Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Archives de Tag: Atelier Picasso

Lettre au Président de la République

Monsieur le Président,

30.000 enfants vivent dans la rue en France. ( Source Insee ), les Roms sont Européens, pouvez-vous intervenir auprès du Parlement Européen pour leur rappeler ! C’est a eux de s’en occuper.

Ceux que l’on voit à Paris, ce sont quasi exclusivement des Roms. C’est à dire des populations qui font ce choix, par traditions, et qui utilisent leurs enfants comme… main d’œuvre, en se marginalisant elles-mêmes (non scolarisation des enfants exploités pour vol et mendicité, vie dans des bidonvilles… et remontée de la rapine vers les mafias en Roumanie et Bulgarie).

Les Français ont défilé pour « La Manif pour tous «, pourquoi ne défilent-ils pas pour cette misère humaine en bas de chez eux ?

Catholiques, mères, grand-mères avez-vous un cœur ? Si ne n’est se donner bonne conscience en donnant la pièce ou un bout de pain en fermant les yeux. Et vous les pères, réveillez-vous !

Indignons nous, sortons du silence qui est une forme de collaboration passive.

A chaque fois, que je rencontre ces enfants, j’ai honte et suis en colère, d’être dans le pays des Droits de l’Homme !!!

Reconnaissance aux associations pour leur travail acharné.

J’ai connu les bidonvilles étant enfant à Montreuil, je ne veux plus voir ça !

« Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres ». (Abbé Pierre)

Que dirait-il aujourd’hui, après la misère des années 50, qu’il a combattu ?

Monsieur, le Président, nous comptons sur vous.

Sincère hommage.

André Cardinali

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L’Atelier Picasso sauvé !

Bonjour Mssieurs, Dames,

Il y a des combats qui méritent d’être menés, comme celui de l’Atelier des Grands-Augustins, qui était en péril! Et qui vient de bénéficier d’une décision favorable et sans précédent de la Cour de Cassation.

C’est ICI, que Balzac, Jacques Prévert, Jean-Louis Barrault ont créé certaines de leurs œuvres!. C’est pour cela que je me suis engagé auprès de mon ami, Alain Casabona, délégué général du CNEA ( Comité National pour l’Education Artistique ) qui n’a jamais baissé les bras, malgré les pressions et les anomalies, pour sauvegarder ce lieu rempli d’histoires et de créations pour la jeunesse.

Ce billet est destiné à tous les amis et personnalités qui ont apporté spontanément leurs soutiens et leurs signatures à la Lettre ouverte, adressée au Premier Ministre, Manuel Valls et à la Maire de Paris, Anne Hidalgo, datée de 2014.

Je vous en remercie chaleureusement. Sans oublier mes enfants Linh et Jean qui m’ont toujours soutenu.

Ce billet mérite d’être diffusé auprès de vos amis et des réseaux sociaux. Je compte sur vous. Merci. dédé

C’est ICI, que Picasso a peint Guernica !

photo Grenier

Cher Dédé,

Je sais tout le travail que tu as accompli depuis si longtemps au service de la jeunesse et des artistes et plus largement de la culture. Ton ardeur à soutenir notre cause depuis trois ou quatre ans en témoigne largement, s’il le fallait. Ton ralliement immédiat au noyau dur constitué par les animateurs de notre Comité de soutien, Lucien Clergue, Charlotte Rampling, Didier Lockwood et maître Marc Bellanger, a été décisif pour le développement de notre campagne. Pour paraphraser le Cid: « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort…. » 
C’est pourquoi je pense que le communiqué que tu trouveras ci-joint, ainsi que la décision de justice qui l’accompagne devraient te réjouir, de même que tous ceux que tu as convaincus de nous rejoindre dans ce combat que l’on disait perdu d’avance. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. Certes rien n’est encore gagné; aussi faut-il se garder de tout triomphalisme, mais il s’agit là d’une superbe victoire qui augure d’une heureuse issue.
Avec toute mon amitié,
Alain Casabona,
Délégué général du CNEA

Communiqué de presse, 3 juin 2016

Grenier des Grands-Augustins :

La Cour de Cassation donne raison au CNEA

et condamne sévèrement la Chambre des Huissiers de Justice de Paris

Le CNEA (Comité National pour l’Education Artistique) a la satisfaction d’annoncer que par arrêt de la Cour de Cassation en date du 1er juin 2016, justice lui a été rendue, la Cour Suprême ayant invalidé le congé qui a permis à la CHJP (Chambre des Huissiers de Justice de Paris) de l’évincer du Grenier des Grands-Augustins. Il est désormais jugé de façon définitive que le CNEA a été expulsé du Grenier de manière illégale.

C’est donc à bon droit que le CNEA a engagé cette action judiciaire dans le but de « sanctuariser » ce lieu mythique, ancien atelier de Jean-Louis Barrault et de Pablo Picasso, afin de le protéger et de permettre ainsi au public, et tout particulièrement aux scolaires, de profiter de cet endroit qualifié par le réalisateur Carlos Saura de « lieu le plus emblématique de Paris, digne d’être classé au Patrimoine mondial de l’Humanité. »

Il fallait pour cela éviter que le Grenier ne soit transformé, comme l’étage inférieur, en chambres d’hôtel et suites, le président de la CHJP, Maître Denis Calippe, ayant contracté un bail avec un groupe immobilier, chargé de convertir l’ensemble de l’immeuble, situé 7, rue des Grands-Augustins, en résidence hôtelière de luxe. Afin d’éviter ce désastre, le CNEA avait organisé une vaste campagne et saisi, par le biais d’une lettre ouverte, le Premier ministre et la maire de Paris. A la suite de cette action, la Commission régionale du Patrimoine et des Sites avait voté à l’unanimité le 13 mai 2014 le classement à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques des deux derniers étages de l’immeuble, dont le Grenier.

Faisant fi de cette décision, ledit groupe immobilier avait déposé le 5 août 2014 un permis de construire occultant ce classement. Malgré toutes les interventions du CNEA, entre autres, auprès des pouvoirs publics, la mairie de Paris avait accordé un permis de construire au groupe en question le 15 juillet 2015. Face au danger planant sur les deux derniers étages, le CNEA avait donc décidé de déposer un recours devant le Tribunal administratif le 15 septembre 2015 pour demander l’annulation de ce permis, appuyé dans sa démarche par le Comité de défense des Ateliers des Grands-Augustins.

Toutes les étapes de ce combat sans précédent dans l’histoire du Patrimoine sont retracées sur le site du CNEA (rubriques « Actualité », « Actualité judiciaire » & « Communiqués ») : https://lecnea.wordpress.com/

Le CNEA tient à remercier tous ceux qui lui ont manifesté leur soutien pendant ces années de procédure judiciaire, si lourdes à traverser. Nous ferons état de tous ces soutiens dans un prochain communiqué, après avoir réfléchi aux suites à donner à cette décision de justice et consulté notre Conseil, Maître Marc Bellanger. Une réunion du Conseil d’administration est convoquée à cet effet.

