Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Archives de Tag: Bernard Tapie

Bernard Tapie, un homme rare !

Bernard Tapie était un homme rare et passionnant. Il aura traversé notre société de gauche à droite en passant par le milieu en mouillant sa chemise. 

Bernard Tapie est mort à 78 ans, retour sur le destin de l'homme aux mille  vies - Elle

Plusieurs points communs nous unissaient : 

Nous sommes fils d’ouvriers communistes, autodidactes et courageux. Nous avons fait des études en électricité avec pour seul bagage le certificat d’études primaires.

Nous avons habité Saint-Germain-des-Prés. C’est un signe, d’autant que Hubert de Givenchy m’avait missionné pour organiser une fête à l’occasion de la vente de son hôtel particulier à Bernard Tapie en 1986 au 52, rue des Saints-Pères. Pour me remercier, il m’offrit cette montre numérotée 000999.

Comme lui, je suis vite sorti de la Seine Saint Denis, lui du Bourget et moi de Montreuil, pour aller voir les lumières de la Capitale. Nous avons eu la chance de rencontrer des grandes personnalités, François Mitterrand, Pierre Bérégovoy, Michel Rocard et tant d’autres… 

Nous avions Jacques Séguéla comme ami, ce n’est pas un hasard !

En 1986, Jean-Jacques Servan-Schreiber, s’est installé à Pittsburg, après 20 ans à ses côtés, j’étais sur le marché du travail. JJSS avait interpellé ses amis pour me trouver un emploi. Jacques Séguéla, Bleustein-Blanchet, Gilbert Trigano, Carlo de Benedetti, Françis Bouygues et Yves Montand. JJSS m’avait également recommandé de m’approcher de Bernard, c’est ce que j’ai fait en le rencontrant dans son bureau, 24, rue Friedland à Paris. Après une heure de discussion, il me proposa d’intégrer son équipe, j’ai refusé son offre à cause d’un salaire trop bas !. Quelques années plus tard, j’ai organisé pour Look en compagnie de Bernard Hinault , un défilé à Londres, pour présenter la première pédale à fixation automatique du cyclisme. 

JJSS avait vu juste, il appréciait beaucoup Bernard, c’était deux combattants qui ont vécu les mêmes expériences : Ministre, Député, au Parti Radical, Patron de presse, entrepreneur, engagé dans des causes justes. La France a loupé ses deux hommes visionnaires avec des convictions fortes. C’était des hommes libres, épris de justice, et des citoyens engagé dans l’action. C’est pour cela, qu’ils ont été critiqués, jalousés par ceux qui n’ont jamais rien fait…Ils n’étaient pas dans le moule et en plus, ils étaient beaux.

Avec Bernard, nous avions la même passion pour les mômes de banlieue, pour ne jamais oublier d’où l’on vient, lui comme Ministre de la Ville et moi par mon engagement permanent auprès de la jeunesse depuis de nombreuses années.  

D’ailleurs, un jour dans un restaurant italien rue du Dragon, je lui avais raconté mon combat au Liban pour la jeunesse libanaise en organisant pour eux, le premier défilé de mode à Beyrouth après 17 années de guerre : “ SAD   95 “ sur la place des Martyrs, en plein milieu des ruines, avec la participation de 20 jeunes franco-libanais diplômés de la Chambre Syndicale de la Haute-Couture, parrainés par dix membres de la Haute-Couture parisienne.  

40 modèles furent présentés sur cette place mythique, où, tout juste deux heures avant le show, j’avais obtenu, après fortes discussions, l’autorisation des 11 communautés religieuses. Un exemple de courage pour la jeunesse qui m’accompagnait. Ce fut un immense succès, apprécié par tout le peuple libanais. Je découvrais la vitalité et l’enthousiasme de la jeunesse libanaise, après les événements douloureux qu’elle venait de subir. 

Bernard avait écouté cette histoire avec attention et m’avait encouragé à continuer. 

Un morceau de notre vie est parti, Bernard restera dans la mémoire des gens intelligents et courageux. 

Que ses enfants soient fiers d’avoir eu un père comme lui.

Les années business de Bernard Tapie : comment il a bâti un empire avant de  connaître la faillite