Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

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L’Atelier Picasso sauvé !

Bonjour Mssieurs, Dames,

Il y a des combats qui méritent d’être menés, comme celui de l’Atelier des Grands-Augustins, qui était en péril! Et qui vient de bénéficier d’une décision favorable et sans précédent de la Cour de Cassation.

C’est ICI, que Balzac, Jacques Prévert, Jean-Louis Barrault ont créé certaines de leurs œuvres!. C’est pour cela que je me suis engagé auprès de mon ami, Alain Casabona, délégué général du CNEA ( Comité National pour l’Education Artistique ) qui n’a jamais baissé les bras, malgré les pressions et les anomalies, pour sauvegarder ce lieu rempli d’histoires et de créations pour la jeunesse.

Ce billet est destiné à tous les amis et personnalités qui ont apporté spontanément leurs soutiens et leurs signatures à la Lettre ouverte, adressée au Premier Ministre, Manuel Valls et à la Maire de Paris, Anne Hidalgo, datée de 2014.

Je vous en remercie chaleureusement. Sans oublier mes enfants Linh et Jean qui m’ont toujours soutenu.

Ce billet mérite d’être diffusé auprès de vos amis et des réseaux sociaux. Je compte sur vous. Merci. dédé

C’est ICI, que Picasso a peint Guernica !

photo Grenier

Cher Dédé,

Je sais tout le travail que tu as accompli depuis si longtemps au service de la jeunesse et des artistes et plus largement de la culture. Ton ardeur à soutenir notre cause depuis trois ou quatre ans en témoigne largement, s’il le fallait. Ton ralliement immédiat au noyau dur constitué par les animateurs de notre Comité de soutien, Lucien Clergue, Charlotte Rampling, Didier Lockwood et maître Marc Bellanger, a été décisif pour le développement de notre campagne. Pour paraphraser le Cid: « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort…. » 
C’est pourquoi je pense que le communiqué que tu trouveras ci-joint, ainsi que la décision de justice qui l’accompagne devraient te réjouir, de même que tous ceux que tu as convaincus de nous rejoindre dans ce combat que l’on disait perdu d’avance. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. Certes rien n’est encore gagné; aussi faut-il se garder de tout triomphalisme, mais il s’agit là d’une superbe victoire qui augure d’une heureuse issue.
Avec toute mon amitié,
Alain Casabona,
Délégué général du CNEA

Communiqué de presse, 3 juin 2016

Grenier des Grands-Augustins :

La Cour de Cassation donne raison au CNEA

et condamne sévèrement la Chambre des Huissiers de Justice de Paris

Le CNEA (Comité National pour l’Education Artistique) a la satisfaction d’annoncer que par arrêt de la Cour de Cassation en date du 1er juin 2016, justice lui a été rendue, la Cour Suprême ayant invalidé le congé qui a permis à la CHJP (Chambre des Huissiers de Justice de Paris) de l’évincer du Grenier des Grands-Augustins. Il est désormais jugé de façon définitive que le CNEA a été expulsé du Grenier de manière illégale.

C’est donc à bon droit que le CNEA a engagé cette action judiciaire dans le but de « sanctuariser » ce lieu mythique, ancien atelier de Jean-Louis Barrault et de Pablo Picasso, afin de le protéger et de permettre ainsi au public, et tout particulièrement aux scolaires, de profiter de cet endroit qualifié par le réalisateur Carlos Saura de « lieu le plus emblématique de Paris, digne d’être classé au Patrimoine mondial de l’Humanité. »

Il fallait pour cela éviter que le Grenier ne soit transformé, comme l’étage inférieur, en chambres d’hôtel et suites, le président de la CHJP, Maître Denis Calippe, ayant contracté un bail avec un groupe immobilier, chargé de convertir l’ensemble de l’immeuble, situé 7, rue des Grands-Augustins, en résidence hôtelière de luxe. Afin d’éviter ce désastre, le CNEA avait organisé une vaste campagne et saisi, par le biais d’une lettre ouverte, le Premier ministre et la maire de Paris. A la suite de cette action, la Commission régionale du Patrimoine et des Sites avait voté à l’unanimité le 13 mai 2014 le classement à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques des deux derniers étages de l’immeuble, dont le Grenier.

