Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Archives de Tag: Gavarnie

Gavarnie et son Cirque.

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Victor Hugo parlera beaucoup mieux de ce que j’ai vu à Gavarnie, en ce mois d’Août 2020 avec mon fils.

Cirque de Gavarnie - Cirque de Gavarnie - The Green Guide Michelin

Au début de l’été 1843, Victor Hugo et sa compagne Juliette Drouet voyagent dans les Pyrénées et découvrent le Cirque de Gavarnie. Le poète est alors sous l’emprise de ces paysages alliant à la fois grandeur et démesure. La petitesse de l’Homme face à la force de la nature est un thème qui inspire Victor Hugo avec son poème “Dieu » :

« Vous avez visité les Alpes, les Andes, les Cordillères, vous avez depuis quelques semaines les Pyrénées sous les yeux ; quoi que vous ayez pu voir, ce que vous apercevrez maintenant ne ressemble à rien de ce que vous ayez rencontré ailleurs »

Jusqu’ici vous avez vu des montagnes ; vous avez contemplé des excroissances de toutes formes, de toutes hauteurs ; vous avez exploré des croupes vertes, des pentes de gneiss, de marbre ou de schiste, des précipices, des sommets arrondis ou dentelés, des glaciers, des forêts de sapins mêlées à des nuages, des aiguilles de granit, des aiguilles de glace ; mais, je le répète, vous n’avez vu nulle part ce que vous voyez en ce moment à l’horizon. Au milieu des courbes capricieuses des montagnes, hérissées d’angles obtus et d’angles aigus, apparaissent brusquement des lignes droites, simples, calmes, horizontales et verticales, parallèles ou se coupant à angles droits, et combinées de telle sorte que de leur ensemble résulte la figure éclatante, réelle, pénétrée d’azur et de soleil d’un objet impossible et extraordinaire. Est-ce une montagne ?

La grande cascade du Cirque de Gavarnie | Cirque de gavarnie ...

Mais quelle montagne a jamais présentée ces surfaces rectilignes, ces plans réguliers, ces parallélismes rigoureux, ces symétries étranges, cet aspect géométrique ? Est-ce une muraille ? Voici les tours en effet qui la contre-butent et l’appuient, voici les créneaux, voilà les corniches, les architraves, les assises et les pierres que le regard distingue et pourrait presque compter, voilà deux brèches taillées à vif et qui éveillent dans l’esprit des idées de sièges, de larges bandes de neige posées sur ces assises, sur ces créneaux, sur ces architraves et sur ces tours ; nous sommes au cœur de l’été et du midi ; ce sont donc des neiges éternelles or, quelle muraille, quelle architecture humaine s’est jamais élevée jusqu’au niveau des neiges éternelles ? Babel, l’effort du genre humain tout entier, s’est affaissée sur elle-même avant de l’avoir atteint. Qu’est-ce donc que cet objet inexplicable qui ne peut pas être une montagne et qui a la hauteur des montagnes, qui ne peut pas être une muraille et a la forme des murailles ? C’est une montagne et une muraille tout à la fois ; c’est l’édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes ; c’est le Colosseum de la nature ; c’est Gavarnie.

Victor Hugo ( 1843 )

En passant devant ce rocher, la citation de Victor Hugo pourrait y être inscrite, pour faire découvrir aux nombreux visiteurs que le Cirque de Gavarnie est une source d’inspiration et pas seulement une ballade ! Je vais soumettre cette idée, à Madame Huguette Savoie, nouvellement élue, Maire de Gavarnie.

Et aussi, l’idée d’un jumelage avec Saint-Germain-des-Prés , où Victor Hugo passa toute sa jeunesse.

La renommée du Cirque de Gavarnie s’est construite dès le XVIème siècle, avec de nombreuses explorations de botanistes, scientifiques, peintres, romantiques et bien sûr de montagnards en quête de découvertes et d’ascensions prestigieuses.  La cascade est la plus haute d’Europe.

Gavarnie, berceau du Pyrénéisme ! La notion de Pyrénéisme voit le jour en 1898, dans le livre de Béraldi, Cent ans aux Pyrénées. Pour lui, c’est un mouvement qui se traduit à travers trois verbes : ascensionner, sentir et écrire.

Autrement dit, il s’agit de gravir les sommets, d’en percevoir toute leur beauté et de la retranscrire dans des livres. Le pyrénéiste type aurait donc des compétences multiples, à la fois scientifique, artiste, sportif et explorateur désireux de partager ses découvertes.
C’est pour ces multiples compétences que des personnages comme Russell, Nansouty, Shrader ou Ramond de Carbonnières sont restés dans les mémoires… Depuis des siècles, les Vallées de Gavarnie n’en finissent pas de séduire les artistes. Cet élan romantique porté par la sensibilité d’écrivains subjugués est né au XIXe siècle, qui est l’âge d’or du thermalisme. Poètes, romanciers mais aussi peintres viennent d’abord se ressourcer puis louent la beauté de ces montagnes, marquant la naissance du Pyrénéisme.

En visitant le cimetière de Gavarnie qui est le Panthéon des pyrénéistes, nous nous sommes arrêtés devant une tombe qui symbolise parfaitement les grands montagnards comme Jean Arlaud, Georges Ledormeur, l’abbé Ludovic Gaurier, mais aussi les célèbres guides de haute-montagne Célestin Passet et Germain Castagné – arrière grand-père de mon ami Christophe Castagné, chez qui nous étions hébergé dans son gîte, face au cirque de Gavarnie. Christophe est un champion de Parapente qui a traversé plusieurs fois les Pyrénées jusqu’au pays basque. C’est un passionné qui raconte des belles histoires de sa région et des airs qui l’ont fait monter et descendre dans des lieux magiques.

Gavarnie est une halte sur les Chemins de Saint Jacques de Compostelle et à 3h30 du refuge de la Brèche de Roland. Culminant à 2565 m d’altitude, et à la légendaire brèche que Roland de Ronceveaux aurait ouverte grâce à sa célèbre épée Durandal.

Nous ne pouvions pas venir dans cette belle région sans aller visiter Lourdes avec la Grotte et la basilique Notre-Dame du Rosaire. Lourdes est la deuxième ville la plus visitée en France après Paris.

Avec mon fils et Franck Serrano, nous sommes tombés en admiration devant 15 fresques réalisées par le maître mosaïste Giandomenico Facchina, entre 1894 et 1907, chacune ornementée de mosaïques représentant les mystères du Rosaire dont celle de l’Annonciation.

 Au retour d’un chemin, je suis tombé et me suis fracturé la cheville, Quel cirque, je reviendrais te revoir, t’inquiète pas ! Gavarnie