Le blog de Dédé de Montreuil

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Le Prix de Flore, un grand cru 2017

Bonjour M’Ssieurs, Dames,

Hier soir au Café de Flore, le Tout-Paris littéraire et artistique était là, pour la remise du Prix de Flore.

Une des plus belles soirées parisiennes dans un bon esprit et une bonne ambiance.

Pour la première fois de son histoire, le jury a décidé cette année de récompenser deux candidats: Pierre Ducrozet pour «L’Invention des corps» (Actes Sud) et Johann Zarca pour «Paname Underground» (Goutte d’Or). Une façon d’affirmer doublement que cette année, on distingue des hommes.

Trois autres romans étaient sélectionnés par le Jury, présidé par Frédéric Beigbeder et composé de  Jacques Braunstein, Manuel Carcassonne, Carole Chrétiennot, Michèle Fitoussi, Jean-René van der Plaetsen, François Reynaert, Jean-Pierre Saccani, Bertrand de Saint-Vincent, Christophe Tison, Philippe Vandel, Arnaud Viviant.

David Dufresne. New Moon.  ( Seuil )

Eva Ionesco . Innocence. ( Grasset )

Marion Vernoux. Mobile Home.  ( L’Olivier )

Au programme :

  1. Sustentations
  2. Bulles
  3. Péroraisons
  4. Activités corporelles
  5. Autres activités corporelles
  6. Lit
  7. Activités corporelles annexes

C’était chaud ! Demandez à Fredo ?

L’histoire du Prix de Flore

Le Prix de Flore fut fondé un jour de mai 1994, autour d’une des tables du Flore, dans le but de couronner un auteur au talent « prometteur ». Les critères de sélection étant l’originalité, la modernité, la jeunesse.

Le jury se distingue par son indépendance, sa liberté, son insolence. Mr Miroslav Siljegovic, président d’honneur, remet au lauréat un chèque de 6100 euros, ainsi qu’un verre de Pouilly gravé à son nom, à consommer sans modération durant une année au Flore.

A l’année prochaine …


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Auriez-vous deux ou trois euros s’il vous plaît ?

Bonsoir M’ssieurs-Dames,

Je suis triste ce soir en venant d’apprendre la mort de mon pote Jean-Marc Restoux. Il va me manquer … et aussi à plusieurs d’entres-nous.

Le Restoux du coeur

Jean-Marc était une figure de Saint-Germain des Prés, debout ou assis devant La Hune ou le kiosque ! Fier comme un bar-tabac avec ses clébards.

« Auriez-vous deux ou trois euros s’il vous plaît, bonne journée« , voilà ce que Jean-Marc Restoux, SDF de 55 ans demandait si vous le croisez Boulevard St-Germain. Cela faisait plus de 25 ans qu’il vivait dans les rues de Paris avec une gouaille et un sens de la philosophie incroyable.

Il a lancé en janvier 2008 sa campagne pour les élections municipales dans le 6ème arrondissement de Paris sous le parti  « Un Autre Son de Cloche «  et a été soutenu par différentes personnalités comme la chanteuse Lââm, Frédéric Beigbeder, Mathieu Kassovitz, l’éducateur Jacques Deroo qui l’y avait encouragé.

Le son de cloche de Saint-Germain ne sonne plus

Frédéric Beigbeder à fond pour Jean-Marc

http://www.dailymotion.com/video/x4lb46_beigbeder-valide-notre-affiche-offi_news

http://www.dailymotion.com/video/x48dyq_beigbeder-jean-marc-restoux-candida_news

Soutien du chanteur Eduardo Pisani

http://www.dailymotion.com/video/x48s4x_le-chanteur-edouardo-soutien-offici_people

Reconnu dans son quartier avant ses différentes actions politiques et sociales, Jean-Marc Restoux s’est défini comme un anthropologue de la vie SDF et a été l’objet de reportages déterminants dans sa vie publique comme celui de Sébastien Vixac.

Militant et bénéficiaire des mesures de relogements engendrées par l’action des Enfants de Don Quichotte, il obtient un logement rue de Buci  (dans l’ancien immeuble des étudiants de Sciences -Po ) et une accompagnement social qui marquent pour lui sa tentative de sortir de la rue, mais qui le coupent paradoxalement de ses engagements politiques après les élections municipales.

Je vais organiser une fête pour lui, il le mérite. Pourquoi pas au Flore ? Demain, samedi on lui rendra honneur devant La Hune, venez nombreux.

Tu va aussi manquer à mes mômes qui t’aimaient bien.

Salut l’artiste et sonne leurs les cloches là-haut !

Il  est parti juste avant les cloches de Pâques…

Christel Brigaudeau . Publié le 09.04.2012 . Lundi de Pâques

Paris : Jean-Marc Restoux, SDF star de Saint-Germain-des-Près laisse sa chaise vide

C’était une figure atypique du quartier des intellectuels et des people. Jean-Marc Restoux, le SDF candidat aux dernières municipales, est mort mercredi à l’âge de 58 ans.

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Boulevard Saint-Germain (VIe), avant-hier. En mémoire du sans-domicile fixe Jean-Marc Restoux (ci-dessus) qui faisait la manche sur cette chaise à l’ombre du kiosque à journaux depuis dix-sept ans, des anonymes ont déposé des fleurs et un message.<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

Ma fille avec Jean-Marc. Il adorait mes mômes.

Boulevard Saint-Germain (VIe), avant-hier. En mémoire du sans-domicile fixe Jean-Marc Restoux qui faisait la manche sur une chaise à l’ombre du kiosque à journaux depuis dix-sept ans, des anonymes ont déposé des fleurs et un message.

