Le blog de Dédé de Montreuil

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Fernand Legros: Le faussaire qui ne vivait pas dans la fauxeté…

Salut M’ssieurs-dames,

Je vais vous faire partager ma complicité avec Fernand Legros !!!

La première fois que l’on s’est rencontrés, Fernand me regarda, me fixa, me matta, me « dicava » dans une discothèque de St Germain des Prés, «le Don Camillo», à l’angle de la rue des Saints-Pères et de la rue de Verneuil, en face de chez Belmondo, Edmonde Charles-Roux et Gaston Deferre…et surtout à 20 mètres de son ennemi juré, Serge Gainsbourg.

Fernand me dit un jour :

« Serge est tellement laid, qu’aucun peintre ne pourra lui faire son portrait, tellement il est moche et il ne rentrera même pas dans un cadre ». Ça ne s’invente pas ces apostrophes-là.

Après sa drague à deux balles envers moi, ce soir-là, il était assis à sa table réservée bondée de bouteilles de scotch, de pétasses et de mecs chelou, fumant des cigares et des Gitanes. Je préviens mes potes qui n’étaient pas des tendres ; il fallait pas les chatouiller, surtout qu’on était protégés par Robert K…., un fils de polack – mercenaire qui habitait en face de chez moi quand j’étais petit. Il m’a pris dans ses bras comme il le raconte à tout le monde.

Après plusieurs whisky-Coca et plusieurs rock endiablés, je me dirige vers lui et lui demande d’arrêter de me matter, une de ses groupies se lève et me demande de fermer ma gueule, direct !!! Une bagarre s’enchaîna avec quelques poches-œil et des dents cassées. Fernand ne bougea pas d’un poil restant stoïque en proposant de nous arrêter et de boire un verre, plusieurs…

A partir de ce soir-là, une complicité et plus tard une Amitié s’installa et je ne le regrette pas. Quelle aventure ce Fernand et son parcours à décoiffer les notables et les premiers de la classe, « les clics-clacs ». Je découvrais tout les jours son talent et ses contours.

L’homme au chapeau avec des longs cigares, vous connaissez certainement sa silhouette. Une petite bio sur le lascar : Marchand d’Art qui fut condamné pour vente de faux tableaux. Il était considéré comme l’un des plus grands fraudeurs du marché de l’Art du XXème siècle.

Il était le gourou des jeunes voyous récupérés en prison, c’était son kiff.

Que ce soit dans sa maison de Montmorency dans le Val d’Oise ou dans son appart avenue Henri Martin dans le 16, c’était un véritable repère de paumés, de mecs solides, de filles souvent perdues. La came circulait à donf, personnellement ça me gonflait cette ambiance glauque, je préférais le rencontrer à l’improviste la nuit dans St Germain.

Un jour, il me demanda moyennant 1000 Francs de l’époque de l’emmener à Bruges avec sa Rolls. Je ne pouvais pas lui refuser ce voyage inoubliable avec deux michetonneuses qu’il avait grassement payées pour nous accompagner, avec du champagne à bord, du Cristal Roederer, SVP, le champagne des tsars pour copier Gainsbourg.

On pouvait rouler à 200 km/ heure, sans ceintures, la liberté inconsciente quoi !!!!

Après une halte à Bruxelles chez un pote à lui, nous reprîmes la route un peu fatigués vers un bled perdu dans le plat pays comme le disait si bien Brel. Il avait rdv avec un petit Monsieur par la taille, avec un chapeau et un grand cartable. Le type est en pleine hallu quand il entre dans la bagnole : les filles l’installent au milieu de la banquette, lui offrent du champagne, lui enlèvent son chapeau, son veston, ses pompes… Nous nous marrons comme des fous, quand tout à coup, le monsieur prend peur. C’est vrai que je zigzaguais un peu, pas de quoi faire peur, Hic ! Il nous demanda de descendre de la voiture, Fernand calma le jeu, le petit notaire belge se ressaisit jusqu’à l’endroit où il devait faire affaire avec Fernand. Je restais au volant et je vis les deux bonhommes parler devant une colline de terre : Fernand, avec ses santiags, faisait des trous dans cette terre, je comprenais rien. Les deux filles s’endormirent, elles commençaient à me gonfler avec leurs rires de pét….. Fernand tapa dans la main du monsieur qui était un notaire : il venait d’acheter cette petite colline pour récupérer la terre de couleur pourpre pour la texture des tableaux.

Tout ce voyage marrant et fatiguant pour ce lopin de terre, ça c’était Fernand le calculateur.

Une autre fois, je l’ai accompagné à Turin au marché aux voleurs pour acheter des cadres volés dans des châteaux avec toujours une idée derrière la tête bien remplie et une intelligence innée que j’ai rarement rencontré parmi nos contemporains.

J’arrête-là, sinon, ce billet sera trop long avec des secrets que je garde pour moi. J’espère que vous avez compris le mec !!!

L’Art content pour rien, c’est déjà quelque chose. Dédé

Procurez-vous le livre de Roger Peyrefitte, vous comprendrez mieux pourquoi il exsistait des personnages comme Fernand.

PS : Info : un faux tableaux a été retrouvé dans les locaux du syndicat FO.