P/O le Bureau national du CNEA

Alain Casabona, Délégué général

Contact : c.n.e.a@wanadoo.fr

Conférence de presse, jeudi 13 novembre 2014 à la Mairie du 6ème arr…

Chers amis,

De Shanghai, je suis, comme vous pouvez l’imaginer, de tout cœur avec vous dans ce combat ultime pour sauver les Grands-Augustins ( Atelier Picasso ) en étant l’un des animateurs du Comité de soutien avec Charlotte Rampling et Didier Lockwood.

 Je remercie Frédéric Beigbeder d’avoir accepté de me représenter.

Je salue tout particulièrement Maître Roland Dumas, dont le témoignage précieux et la ténacité dont il a fait preuve, pour que soit respectée la volonté de Picasso, à savoir le retour de Guernica à Madrid, « quand l’Espagne serait devenue une démocratie ».

J’ai la conviction que la réunion d’aujourd’hui va permettre de trouver enfin une solution positive face à la situation scandaleuse contre laquelle nous protestons. Alerté par le Président de l’Académie des Beaux-Arts, et président de notre Comité de soutien, Lucien Clergue, le Président de la République avait pourtant – c’était en avril 2013 – exprimé clairement sa volonté de voir ce dossier « traité prioritairement ». Un an après, face à l’inertie des pouvoirs publics, le Comité de soutien dont je suis l’un des animateurs, avait pris l’initiative d’adresser une lettre ouverte au Premier ministre et à la Maire de Paris, quelques jours après leur nomination.

La commission régionale du Patrimoine et des sites s’était réunie, et avait – décision semble-t-il sans précédent – voté à l’unanimité le classement du Grenier et de l’étage inférieur, où Picasso a peint Guernica et la Colombe, devenue l’emblème de la paix.

Nous nous étions tous félicités de cette décision, largement relayée par la presse, qui avait titré « le Grenier des Grands-Augustins est sauvé ».

Sauvé ? Tu parles ! Les huissiers, ou plutôt la Chambre des huissiers de Justice de Paris – ne pas confondre – a profité de l’absence de réactivité immédiate des pouvoirs publics pour déposer, en douce, le 5 août dernier, une demande de permis de construire pour transformer l’Hôtel de Savoie…en résidence hôtelière de luxe, après avoir affirmé pendant des mois que telle n’était pas son intention, et que ceux qui véhiculaient cette information étaient des affabulateurs, allant jusqu’à faire état, sur une radio publique, d’ « allégations fantaisistes ».

Le temps des pétitions est passé ! C’est pourquoi, aujourd’hui, nous en appelons au Président de la République pour lui demander d’user de son autorité et de ses pouvoirs pour que les Grands-Augustins retrouvent leur vocation culturelle et artistique, et soient ouverts au public, dans les meilleurs délais. Halte au foutage de gueule : il faut arrêter de tergiverser !

Avec tout le respect que nous devons au Président de la République, nous lui demandons solennellement de prendre ses responsabilités dans cette affaire.

Faute de quoi, la France sera la risée du monde entier pour tous ceux qui sont attachés à ce patrimoine.

André Cardinali dit dédé de Montreuil ou de Shanghai, c’est selon !.

F Beigbeder Conf de presse

Carlos Saura m’a adressé le message suivant :

Cher dédé,

Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I’Humanité, mérite donc la plus grande attention de I’Etat français. ll n’est pas vain de penser que le « Guernica » est la plus formidable représentation « des désastres provoqués par la guerre », un tableau-affiche qui symbolise I’horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I’Humanité.

Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris « .

A ce sujet, Carlos Saura prépare un film,  « 33 dias « , dont la sortie est prévue en 2017, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.

Et puisqu’il est question de cinéma, rappelons que chaque scène est précédée de l’ordre du réalisateur : « ACTION ». C’est ce que nous attendons aujourd’hui. Il est temps de mettre un terme à ce mauvais feuilleton !

André Cardinali.

PS : Une anecdote veut qu’Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire  » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous !.

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Robert Doisneau

Federico Restrepo. Un Philosophe-designer, colombien à Shanghai !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Ma passion dans ma vie est d’aider les artistes, l’artiste que je vous présente aujourd’hui en est un vrai !, en ce moment, il traverse une mauvaise période, c’est pour cela que je lance un APPEL SOLENNEL pour lui trouver du travail, afin qu’il retrouve la place qui est la sienne: celle du monde de la création et des arts. Deplus, il a une famille à nourrir avec deux enfants de bas âge …

Après avoir été l’animateur pour sauver l’atelier Picasso, je compte bien sauver un autre grand artiste comme Federico, avec votre aide. Merci.

Créer est aussi difficile que d’être libre ! Elsa Triolet

Cette citation pourrait être associée au talent de Federico Restrepo : un homme d’esprit et de savoir installé à Shanghai depuis 2007.

Sensibilisé à tous les moyens de création, Federico Restrepo développe un sens aigu de la création qu’il exerce dans son métier comme dans sa vie, car, selon lui, «la création est le plus noble des actes humains ».

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Né à Bogota (1962) de père architecte, grand-père aquarelliste, arrière-arrière-grand-père  « Grand prix de Rome » (et architecte de la Sorbonne) et de mère créative dans le design, Federico Restrepo est imprégné dès son plus jeune âge par l’univers de la création.

Cette culture s’enrichit de ses nombreux voyages effectués au fil des ses études – Colombie, Espagne, France – et Federico Restrepo développe alors son sens artistique. Il l’exprime dès l’âge de 18 ans à travers la peinture dont il expose son travail à Rodez en 1981. Trop jeune et non préparé à affronter le monde des galeries, il renonce à s’engager dans cette voie et entame alors des études de logique et de philosophie à La Sorbonne jusqu’à sa maîtrise en 1987. Encore étudiant et toujours féru de création, il conçoit et dessine un luminaire grâce auquel il remporte le titre « Lampe d’Or » au Salon International du Luminaire en 1987, remis par Philippe Starck. Dès lors, il se dédie définitivement au design.

Après avoir monté sa première agence (Raison Pure) en 1988 à l’âge de 25 ans, il mûrit la trajectoire qu’il souhaite donner à son métier et à sa vie et crée en 1994 L’ATELIER FEDERICO RESTREPO où il développe son savoir-faire singulier dans le monde du design, combinaison d’une formation à la fois artistique et philosophique. Son approche éclectique du design a déjà remporté un vif succès dans le domaine des parfums et de la cosmétologie où il a acquis une notoriété de véritable expert.

Voici un extrait de ses réalisations www.federicorestrepo.me

Sensibilisé à tous les moyens de création dès son plus jeune âge, Federico Restrepo développe un sens aigu de la création qu’il exerce dans son métier comme dans sa vie, car, selon lui, «la création est le plus noble des actes humains »

De la philosophie qu’il étudie à La Sorbonne, Federico Restrepo a gardé le goût de l’analyse et de la réflexion. Il aime lire mais aussi écrire. Son premier livre « Le livre d’heures » (aux éditions Milan) illustre sa manière d’appréhender le métier de créateur. Dernièrement, il vient de terminer son nouvel ouvrage « Le livre des Illusions, Petits sentiers pour une méditation terrestre ».

