Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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LE CRAZY HORSE CHEZ CASTEL

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Hier soir, j’étais invité par les éditions Eyrolles, chez Castel, tenu par mon ami, Tony Gomez, le Seigneur de la nuit, des nuits parisiennes… Que vous soyez seul, accompagné, avec des stars ou avec des clients, Tony est toujours le même, la classe quoi !!!

Jean Castel serait fier de Tony, il avait l’oeil sur les gens de n’importe quel milieu et sur les professionnels.

Cette soirée était organisée pour la sortie d’un superbe livre  avec une reliure de velours rouge:

CRAZY par Antoine Kruk

Le Crazy Horse comme vous ne l’avez jamais vu !

En une centaine de magnifiques aquarelles, Antoine Kruk lève le voile sur les danseuses sensuelles et glamour du plus avant-gardiste des cabarets parisiens. Un bel hommage rendu au Crazy Horse qui fêtait en 2011 ses 60 ans.

Créateur de nombreux costumes pour le Crazy Horse, notamment ceux de la revue « Forever Crazy » en 2007, l’auteur a eu le très rare privilège d’accéder aux coulisses et aux loges des danseuses. Plongé dans ce sanctuaire de féminité, témoin fasciné de la métamorphose de ces jeunes femmes en icônes d’un soir, l’artiste y a puisé l’inspiration de portraits saisissants de sensualité et de grâce.

Il a construit son livre en 3 actes, sur le tempo d’une soirée de cabaret : la préparation, le show et l’après spectacle. Purement esthétiques ou un brin frivoles, les dessins transcrivent à merveille ces variations et mêlent avec une belle liberté diverses techniques à celle de l’aquarelle.

Les dessins, légendés avec beaucoup d’humour, en français et en anglais, nous racontent la préparation du spectacle : les répétitions, les pesées, les techniques de maquillage hypersophistiquées ou encore les séances d’habillage.

Sur scène, on admire leurs performances d’actrices dans des tableaux étincelants. On est surpris par les effets de lumières qui habillent leurs silhouettes parfaites, on devine l’accessoire léger posé sur la pointe de leurs seins, on s’émerveille de leurs souliers haute couture.

Pour Antoine Kruk, il n’est pas de nudité si savamment habillée de lumière, au velouté de peau si particulier. Et de rappeler la définition qu’Alain Bernardin, fondateur du cabaret, donnait de l’érotisme : « une frustration totale, à la fois tout voir et ne rien voir du tout. ». http://www.lecrazyhorseparis.com/

Originale et provocante, la préface porte l’empreinte des lèvres de chacune des Crazy girls. Un petit bijou de livre qui restitue avec humour et tendresse l’atmosphère effervescente et sexy du célèbre cabaret.

© Antoine Kruk, éditions Eyrolles.

Connaissez-vous le profil d’une Crazy girl ?

Taille : entre 1,68 et 1,72 m

Jambes : deux fois la taille du buste

Mesure entre les pointes de seins : 21 cm

A propos de l’auteur, Antoine Kruk est un artiste franco-japonais né à Kyoto. Fashion designer pour de nombreuses maisons de couture, Antoine est aussi costumier pour le Crazy Horse ce qui lui inspire ce nouveau livre.

Antoine m’a offert cette photo prise hier soir chez CasteL, rien que pour nous…

Au moment de récupérer mon manteau au vestiaire, deux superbes Crazy girl prenaient le leur, un petit mot d’échange entre-nous, un sourire, c’est ça aussi le Crazy en dehors de l’avenue George V, elles représentent bien la France, les femmes et l’esthétisme. Quelle belle soirée parisienne. 

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Jean-Paul Sartre au Flore

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Je vais vous raconter, comment j’ai envoyé péter Jean-Paul Sartre pour ensuite le respecter !

Après la mort de mon père, j’étais en colère contre la société entière, j’avais 14 ans et elle m’a privé de l’homme que j’aime, qui m’a appris le courage et l’intelligence. C’est à ce moment-là que je décide avec mon pote Bachir (un kabyle), qui se fait prénommer Aldo, d’aller faire la manche à Saint-Germain des Prés.

