Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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Apostrophes !

Bonjour M’ssieurs-Dames,

L’apostrophe qui manque aujourd’hui ! C’est un nouveau Pivot !

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Durant quinze ans, Apostrophes s’est imposée comme l’émission littéraire de référence. Autour d’un débat thématique, Bernard Pivot reçoit ses invités et permet à des écrivains très divers de s’exprimer librement, toujours au risque du direct.

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Bernard Pivot : « Pour retenir l’orthographe d’un mot, il faut l’écrire »

Président de l’Académie Goncourt.

Rien que le générique de l’émission extrait de Rachamninoff fait déjà un effet pavlovien, on se détend, on se concentre et on s’apprête à revoir les plus grands s’installer pour discuter sur le plateau de Bernard Pivot. Et l’on a une pointe de nostalgie pour ces années 1980 bénies où les plus grands défilaient à Apostrohes pour évoquer calmement et dans l’écoute attentive des autres participants des sujets qui faisaient réfléchir au delà des « affaires » politiques et des fuites sur les amours présidentielles. Tout commence par un peu sexe, après tout, il faut un peché originel, mais avec deux sociologue, le hussard Cecil Saint Laurent (Caroline Chérie) et Romain Gary la conversation ne prend pas tout à fait le tour que souhaitait Pivot. A défaut d’ »atteindre l’orgasme » l’émission évoque des thèmes sociaux et philosophiques importants. Parmi les morceaux de bravoures de ces 12 nouveaux épisodes l’on retrouve : Polanski évoquant un peu contraint et forcé sa survie du ghetto de Varsovie, l’autorité de Jankélévitch sur le plateau, et un face à face Sagan/ Barthes sur l’amour absolument bluffant. le cadeau idéal de fin d’année pour ceux qui ont eu la chance de voir ces émissions à leur passage et aussi pour ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître l’époque où la télévision se donnait assez de respiration pour permettre d’évoquer de la pensée.

Déjà, Apostrophes, sentait la crétinisation générale : https://www.youtube.com/watch?v=KaAM7QvXG4s

Comment ne pas penser à Jean-Jacques Servan-Schreiber parlant de Camus et Mauriac: https://www.youtube.com/watch?v=KU25V3UmClU

Une pensée amicale pour Cabu : https://www.youtube.com/watch?v=zTUew4IFrGU

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Un coffret réunit les 12 meilleurs numéros de la célèbre émission littéraire animée par Bernard Pivot chaque vendredi soir à 21 h 30 sur Antenne 2 entre le 10 janvier 1975 et 22 juin 1990.

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Parmi les invités : Marcel Bigeard, Georges Brassens,Clara Malraux, Pierre Bourdieu, Bernard-Henri LévyAnthony Burgess, Umberto Eco, Max Gallo, Claude Lévi-Strauss, Nina Berberova

« Je suis né par Apostrophes, je suis un enfant d’Apostrophes […] Je crois qu’Apostrophes m’a un peu sauvé la vie. » Yann Moix, Prix Renaudot 2013

La Chine d’hier et d’aujourd’hui avec Han Suyin, Lucien Bodard,  Edgard Faure.

Pour le quarantième numéro de l’émission, Bernard Pivot reçoit trois invités, Edgar Faure qui est l’objet d’une biographie écrite par Daniel Colard et deux auteurs qui, à des titres divers ont longuement écrit sur la Chine : Lucien Bodard pour son livre « Le fils du consul », et Han Suyin pour son livre « Le premier jour du monde ».- Han Suyin parle, dans un premier temps, de sa vie, partagée entre la Suisse, les Etats-Unis, l’Inde et la Chine, de son métier de pédiatre qu’elle a exercé pendant 15 ans, de ses origines bourgeoise et de ses livres.- Edgar Faure présente l’ouvrage qui lui est consacré, qu’il considère comme une bonne biographie politique, et tout au long de l’émission donnera son avis sur la Chine, la révolution culturelle, Mao et le communisme.- Lucien Bodard, quant à lui, présente son dernier livre consacré à la Chine des années 20, lorsque que son père y était ambassadeur en compagnie de sa mère Anne-Marie. – Le débat entre Han Suyin et Lucien Bodard va largement dépasser les considérations littéraires, l’un et l’autre vont témoigner sur leur expérience individuelle de la révolution chinoise. Han Suyinallant jusqu’à dénoncer la fascination « schizophrène » de Bodard pour la Chine d’autrefois, alors qu’elle n’a de cesse de louer ce que fut « le grand bond en avant », sorte de nouveau modèle économique créé, selon elle, par de vrais économistes pour le relèvement d’un pays sous développé. Assez d’accord sur peu de choses, les deux écrivains le sont encore moins quand il s’agit d’évoquer la personnalité de Mao, les méthodes communistes, la dictature du prolétariat ou encore la personnalité de l’empereur Pu-Yi.

