’est-à-dire le dernier étage, composé de sa chambre, de sa salle de bains et de l’atelier de peinture, mais aussi l’étage inférieur qui comprenait notamment l’atelier de sculpture. C’est là que fut peint en réalité Guernica. La hauteur sous plafonds du Grenier ne permettait pas à l’artiste d’y réaliser son chef d’œuvre. Imagine-t-on un instant que cet espace soit transformé en suite avec jacuzzi ? Nous avons soulevé cet aspect du problème dans nos courriers adressés au Premier ministre et à la Maire de Paris. En effet, le classement doit porter sur l’ensemble des ateliers, c’est-à-dire les deux derniers étages de l’immeuble du 7, rue des Grands-Augustins.

Comment se fait-il qu’une procédure d’urgence de classement n’ait pas encore été décidée ?

Effectivement, cette mesure aurait pu être prise dès l’été dernier. Saisi par le président de l’Académie des Beaux-Arts, Monsieur Lucien Clergue, François Hollande avait répondu à ce dernier le 14 avril 2013 – il y a donc plus d’un an – en exprimant sa volonté de voir ce dossier « confié à Madame Filippetti, traité prioritairement. »

Malgré les interventions du président de la République, du président de l’Académie des Beaux-Arts, de l’ancien Maire de Paris, du Conseil de Paris, du Maire du VIèmearrondissement, et les protestations indignées de très nombreuses personnalités, relayées par une importante campagne de presse, cette mesure, la seule de nature à protéger les Ateliers, n’a pas été engagée. Ceci est d’autant plus étonnant qu’il y a quelques années, Monsieur Jack Lang, alors ministre de la culture, avait réussi à classer en très peu de temps le Fouquet’s et éviter ainsi sa transformation en galerie marchande.

Comment expliquez-vous cet abandon des politiques ?

Plus que d’abandon, je parlerais d’incurie. Quand on sait que l’Hôtel Salé (Musée Picasso) qui devait ouvrir ses portes à l’automne dernier voit une fois encore son ouverture reculée à l’automne prochain, on peut se demander si certains de nos dirigeants aiment Picasso. D’où la Lettre ouverte à Monsieur Valls et à Madame Hidalgo sur lesquels nous comptons beaucoup. Et je le pense sincèrement. En effet, tous les deux ont insisté à plusieurs reprises sur l’importance qu’ils attachaient à la protection du patrimoine et au développement de l’éducation artistique. Le sort des Grands-Augustins est entre leurs mains. Alors, que l’on ne vienne pas nous annoncer le 14 mai que les Ateliers ne sont pas classés, faute d’information : désormais, toute la classe politique est au courant.

Le 6 mai, Opinion Internationale organise une conférence de presse avec le soutien du CNEA. Qu’en attendez-vous ?

Cette conférence de presse, à laquelle nous avons convié aussi tous nos soutiens, est l’ultime chance de mobiliser l’opinion et les politiques. Souvenons-nous de ce que disait Picasso à Brassaï, quelques temps après avoir été expulsé lui aussi par les huissiers : « après l’incendie du Bateau Lavoir, la destruction des Ateliers des Grands-Augustins effacerait toute trace de mon passage à Paris. »

Imaginez un peu : Carlos Saura doit sortir un film, 33 dias, avec Antonio Banderas dans le rôle de Picasso et Gwyneth Paltrow dans celui de Dora Maar en 2015 sur le moment de sa vie où le peintre peignit Guernica. La France serait la risée du monde. Personnellement, je préfère imaginer un autre scénario : voir les responsables politiques français, allemands et espagnols inaugurer ensemble les Ateliers restaurés. Cela aurait quand même une autre gueule, non ?

Si le 13 mai, les Ateliers ne sont pas classés, ils risquent de disparaître à jamais. Nous espérons donc que les médias relaieront fortement notre Appel : il reste «13 dias » pour sauver les Grands-Augustins.

C’est notre devoir et c’est notre fierté de mener ce combat. C’est pourquoi nous comptons sur vous, parce que la culture, parce que l’avenir des jeunes générations, c’est l’affaire de tous !

Pour reprendre ma maxime préférée, le Général Patton disait : “ Rien n’est impossible à condition d’utiliser l’audace ”. J’y ajouterai la passion !

