Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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Alberto Giacometti

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Après avoir vu la Rétrospective au musée d’Art moderne de Paris en 1991 et à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. L’exposition de Giacometti à Shanghai est de loin la meilleure. Ne la loupez-pas si vous passez par ici, jusqu’au 31 juillet.

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Giacometti fait parti des artistes qui sont ancrés dans ma mémoire artistique comme Turner, Picasso, Dali, Delacroix, Calder.

Son père, Giovanni Giacometti, lui-même peintre, le pousse à s’intéresser à l’art. Il peint ses premières œuvres dans le domicile familial, essentiellement des portraits des membres de sa famille ou de ses condisciples, reprenant le style postimpressionniste paternel. Au terme de ses écoles obligatoires, Alberto part étudier à l’École des beaux-arts de Genève avant d’arriver à Paris en janvier 1922. Il emménage en décembre 1926 au 46 rue Hippolyte-Maindron (14e arr) dans « la caverne-atelier » qu’il ne quittera plus, malgré sa petite taille et son inconfort.

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Après avoir visité les Ateliers de Dali à Portlligat près de Cadaquès , Picasso rue des Grands-Augustins, Delacroix place de Fürstenberg, Calder à Saché,  j’aurais tant aimé connaître l’atelier de Giacometti, ou il créa la majorité de ses œuvres et m’asseoir à côté de lui dans le rade qu’il fréquentait tous les jours.

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Il fréquente l’atelier d’Antoine Bourdelle à Montparnasse. Il découvre le cubisme, l’art africain et la statuaire grecque et s’en inspire dans ses premières œuvres. Ses sculptures sont en plâtre, parfois peintes secondairement, ou coulées en bronze, technique qu’il pratiquera jusqu’à la fin de sa vie. Il étudia aussi au collège de Leonard de Vinci où il s’ennuya énormément.

Pour mieux connaître son oeuvre, il publie ce texte magnifique en 1933 :

« Depuis des années, je n’ai réalisé que des sculptures qui se sont offertes tout achevées à mon esprit ; je me suis borné à les reproduire dans l’espace sans y rien changer, sans me demander ce qu’elles pouvaient signifier. […] Rien ne m’est jamais apparu sous la forme de tableau, je vois rarement sous la forme de dessin. Les tentatives auxquelles je me suis livré quelquefois, de réalisation consciente d’une table ou même d’une sculpture ont toujours échoué. […] L’objet une fois construit, j’ai tendance à y retrouver transformés et déplacés des images, des impressions, des faits qui m’ont profondément ému (souvent à mon insu), des formes que je sens m’être très proches, bien que je sois souvent incapable de les identifier, ce qui me les rend toujours plus troublantes… » 

Giacometti a été l’un des premiers graffeurs, il avait compris qu’il fallait faire découvrir l’art dans la rue. Je ne pouvais pas le remarquer ! et ne pas penser à Jean-Michel Basquiat.

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J’ai craqué pour ses deux dessins.

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pour cette statuette

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et pour cette photo prise par Henri-Cartier – Bresson, en 1961, rue d’Alésia.

1961 FRANCE.  Personalities. 1961. Paris. 14th arrondissement. Rue d'AlÈsia. Alberto GIACOMETTI, Swiss painter and sculptor. Image envoyÈ ‡ Pascale Giffard (Transaction : 632203948288906250) © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Alberto Giacometti et Henri Cartier-Bresson se sont rencontrés à Paris dans les années 1930. De cette rencontre est née une relation toute particulière qu’Henri a décrite en ces mots – publiés dans le journal The Queen du 1er mai 1962 :

Giacometti est un des hommes les plus intelligents que je connaisse, d’une honnêteté sur lui-même et sévère sur son travail, s’acharnant là où il éprouve le plus de difficultés. A Paris il se lève vers trois heures, va au café du coin, travaille, vadrouille à Montparnasse et se couche au jour. (…) Son visage a l’air d’une sculpture qui ne serait pas de lui, sauf les sillons des rides. La démarche très personnelle, un talon se pose très avant, peut-être a-t-il eu un accident, je ne sais pas, mais la démarche de sa pensée est encore plus curieuse, sa réponse va bien au-delà de ce que vous avez dit : il a tiré un trait, additionne et ouvre une autre équation. Quelle vivacité d’esprit, le moins conventionnel et le plus honnête qui soit. (…) Chez Alberto l’intellect est un instrument au service de la sensibilité. Dans certains domaines sa sensibilité prend de curieuses formes, par exemple méfiance de tout laisser-aller affectif avec les gens. Enfin cela ne regarde pas les lecteurs de Queen, pas plus que des descriptions d’Alberto prenant son café au lait au lit. Suffit, c’est mon ami. 