Fr,.Livreillusions.couvsite

Jeune peintre à 18 ans, la peinture reste une de ses passions. Il peint des aquarelles dans son atelier . Libre de toutes contraintes puisqu’il n’expose pas, Federico Restrepo crée pour le simple bonheur de donner vie à des créations.

Le dessin fait partie de son quotidien professionnel. En dehors des flacons de parfums, il aime également dessiner des objets très divers aussi bien dans le domaine des arts de la table, de l’écriture que des spiritueux….

Autodidacte dans le domaine du design, il a approfondi l’étude des techniques de fabrication et a poussé son travail jusqu’à la recherche fondamentale sur les matériaux pour les industriels. De ce travail acharné, il a même découvert des procédés de fabrication insoupçonnés dans le domaine du verre. Il travaille à titre personnel le verre soufflé en produisant des pièces à destination de galeries ou de particuliers.

Polyglotte (espagnol, anglais, italien, français), Federico Restrepo aime voyager et côtoyer des cultures différentes qui nourrissent son esprit créatif et ses idées.

Federico vient de créer une ligne de joillerie pour Hommes :  « LES ORNEMENTS  » www.frestrepo.com

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Selon lui, l’échange est une véritable richesse : « Tout seul on n’a pas d’idées. Il faut  les échanger ». C’est pour cela que je fais un appel amical auprès de mes amis, et à la communauté française en Chine.

Pour découvrir ses multiples facettes, voici plusieurs Liens:

Site professionel : www.restrepodesign.com

Le cabinet des curiosités de Shanghai http://federicorestrepo.me/portfolio/cabinet/book.swf
Livres : Peinture, poésie, etc…: a télécharger http://restrepodesign.com/books/

Lucien Clergue, le saltimbanque

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Lucien Clergue, est mort aujourd’hui, à l’âge de 80 ans, soit dix jours après son grand ami, le guitariste gitan Manitas de Plata.

4524197_7_56bd_lucien-clergue-en-juin-2013_d86b62c346ae6efff20e144d9a9cce8fphoto Dominique Faget. AFP

Lucien était le président du Comité de soutien pour sauver l’atelier de son ami Picasso en intervenant auprès du Président de la République.Lettre François Hollande

Figure majeure de la photographie en France, cet Arlésien pur jus, issu d’un milieu modeste et qui rêve d’abord de devenir violoniste, photographie des cadavres d’oiseaux sur les berges du Rhône. Il montre ses images, au culot, à Picasso, il n’a pas 20 ans. C’est le début d’une longue amitié et d’une belle carrière de photographe.

Premie_re-rencontre-Lucien-Clergue-et-Picasso_-Arles_1953

Première rencontre entre Picasso et Lucien Clergue

Ses images de taureaux morts (ses « charognes ») ou de débris sur la plage, ses nus particulièrement osés pour l’époque – il en tirera un livre célèbre, Née de la vague (1965), le rendent rapidement célèbre. Son premier livre, Corps mémorable(1957), accompagné de poèmes de Paul Eluard, d’une introduction de Jean Cocteau, et orné d’une couverture de Picasso, est un succès.

Sa réputation va bien au-delà des frontières : il est l’un des rarrissimes français à bénéficier d’une exposition au MoMA de New York, en 1961.

Lucien Clergue deviendra, toute sa vie, un activiste de la photographie, qu’il tente de promouvoir comme un art – une notion moquée à l’époque. Président de l’Académie des Beaux-Arts, Membre de l’Institut, c’est le premier photographe entré sous la Coupole, en octobre 2007.

Mais sa plus grande œuvre reste sans aucun doute les Rencontres d’Arles, qu’il crée en 1969 avec l’écrivain Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette : il transforme le festival local, dédié au départ à la musique, en des rencontres autour de la photographie et des expositions d’images dans la ville, et bientôt dans les églises. Il fait venir toutes les grandes figures de l’époque, Lucien donne ainsi un coup de fouet décisif à la diffusion de la culture photographique en France.

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Portrait de Picasso par Lucien Clergue

Je lui dédicace cette citation, créé pour le Festival d’une photo : Le photographe est l’oeil de la vie pour nous ouvrir les yeux.

https://soufflezsurlesbraises.com/2011/11/05/notre-festival-dune-photo/

et aussi trois photos prises à Shanghai par mon fils (8 ans comme le 8ème art ) avec son iPod ,
Copyright JC 2
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Copyright JC

 

Lettre Ouverte au Président de la République.

Monsieur le Président, cher François Hollande,

Beaucoup d’appels et de combats ont été menés de l’extérieur de la France, celui-ci en est un ! de Shanghai, je me permets de solliciter de toute urgence votre aide pour sauver les ateliers des Grands-Augustins menacés de destruction par la Chambre des Huissiers de Justice de Paris.

Alors que vous venez d’inaugurer le Musée Picasso,  le Grenier des Grands-Augustins va disparaître pour laisser place à une résidence hôtelière !

Monsieur le Président, vous venez d’affirmer que Pierre Daix qui vient de nous quitter: «  C’était un homme libre « , voici sa réaction dans un article de La Croix, daté du 24 juin 2014:

« Je suis absolument indigné des menaces pesant sur le Grenier des Grands-Augustins. C’est un lieu historique. C’est là, que Picasso a peint Guernica, mais aussi le Charnier. C’est là qu’il a passé toutes les années d’occupation avant de partir à la fin de la guerre dans le Midi. Il y revenait de temps à autre. Et c’est là encore qu’en 1949, il nous a montré à Aragon et à moi des lithographies qu’il venait de réaliser, dont La Colombe, devenue l’emblème du Mouvement de la paix. Ce lieu doit être conservé… »

téléchargement

C’est ici au 7, rue des Grands-Augustins, que l’enfant Louis XIII fut proclamé roi le 10 mai 1610 à la mort de son père Henri IV.

C’est ici que l’on a amené Ravaillac après son attentat.

C’est ici que Honoré de  Balzac situe l’action de son  » Chef d’œuvre inconnu« , nouvelle fantastique mettant en scène le jeune Nicolas Poussin et les peintres Porbus et Frenhofer.

C’est ici que Jean-Louis Barrault  installa sa première compagnie et tint son théâtre expérimental.

Paul Claudel, Antonin Artaud, Louis Aragon, Georges Bataille, André Masson, Claude Dauphin, Jean Giraudoux, Jean Cocteau, Jules Romain, Armand Salacrou, François Mauriac, Henri Mondor, Jacques Prévert, Marcel Carné, Robert Desnos, Mouloudji, Dora Maar, Jean-Paul Sartre et bien sûr Simone de Beauvoir… Tous se retrouvaient régulièrement au  « Grenier des Grands Augustins », résidence de Jean-Louis Barrault entre 1933 et 1936.