Faisant fi de cette décision, ledit groupe immobilier avait déposé le 5 août 2014 un permis de construire occultant ce classement. Malgré toutes les interventions du CNEA, entre autres, auprès des pouvoirs publics, la mairie de Paris avait accordé un permis de construire au groupe en question le 15 juillet 2015. Face au danger planant sur les deux derniers étages, le CNEA avait donc décidé de déposer un recours devant le Tribunal administratif le 15 septembre 2015 pour demander l’annulation de ce permis, appuyé dans sa démarche par le Comité de défense des Ateliers des Grands-Augustins.

Toutes les étapes de ce combat sans précédent dans l’histoire du Patrimoine sont retracées sur le site du CNEA (rubriques « Actualité », « Actualité judiciaire » & « Communiqués ») : https://lecnea.wordpress.com/

Le CNEA tient à remercier tous ceux qui lui ont manifesté leur soutien pendant ces années de procédure judiciaire, si lourdes à traverser. Nous ferons état de tous ces soutiens dans un prochain communiqué, après avoir réfléchi aux suites à donner à cette décision de justice et consulté notre Conseil, Maître Marc Bellanger. Une réunion du Conseil d’administration est convoquée à cet effet.

P/O le Bureau national du CNEA

Alain Casabona, Délégué général

Contact : c.n.e.a@wanadoo.fr

Conférence de presse, jeudi 13 novembre 2014 à la Mairie du 6ème arr…

Chers amis,

De Shanghai, je suis, comme vous pouvez l’imaginer, de tout cœur avec vous dans ce combat ultime pour sauver les Grands-Augustins ( Atelier Picasso ) en étant l’un des animateurs du Comité de soutien avec Charlotte Rampling et Didier Lockwood.

 Je remercie Frédéric Beigbeder d’avoir accepté de me représenter.

Je salue tout particulièrement Maître Roland Dumas, dont le témoignage précieux et la ténacité dont il a fait preuve, pour que soit respectée la volonté de Picasso, à savoir le retour de Guernica à Madrid, « quand l’Espagne serait devenue une démocratie ».

J’ai la conviction que la réunion d’aujourd’hui va permettre de trouver enfin une solution positive face à la situation scandaleuse contre laquelle nous protestons. Alerté par le Président de l’Académie des Beaux-Arts, et président de notre Comité de soutien, Lucien Clergue, le Président de la République avait pourtant – c’était en avril 2013 – exprimé clairement sa volonté de voir ce dossier « traité prioritairement ». Un an après, face à l’inertie des pouvoirs publics, le Comité de soutien dont je suis l’un des animateurs, avait pris l’initiative d’adresser une lettre ouverte au Premier ministre et à la Maire de Paris, quelques jours après leur nomination.

La commission régionale du Patrimoine et des sites s’était réunie, et avait – décision semble-t-il sans précédent – voté à l’unanimité le classement du Grenier et de l’étage inférieur, où Picasso a peint Guernica et la Colombe, devenue l’emblème de la paix.

Nous nous étions tous félicités de cette décision, largement relayée par la presse, qui avait titré « le Grenier des Grands-Augustins est sauvé ».

Sauvé ? Tu parles ! Les huissiers, ou plutôt la Chambre des huissiers de Justice de Paris – ne pas confondre – a profité de l’absence de réactivité immédiate des pouvoirs publics pour déposer, en douce, le 5 août dernier, une demande de permis de construire pour transformer l’Hôtel de Savoie…en résidence hôtelière de luxe, après avoir affirmé pendant des mois que telle n’était pas son intention, et que ceux qui véhiculaient cette information étaient des affabulateurs, allant jusqu’à faire état, sur une radio publique, d’ « allégations fantaisistes ».

