Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Archives de Tag: David Servan-Schreiber

La colère m’anime !

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Il y a longtemps que j’avais envie d’écrire sur la colère suite à une longue discussion avec David Servan-Schreiber, psychiatre bien connu et respecté.

Mon inspiration a retenti ce matin, grâce à une amie artiste plasticienne, Aurélie Lasvaux,  

Aurélie m’a fait découvrir chez elle à Rocamadour, ses dessins réalisés aux Beaux-Arts et ses tableaux-matières où elle intègre des matériaux comme le bois, la laine et confère à ses tableaux une nouvelle mesure, entre peinture et sculpture. Une médiation des arts plastiques. Une artiste en plusieurs dimensions comme ce tourbillon. Site d’Aurélie :  http://www.artmotnid.com/

Je lui signifie que deux de ses œuvres ont du être réalisés sous l’effet de la colère. Aurélie est stupéfaite de ma réaction en me confirmant sa colère quand elle les a réalisées… Les artistes créent souvent sous l’effet de la colère et tant mieux, sinon ils auraient été comme beaucoup, des moutons  !!! Ce n’est pas un hasard, si je porte une grande admiration à Jean-Jacques Rousseau, Giacometti, et Turner qui étaient en colère contre la société ! Leurs œuvres le prouvent.

Nu d’Aurélie aux Beaux-Arts en 2006

Je suis en colère depuis mon enfance, parce qu’il y a de multiples occasions tous les jours de l’être avec ce qui se passe autour de nous et dans ce monde de brutes…et de crétins. Dans leur QI, il doit leur manquer le I.  (dédé © 2012)

J’ai sans doute plus de chance d’être satisfait de cette colère qui m’anime sans pour cela être un rebelle ou un révolutionnaire, ce n’est pas le même chapitre, je le laisse aux autres… et pour les colériques : allez chez un psychiatre.

La colère déclenche en soi une mobilisation de l’organisme entier et l’esprit est plus concentré, la colère fournit l’énergie pour vaincre les obstacles qui se dressent devant nous. Une saine gestion de la colère va de pair avec l’attitude qui consiste à porter la responsabilité de sa vie. Il est donc faux d’affirmer que la colère est  » mauvaise conseillère « . La colère est une émotion légitime pour tout être humain et ça fait du bien !!!

La psychologie a bien montré, et expérimente chaque jour, les effets nocifs de la censure de la colère, qui enferme l’individu dans des zones de non-dits et parasite la relation aux autres.  La colère fait quand même partie des sept péchés capitaux avec la luxure qui m’entoure également :

Je fais ce que je veux, où je veux, quand je veux, avec qui je veux… Même Bill Gates et le Pape ne peuvent pas le faire !!! La liberté coûte cher, je l’ai eu à juste prix. (dédé. Copyright 2010 ©)

La colère, ma colère est mon ADN pour réfléchir, m’enthousiasmer, dialoguer, m’exprimer… Je suppose que sans cette colère, je n’aurais sûrement pas été le même et je n’aurais pas eu le même parcours. Je vous remercie colère de m’avoir transmis ce privilège…

Et vous, êtes-vous en colère ?

Comme souvent, au Café de Flore, j’ai pris un café avec mon ami Henry Gidel , le célèbre écrivain qui a reçu en 1995, le Prix Goncourt de la biographie et le Grand Prix international de la critique littéraire pour l’ensemble de son œuvre: biographies sur Feydeau, Guitry, Cocteau, Coco Chanel, Picasso, Sarah  Bernhard, Marie Curie et Jackie Kennedy, Pompidou.

Sur le coin de la table, il sortit un bout de papier, et m’écrivit ceci après avoir lu le billet sur la colère :

André a su admirablement montrer qu’à côté de la colère destructrice – péché capital – il existe une saine colère, une colère parfaitement maîtrisée grâce à laquelle les rapports sociaux, loin de se détériorer, pourront au contraire s’améliorer considérablement. Osons la qualifier de  » colère progressiste ».

Merci Henry d’avoir apaisé ma colère un instant. 

Une saine colère est une colère à laquelle on renonce une fois qu’elle a rempli son office. La colère fait partie de la Vie.

Voici ce qu’écrit Ron et Pat Potter-Efron, psychothérapeutes dans le Wisconsin¨. Ils se sont spécialisés dans la gestion de la colère.

 Leur dernier livre  » Que dit votre colère ?   » est paru aux éditions Eyrolles.  Si vous êtes en colère, courrez vite l’acheter !!!

téléchargement
Que vous soyez un colérique masqué, explosif ou chronique et en colère, les auteurs nous proposent un ensemble d’exercices à pratiquer la tête froide. Ils vous permettront de vous énerver plus sereinement, dans le respect d’autrui et de vous-même.