« Au Grenier, la porte n’était jamais fermée, venait y habiter qui voulait ».

C’est ici que le Groupe Octobre de Jacques Prévert, et les Surréalistes organisèrent plusieurs réunions en 1936.

C’est ici que Pablo Picasso réalisa Guernica et séjourna jusqu’en 1955

C’est ici que Le Comité National pour l’Education Artistique ( CNEA ) association Loi de 1901, fondée en 1966 a installé son siège social, après avoir entièrement réhabilité les lieux, laissés en totale déshérence après l’expulsion de Pablo Picasso par les huissiers.

Le CNEA a été à son tour expulsé par la Chambre des huissiers il y a un an.

Il y a plus d’un an, le 15 avril 2013, vous aviez immédiatement répondu à l’appel lancé par le président du comité de soutien, Monsieur Lucien Clergue et exprimé votre volonté de voir ce dossier « traité prioritairement ». Aujourd’hui où en est-on ?

Votre lettre adressée à Lucien Clergue :   François Hollande

…La seule question qui se pose est de savoir quand les ateliers des Grands-Augustins seront à nouveau ouverts au public

Il ne semble pas que l’on soit en mesure, du côté de l’administration, de répondre à cette question légitime. Par contre, ce qui est sûr, c’est que la chambre des huissiers se contre-fout éperdument des décisions prises par la Commission du patrimoine et des sites, autant que du décret qui a été signé par le Préfet de Paris le 18 juillet, et notifié à la mairie de Paris le 28 juillet, décret qui n’a toujours pas fait l’objet d’une publication au JO.

Vous a-t-on informé que huit jours après la notification du dit décret à la mairie, les huissiers ont déposé un permis de construire ? (PJ) Monsieur le Président de la République, vos ordres étaient clairs. Ils ont pourtant été bafoués, et permettez-moi de dire, avec tout le respect que je vous dois, que l’on se fout de votre gueule, comme de la nôtre et de tous ceux qui s’intéressent – ils sont légion – dans ce pays comme à l’étranger, à ce patrimoine universel. Nous attendons maintenant de votre part une décision urgente et incontestable. »

Une anecdote veut qu’à Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire  » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous ! avec le soutien de François Hollande, Président de la République.

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Certain que vous mesurerez l’importance de cet appel, et confiant dans votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma très haute considération.

André Cardinali, animateur du comité de soutien.

PS : le Comité de soutien a récolté plus de deux mille signataires adressées à Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris et à Monsieur Manuel Vals, Premier Ministre.

Etant installé en Chine, j’appelle tous mes amis à prendre mon relais pour sauver l’atelier Picasso.Ce combat est primordial pour les jeunes générations et pour le patrimoine culturel français et espagnol.
Frédéric Beigbeder, a lu ce message en mon absence, le jeudi 13 novembre 2014, lors de la conférence de presse à la Mairie du 6ème
Merci Frédéric, tu est un ami.
F Beigbeder Conf de presse
Quelques témoignages :

Carlos Saura

» ll y a quelques mois, alors que je préparais mon film « 33 jours » sur Picasso, Dora Maar et l’élaboration du tableau « Guernica« , j’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de la rue des Grands- Augustins où l’artiste a peint le « Guernica ». Ce fut un grand moment d’émotion.

Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I’Humanité, mérite donc la plus grande attention de I’Etat français. ll n’est pas vain de penser que le « Guernica » est la plus formidable représentation « des désastres provoqués par la guerre », un tableau-affiche qui symbolise I’horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I’Humanité.

Pablo Picasso est un peintre espagnol et français, un peintre universel et sans frontières. ll a passé la majeure partie de sa vie en France qui I’a toujours bien accueilli. C’est à Paris, dans cet atelier des Augustins que Picasso, en y réalisant le « Guernica », a vécu une des expériences les plus émouvantes de l’Histoire de la peinture. Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris « .

NB : Carlos Saura prépare un film, 33 dias, dont la sortie est prévue en 2015, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.


Erik Orsenna

»S’il est un lieu où la culture de la modernité a été créée, c’est les Grands-Augustins ! C’est par Guernica que j’ai appris ce qu’avait été la guerre d’Espagne et que j’ai compris certains enjeux qui ont meurtri l’Europe.

Bafouer ainsi cette mémoire si précieuse est insupportable. De plus, et surtout, faire vivre des endroits où il y a eu création, cela donne envie de créer. Et la France et l’Europe ont besoin de lieux de création. Les Grands-Augustins doivent revivre« .


Coup de gueule de Jean-Pierre Mocky

Une chose est certaine, le musée Picasso va rouvrir. Une autre chose est certaine : si les ateliers des Grands-Augustins ne sont pas classés, ils risquent, eux,  d’être définitivement fermés au public.

Picasso avait déclaré à Brassaï, le grand photographe : « après l’incendie du Bâteau-Lavoir, si les Grands-Augustins disparaissent, il ne restera plus rien de mon passage à Paris «

Et puis j’aimerai aussi qu’on pense au CNEA, viré par les huissiers à l’automne dernier. Sans le CNEA et tous ceux qui se battent aux côtés d’Alain Casabona, le grenier serait toujours aux oubliettes, et qui parlerait d’éducation artistique dans ce pays  ? «

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Lucien Clergue. Président de l’Académie des Beaux-Arts. Président du comité de soutien.

photo Conf

Les animateurs du comité de soutien :

André Cardinali – Didier Lockwood, Charlotte Rampling, Alain Casabona.

Charlotte Rampling

» Petit à petit, je me suis engagée, par envie, par amour pour un endroit que je refusais de voir disparaître. Pour quelle raison? Qu’est-ce qui peut justifier la disparition d’un tel lieu de mémoire? Nous avons réalisé au Grenier des choses très créatives, très fortes, très joyeuses aussi. Je sais qu’il ne veut pas qu’on en parle, mais tant pis, nous y avons également joué une pièce de théâtre écrite par Alain Casabona sur cet atelier et les personnages historiques qui l’ont visité à travers les siècles. Les Grands-Augustins sont un véritable symbole. Quant à dire ce qu’ils vont devenir…Même si le résultat obtenu est considérable, la bataille n’est pas pour autant complètement gagnée, mais je doute que les ateliers puissent être désormais détruits. Il faut quand même rester très vigilant. Je ne suis pas politique, je suis simplement un soutien moral, affectif. Amoureuse d’un endroit, tout simplement, et amie des gens qui l’animaient, et qui, je l’espère, pourront à nouveau nous enchanter. Parce que le Grenier n’est pas seulement mythique. Il est magique« .