Le temps des pétitions est passé ! C’est pourquoi, aujourd’hui, nous en appelons au Président de la République pour lui demander d’user de son autorité et de ses pouvoirs pour que les Grands-Augustins retrouvent leur vocation culturelle et artistique, et soient ouverts au public, dans les meilleurs délais. Halte au foutage de gueule : il faut arrêter de tergiverser !

Avec tout le respect que nous devons au Président de la République, nous lui demandons solennellement de prendre ses responsabilités dans cette affaire.

Faute de quoi, la France sera la risée du monde entier pour tous ceux qui sont attachés à ce patrimoine.

André Cardinali dit dédé de Montreuil ou de Shanghai, c’est selon !.

F Beigbeder Conf de presse

Carlos Saura m’a adressé le message suivant :

Cher dédé,

Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I’Humanité, mérite donc la plus grande attention de I’Etat français. ll n’est pas vain de penser que le « Guernica » est la plus formidable représentation « des désastres provoqués par la guerre », un tableau-affiche qui symbolise I’horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I’Humanité.

Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris « .

A ce sujet, Carlos Saura prépare un film,  « 33 dias « , dont la sortie est prévue en 2017, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.

Et puisqu’il est question de cinéma, rappelons que chaque scène est précédée de l’ordre du réalisateur : « ACTION ». C’est ce que nous attendons aujourd’hui. Il est temps de mettre un terme à ce mauvais feuilleton !

André Cardinali.

PS : Une anecdote veut qu’Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire  » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous !.

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Robert Doisneau

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Match de foot à Shanghai

 

Football : Shanghai SIPG – Hangzhou Greentown 1 – 0
Chinese Super League – Shanghai Stadium – Samedi 21 Mai 2016

35 000 spectateurs. Temps pluvieux.

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Emu dans le couloir qui mène les équipes sur le terrain, un jeune français installé à Shanghai depuis 2 ans,  accompagne l’attaquant ivoirien Jean Kouassi sur le terrain .

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Jean Cardinali a dit avant le match à Jean Kouassi  » je vais te porter chance « . Le seul but du match a été marqué par l’attaquant ivoirien. En échange, il lui a donné son maillot n° 17 et l’a invité au prochain match pour à nouveau lui porter chance. C’est le premier match de football professionnel auquel le jeune français assistait. C’est une belle première !

Jean Kouassi

Jean Cardinali, a été le meilleur joueur et meilleur buteur, lors d’un tournoi scolaire entre 6 écoles internationales en 2015, avec son équipe Shanghai American School,

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Jean a rencontré à Roissy, le joueur chilien du Bayern de Munich, Arturo Vidal surnommé « El Guerrero[»

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Jean à vraiment de la chance, il est invité par Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France à l’EURO 2016.

Mon septennat, mon œuvre !

Bonjour M’ssieurs-Dames,

De Grands Travaux en faveur de la culture.

Marquer la capitale française de sa politique, de son histoire. La plupart des présidents de la Vè République ont souhaité réaliser de grands travaux, témoignages de leur septennat.

Si le général De Gaulle et Valéry Giscard d’Estaing n’ont pas véritablement marqué de leur empreinte la ville de Paris ou le paysage français par la commande de réalisation architecturale d’envergure, George Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac ont quant à eux confié à des architectes novateurs des réalisations qui connaissent aujourd’hui une renommée internationale.