 

Madeleine et Elizabeth, deux femmes uniques…

Bonjour M’ssieurs-Dames,

David. Un livre écrit par mon amie, Madeleine Chapsal vient de paraître aux éditions Fayard, quel plaisir de ne pas oublier David Servan-Schreiber. David avait une excellente relation complice avec Madeleine, tous les deux en avaient besoin pour leurs destins et leurs réflexions.

Ce jour de l’été 2011, pour la première fois depuis mes quinze ans, j’ai cessé d’écrire. Plus rien ne me venait, ni courrier, ni journal, ni texte littéraire… Ecrire m’était devenu impossible, j’avais la gorge nouée. Que s’était-il passé qui puisse justifier cet étranglement ? Ce subit refus de continuer ce qui, jusque-là, faisait ma vie, l’écriture ? La réponse m’apparut comme évidente : le dimanche 24 juillet, à l’hôpital de Fécamp, David était mort. Mort, le mot lui allait si mal. Même quand j’ai su qu’il rechutait, six mois plus tôt, je n’y ai pas cru, David, mon « fils de cœur », allait à nouveau trouver des solutions à son mal. Aujourd’hui, si je m’y remets, serait-ce que David attend de moi que j’écrive sur lui, puisque tel est mon seul savoir-faire ? Je sens en tout cas, que je ne pourrai recommencer un texte qu’après avoir transcrit ce que ce « fils » disparu a été pour moi, ce que nous avons vécu en commun, ces rares moments qui n’ont été qu’à nous deux. Sans que cela ôte quoi que ce soit à aucun d’entre les siens, proches ou lointains. Voici donc ce que j’ai vécu d’unique avec David. Madeleine Chapsal.

Madeleine Chapsal connaissant ma curiosité et ma passion envers les autres, m’a conseillé de prendre contact avec la grande pianiste Elizabeth Sombart.

A l’occasion du concert, Salle Cortot à Paris en novembre 2010, Jacques Lonchampt a écrit dans Le Monde, ce texte qui résume bien la dignité et le talent de Elizabeth.

Au piano, Elizabeth Sombart est environnée de silence. Elle est toute donnée, toute ouverte à l’oeuvre qu’elle va jouer et ce silence gagne le public. Elle entre de plain pied dans la Polonaise-Fantaisie de Chopin ou le Carnaval de Schumann, à leur niveau de gravité et de mystère. Elle joue juste, ne s’écartant pas du sens de l’oeuvre dans ses moindres détails, dans son poids, dans ses exigences techniques, pour couronner cette puissante prise de contact avec l’oeuvre musicale, atteinte au coeur, dans sa plus grande dignité.

Elizabeth Sombart est Fondatrice et présidente de la Fondation Résonnance, dont la mission est « d’offrir la musique classique dans les lieux où elle n’est pas…» (hôpitaux, maisons de retraite, instituts pour les personnes handicapées, établissements pénitentiaires, entreprises…).

Voici une photo intergénérationnelle qui prouve son engagement permanent.

Elizabeth Sombart se consacre depuis 25 ans à la formation des pianistes lors de master-class dans les universités et les hautes écoles de musique en Suisse et à l’étranger (Paris, Lausanne, Rome, Barcelone, Louvain, Beyrouth et Kaslik). En 2009, elle est nommée chargée de cours à l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne) et en 2011, au Conservatoire russe Serge Rachmaninov de Paris. Depuis 2010, Elizabeth Sombart a ouvert le premier Centre International d’études à la Pédagogie Résonnance à Rome avec Jordi Mora, chef d’orchestre et Doyen à la Pédagogie Résonnance: Phénoménologie du son où sont organisées des master-class de piano, de chant et des stages d’instrumentistes d’orchestre avec le soutien de l’orchestre de la Fondation Résonnance, l’OSRé (Orchestre Solidaire Résonnance) dirigé par Diego Miguel-Urzanqui, co-responsable de Résonnance Espagne.

Elizabeth, sera à Paris, lundi 21 mai à 20 h 00 pour un Concert Chopin au Conservatoire russe Serge Rachmaninov.

26, Avenue de New York 75116 Paris. Tél 01 47 23 51 44

Mon David !

Je suis très triste… Tu me manques mon David, mon Ami…

David à Mégève

David, tu étais un homme d’une grande sagesse, intelligent, à l’écoute des autres. Je n’oublierai jamais les bons conseils que tu m’as apporté dans ma vie personnelle et professionnelle.

Comment ne pas me rappeler les cadeaux que tu m’as si gentiment offerts : ta première chemise de médecin, ta voiture (une coccinelle noire), ta petite moto bleue (un Dax Honda), un teddy de l’Université de Berkeley, tes dédicaces de tes livres best-seller et des photos de ton adolescence que je garde précieusement pour mes enfants.

