Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Archives de Tag: François Mitterrand

Ali, le dernier crieur de journaux de Paris

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Ali, le dernier crieur de journaux de Paris, celui qui nous dit, tous les jours, depuis plus de quarante ans, « Ça y est ! Ça y est ! Le Monde est arrivé !»,  a failli de ne plus jamais revenir sur le boulevard Saint-Germain.

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Les entrepôts du journal Le Monde ont en effet quitté Paris, s’éloignant vers Bobigny. C’était trop loin pour qu’Ali, qui est devenu quand même un monsieur âgé, puisse, dans des délais raisonnables, aller récupérer les quelques dizaines d’exemplaires qu’il vend dès l’heure du déjeuner. Sa pile de journaux avait déjà bien diminué : les « gratuits », dans le métro, la presse et les sites d’information en ligne…La concurrence était devenue rude, mais Ali persévérait, même pour quelques dizaines d’exemplaires.
Depuis ce déménagement, Ali disparaît petit à petit de Saint-Germain-des-Prés, dans la plus grande indifférence. C’est une profession qui s’éteint, et avec elle, un symbole.

Les étudiants de Sciences-Po se sont mobilisés en lançant une pétition qui a servi à trouver une solution pour Ali. Le Monde a répondu positivement. Et bravo aux étudiants qui sauvent les belles valeurs humaines.

 » Ça y est ! Ça y est ! Ali est sauvé « , il continuera à nous donner de bonnes et mauvaises nouvelles, avec son esprit facétieux.

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Mes enfants connaissent Ali depuis leur naissance, Ali fait parti de leur vie culturelle !

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Ali, mon frère pakistanais au Flore
«Ça yaï : on a retrouvé le père de Zohra », Ça yaï :« Fuite des cerveaux : Johnny Hallyday quitte la France », Ça yaï :« Encore une catastrophe : la femme de Hollande est revenue », « Ça yaï : Montebourg démissionne  » etc…
Ali Akbar annonce les mauvaises nouvelles, les bonnes… mais aussi celles qui jaillissent de son esprit facétieux.
Emblème de Saint-Germain-des-Prés, ce vendeur de journaux à la criée est une figure du quartier.
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La preuve : Ali a sa tête peinte à l’angle de la rue du Four et de la rue des Canettes. C’est le chroniqueur Emmanuel de Brantes qui a eu l’idée de cette opération. Pour « tisser des liens » entre les habitants d’un quartier, les riverains sont invités à désigner des « êtres aimés » de leur quotidien dont le visage est ensuite peint dans la rue. «  La fresque remporte tous les suffrages. Les voisines d’en face applaudissent. Dans la rue, les gens interpellent Ali. « Mais… c’est toi sur le mur! C’est super! » « Les passants m’ont même obligé à rectifier le portrait d’origine et à peindre Ali avec sa casquette », sourit le peintre. « Si un jour on m’avait dit que j’aurais ma tête peinte sur un mur… Je ne suis pourtant pas une star, hein! Mais ça fait plaisir », lâche Ali avec ses yeux rieurs.
A 55 ans, Ali continue de sillonner les rues. Si, partout où il passe, les serveurs lui tapent dans le dos et les passants lui décochent un regard complice, peu de Germanopratins connaissent son parcours, alors, qu’il est connu dans le monde, les grands médias américains, anglais, japonnais, chinois ont écrit la trajectoire d’Ali.
Né au Pakistan, où il a commencé à travailler dès l’âge de 5 ans, cet ancien mousse débarque à Paris en 1972. Alors qu’il dort sous le pont Saint-Michel, une rencontre avec le professeur Choron, créateur de « Charlie Hebdo », le conduit à vendre la presse. « Le premier jour, j’ai vendu un journal dont le titre était Dieu existe, mais j’enc… le pape. Les gens avaient l’air choqué mais moi, je ne parlais pas français… » Peu à peu, Ali se promène entre la place de Solferino, le Luxembourg, Saint-Michel et Saint-Germain-des-Prés. «
Au début, le contact avec les gens était difficile, se souvient-il. Je sentais que je n’avais pas la bonne couleur. Des patrons de restaurants me jetaient dehors ou des dames mettaient leur main sur leur portefeuille en me voyant. Et puis, j’ai commencé à discuter avec certaines personnes et je leur donnais rendez-vous pour boire un verre après ma tournée. »
Aujourd’hui, Ali Akbar adore raconter qu’il bavarde avec Jean-Louis Debré ou Pierre Moscovici, qu’il a pris un verre avec Sophie Marceau sans savoir qui elle était, s’est baladé à l’arrière du scooter d’Edouard Baer, que Carla Bruni-Sarkozy, qu’il croisait régulièrement chez Castel, s’est levée pour l’embrasser, Ali a été naturalisé français par le bon coeur de  François Mitterrand.
Des paparazzis lui ont proposé de le payer pour savoir où dînaient des personnalités. Mais il a toujours refusé. » Même s’il regrette que Saint-Germain soit devenu « un quartier de frime, avec des habits de luxe », Ali n’est pas prêt de le quitter. « J’ai acheté une maison au Pakistan, mais je me sens beaucoup plus proche de la mentalité française. Je ne me vois pas arrêter complètement ce que je fais. »
Quoi qu’il en soit, le jour où Ali Akbar abandonnera ses journaux, les nouvelles n’auront plus la même saveur à Saint-Germain.
Ali                                                                                   Voici son premier livre
et le deuxième
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Ça yaï  …Ali, tu peux continuer à nous donner de la paix humaine dans ce monde de bruts !!!.
Ton pote dédé de Montreuil
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Apostrophes !