12 décembre 1975 : http://www.ina.fr/video/CPB75056865

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Ce deuxième volume vous permettra de retrouver, entre autres personnalités, Romain Gary, François Truffaut, Roland Barthes,Françoise Sagan, Roman Polanski, François Mitterrand, Jean-Edern Hallier, Éric Orsenna, Jean-Claude Carrière autour de thèmes forts tels que :

La sexualité racontée par les hommes

À quoi servent les philosophes ?

Quelles valeurs pour demain ?

La guerre

Les grands metteurs en scène

François Mitterrand

Le sable et la pierre

Pourquoi écrivez-vous ?

La vie des paysans…

 » Ses incroyables souvenirs d’Apostrophes « 

 

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Fais-moi mal, « Charlie » !

 

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Voici le dernier message que Georges m’a adressé pour sauver l’atelier Picasso ainsi que le soutien de Cabu transmis par Angélique :

Cher dédé, Cabu m’a donné son accord pour signer la lettre en son nom, ce que je viens de faire.

Bonne chance pour votre combat !

Angélique Le Corre

Charlie Hebdo

C’est toute une partie de ma jeunesse qui vient de s’écrouler, tout ça à cause des burkons !!! et de leur intolérance !!! N’ont t-ils pas de mères ?

Ces meurtres ont été commis par des gens qui se sentaient offensés par les caricatures de Mahomet publiés dans Charlie Hebdo ! Avec l’objectif évident d’intimider les journalistes du monde entier qui oseraient critiquer l’islam.Cet attentat aura peut être le résultat bénéfique de faire comprendre combien la liberté d’expression est précieuse, et fragile à la fois.

Selon la citation de JJSS, « Dire la vérité telle que nous la voyons« est le symbole de la liberté !

Comment oublier mes conversations avec Georges sur le boulevard Saint-Germain devant le kiosque à côté du Flore, les clins d’oeil avec Cabu toujours pressé ?

Comment oublier, quand j’ai dit à Georges devant le kiosque, à la sortie de Charlie Hebdo avec Mahomet,  « Avec cette provoc, vous avez signé votre arrêt de mort ! il m’a demandé pourquoi ?, je lui ai répondu  » vous ne savez pas ce qui se passe dans les cités, alors arrêtez !  »

Comment oublier la sortie du premier numéro de Charlie Hebdo avec le Professeur Chorron en 1970, au lendemain de l’interdiction du magazine satirique Hara-Kiri, le «journal bête et méchant» fondé en 1960 par Cavanna et le professeur Choron. Hara-Kiri s’était attiré les foudres du ministère de l’Intérieur en titrant, au lendemain de la mort du général de Gaulle: «Bal tragique à Colombey: 1 mort»?.

Comment oublier Cavanna, le rital aux yeux bleus, l’ange tutélaire ? et Reiser et le « Gros dégueulasse »

Comment oublier les rigolades, les réflexions, les débats avec mes potes autour d’un verre en lisant Charlie Hebdo ?.

Comment oublier que Charlie Hebdo est le symbole de la liberté d’expression et de notre liberté…. ?

Comment oublier Charb, Tignoux et toutes les victimes fusillées lâchement ?

Charlie Hebdo, continuez à vous battre pour vos amis disparus et pour nous, nous sommes à vos côtés dans ce jour de tristesse.

Message de Alain Casabona, Délégué général du CNEA. ( Comité National pour l’Education Artistique )

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Ils étaient là…dès la réouverture du Grenier des Grands-Augustins, Cabu, Tignous, Wolinski, entre autres, fréquentaient régulièrement les lieux. Les dessins que nous vous présentons sont inédits, car extraits de notre livre d’or (consultable en haute définition à la rubrique éponyme de notre site: https://lecnea.wordpress.com). En 2004, nos trois dessinateurs avaient accepté de participer à l’exposition « Démocratiquement croqués » . A cette occasion, la classe politique avait été largement invitée à servir de modèle à nos caricaturistes. Peu avaient répondu à l’appel: l’Union nationale n’était pas au rendez-vous… Par contre, un large public, et notamment de nombreux scolaires, s’était rendu au Grenier pour participer aux activités gratuites qui leur étaient proposées dans ce cadre, où nos amis partageaient allègrement saucisson et Saint-pourçain avec les visiteurs. Et que dire de la joie des enfants repartant avec un dessin réalisé à leurs côtés.

Ils étaient là…après notre expulsion par la chambre des huissiers de justice de Paris. Dès l’annonce de la constitution du Comité de soutien des Grands-Augustins, Cabu, Tignous et Wolinski, qui étaient déjà membres depuis près de dix ans du Comité d’honneur du CNEA, avaient été parmi les premiers à répondre à notre appel.

Le CNEA dénonce cet acte de barbarie, et exprime toute sa sympathie et son soutien aux familles, aux proches des victimes, et à l’équipe de Charlie Hebdo.

 

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En souvenir de Georges et Cabu, interview dans Paris-Match avec quelques vérités sur la liberté d’expression !