 Didier Lockwood

»La culture, l’art, la mémoire sont les garants de la survie de notre espèce. L’art exerce une triple fonction : il est divinatoire, puisque visionnaire, en ce sens qu’il s’adresse au futur. Il est également le témoin de notre passé, de notre éveil et de notre progression. Mais il est également le seul véritable ancrage dans le présent car tout acte artistique est un cadeau. Ainsi, c’est en regardant au fond des choses, à travers une éducation au sensible, que l’on peut apercevoir la lumière et se retrouver, ensemble, pour servir ce qui nous anime : la vie. Le Grenier des Grands-Augustins doit demeurer un lieu de rassemblement, en toute humilité. Il s’agit de réfléchir sur ce que l’art et la culture nous apportent. A travers le sensible, on peut sublimer le sensé et le rationnel. De ce fait, si nos dirigeants faisaient davantage confiance aux artistes dans leurs visions, on pourrait éviter beaucoup de catastrophes« .


Communiqué d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, à propos du classement du Grenier Picasso

Publié le 13.05.2014 À 19H50

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, se félicite de l’avis favorable rendu par la Commission régionale du patrimoine et des sites à l’inscription du Grenier Picasso au titre des monuments historiques. Réunie le 13 mai, la commission régionale du patrimoine et des sites d’Ile-de-France, placée sous la présidence du Préfet de région, a examiné l’extension de la protection au titre des monuments historiques de l’immeuble des Grands-Augustins. Étaient notamment concernés le 2ème étage et le grenier des Grands-Augustins où Pablo Picasso a installé son atelier à partir de 1937. Il aura créé dans ces lieux, pendant plus de trente ans, de nombreux chefs d’œuvre, et notamment « Guernica ». La Commission a rendu un avis favorable à l’extension de la protection. Désormais toutes les conditions sont réunies pour que l’arrêté d’inscription puisse être pris très rapidement. Aurélie Filippetti se réjouit de cet avis rendu par une commission composée d’éminents experts du patrimoine. Elle rappelle qu’elle avait demandé aux représentants du ministère de la Culture et de la Communication, au sein de cette commission, de voter en faveur de la protection, eu égard à la valeur historique de ce lieu indissociable de la mémoire de Pablo Picasso.


Comité de soutien, présidé par Lucien Clergue et fédéré autour de Charlotte Rampling, Didier Lockwood et André Cardinali dit dédé de Montreuil.

 Premiers signataires :

Victoria Abril, Nicole Avril, Pierre Arditi, Fernando Arrabal, Eugénie Bachelot-Prévert Josiane Balasko, Marie-Christine Barrault, Géraldine Beigbeder, Marc Bellanger, Pierre Bénichou, André Bercoff, Patrick Bouchitey, Emmanuel de Brantes, Cabu, Grâce de Capitani, André Cardinali, Alain Casabona, Madeleine Chapsal, Philippe Chevallier, Cyrielle Clair, Lucien Clergue, Hermine de Clermont-Tonnerre, Pierre Cornette de Saint-Cyr Michèle Cotta, Béatrice Dalle, Didier Decoin, Jean-Paul Delevoye, Philippe Douste-Blazy Jean-Claude Dreyfus, Jean-Pierre Elkabbach, Bruno Gaccio, Gilbert Grellet, Rona Hartner Izïa Higelin, Jacques Higelin, Yvette Horner, Paco Ibanez, Jean-Noël Jeanneney, Jean-Pierre Kalfon, Nelly Kaplan, Francis Lai, Jack Lang, Olivier et Yara Lapidus, Bernard Lavilliers Amanda Lear, Jean-Pierre Lecoq, Pierre Lescure, Peter Lindbergh, Didier Lockwood Michaël Lonsdale, Jacques Mailhot, Raghunath Manet, Joël Martin, Florent Massot, Jacques Menninger, Kamel Mennour, Saülo Mercader, Serge Moati, Jean-Pierre Mocky, François Morel, Nicoletta, Hélène Nougaro, René de Obaldia, Erik Orsenna, Henri Peña-Ruiz, Francis Perrin, Philippe Perrin, Patrick Poivre d’Arvor, Anne Queffelec, Charlotte Rampling, Michel Rocard, Jacques Rouveyrollis, Pierre Santini, Carlos Saura, Jacques Séguéla, Roger Serre, Jérôme Seydoux, Bruno Solo, Agnès Soral, Ousmane Sow, Bruno de Stabenrath, Philippe Tesson François-Joël Thiollier, Danièle Thomson,Sarah Vernette, Astrid Veillon, Jean-Pierre Wallez, Jean-Michel Wilmotte, Georges Wolinski, Gordon Zola…


PERMIS DE CONSTRUIRE. PC 075 106 14 V 0019

Date de dépôt 05/08/2014

Adresse

7 – 7 rue des Grands Augustins

Demandeur

HELZEAR

Monsieur Timothée de COURCY

22 rue Rennequin

75017 PARIS

Objet des travaux (lors du dépôt)

Réhabilitation avec changement de destination d’un bâtiment de bureau, sur rue et cour, de 3

étages + combles, sur 1 niveau de sous-sol, en résidence hôtelière de 25 chambres, avec

construction de mezzanines dans les volumes du rez-de-chaussée et 1er étage pour création de duplex, démolition des extensions à rez-de-chaussée et R+1 en fond de parcelle pour restitution

d’une deuxième cour, ravalement de la façade sur rue et de l’aile droite sur cour, modification de la devanture sur rue et création d’un pyrodome et d’une lucarne en brisis versant rue.

Surface supprimée : 110 m². Surface créée : 77 m².

Immeuble concerné par une inscription sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments

Historiques en date du 06/02/1926. Programme (lors de la décision)

Propriétaire :

CHAMBRE DEPARTEMENTALE DES HUISSIERS DE JUSTICE DE PARIS

17 RUE DE BEAUJOLAIS . 75001 PARIS

Architecte

CLCT ARCHITECTES

2, rue de Compiègne

75010 Paris

 

 

L’atelier Picasso sauvé !

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Encore merci de votre soutien précieux, votre nom restera gravé dans l’histoire de ce lieu mythique.

J’aime bien ce genre de combats dont on dit qu’ils sont désespérés.