Georges Pompidou lance la tendance avec le Centre Beaubourg. Passionné d’art contemporain a l’idée de créer un immense espace culturel en plein centre de Paris, sur l’esplanade Beaubourg. Il organise alors un grand concours international. Parmi les 650 projets proposés, c’est celui de Renzo Piano et de Richard Rogers qui est retenu. Et il s’agit d’un projet novateur ! Avec ses cheminées de paquebot, ses tubes métalliques et ses couleurs vives, l’édifice terminé en 1977 suscite la polémique. Mais désormais, les collections de ce Musée national d’Art moderne sont plébiscitées dans le monde entier. Visiteurs annuels : 3 millions

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François Mitterrand débute son premier septennat en décidant de la construction de l’Opéra – Bastille afin de décharger l’Opéra Garnier. Conçu par Carlos Ott, tout de verre et de marbre, le très moderne Opéra Bastille est inauguré le 14 juillet 1989, pour le bicentenaire de la Révolution française. La même année, un autre chantier ambitieux est inauguré : la construction de la Pyramide du Louvre qui s’intègre dans le projet Grand Louvre, un plan de rénovation visant à valoriser les qualités d’exposition du Louvre. C’est l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei qui surprend en plaçant au centre de la cour Napoléon, cette pyramide de verre et d’acier haute de 21,65 mètres, en guise de porte d’entrée au célèbre musée. Visiteurs annuels 8 millions

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La Cité de la Musique, l’Arche de la Défense, l’institut du Monde Arabe sont également à ajouter aux nombres des Grands Travaux de François Mitterrand. Son dernier ouvrage, est celui de l’agrandissement de la Bibliothèque Nationale de France. Construite d’après les plans de Dominique Perrault, la Bibliothèque François Mitterrand s’organise autour de quatre tours, symbolisant quatre livres ouverts.

Jacques Chirac ne déroge pas à la règle. Son monument à lui ? le musée du Quai Branly, réalisé par Jean Nouvel. Visiteurs annuels 1 500 000

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A l’inverse de leurs prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande n’auront pas réalisé de grands travaux culturels,  c’est un signe de regrettable désintérêt envers la Culture et le patrimoine de la France !

« Les hommes politiques se situent de plus en plus dans l’éphémère, ils passent sans laisser de traces “

Aujourd’hui, ce sont des grands patrons qui les remplacent : Bernard Arnault avec la Fondation Louis Vuitton et François Pinault avec un Musée d’art contemporain  à la Bourse de Commerce en 2018. Sans oublier, Vladimir Poutine avec l’église orthodoxe et un centre culturel russe près du Pont de l’Alma, réalisé par Jean-Michel Wilmotte.

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Tous ces grands travaux n’ont guère de sens s’ils ne sont pas accompagnés d’une politique ambitieuse de formation du public, d’où l’importance de l’éducation artistique qui constitue toujours la cinquième roue du carrosse dans le parcours éducatif. A l’exception de Jacques Chirac, qui a repris la promesse non tenue de François Mitterrand en 1981, à savoir élaborer une grande loi sur l’éducation artistique, loi qui, accompagnée de mesures budgétaires importantes, ne sera votée que le 6 janvier 1988, nos présidents ne se sont guère intéressés à ce qui constitue la base de la pyramide. Par ailleurs, en ce qui concerne le mécénat, constatons que la plupart des projets n’ont pu voir le jour que grâce à l’argent public ou à celui des actionnaires. Ce qui ne retire rien à la qualité d’oeuvres comme la fondation Arnault, mais il serait temps que ceux qui s’apprêtent à se présenter à l’élection présidentielle et l’opinion publique prennent conscience que la réalisation la plus ambitieuse d’une Nation, c’est la satisfaction des intérêts des jeunes générations. Ce à quoi tente de s’employer le CNEA.( Comité National pour l’Education Artistique ) Enfin, constatons les difficultés que rencontrent les défenseurs du Patrimoine. Il n’est pour s’en convaincre que de mesurer l’ampleur des dégats causés par l’absence d’une volonté politique claire et ferme sur un dossier comme celui des Ateliers des Grands-Augustins où Picasso a peint Guernica. En conclusion, disons qu’éducation artistique, défense du Patrimoine et « grands travaux » constituent les trois éléments indissociables d’une authentique politique culturelle. La recette ? Volonté politique, budget équilibré, formation des maîtres et changement de cap des médias, tout particulièrement du service public.

 

 

 

Siné, un grand Monsieur.