Bonjour M’ssieurs-Dames,

L’apostrophe qui manque aujourd’hui ! C’est un nouveau Pivot !

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Durant quinze ans, Apostrophes s’est imposée comme l’émission littéraire de référence. Autour d’un débat thématique, Bernard Pivot reçoit ses invités et permet à des écrivains très divers de s’exprimer librement, toujours au risque du direct.

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Bernard Pivot : « Pour retenir l’orthographe d’un mot, il faut l’écrire »

Président de l’Académie Goncourt.

Rien que le générique de l’émission extrait de Rachamninoff fait déjà un effet pavlovien, on se détend, on se concentre et on s’apprête à revoir les plus grands s’installer pour discuter sur le plateau de Bernard Pivot. Et l’on a une pointe de nostalgie pour ces années 1980 bénies où les plus grands défilaient à Apostrohes pour évoquer calmement et dans l’écoute attentive des autres participants des sujets qui faisaient réfléchir au delà des « affaires » politiques et des fuites sur les amours présidentielles. Tout commence par un peu sexe, après tout, il faut un peché originel, mais avec deux sociologue, le hussard Cecil Saint Laurent (Caroline Chérie) et Romain Gary la conversation ne prend pas tout à fait le tour que souhaitait Pivot. A défaut d’ »atteindre l’orgasme » l’émission évoque des thèmes sociaux et philosophiques importants. Parmi les morceaux de bravoures de ces 12 nouveaux épisodes l’on retrouve : Polanski évoquant un peu contraint et forcé sa survie du ghetto de Varsovie, l’autorité de Jankélévitch sur le plateau, et un face à face Sagan/ Barthes sur l’amour absolument bluffant. le cadeau idéal de fin d’année pour ceux qui ont eu la chance de voir ces émissions à leur passage et aussi pour ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître l’époque où la télévision se donnait assez de respiration pour permettre d’évoquer de la pensée.

Déjà, Apostrophes, sentait la crétinisation générale : https://www.youtube.com/watch?v=KaAM7QvXG4s

Comment ne pas penser à Jean-Jacques Servan-Schreiber parlant de Camus et Mauriac: https://www.youtube.com/watch?v=KU25V3UmClU

Une pensée amicale pour Cabu : https://www.youtube.com/watch?v=zTUew4IFrGU

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Un coffret réunit les 12 meilleurs numéros de la célèbre émission littéraire animée par Bernard Pivot chaque vendredi soir à 21 h 30 sur Antenne 2 entre le 10 janvier 1975 et 22 juin 1990.

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Parmi les invités : Marcel Bigeard, Georges Brassens,Clara Malraux, Pierre Bourdieu, Bernard-Henri LévyAnthony Burgess, Umberto Eco, Max Gallo, Claude Lévi-Strauss, Nina Berberova

« Je suis né par Apostrophes, je suis un enfant d’Apostrophes […] Je crois qu’Apostrophes m’a un peu sauvé la vie. » Yann Moix, Prix Renaudot 2013

La Chine d’hier et d’aujourd’hui avec Han Suyin, Lucien Bodard,  Edgard Faure.

Pour le quarantième numéro de l’émission, Bernard Pivot reçoit trois invités, Edgar Faure qui est l’objet d’une biographie écrite par Daniel Colard et deux auteurs qui, à des titres divers ont longuement écrit sur la Chine : Lucien Bodard pour son livre « Le fils du consul », et Han Suyin pour son livre « Le premier jour du monde ».- Han Suyin parle, dans un premier temps, de sa vie, partagée entre la Suisse, les Etats-Unis, l’Inde et la Chine, de son métier de pédiatre qu’elle a exercé pendant 15 ans, de ses origines bourgeoise et de ses livres.- Edgar Faure présente l’ouvrage qui lui est consacré, qu’il considère comme une bonne biographie politique, et tout au long de l’émission donnera son avis sur la Chine, la révolution culturelle, Mao et le communisme.- Lucien Bodard, quant à lui, présente son dernier livre consacré à la Chine des années 20, lorsque que son père y était ambassadeur en compagnie de sa mère Anne-Marie. – Le débat entre Han Suyin et Lucien Bodard va largement dépasser les considérations littéraires, l’un et l’autre vont témoigner sur leur expérience individuelle de la révolution chinoise. Han Suyinallant jusqu’à dénoncer la fascination « schizophrène » de Bodard pour la Chine d’autrefois, alors qu’elle n’a de cesse de louer ce que fut « le grand bond en avant », sorte de nouveau modèle économique créé, selon elle, par de vrais économistes pour le relèvement d’un pays sous développé. Assez d’accord sur peu de choses, les deux écrivains le sont encore moins quand il s’agit d’évoquer la personnalité de Mao, les méthodes communistes, la dictature du prolétariat ou encore la personnalité de l’empereur Pu-Yi.

12 décembre 1975 : http://www.ina.fr/video/CPB75056865

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Ce deuxième volume vous permettra de retrouver, entre autres personnalités, Romain Gary, François Truffaut, Roland Barthes,Françoise Sagan, Roman Polanski, François Mitterrand, Jean-Edern Hallier, Éric Orsenna, Jean-Claude Carrière autour de thèmes forts tels que :

La sexualité racontée par les hommes

À quoi servent les philosophes ?

Quelles valeurs pour demain ?

La guerre

Les grands metteurs en scène

François Mitterrand

Le sable et la pierre

Pourquoi écrivez-vous ?

La vie des paysans…

 » Ses incroyables souvenirs d’Apostrophes «