Le hasard a voulu qu’aujourd’hui, la Fondation Henri Cartier-Bresson se situe dans un atelier d’artiste du XIVe arrondissement de Paris, à deux pas des ateliers où Alberto Giacometti oeuvrait jadis…

 

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Les Pleurs du Mâle d’Aimé Nouma

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Mon ami, le slameur, Aimé Nouma est à l’affiche avec la sortie de son premier livre  » Les pleurs du mâle  » parût aux éditions Universlam dans la Collection   » Entre Guillemets « .

Couverture 1(1)Les Pleurs du Mâle, un recueil de poésie slam contenant des chroniques parisiennes commencées à la fin des années 70.

Un Temps, rappelons-le, où le Sida n’existait pas encore. Temps où les immeubles n’étaient pas bardés de digicodes et où les caméras n’espionnaient pas en permanence la ville et ses sous-sols. Des tranches de vie, souvent celles de l’auteur, un ex-jeune des cités monté dans la capitale pour se chercher.

Des histoires d’amour, de sexe, d’argent, de quête de soi, de désir d’enfant, de banditisme et d’espoirs…

Des faits divers, largement teintés d’humour et d’érotisme avec, en toile de fond, Paris, la ville lumière, dont les quartiers populaires se modifient au gré des opérateurs immobiliers.

Les aventures quasi cinématographiques du  » Black – Titi  » de Paname  » comme on le surnomme dans l’univers du slam…

Né au Cameroun, ancien virtuose du ballon rond, Aimé s’est converti en jongleur de mots qu’il met en musique avec un flow très fluide.

Pour faire connaître et aider cet artiste hors du commun, acheter son livre à 10 euros en ligne http://www.universlam-editions.com/ , je vous le demande amicalement pour la défense des artistes.

Voici la préface du livre que je lui ai écrite :

Aimé, comment ne pas l’Aimer ?

Lors de notre rencontre dans les faubourgs de Levallois, j’ai compris qu’Aimé avait l’âme et le talent d’un artiste.

Regardez-le respirer, réfléchir, mater et vous serez  de suite conquis !

Avec son sourire de môme, avec sa démarche et sa gouaille de gadjo, ses verbes claquent et ses mots sont bien en place.

Je suis certain que Vian, Prévert, Apolinaire et Victor Hugo l’auraient apprécié.

Le crayon à la main, il a rempli des pages pour nous faire rêver et nous faire fantasmer…

Je suis très fier qu’il ait écrit un slam sur mézigue avec une recherche sur ma personnalité.

Aimé, continue à bouger, tu en as le corps et l’esprit.

Amitié fidèle…

Dédé de Montreuil

Il m’a fait l’honneur d’insérer le slam ci-dessous dans le livre  ( page 54 ) :

Salut Mon Dédé,

Faut croire que je suis  un peu con parfois, pour ne pas me rendre compte de la chance que j’ai d’avoir un pote comme dédé de Montreuil, malgré le temps qui passe.
Trop de la balle ton blog, ça me donne carrément envie d’avoir le même.
Au fait Dédé, tu voudrais pas être mon manager ?

Je t’ai fait un petit slam, mais il y a tellement à dire sur toi que je n’ai parlé que de la première soirée chez Laurie, donc il y aura une suite que j’ai déjà en tête puisque c’est du vécu. Dis moi ce que tu en penses. Amitié. Aimé.