Propos recueillis par Elie Levaï

En ma qualité d’animateur du Comité de soutien, je compte sur vous pour signer cet appel et m’aider à faire passer le message autour de vous.

Nous serons tous fiers d’avoir participé à ce combat culturel, sinon à quoi sert-on ?

Je n’ai pas envie que les enfants et les jeunes nous disent  » Pourquoi, vous avez laissé faire ça  » .

André Cardinali dit dédé de Montreuil
P. 06 20 51 71 63
guernica
Lien : http://www.opinion-internationale.com/

 

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Il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica‏

Signez la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls : il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica

Chers amis,

Je sais combien cette cause vous tient à cœur et vous connaissez ma fierté d’avoir contribué à lui donner le plus large écho, en ma qualité d’animateur du comité de soutien. 

Nous comptons sur votre signature et pour faire passer le message autour de vous. Rien n’est perdu: nous pouvons encore sauver ce patrimoine.

Le CNEA a décidé de saisir la nouvelle municipalité, le premier ministre, et bien évidemment le président de la République.
 
C’était un 8 avril, Picasso nous quittait, rendons lui aujourd’hui un hommage mérité.
 
 Amitié fidèle
 
André Cardinali dit dédé de Montreuil
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Guernica – Pablo Picasso – 1937

Opinion Internationale lance une campagne pour demander au Premier ministre et à la maire de Paris de faire classer en urgence le Grenier des Grands-Augustins. Lisez l’édito de Michel Taube et signez l’Appel à Anne Hidalgo et Manuel Valls.

Je signe la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls :

Monsieur le Premier ministre,

Madame la Maire,

Tous deux venez d’être élus et nommés à vos éminentes fonctions. Tous deux êtes nés en Espagne et avez choisi de vivre en France et à Paris. C’est également à Paris que Picasso peignit le plus important tableau du XXème siècle, Guernica, dans l’appartement, constitué des deux derniers étages, où il vécut de 1937 à 1955, 7, rue des Grands Augustins. A votre manière, vous êtes, Madame, Monsieur, des héritiers singuliers deGuernica et vos destins marchent sur les pas de Picasso.

Vous le savez, le Grenier des Grands Augustins est fermé au public depuis novembre dernier. En 2013, la Chambre des huissiers de justice de Paris, propriétaires de l’immeuble, en a expulsé le Comité national pour l’Education artistique qui, après avoir entièrement réhabilité en 2002 cet espace laissé en déshérence depuis l’expulsion du peintre, y a organisé des centaines d’expositions, concerts, lectures, et surtout accueilli des milliers d’élèves d’écoles, de collèges et de lycées dans le cadre d’ateliers pédagogiques. Toutes activités gratuites.

Selon nos informations, l’immeuble de la rue des Grands Augustins est menacé d’être transformé…en résidence hôtelière de luxe. Ce serait d’autant plus incompréhensible que l’un des héritiers du peintre était disposé à financer intégralement une Fondation qui aurait maintenu la vocation artistique de ce lieu mythique tout en satisfaisant les exigences financières des propriétaires.

Madame la Maire, Monsieur le Premier ministre, nous vous demandons solennellement d’user de votre pouvoir et de votre autorité pour instruire une procédure de classement en urgence du Grenier comme lieu de mémoire. Malgré les interventions du Président de la République, du président de l’Académie des Beaux-Arts, du précédent maire de Paris, du Conseil de Paris, du maire du VIème arrondissement et de très nombreuses personnalités, cette procédure n’a toujours pas été, à notre connaissance, activée. Pourtant, ce type de protection avait été engagé avec succès il y a quelques années pour préserver un célèbre restaurant des Champs-Elysées ! Nous savons que la commission régionale du patrimoine et des sites se réunira le 13 mai prochain pour décider d’une éventuelle extension de la protection de l’immeuble des Grands-Augustins. Il s’agit là de l’ultime chance de conserver ce lieu unique de l’histoire des arts.

Quel magnifique symbole ce serait si vous annonciez, au moment de la réouverture de l’Hôtel Salé, la préservation définitive du Grenier des Grands-Augustins, et son accessibilité au public

Nous vous remercions de la bienveillante attention que vous pourrez porter à cette cause et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, Madame la maire, l’expression de nos sentiments respectueux.