Dix-sept ans qu’il faisait la manche sur le même carré de bitume, entre le Café de Flore et les Deux Magots, à l’ombre d’un kiosque à journaux. Toujours la même rengaine : « Auriez-vous 2 ou 3 € s’il vous plaît? » Les habitués de Saint-Germain-des-Prés (VIe) ne l’entendront plus. Depuis presque une semaine, la chaise de Jean-Marc Restoux est vide.

Ce clochard, figure du boulevard chic et touristique, était malade ces derniers temps. Il est mort mercredi à l’âge de 58 ans.

La nouvelle s’est vite répandue autour de sa « place ». Le marchand de journaux a recueilli — temporairement — les deux chiens qui l’accompagnaient. Là où il plaçait sa coupelle, quelqu’un a déposé dans un vase un bouquet de roses blanches. Une main anonyme, sur le dossier de sa chaise en fer, a aussi collé ce message : « Jean-Marc est parti pour son dernier voyage. Ce n’est pas qu’il n’a pas eu le temps de vous dire au revoir mais le devoir l’appelait. Adieu à tous ceux qui l’aiment. »

Son amie Pearl m’a adressé de Chine ce message de tendresse.

Dear Dede,
 
Good morning.
 
As I cannot translate what I wrote for Jean-Marc into French, so i am sending you the very photo(I and Jean-Marc taken on Jan.22, 2012)  for memorizing Jean-Marc…just in case you might need the photo in the party.
 All the very best,
Pearl Zhang

Tous les riverains ne l’aimaient pas, mais tous connaissent son nom : Jean-Marc Restoux avait prêté sa barbe et sa gouaille à la cause des mal-logés. Allant jusqu’à se présenter, en 2008, aux élections municipales dans le VIe arrondissement. Son slogan de l’époque — « Un autre son de cloche » — tinte encore aux oreilles de certains riverains. Ils avaient été 577 à lui donner leur voix. Soit près de 4% des suffrages, et une heure de gloire dans les médias.

« Mais, attention, ce n’était pas un gentil! Il avait fait le ménage dans le quartier pour qu’aucun autre SDF ne vienne empiéter sur ses plates-bandes. Il s’imposait, prévient un commerçant. Je l’ai toujours vu là, il demandait de l’argent sans relever la tête de son journal. »

L’homme aimait noircir les mots fléchés, feuilleter des magazines spécialisés dans l’immobilier de luxe, boire du bordeaux sur sa chaise et un café au Québec, le petit bar qui fait face aux grandes brasseries.

« Il disait que, tous les matins, je lui faisais la morale, mais il revenait quand même, lâche le patron. Il s’en foutait de ce que je lui disais. Moi aussi. Mais quoi? On s’était habitués. »

Jean-Marc, sous sa barbe blanche, en disait peu sur son histoire. « Je préférais le titiller sur la politique, il tapait sur tout le monde! rigole Dédé de Montreuil, riverain et mémoire de Saint-Germain-des-Prés. Les gens l’aimaient bien. Ils lui donnaient des vêtements. » Certains hasardent que la manche, dans le quartier, « rapportait pas mal ». En 2006, Jean-Marc Restoux avait aussi planté une tente sur le canal Saint-Martin, avec les Enfants des Don Quichotte, puis l’association Emmaüs lui avait trouvé une place dans un hôtel social, rue de Buci (VIe). « Il était bien là-bas, mais il ne voulait pas abandonner son mode de vie : il continuait de faire la manche, note Dédé de Montreuil. Quelque part, il était libre. »

Des people pour lui rendre hommage ?

«Il faudrait trouver sa famille, organiser un pot, quelque chose… » Dédé de Montreuil ne désespère pas d’y parvenir. Ce riverain de Saint-Germain, « créateur culturel » de profession, a décidé de rendre hommage à Jean-Marc Restoux, devenu son « pote » à force de le croiser au coin de la rue. 

A cette fête un peu spéciale en préparation, il pourrait y avoir du monde, et du beau. Autour de la « place » de Jean-Marc Restoux, dans le chic VIe germanopratin, vivent une flopée d’artistes et de people.

« Il connaissait tout le monde, assure Dédé de Montreuil. Certains lui avaient donné un coup de main pendant sa campagne des élections municipales! » L’acteur Louis Garrel figurait sur sa liste. Richard Borhinger, Frédéric Beigbeder, selon la rumeur du quartier, comptaient aussi parmi ses alliés. Il avait même été invité sur le plateau de Marc-Olivier Fogiel, et pour des dialogues télévisés avec Mathieu Kassovitz.

Journal du 9 avril à 12 h 46 et 20 h 06

Interview réalisée par Thomas Prouteau avec mon témoignage.

http://www.rtl.fr/actualites/article/jean-marc-restoux-le-sdf-qui-s-etait-presente-aux-municipales-a-paris-est-mort-7746482161

Je viens d’assister à ses obsèques au Père Lachaise, c’était une véritable réunion d’amis avec de l’émotion et de la sincérité.

Jean-Marc est mort comme il a vécu : en homme libre. Rebelle au caractère bien trempé, il n’aimait ni les contraintes ni les ordres.

Pour ses obsèques, il n’a pas eu besoin de l’aide familiale ni de la Ville de Paris. Des dons généreux ont suffi…

Jean-Marc, je te dédicace quelques mots, afin que tu reposes en paix.

Dans la terre où tu reposes, deux euros vaut mieux qu’une rose.