Première chemise de médecin de David

En t’accompagnant à Roissy pour l’université de Laval au Québec, c’était le départ de ta nouvelle vie fructueuse. J’avais su te dire les mots justes, afin que tu n’aies pas de doutes, ni de remords à quitter ton pays que tu aimais tant. Je pense y avoir réussi, ton parcours me l’a prouvé.

Quel courage d’avoir combattu cette sale maladie, tu as pourtant tout fait pour nous apporter ton expérience et ton encouragement à rester debout, digne, avec un corps et un esprit sain.

On parle souvent de la saga Servan-Schreiber, soyez-en fiers, ce n’est pas donné à n’importe qui !!! Tes frères ont été un exemple de fraternité ; on pourrait inscrire sur le fronton de la Mairie de Veulettes leurs prénoms sous les mots Fraternité et Egalité et le tien sous Liberté.

J’ai une pensée avec tendresse pour ta maman qui t’a beaucoup aimée et écoutée, je peux en témoigner et aussi à ta grand-mère, Madame Emile qui souhaitait que tu sois un grand médecin, son vœu a été exaucé !!!

Sans oublier le mérite de Liliane qui t’a soutenu jusqu’au bout.

Comme ton père, tu étais un visionnaire, critiqué et jalousé pour vos combats, la réalité vous a donné raison, j’étais présent quand Jean-Jacques t’a offert le beau texte de Rudyard Kipling « Alors, tu seras un homme mon fils « il avait raison, tu as été un homme d’exception et de bonté. Il était très fier de toi ».

Aujourd’hui, vous êtes ensemble dans ce coin de Normandie que vous aimiez tant. Je viendrais m’y reposer de temps en temps et me baigner dans ses eaux froides, pour me donner de la force et du courage dans mon combat de tous les jours.

J’ai relevé quelques lignes de Rudyard Kipling, qui te représente si bien :

Si tu peux rester calme quand autour de toi

En te le reprochant tous perdent leur sang-froid

Garder confiance en toi et poursuivre ta route

Sans pourtant ignorer leurs craintes et leurs doutes ;

Continuer d’aimer lorsque tu es haï,

Sans avoir l’air trop sage ou alors trop gentil ;

Si Triomphe et Désastre croisent ton chemin

Et que face à ces pièges tu restes serein ;

Si tu peux supporter d’entendre tes propos

Déformés par les sots pour tromper les idiots

Si tu peux persuader et ton cœur et ton corps

Même s’ils sont exténués de continuer encore,

De demeurer vaillants lorsqu’il ne reste au fond

Plus que ta volonté, qui leur dit : « Tenez bon ! » ;

Si tu parles au peuple en gardant tes valeurs,

Que tu restes toi-même aux côtés des seigneurs,

Qu’ennemis ou amis ne peuvent te blesser,

Que tous comptent pour toi, sans jamais te peser ;

Et si chaque seconde est un pas accompli

Que chaque minute apporte un sens à ta vie

Alors seront à toi la Terre et ses trésors,

Et, mieux encore,

Tu seras un Homme, mon fils !

Tu as été un Homme, un vrai, mon David, un exemple pour l’humanité en restant très humble.

Tes enfants que tu aimais tant, auront tes gènes et ton courage, j’en suis certain.

Je te serre dans mon cœur très fortement.

Dédé, ton complice…

Je te remercie encore de ta dernière dédicace. Je te promets de poursuivre le combat qui m’anime depuis plus de vingt ans : aider la jeunesse de demain à s’épanouir, tu étais mon fidèle supporter.

Ensemble au mariage de Franklin à Neuilly

 

 

Amour par David Servan-Schreiber

AMOUR . Au fond c’est tout ce qui nourrit. On peut dire que le terreau dans lequel pousse une graine lui apporte de l’amour. C’est pareil pour les animaux et les être humains. Ce qui développe le potentiel d’un être vivant c’est l’amour que lui apporte son environnement, tout ce avec quoi il est en relation.

amour j’associe beauté et générosité.

David Servan-Schreiber

Réponse par dédé : L’Amour triomphe de tout, alors cédons.

NB : J’ai décidé d’envoyer tous les jours des mots de mon ami fidèle David  interviewé par son frère Emile pour Atlantico.fr. C’est une forme d’interview qui procède par libre association d’idées, mot à mot dans des cerveaux exceptionnels.

Déjà publiés:

Régis Debray
David Servan-Schreiber
Françoise Giroud
Marc Levy
David Pujadas

Emile Servan-Schreiber, PhD
Managing Director
Lumenogic, LLC
http://www.lumenogic.com