Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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Festival de Baalbeck. Résistance !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Le Festival International de Baalbek, est né en 1956, à l’occasion de cette première édition, Jean Cocteau,  Jeanne Moreau et Jean Marais, se rendirent sur le site pour une représentation de La Machine infernale. L’auteur et poète français ira jusqu’à affirmer que « Baalbek est le meilleur lieu au monde pour monter de grands spectacles. […] C’est le seul « haut lieu » – au sens vrai du terme – que je connaisse. Le théâtre retrouve son authentique signification dans les temples en ruine : il perd toute notion frivole et redevient un cérémonial religieux. » Les mystérieuses terrasses de Baalbek d’où l’on suppose que les hommes partaient vers les astres ne sont elles pas le lieu idéal pour que l’âme des poètes y prenne son vol et le large.
Jean Cocteau. 

Jean Cocteau et un manuscrit laissé à l’hôtel Palmyra à Baalbeck.

Bâtie par les Phéniciens, Baalbek deviendra Héliopolis, à l’époque gréco-romaine, la cité du Soleil, dispose toujours de ses temples de Bacchus, de Jupiter et de Vénus. Ils font même partie des mieux conservés de cette époque. Le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et n’a rien à envier à Rome ou Athènes. Baalbeck est pourtant un bastion du mouvement islamiste chiite Hezbollah.

Malgré les secousses que le pays a traversées et traverse encore !, Le Festival de Baalbeck persévère, messager de paix brandissant le flambeau de la culture, synonyme de résistance. Le registre musical qui s’y produit est considérable : musique classique, pop, rock, électro… Au fil des années, c’est un panel d’artistes reconnus qui a foulé le sol de la cité antique. Le festival de musique de Baalbek, a accueilli dans les temples romains de Bacchus et de Jupiter au fil des ans des légendes avec une particularité : son éclectisme.

Il suffit d’énumérer ceux qui y sont passés : Ella Fitzgerald, Duke Ellington, Miles Davis, Oum Kalthoum, Fairuz, Placido Domingo, Jessy Norman, Jean Cocteau, Charles Aznavour, Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Jean-Michel Jarre, Joan Baez, Deep Purple, Johnny Hallyday, Sting, Ben Harper, l’orchestre philharmonique de New York ou encore le ballet de Maurice Béjart, Rudolf Noureev, The Alvin Ailey Dance, La Comédie Française, etc… et dernièrement, Mika 2016, Matthieu Chedid 2018, Mélody Gardot 2019.

J’ai eu la chance avec mon ami, mon frère Adel Tawilé, d’aller applaudir la prêtresse de la soul, Nina Simone en 1998.

Le 5 juillet, le Temple de Bacchus a accueilli « The Sound of Resilience »: en raison de Covid-19, le concert s’est déroulé sans public et a été diffusé en direct sur toutes les chaînes de télévision locales en plus des médias arabes et internationaux.

L’Orchestre Philharmonique Libanais avec les Chœurs de l’Université Antonine, de l’Université Notre Dame et de Qolo Atiqo, ainsi que de jeunes musiciens libanais, sous la direction du Maestro Fazlian et avec la participation de Rafic Ali Ahmad.

La solidarité est la principale beauté de ce concert avec une mission commune et une collaboration exceptionnelle de différents artistes et partenaires qui offrent leurs services sans compensation.
Le Festival International de Baalbeck entend renforcer sa continuité contre toute attente, en gardant vivant son message culturel, convaincu que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité, une ressource de croissance durable et un atout capital pour comprendre le présent et planifier l’avenir.

C’est pour tout cela, que je porte une grande admiration et d’Amour à la force vive du Liban et aux libanais, Mon pays de Coeur..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Marais, fidèle en Amitié…

Salut M’ssieus-Dames,

L’acteur français le plus séduisant et dont le nom reste farouchement attaché aux films de cape et d’épée .De son vrai nom Jean Alfred Marais-Villain (ou Villain-Marais),  Jean Marais possède un parcours atypique en jouant tout d’abord dans le cinéma d’auteur, essentiellement pour Jean Cocteau qui le remarque le premier et le rend célèbre en lui donnant les premiers rôles de ses films.

Il était loin d’être un Vilain – Marais le « Jeannot » comme l’appelait ses intimes.

A 14 ans, je l’ai rencontré plusieurs fois, au magasin « Aux Trois Quartiers » ou j’étais Groom, (un groom désigne un jeune domestique au service de grands établissements. Source Wikipédia) il venait chercher sa nièce qui exerçait le métier d’étalagiste et qui était comme une grande sœur pour moi, il me donnait des tunes pour aller au cinéma voir des films italiens qu’il appréciait tout particulièrement, parce qu’il aimait l’Italie et les cinéastes italiens comme Luchino Visconti.

Une autre fois, en 1973, à Spéracèdes, près de Grasse, dans sa villa-atelier, c’est là qu’il devint sculpteur-potier et récoltant d’huile d’olive qui était divinement bonne.

Lors d’une belle après-midi, au coucher du soleil, il me pria gentiment de m’asseoir, il faisait très chaud, le cagnard était au diapason, après avoir bu de l’eau de source, il me fit visiter son atelier rempli de dessins, d’assiettes, de vases, des photos de Cocteau et de lui, un fouillis bien rangé et entretenu par sa gouvernante qui avait un accent du midi rempli de chaleur et de joie. Cette dame avait un fils, Jean était comme son père, très attendrissant.

Au cours d’une discussion, il me demanda ma main (pas pour le mariage) et me demanda si j’accepterais qu’il la sculpte, comment refuser à cet homme prestigieux, classieux, heureux, pas prétentieux ni orgueilleux ?, voici ma main gauche ci-joint. Vous plaît-elle ?

A un moment, il s’arrêta, il était fatigué, c’est alors qu’il m’entraîna dans un discours sur le fric en m’expliquant que « l’argent, je m’en fiche, quand j’en ai, je le dépense jusqu’au bout, la seule fois que j’ai fait des économies, j’ai été puni, les contrats n’arrivaient plus » Messieurs , les nouveaux riches, prenez-en de la graine sinon, personne ne se rappellera de vous !!!

Ensuite, je l’ai reencontré plusieurs fois en 1983, au théâtre de l’Atelier ou il interprétait une pièce en monologue « Cocteau-Marais », plusieurs fois, j’allais lui parler à la fin du spectacle dans sa loge en buvant du champagne bien frais, je n’oublierai jamais ce jour inoubliable, ou il avait préparé une grande feuille de papier Canson et me dessina devant moi, un dessin de lui avec Jean Cocteau avec une dédicace « Pour André mes vœux de bonheur + Jean Cocteau et moi Jean Marais.

Il me manque et il manque à ce Monde de bruts !!! Des hommes comme Jeannot avec sa bonté, son regard, sa beauté, son côté humble et généreux sont plutôt rare…. Merci à la vie de m’avoir permis de croiser sa route, la route du bon sens et de l’Amitié.

Si vous avez un coup de blues, aller découvrir la sculpture du « Passe-Muraille » que Jean a réalisé devant la maison de Marcel Aymé, rue Norvin à Montmartre qui immortalise Monsieur Dutilleul, héros d’une nouvelle écrite par Marcel Aymé représentant un personnage emprisonné dans un mur.

C’est là qu’un jour, je fis la connaissance d’un autre grand homme Maurice Genevoix, assis sur un banc dans le petit square qui jouxte la place Marcel Aymé. A suivre…