Sauver les Grands-Augustins, c’est notre devoir et notre fierté pour l’avenir des jeunes générations. C’est l’affaire de tous, ou du moins ça devrait l’être ! Pour reprendre ma maxime préférée, le Général Patton disait : “ Rien n’est impossible à condition d’utiliser l’audace ”. J’y ajouterai la passion !

dédé


 

Communiqué de presse CNEA                  
14 mai 2014
Le Comité National pour l’Education Artistique (CNEA) a pris connaissance du communiqué publié le 13 mai par Mme Aurélie Filippetti, ministre de la Culture (cf. PJ), et se félicite de l’avis favorable adopté à l’unanimité par la commission régionale du patrimoine et des sites. Ainsi que le demandaient les signataires de la lettre ouverte à la maire de Paris et au Premier ministre, la commission s’est prononcée en faveur de la protection, au titre des monuments historiques, du Grenier des Grands-Augustins, du deuxième étage de l’immeuble où fut peint Guernica, mais aussi de l’ensemble des façades, des toitures et de la cage d’escalier du 7, rue des Grands-Augustins.
Il s’agit là d’une magnifique victoire pour tous ceux qui ont uni leurs efforts depuis mai 2013 afin que les Grands-Augustins, qualifiés de « lieu le plus emblématique de Paris  » par le réalisateur Carlos Saura, soient définitivement protégés.
Le CNEA exprime sa vive reconnaissance aux membres de son comité de soutien, présidé par M. Lucien Clergue et fédéré autour de Mme Charlotte Rampling, de M. Didier Lockwood et de M. André Cardinali, dit Dédé de Montreuil.
Que soient aussi remerciés Opinion Internationale, le média en ligne qui a recueilli les signatures de nos soutiens*, et son fondateur, M. Michel Taube ; maître Marc Bellanger ; le groupe IGS (Institut de Gestion Sociale), qui soutient l’action du CNEA depuis plus de vingt ans et a accepté d’héberger l’association à titre provisoire. Bien évidemment, nos remerciements s’adressent aussi à tous les signataires de la lettre ouverte à la maire de Paris et au Premier ministre. Leur contribution a été essentielle pour rendre cette victoire possible. Merci aussi à M. Bertrand Delanoë, Mme Anne Hidalgo, M. Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, et M. Jean-Pierre Lecoq, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour appuyer nos démarches auprès du gouvernement. Merci enfin aux journalistes qui ont bien voulu se faire l’écho de ce combat sans précédent dans l’histoire du Patrimoine.
Pour reprendre les termes de la ministre de la Culture, « désormais, toutes les conditions sont réunies pour que l’arrêté d’inscription puisse être pris très rapidement. »
Notre combat ne s’arrête pas là. La vocation des Grands-Augustins ne peut être seulement patrimoniale, elle est aussi et avant tout culturelle: elle ne peut reprendre toute sa dimension que dans le cadre d’une ouverture au public, et tout particulièrement aux scolaires.
Le conseil d’administration du CNEA
* La liste des signataires, mais aussi l’éditorial de Michel Taube, la conférence de presse du 6 mai 2014, l’interview d’André Cardinali et l’improvisation de Didier Lockwood, sont consultables à l’adresse suivante:
2000 signataires ont signé la lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls avec plus de 100 personnalités du monde de l’art.

Pour tous ceux qui n’ont pas encore signé, vous pouvez encore le faire et le demander à vos amis. Merci d’avance.

 


Il était temps de classer cet immeuble emblématique.
 » ll y a quelques mois, alors que je préparais mon film « 33 jours » sur Picasso, Dora Maar et l’élaboration du tableau « Guernica« , j’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de la rue des Grands- Augustins où l’artiste a peint le « Guernica ». Ce fut un grand moment d’émotion.
Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I’Humanité, mérite donc la plus grande attention de I’Etat français. ll n’est pas vain de penser que le « Guernica » est la plus formidable représentation « des désastres provoqués par la guerre », un tableau-affiche qui symbolise I’horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I’Humanité.
Pablo Picasso est un peintre espagnol et français, un peintre universel et sans frontières. ll a passé la majeure partie de sa vie en France qui I’a toujours bien accueilli. C’est à Paris, dans cet atelier des Augustins que Picasso, en y réalisant le « Guernica », a vécu une des expériences les plus émouvantes de l’Histoire de la peinture. Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris « Carlos Saura
NB : Carlos Saura prépare un film, 33 dias, dont la sortie est prévue en 2015, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.

 » S’il est un lieu où la culture de la modernité a été créée, c’est les Grands-Augustins ! C’est par Guernica que j’ai appris ce qu’avait été la guerre d’Espagne et que j’ai compris certains enjeux qui ont meurtri l’Europe.

Bafouer ainsi cette mémoire si précieuse est insupportable. De plus, et surtout, faire vivre des endroits où il y a eu création, cela donne envie de créer. Et la France et l’Europe ont besoin de lieux de création. Les Grands-Augustins doivent revivre « . Erik Orsenna

Coup de gueule de Jean-Pierre Mocky

 » ça me fait doucement marrer de voir la polémique sur la réouverture de l’hôtel de Salé, et tout ça pour des histoires de personnes . Une chose est certaine, le musée va rouvrir. Une autre chose est certaine : si les ateliers des Grands-Augustins ne sont pas classés, ils risquent, eux,  d’être définitivement fermé au public.

J’ai été surpris de voir que Mr Claude Picasso, lors de ses nombreuses interviews, n’a pas parlé une seule fois de l’urgence de classer les ateliers de son père, qui avait déclaré à Brassaï, le grand photographe : « après l’incendie du Bâteau-Lavoir, si les Grands-Augustins disparaissent, il ne restera plus rien de mon passage à Paris « .

Mais, peut-être que Claude Picasso n’a pas eu le temps de se pencher sur le problème. On me dit qu’il n’a jamais mis les pieds aux Grands-Augustins.

C’est facile de dire :   » la France se fout de mon père  » , alors que les ateliers sont en péril et qu’on ne bouge pas le petit doigt !.

Et puis j’aimerai aussi qu’on pense au CNEA, viré par les huissiers à l’automne dernier. Sans le CNEA et tous ceux qui se battent aux côtés d’Alain Casabona, le grenier serait toujours aux oubliettes, et qui parlerait d’éducation artistique dans ce pays  ?  »


Lucien-Clergue-┬®-K.Cooper

 

Lucien Clergue. Président de l’Académie des Beaux-Arts et

Président du comité de soutien.

 

photo Conf
Les animateurs du comité de soutien et Alain Casabona, Délégué général du CNEA.

 » Petit à petit, je me suis engagée, par envie, par amour pour un endroit que je refusais de voir disparaître. Pour quelle raison? Qu’est-ce qui peut justifier la disparition d’un tel lieu de mémoire? Nous avons réalisé au Grenier des choses très créatives, très fortes, très joyeuses aussi. Je sais qu’il ne veut pas qu’on en parle, mais tant pis, nous y avons également joué une pièce de théâtre écrite par Alain Casabona sur cet atelier et les personnages historiques qui l’ont visité à travers les siècles. Les Grands-Augustins sont un véritable symbole. Quant à dire ce qu’ils vont devenir…Même si le résultat obtenu est considérable, la bataille n’est pas pour autant complètement gagnée, mais je doute que les ateliers puissent être désormais détruits. Il faut quand même rester très vigilant. Je ne suis pas politique, je suis simplement un soutien moral, affectif. Amoureuse d’un endroit, tout simplement, et amie des gens qui l’animaient, et qui, je l’espère, pourront à nouveau nous enchanter. Parce que le Grenier n’est pas seulement mythique. Il est magique « .
Charlotte Rampling

 » La culture, l’art, la mémoire sont les garants de la survie de notre espèce. L’art exerce une triple fonction : il est divinatoire, puisque visionnaire, en ce sens qu’il s’adresse au futur. Il est également le témoin de notre passé, de notre éveil et de notre progression. Mais il est également le seul véritable ancrage dans le présent car tout acte artistique est un cadeau. Ainsi, c’est en regardant au fond des choses, à travers une éducation au sensible, que l’on peut apercevoir la lumière et se retrouver, ensemble, pour servir ce qui nous anime : la vie. Le Grenier des Grands-Augustins doit demeurer un lieu de rassemblement, en toute humilité. Il s’agit de réfléchir sur ce que l’art et la culture nous apportent. A travers le sensible, on peut sublimer le sensé et le rationnel. De ce fait, si nos dirigeants faisaient davantage confiance aux artistes dans leurs visions, on pourrait éviter beaucoup de catastrophes « . Didier Lockwood


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La victoire de Guernica

Nous en aurons raison.