Dédé de Montreuil, un aristo de la zone
St Germain, c’est son destin…
Comme l’attestent encore de beaux restes
il paraîtrait :qu’il était beau gosse le keum,
le gadjo quand il était plus jeune.
Que ça lui avait même permis defaire son gigolo.
Mais, ce n’est pas ce qui m’a marqué, sans conteste
quand je l’ai rencontré pour la première fois,
dans les beaux quartiers de la commune de Levallois
au cours d’un dîner mondain chez une relation commune.
Peu commun le bonhomme à la chevelure presque blanche.
Bonne mise, bonne mine, complet-veston,chemise blanche,
Westons et qui se recommandait de la Zone …Du 9.3..
Des quartiers chauds de la Seine-St-Denis ,ces endroits…
où banal petit rital , il avait grandi …
c’était fait ses premiers amis.
Et qui maintenant se faisait appeler Dédé, Dédé de Montreuil, Monsieur dédé de Montreuil
“Je suis un Aristo de la Zone” balançait-il avec une pointe d’orgueil.
St Germain, c’est son destin…
Et des barres de rires, à cette tablée,on s’en ai tapé ce soir là.
Car le drôle de Monsieur s’est avéré sympa, drôle , cultivé, tout ça.
Alternant verlan, argot, javanais et un langage chatié matiné de mots gitans,
il nous en a fait passer du bon temps ,nous racontant
avec humour et par le menu,
des vraies histoires vécues:
le Saint Germain-des-Prés des seventies, des sixties,
les bandes de voyous d’antan
les soirées de ouf du showbiz
les bastons, la schnouf, la tise…
Lipp, les Deux Magots, le Drugstore, Le Flore…
St Germain, c’est son destin…
Sans oublier les femmes:
les poufs, les stars, les starlettes…les grandes dames.
Il parlait aussi avec ferveur ,voire amour
de ses actions, ses combats pour l’intégration des jeunes , des défavorisés.
racontant ses victoires et aussi ses fours.
Il disait qu”il avait été favorisé par la vie
parlait des rencontres importantes de sa vie
citant de ci-de la des noms comme Mocky, Séguela, Aznavour, Servan-Schreiber,
Dali, Rocard, Prévert, MC Solaar, Cora Vaucaire, Mitterrand, etc..
Et là , il ouvrait les vannes ,mais sans monopoliser la parole,
et entre deux bonnes vannes ,(c’est un cas d’école)
il racontait, racontait, racontait , racontait, racontait
et nous on l’écoutait parce qu’il n’était pas là
à se la raconter …
Dédé au Départ, il était pas aiDé, mais il avait Décidé d’avoir un Destin… à St Germain….
St Germain, c’était son destin…

Le Slameur2coeur : Aimé

dédé en 1967

Dédé en 67 

La suite logique de mon destin à St Germain

SEIN GERMAIN

Comme d’hab je découvre le terrain

Par une conquête qui habite dans le coin

Sabine, « Zabineu », une belle rouquine issue de germains

Yeux pers, jeune fille au pair, rue des Saints-Pères

Chambre avec vue claire.

OK, Opé ,Super pour ce qu’on a à faire

Le matin

Après avoir ramené le marmot qu’elle materne fort bien

Passant rue du Four

Elle rapporte les croissants chauds et le pain du jour.

Frais comme le corps de ma mie qui me retrouve sous la couette

Où se lit à tue-tête

La carte du tendre

Pour qui veut l’entendre.

Rue Monsieur le Prince

Je parade sapé comme un prince

« Rue Madame ? »Oui Mr…heu Mme ! »

Tel un vrai indigène de St Germain,

Galamment j’indique le chemin.

« You’re so cute !where you come from ? »

« I’m african, cameroonian,

but I grew up in the suburbs,I’m a brand new parisian »

Tu parles avant d’être black titi de Panam

Je savais déjà parler aux dames

Mais pas le temps de prendre Racine,

Ecole de Médecine j’enlève Sabine

Sourire de gamine

On va boire des cafés rue de Buci ou Place St Sulpice

Tous ces moments passés ensemble sont des purs délices

« Aimé je t’aime !Je veux un café-crême ! »

Odéon , carrefour théâtre des émotions

Un skateur blond cause l’attraction

Il fait des sauts, des bonds, des contorsions

Sur la chaussée sept piteux képis s’étant piqués de l’arréter

Font tour-à-tour des roulés-boulés sous nos huées.