Dans les années 70, vous osiez des blagues impubliables aujourd’hui…
Wolinski. A l’époque, il est vrai qu’on faisait de l’humour sur la pédophilie, et ça ne passerait plus. On faisait même des dessins qui seraient considérés par certains comme antisémites. Mais comme je suis juif, c’est moi qui faisais les dessins sur les “youpins”.
Cabu. En France, il y a toujours eu deux tabous, la religion et l’armée. Pour l’armée, ça s’est un peu tassé depuis que la conscription a été supprimée. En revanche, ça ne s’est pas calmé avec les religions. Autrefois, il n’y avait que les catholiques qui nous emmerdaient, désormais ce sont les trois religions monothéistes.

Quel est votre meilleur souvenir de ces années passées avec le Professeur Choron ?
W. Au cours d’un déjeuner extraordinaire à Saint-­Germain, quand le journal marchait très bien, il nous a déclaré : “Mon comptable me dit que je gagne trop d’argent. Je double les salaires !” De 15 000, je suis passé à 30 000 francs.
C. Georges a toujours su se faire payer. Heureusement, car il était chargé de famille. Mais Choron nous donnait de fausses fiches de paie. Quand Cavanna a demandé sa retraite, il y a quinze ans, on lui a dit qu’il lui manquait dix-neuf années de cotisations !

Wolinski, vous avez réalisé près de 600 affiches publicitaires, alors que Cabu s’y est refusé. N’avez-vous pas été considéré comme un “vendu” ?
W. Cabu est un être pur, il est comme ça ! Moi j’avais besoin d’argent, et la pub, ça ne me dérangeait pas. En 1968, un publiciste a eu l’idée de me demander des affiches pour le chocolat Mars. Je n’avais jamais gagné autant d’argent de ma vie, il m’a payé 5 000 francs le dessin. De gauchiste, j’ai été traité de “récupéré”, c’était le terme à l’époque.
C. Ça venait de l’extérieur, nous on n’a jamais osé, l’amitié nous protégeait. Moi, j’ai travaillé pour le chewing-gum Hollywood, et ils ont passé mes dessins vraiment partout. Là, c’était trop ! On ne peut pas attaquer la société de consommation et en faire la pub. Après, j’ai arrêté.

Mais parfois, un dessin refusé peut être mal pris…
W. Cabu et moi, on n’est pas vraiment des provocateurs. On ne cherche pas la bagarre. On n’est pas comme Siné, pour qui un dessin qui n’est pas censuré n’est pas un bon dessin. On cherche à faire de bons dessins marrants, qui fassent rigoler les gens. Parfois, on va un peu trop loin, mais les gens aiment bien ça.
C. On a des procès. Mais quand on attaque les autres, il faut accepter d’être attaqué. Ce qu’on n’accepte pas, c’est des fatwas, des menaces de mort ou qu’on envoie deux cocktails Molotov dans la rédaction de “Charlie”…

Wolinski, êtes-vous d’accord avec la façon dont Cabu caricature les Français moyens ?
W. Lui, il a trouvé les beaufs, moi, j’aime bien dessiner les femmes, je trouve ça plus agréable. Je les habille, je les déshabille, je fais voler leur jupe. Les mecs, j’ai appris à les faire. Au début, c’était forcément un type qui n’a pas de cheveux avec un gros nez. Maintenant, je m’applique plus, je fais des personnages qui ressemblent aux gens de la rue.
C. Je reconnais que si je conduisais, je serais, moi aussi, un beauf au volant…

Au cours des années, lequel d’entre vous est resté de gauche, et lequel s’est le plus embourgeoisé ?
W. Etre de gauche, ça veut dire quoi ? Vivre comme un pauvre ? J’aime bien avoir un bel appartement, une femme élégante, des enfants bien élevés. C’est ça, être embourgeoisé ? Je n’ai pas envie de vivre comme un clodo.
C. Ce qui est important, c’est ce qu’on fait, pas ce qu’on est.

Le dessinateur de presse est forcément de gauche…
C. Aujourd’hui, oui. Mais du temps de “L’Assiette au beurre”, la majorité était de droite. Ils étaient anti-­dreyfusards, antisémites, mais étaient de très bons dessinateurs.
W. L’humour demande un manque de respect qui n’est pas de droite. La droite est sérieuse, respectueuse, elle a des convictions, une morale, elle croit en Dieu, elle est béate devant l’infini et le néant. Les humoristes s’en foutent, ils ont peur, et parfois ils se suicident comme Chaval et Bosc.
C. Trop de lucidité…

Avez-vous envisagé votre retraite ?
W. Je ne me vois pas m’arrêter. Ou alors pour me consacrer, comme je le fais en ce moment, à la peinture.
C. Tant qu’il y aura des journaux, non. On veut se bagarrer pour que la presse papier vive. Nous deux, on continuera encore longtemps à faire chier le monde.

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Chronique de Delfeil de Ton dans Le Nouvel Obs du 14 janvier 2015.

 Charlie

Pourquoi, tu t’est obstiné Charb ? dédé de Montreuil.