Préparez-vous, je vais vous parler d’un homme très moche, Jean-Paul Sartre, assis avec deux femmes à la terrasse du Café de Flore. Alors, que je lui demande du fric, il me répond: «  au lieu de faire la manche, tu devrais être à l’école ? Ton père sait que tu fait ça ?« .

Il n’aurait jamais dû me parler de mon père, je suis certain qu’il a signé mon certificat de colère, ce jour-là.  Je lui ai répondu «  Va te faire enc…. connard ! Je fais ce que je veux et ou je veux, ce n’est pas toi qui va guider ma vie ! ».  Je n’ai même pas regardé sa réaction, j’étais déjà parti ailleurs.

Ma liberté s’arrête où commence celle d’autrui. – (Jean-Paul Sartre)

Je continuais ma cavale de vagabond heureux et libre. J’aimais bien cette ambiance de St Germain, il y avait une bonne odeur de vie, des personnages bizarres, des frimeurs avec leurs belles bagnoles, des filles superbes et pas farouches, elles nous conduisaient dans leurs vies sans histoires et sans saveurs en nous emmenant dans les endroits chics, comme le Drugstore, Castel, le Montana, le Club de Nesles ….bref, ça sentait le fric!

Mon QG était l’Apollinaire, disparu aujourd’hui, à côté de l’église St Germain, remplacé par la boutique Hugo Boss! Avec Bachir, c’était notre terrain de chasse, comme nous n’étions pas du même milieu que les petits minets, on avait la côte auprès des filles, elles cherchaient à savoir comment on vivaient sans aller à l’école, où on couchaient, que faisaient nos parents, etc… Souvent ont leurs donnaient des conseils aux petits bourgeois, car ils avaient des problèmes d’existentialisme avec leurs parents et avec les filles.

J’avais appris par un de mes potes de la bande, que Sartre était un écrivain, un intellectuel, un philosophe… Je ne connaissais pas la différence et j’en avais rien à foutre.

Une femme de 50 ans environ, nous donnait des biffetons tous les jours à L’appolinaire et nous payait des diabolos-menthe, après plusieurs semaines, elle nous parlait toujours du vieux con (excusez-moi) parce qu’il voulait renouer avec moi pour s’excuser. Il avait appris ma fugue par cette dame qui était son amie et son indic. Je me suis fait piéger !!!

Alors, je rencontre Sartre au Flore. Il me demande de m’asseoir. Je reste debout. Une conversation s’engage sur mon père, je lui répond plus gentiment, j’étais moins énervé contre lui. Il alla m’acheter des livres à La Hune (librairie de St Germain des Près) en me soulignant un ou deux paragraphes au crayon Bic. Sartre me demandait ce que j’en pensais, lors de nos rencontres devenues journalières, aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne m’a jamais donné 10 balles! Je pense qu’il était radin !.

C’est grâce à lui, que Jean-Jacques Rousseau est devenu mon auteur classique préféré, avec «  Les rêveries du promeneur solitaire« .

J’ai compris progressivement que c’était bien de lire. Cela me faisait réfléchir, quand j’avais rien à foutre et, pour draguer les filles, j’avais plus de vocabulaire et des sujets à raconter. Je ne remercierai jamais assez cet homme qui m’a fait aimer les livres et la littérature. J’ai compris que je lui rendais la monnaie de sa pièce (si je puis dire) avec ma jeunesse, ma fougue et ma colère.

En conclusion, on ne se doit rien. Nos chemins devaient se croiser.

La différence avec aujourd’hui ? A qui pourrait parler un môme des banlieues au Flore ?

PS : Ah ! Oui, j’oubliais … respect pour Monsieur Sartre d’avoir apporter sa science sur un bidon devant les usines Renault à Boulogne-Billancourt. La pseudo-révolution de 68 lui doit beaucoup.