 Paul Eluard 

Une anecdote veut qu’à Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire  » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous !

 

 

URGENT. J’ai besoin de vous.

 

 

« Il reste 5 jours pour sauver les Ateliers de Picasso »

André Cardinali, dit Dédé de Montreuil, est un créateur d’événements culturels. Il aide les jeunes talents à percer dans ce milieu. Fils d’immigrés italiens, il a grandi dans le Paris des années 60. C’est au contact de Jean-Jacques Servan-Schreiber, le fondateur de l’Express, dont il a été le secrétaire particulier pendant vingt ans, qu’il a puisé cette culture de l’engagement. Aujourd’hui il s’engage en tant qu’animateur du Comité de soutien pour sauver le Grenier des Grands-Augustins.

André Cardinali, à Paris, 9 avril 2014 © Alain Elorza

Vous vous battez pour la protection du Grenier des Grands-Augustins, là où Picasso a peint Guernica.

Quelle mouche a piqué Dédé de Montreuil pour qu’« il » s’engage ainsi ? 

C’est mon ami Alain Casabona qui, à la tête du Comité National pour l’Education Artistique (CNEA), m’a sensibilisé à cette cause. Nous avons mené ensemble des actions humanitaires comme la campagne « Tâtez-vous », pour le dépistage du cancer du sein, ou celle encore pour soutenir le chef Raoni et protéger la forêt amazonienne.

Selon nos informations, la Chambre des huissiers de justice de Paris, propriétaires de l’immeuble, s’apprêterait à louer l’ensemble du bâtiment à un investisseur qui voudrait y ouvrir une résidence hôtelière de luxe. Cela vous révolte. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’aime bien ce genre de combats dont on dit qu’ils sont désespérés ce qui, à mon avis, n’est pas le cas ici, quoiqu’en pensent ceux qui ont réussi à expulser le CNEA qui, rappelons-le, a réhabilité les lieux en 2002 pour y accomplir une œuvre considérable, notamment en organisant des concerts, des lectures, des expositions et surtout des ateliers pédagogiques, activités toutes gratuites.

J’ai eu la chance de travailler aux côtés d’un homme, Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui m’a beaucoup inspiré et m’a appris comment on menait des combats à leur terme. Le combat pour sauver les Grands-Augustins est une cause magnifique. C’est un combat que je mène pour tous les enfants, et en particulier les miens : je les ai d’ailleurs emmenés à plusieurs reprises avec toute leur école à l’Atelier Picasso et ils y ont reçu des bonnes ondes.

Comment peut-on fermer un lieu aussi chargé d’histoire ? Balzac y situe l’action de son Chef d’œuvre inconnu, Jean-Louis Barrault y installa son atelier entre 1934 et 1936. C’est ici aussi que Prévert a créé le groupe Octobre. Picasso y a peint Guernica et la Colombe de la paix. Fermer ces ateliers reviendrait à rayer d’un trait une partie de notre patrimoine, du patrimoine européen aussi : ce serait une gifle pour l’Espagne mais aussi, même si cela peut sembler paradoxal, pour l’Allemagne. Pour moi, ce serait un acte de vandalisme caractérisé.

Parlez-nous de la chronologie des événements : comment ce lieu a t-il pu être cédé sans prendre en compte cette dimension historique ?

Tout d’abord, il faut préciser que ce lieu n’a pas encore été cédé pour la simple raison qu’il s’agit d’un bien inaliénable, qui ne peut être proposé qu’à la location, et encore… Ce n’est pas la Chambre des huissiers de justice de Paris qui en est le propriétaire, mais la centaine d’huissiers et des ayant-droits qui ont acheté l’immeuble en 1926. D’ailleurs, le CNEA a interjeté appel de l’ordonnance d’expulsion du 3 juillet 2013 en mettant en avant cet argument important émanant du juge des référés qui estime que la contestation émise par le CNEA est sérieuse et dépasse son pouvoir.

Ce qui est sûr, c’est que l’un des héritiers du peintre a proposé à la Chambre de louer l’ensemble de l’immeuble et de prendre à sa charge la totalité des travaux pour y installer une Fondation. Cette solution idéale a été refusée par le président de la Chambre qui a peut-être reçu une offre plus alléchante. Il serait intéressant d’ailleurs de savoir ce qu’en pensent ses confrères…

Toujours est-il qu’il y a le feu au lac. En effet, la commission régionale du patrimoine et des sites doit se réunir le 13 mai pour décider de l’avenir des Ateliers Picasso.

Vous évoquez les Ateliers Picasso et non le Grenier. Pourquoi ?

Cette question est essentielle. Il faut savoir que Picasso occupait non seulement le Grenier, c’est-à-dire le dernier étage, composé de sa chambre, de sa salle de bains et de l’atelier de peinture, mais aussi l’étage inférieur qui comprenait notamment l’atelier de sculpture. C’est là que fut peint en réalité Guernica. La hauteur sous plafonds du Grenier ne permettait pas à l’artiste d’y réaliser son chef d’œuvre. Imagine-t-on un instant que cet espace soit transformé en suite avec jacuzzi ? Nous avons soulevé cet aspect du problème dans nos courriers adressés au Premier ministre et à la Maire de Paris. En effet, le classement doit porter sur l’ensemble des ateliers, c’est-à-dire les deux derniers étages de l’immeuble du 7, rue des Grands-Augustins.

Comment se fait-il qu’une procédure d’urgence de classement n’ait pas encore été décidée ?

Effectivement, cette mesure aurait pu être prise dès l’été dernier. Saisi par le président de l’Académie des Beaux-Arts, Monsieur Lucien Clergue, François Hollande avait répondu à ce dernier le 14 avril 2013 – il y a donc plus d’un an – en exprimant sa volonté de voir ce dossier « confié à Madame Filippetti, traité prioritairement. »

Malgré les interventions du président de la République, du président de l’Académie des Beaux-Arts, de l’ancien Maire de Paris, du Conseil de Paris, du Maire du VIèmearrondissement, et les protestations indignées de très nombreuses personnalités, relayées par une importante campagne de presse, cette mesure, la seule de nature à protéger les Ateliers, n’a pas été engagée. Ceci est d’autant plus étonnant qu’il y a quelques années, Monsieur Jack Lang, alors ministre de la culture, avait réussi à classer en très peu de temps le Fouquet’s et éviter ainsi sa transformation en galerie marchande.