Bonjour M’ssieurs-Dames,

J’ai rencontré Siné en 68 dans un rade rue Gay-Lussac à côté des barricades, il m’avait impressionné pour son engagement envers les jeunes qui combattait pour une société nouvelle et pour ses mots toujours bien placé. Il me parlait de son journal  » L’enragé « avec enthousiasme et cruauté. Siné à toujours été dans mon esprit, je resterais un Sinéphile toute ma vie. Je lui dédicace la citation d’Elsa Triolet :  « Créer est aussi difficile que d’être libre« . dédé

Siné, en 2009. © MaxPPP

Siné, anticlérical farouche, est mort un jeudi de l’Ascension. Jean-Christophe Ogier, spécialiste BD de France Info, revient sur le parcours d’un dessinateur au trait à la fois rêche et rond. Mais toujours rageur.

Siné, c’était l’incarnation de l’anar radical, anticlérical, anticolonial, antifasciste… tellement anti tout qu’on l’accusera même d’être antisémite, ce dont il s’est toujours défendu avec force. Mais cela conduira Philippe Val, alors directeur de Charlie Hebdo, à le renvoyer de l’hebdomadaire, en 2008.

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Du coup, Siné va créer Siné Hebdo, puis Siné Mensuel, pour continuer à dire « Merde ! » – jusqu’à cette semaine, sur son lit d’hôpital –, avec des signatures comme Guy Bedos, Geluck, Christophe Alévêque, Isabelle Alonso, Michel Onfray… Siné avait sa bande, des personnes qui lui sont restées fidèles, alors même qu’il était resté « enragé » depuis les années 50. Enragé, du nom d’un des premiers journaux qu’il avait créé.

Siné était noir et rouge. Noir comme le drapeau de l’anarchie et celui des pirates, et il voyait rouge, contre tout et contre tous. C’était un homme en colère permanente. En colère contre les curés – il avait tellement bouffé du curé qu’il a du en avoir des indigestions… Il était en colère contre l’armée – il ne supportait pas les militaires. Il était en colère contre la police, contre la justice, contre tout ce qui incarnait l’Etat et le pouvoir.See original image

Siné a dénoncé, toute sa vie, la bêtise des gouvernants, la complicité des journalistes, l’appétit des riches, la résignation des pauvres, la capitulation des intellectuels, la généralisation de la surveillance et de la répression… Il dessinait et il écrivait avec gourmandise dans un registre injurieux, scatologique, héritier d’une tradition pamphlétaire sans limites.

On a du mal à l’imaginer mais il a travaillé à L’Express, en 1957, pour y brocarder curés, militaires et policiers. Durant l’été 1960, il remplace François Mauriac et son Bloc-notes. Les lettres de protestation affluent. Dans un éditorial un peu gêné aux entournures, JJSS prend sa défense: « Son but ne doit pas être de plaire. Nous n’avons donc aucune excuse à présenter« . Siné s’est d’ailleurs fâché avec la plupart des directeurs de journaux pour lesquels il avait travaillé, et pas uniquement Charlie Hebdo. Ce qui l’a conduit à devenir patron de presse, avec Siné Massacre, L’Enragé, Siné Mensuel… « Siné Massacre », c’était un mot d’ordre et une ligne de conduite qui l’a amené à de telles audaces qu’il a passé beaucoup de temps devant les tribunaux.

La rage, contre l’Etat d’abord, contre les cons ensuite !

Graphiquement, Siné, c’est un trait à la fois rêche et rond. Il se représentait volontiers lui-même, avec ces dernières années son appareil d’assistance respiratoire, ou dans son fauteuil roulant. Rêche, et rageur, mais capable de rondeur, également : il adorait les chats, il en a fait des livres entiers, et quand on aime les chats, on a de la rondeur… Même si dans cette plume, il y avait quelque chose d’aussi rêche que son discours.