Rue saint-André-des-Arts, je suis désarmé par son désir de bébé

Maternel dessein éternel

Sous la Tour de Nesle même ritournelle

L’heure de la paternité n’a pas encore sonnée, désir snobé

« Aimé je t’aime ! Je veux un café-crème ! »

Non Sabine !Je me sépare de ton sein germain,

Le tétera un gamin mais ne sera pas le mien

Ou qui sait peut-être un jour, demain

Encore Saint germain main dans la main,

Sein germain dans la main

Aimé Nouma

 

Erich Fromm. Un Maître pour réfléchir…

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Dans le monde de bruts que nous vivons, j’ai eu besoin de relire les livres d’ un de mes Maîtres spirituels : Monsieur Erich Fromm, psychanalyste humaniste américain d’origine juive allemande, il m’a servi de référence pour avancer dans ma vie.

L’accumulation de la mémoire, c’est une hiérarchie, un pouvoir conservateur qui redoute le changement. Balayer tout ça, c’est redevenir créatif. dédé

Avoir ou Etre, un choix dont dépend l’avenir de l’Homme. Le dilemme posé par Erich Fromm n’est pas nouveau. Mais pour l’auteur, du choix que l’humanité fera entre ces deux modes d’existence dépend sa survie même.

Car notre monde est de plus en plus dominé par la passion de l’avoir, concentré sur l’acquisivité, la puissance matérielle, l’agrésivité, alors que seul la sauverait le mode de l’être, fondé sur l’amour, sur l’accomplissement sprirituel, le plaisir de partager des activités  significatives et fécondes.

Si l’homme ne prend pas conscience de la gravité de ce choix, il courra au devant d’un désastre psychologique et écologique sans précédent…

Erich Fromm trace les grandes lignes d’un programme de changements socio-économiques susceptibles de faire naître en chacun de nous une réflexion constructive.

Pendant mon escapade dans le Sinaï en 1981, ce document était mon livre de chevet posé sur les tapis des bédouins. Le vent du désert tournait les pages pour me réveiller et m’éveiller.

J’ai décortiqué Avoir ou Etre dans tous les sens, ce livre m’a beaucoup fait réfléchir et m’a énervé à la fois.

Conclusion : je suis être et Avoir…

Avoir ou Etre a été édité aux éditions Robert Laffont en 1976

Je vous invite également à lire l’Art d’aimer.

 » L’amour n’est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence…

L’Amour triomphe de tout, alors cédons… ( citation dédé )

L’art d’aimer a été édité aux éditions EPI en 1968

Qu’il y ait harmonie ou conflit, joie ou tristesse, c’est secondaire par rapport au fait fondamental que deux personnes se rejoignent à partir des profondeurs de leur existence, qu’elles ne font qu’un l’une avec l’autre en ne faisant qu’un avec elles-mêmes, sans fuir leur propre réalité.

Il n’y a qu’une seule preuve de la présence de l’amour : la profondeur de la relation, la rivalité et la force de chaque personne « 

La révolution de l’amour est, pour Erich Fromm, lecteur averti de Freud et Marx, l’unique alternative à la destruction de l’humanité. Une psychanalyse adaptée au social, un socialisme humanitaire, une grande confiance dans l’homme qui peut construire une société différente fondée sur le respect de la vie et sur l’amour, telles sont les idées maîtresses de cet humaniste.

C’est le propos de son  » Art d’aimer  » : un art, l’art même qui fait un homme.

Même Salvador Dali a peint l’Art d’aimer, c’est pas un hasard !

Voici une de mes réflexions, écrite au bord de la Mer Rouge.

L’Art de l’Amour

L’Amour n’est pas un sentiment à la portée de n’importe qui … Il dépend du niveau de maturité.

Si l’on manque d’humilité, de courage, de caractère, c’est l’échec assuré.

Il ne faut pas s’imaginer que l’amour soit sans importances. Nous en sommes tous affamés.

L’amour peut être aussi une voie pour remporter des succès, de s’affirmer en puissance dans la limite de sa position sociale.

Ce désir d’amour est le plus puissant dynamisme en l’homme.

L’Amour, c’est la force qui maintient la cohésion de la race humaine, du clan, de la famille, de la société.

Sans Amour l’humanité ne pourrait survivre un seul jour.

Chère Mer Rouge, tu as été une des premières à m’ouvrir les yeux au tournant de ma vie. Merci.