Comment expliquez-vous cet abandon des politiques ?

Plus que d’abandon, je parlerais d’incurie. Quand on sait que l’Hôtel Salé (Musée Picasso) qui devait ouvrir ses portes à l’automne dernier voit une fois encore son ouverture reculée à l’automne prochain, on peut se demander si certains de nos dirigeants aiment Picasso. D’où la Lettre ouverte à Monsieur Valls et à Madame Hidalgo sur lesquels nous comptons beaucoup. Et je le pense sincèrement. En effet, tous les deux ont insisté à plusieurs reprises sur l’importance qu’ils attachaient à la protection du patrimoine et au développement de l’éducation artistique. Le sort des Grands-Augustins est entre leurs mains. Alors, que l’on ne vienne pas nous annoncer le 14 mai que les Ateliers ne sont pas classés, faute d’information : désormais, toute la classe politique est au courant.

Le 6 mai, Opinion Internationale organise une conférence de presse avec le soutien du CNEA. Qu’en attendez-vous ?

Cette conférence de presse, à laquelle nous avons convié aussi tous nos soutiens, est l’ultime chance de mobiliser l’opinion et les politiques. Souvenons-nous de ce que disait Picasso à Brassaï, quelques temps après avoir été expulsé lui aussi par les huissiers : « après l’incendie du Bateau Lavoir, la destruction des Ateliers des Grands-Augustins effacerait toute trace de mon passage à Paris. »

Imaginez un peu : Carlos Saura doit sortir un film, 33 dias, avec Antonio Banderas dans le rôle de Picasso et Gwyneth Paltrow dans celui de Dora Maar en 2015 sur le moment de sa vie où le peintre peignit Guernica. La France serait la risée du monde. Personnellement, je préfère imaginer un autre scénario : voir les responsables politiques français, allemands et espagnols inaugurer ensemble les Ateliers restaurés. Cela aurait quand même une autre gueule, non ?

Si le 13 mai, les Ateliers ne sont pas classés, ils risquent de disparaître à jamais. Nous espérons donc que les médias relaieront fortement notre Appel : il reste «13 dias » pour sauver les Grands-Augustins.

C’est notre devoir et c’est notre fierté de mener ce combat. C’est pourquoi nous comptons sur vous, parce que la culture, parce que l’avenir des jeunes générations, c’est l’affaire de tous !

Pour reprendre ma maxime préférée, le Général Patton disait : “ Rien n’est impossible à condition d’utiliser l’audace ”. J’y ajouterai la passion !

Propos recueillis par Elie Levaï

En ma qualité d’animateur du Comité de soutien, je compte sur vous pour signer cet appel et m’aider à faire passer le message autour de vous.

Nous serons tous fiers d’avoir participé à ce combat culturel, sinon à quoi sert-on ?

Je n’ai pas envie que les enfants et les jeunes nous disent  » Pourquoi, vous avez laissé faire ça  » .

André Cardinali dit dédé de Montreuil
P. 06 20 51 71 63
guernica
Lien : http://www.opinion-internationale.com/

 

Il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica‏

Signez la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls : il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica

Chers amis,

Je sais combien cette cause vous tient à cœur et vous connaissez ma fierté d’avoir contribué à lui donner le plus large écho, en ma qualité d’animateur du comité de soutien. 

Nous comptons sur votre signature et pour faire passer le message autour de vous. Rien n’est perdu: nous pouvons encore sauver ce patrimoine.

Le CNEA a décidé de saisir la nouvelle municipalité, le premier ministre, et bien évidemment le président de la République.
 
C’était un 8 avril, Picasso nous quittait, rendons lui aujourd’hui un hommage mérité.
 
 Amitié fidèle
 
André Cardinali dit dédé de Montreuil
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Guernica – Pablo Picasso – 1937

Opinion Internationale lance une campagne pour demander au Premier ministre et à la maire de Paris de faire classer en urgence le Grenier des Grands-Augustins. Lisez l’édito de Michel Taube et signez l’Appel à Anne Hidalgo et Manuel Valls.

Je signe la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls :

Monsieur le Premier ministre,

Madame la Maire,

Tous deux venez d’être élus et nommés à vos éminentes fonctions. Tous deux êtes nés en Espagne et avez choisi de vivre en France et à Paris. C’est également à Paris que Picasso peignit le plus important tableau du XXème siècle, Guernica, dans l’appartement, constitué des deux derniers étages, où il vécut de 1937 à 1955, 7, rue des Grands Augustins. A votre manière, vous êtes, Madame, Monsieur, des héritiers singuliers deGuernica et vos destins marchent sur les pas de Picasso.

Vous le savez, le Grenier des Grands Augustins est fermé au public depuis novembre dernier. En 2013, la Chambre des huissiers de justice de Paris, propriétaires de l’immeuble, en a expulsé le Comité national pour l’Education artistique qui, après avoir entièrement réhabilité en 2002 cet espace laissé en déshérence depuis l’expulsion du peintre, y a organisé des centaines d’expositions, concerts, lectures, et surtout accueilli des milliers d’élèves d’écoles, de collèges et de lycées dans le cadre d’ateliers pédagogiques. Toutes activités gratuites.

Selon nos informations, l’immeuble de la rue des Grands Augustins est menacé d’être transformé…en résidence hôtelière de luxe. Ce serait d’autant plus incompréhensible que l’un des héritiers du peintre était disposé à financer intégralement une Fondation qui aurait maintenu la vocation artistique de ce lieu mythique tout en satisfaisant les exigences financières des propriétaires.

Madame la Maire, Monsieur le Premier ministre, nous vous demandons solennellement d’user de votre pouvoir et de votre autorité pour instruire une procédure de classement en urgence du Grenier comme lieu de mémoire. Malgré les interventions du Président de la République, du président de l’Académie des Beaux-Arts, du précédent maire de Paris, du Conseil de Paris, du maire du VIème arrondissement et de très nombreuses personnalités, cette procédure n’a toujours pas été, à notre connaissance, activée. Pourtant, ce type de protection avait été engagé avec succès il y a quelques années pour préserver un célèbre restaurant des Champs-Elysées ! Nous savons que la commission régionale du patrimoine et des sites se réunira le 13 mai prochain pour décider d’une éventuelle extension de la protection de l’immeuble des Grands-Augustins. Il s’agit là de l’ultime chance de conserver ce lieu unique de l’histoire des arts.

Quel magnifique symbole ce serait si vous annonciez, au moment de la réouverture de l’Hôtel Salé, la préservation définitive du Grenier des Grands-Augustins, et son accessibilité au public

Nous vous remercions de la bienveillante attention que vous pourrez porter à cette cause et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, Madame la maire, l’expression de nos sentiments respectueux.