Le blog de Dédé de Montreuil

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La Traversée de Paris avec Marlon Brando

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Un de mes Maîtres, Philippe Grumbach, alors Directeur de la rédaction de L’Express, m’invita à trimballer Marlon Brando dans Paris à l’occasion de la sortie du film « Le dernier Tango à Paris » avec Maria Schneider (morte le 3 février 2011). Sa mère, Marie-Christine Schneider, était Directrice de la librairie de L’Express au 25 rue de Berri, près des Champs-Elysées.

Nous sommes en 1972, sous la Présidence de Georges Pompidou, notre espace de liberté culturelle s’ouvre de plus en plus, OUF !!! Ce film de Bernardo Bertolucci, provoqua un scandale pour les rapports intimes entre un homme mûr et une très jeune femme et aussi pour certaines scènes érotiques comme la fameuse scène du beurre.

Philippe Grumbach et son épouse Lilou étaient des amis de Marlon, surtout le frère de Lilou, Christian Marquand, frère de Nadine Trintignant qui a réalisé en 1968, Candy, son deuxième et dernier film, c’est la pépite psychédélique de 68, avec un déluge de stars : Marlon Brando, Richard Burton, James Coburn, John Huston, Ringo Star (oui ! le Beatles), Monsieur Charles Aznavour, Elsa Martinelli, Sugar Ray Robinson, Joey Forman.

Tournée en deux semaines, cette coproduction franco-italo-américaine n’a pu être financée que sur le nom des stars. La légende veut que certains aient donné leur accord sans même lire le scénario… À se demander si le tournage n’a pas été effectué sous l’influence de substances illicites ou si celui-ci n’était que prétexte à siroter sans modération du Limoncello sur le bord de mer. Cette belle aventure rappelle combien la libération sexuelle s’est accompagnée de toute une mythologie de l’ éden terrestre. Pilule du bonheur d’hier, Candy est une hostie à ne pas mettre entre toutes les mains. Surtout pas de nostalgie ma poule !!!!

Me voilà donc assis au volant de ma DS Pallas avec Marlon Brando – et oui, vous ne rêvez-pas ! Au moment de traverser les Champs-Elysées, je brûle légèrement un feu rouge. Bien entendu, un agent de la circulation m’ordonne de m’arrêter juste devant le Grand Palais. Je sors et lui explique que j’accompagne Marlon Brando à un rendez-vous très important. Le flic me répond qu’il n’en n’avait rien à foutre et je commence à m’embrouiller avec lui. C’est alors que Marlon, sort de la voiture et voyant l’embrouille, commence à insulter le queuf. Mamma mia ! Quel bordel ! Le lardu appelle au secours ses collègues du Commissariat qui était à 100 mètres. Le Chef-Brigadier, voyant Marlon et l’attroupement que cela avait créé, calma le jeu et nous demanda de partir. Marlon n’était toujours pas calmé mais il se raisonna.

Et oui ! Le mec de l’Equipée Sauvage avait rugi …

Une fille : Hey Johnny, what are you rebelling against? (Hé Johnny, tu te rebelles contre quoi ?)
Johnny : What have you got? (Qu’est-ce que tu m’proposes ?)

Cette réplique aurait pu être écrite pour ce grand moment que j’ai vécu avec Marlon le gadjo de Los Angeles.

Au bout de 20 mètres, il sortit un flash de whisky qu’il m’invita à boire. On s’est mis à se fendre la gueule en pensant au pauvre flic qui était devenu une grande Star le temps d’un instant.

J’ai dansé un tour de passe-passe du « Dernier Tango à Paname » avec le beau Marlon. Merci encore Philippe de m’avoir permis de vivre ce moment-là.

J’ai raconté cette histoire à Lilou. J’en ai profité pour quelle me raconte l’Amitié qui liait toute la famille Marquand à Marlon.

Un de mes amis, François Forestier vient de publier Un si beau monstre aux éditions Albin Michel.

Il a tout eu. Vraiment tout : les femmes, l’argent, la gloire, la beauté – une beauté incroyable, divine, irréelle. Il a couché avec les plus belles filles, a été désiré par les hommes les plus célèbres. Il a été la star des stars, le plus grand acteur du monde, s’est acheté un Paradis en plein océan. Il aurait pu être heureux.
Sa vie a pourtant été une longue recherche du malheur. Il a provoqué des suicides, fait régner un climat de peur, craché sur son métier, tourné des films épouvantables, et, finalement, gâché son talent. Il est devenu obèse, secret, reclus – et a terminé sa vie avec sa femme de ménage.
Son fils a été un assassin, sa fille s’est pendue avec une laisse à chien.
Dans la vie de Marlon Brando, il n’y a que du noir.
Ce livre n’est pas une biographie, surtout pas. C’est le récit de la fabrication d’un monstre.
Mais un si beau monstre…

Je suis fier d’avoir croisé le rebelle des temps modernes, j’ai hâte de lire le livre de François Forestier. dédé

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