Siné a été passionnel, toute sa vie, il fait partie de ces personnes qui  ne peuvent que réagir en contre, qui ne peuvent que dénoncer.  Son père naturel avait été condamné aux travaux forcés, il a passé la plus grande part de son service militaire en prison, il a toujours eu une rage, d’abord contre l’État, puis contre les cons. Et il y en avait beaucoup, selon lui.

Son autobiographie, qui s’ajoute à la trentaine de recueils de dessins et de réflexions politiques, et s’intitule Ma vie, mon œuvre, mon cul. Dans sa dernière une de Siné Mensuel, le numéro de ce mercredi, il réagissait au mouvement Nuit debout et appelait à la grève générale, sous le titre « Plus jamais couché ».

Siné l'incorrigible

Avant-hier, il écrivait sa dernière zone, publiée hier sur le site de Siné Mensuel, son journal :

Ça m’énerve grave.

Depuis quelque temps, vous avez dû remarquer que je ne nageais pas dans une joie de vivre dionysiaque ni dans un optimisme à tous crins, ce qui est pourtant mon penchant habituel. Je ne pense, depuis quelque temps, qu’à ma disparition prochaine, sinon imminente, et sens la mort qui rôde et fouine sans arrêt autour de moi comme un cochon truffier. Mon moral, d’habitude d’acier, ressemble le plus souvent maintenant à du mou de veau ! C’est horriblement chiant de ne penser obsessionnellement qu’à sa mort qui approche, à ses futures obsèques et au chagrin de ses proches ! Je pense aussi à tous les enculés qui vont se frotter les mains et ça m’énerve grave de crever avant eux ! Heureusement que vous êtes là, admirateurs inconditionnels, adulateurs forcenés… vous ne pouvez pas savoir comme vos messages me font du bien, un vrai baume miraculeux ! Et banzaï malgré tout !

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Il aurait ajouté : Continuez le combat !

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Un Archipel de livres de mes amis !

Bonjour M’ssieurs-Dames,
Les éditions L’Archipel viennent de publier deux livres de deux amis : Tristane Banon  » Love et Caetera  » et Alain Depardieu  » Mon frère  »
J’ai connu Tristane au Salon du livre de Dijon en 2008, ou j’occupai le rôle de directeur du développement qui consistait également à convaincre des auteurs et éditeurs à venir à Dijon. Tristane fait partie des auteurs qui m’ont soutenu, pour que ce salon devienne l’un des meilleurs de France.Le pari était gagné ! ( 11 000 visiteurs), c’est alors qu’après 11 ans d’existence, le Maire de Dijon, François Rebsamen décida d’arrêter le salon, sans explication !!!

Un jour, Tristane eu l’idée qu’un éditeur publie un livre avec les billets de mon blog, je suis prêt à accoster sur l’Archipel !

Alain Depardieu, nous avons partagés le même bureau chez un pseudo-producteur…avec notre pôte en commun, Ticky Holgado. T’en souviens-tu Alain ?, Ticky tu nous manquent !.
J’en profite pour saluer PPDA ( lui aussi, rencontré au salon du livre de Dijon ) qui publie toujours chez L’Archipel  » Nostalgie des choses perdues « .
Mon amie, la Princesse Hermine de Clermont-Tonnerre nous initie aux bonnes manières et au Savoir-Vivre dans un livre sorti en 2013, toujours dans L’Archipel…

De Shanghai, ou je suis installé depuis huit mois, je vous adresse à tous mes amitiés fidèles. dédé de Montreuil ou dédé de Shanghai. 沪蝶蝶, c’est selon !

Tristane Banon.Love et caetera
Bouteilles de tendresse jetées à la mer, les lettres qu’a rassemblées ici Tristane Banon composent une autobiographie fragmentée à la fois pudique et poétique. Destinataires de son enthousiasme, de ses coups de coeur… ou de griffes : Damien Saez, Gisèle Halimi, Pete Doherty, Carla Bruni, Éric Naulleau, Vanessa Paradis, Karl Lagerfeld ou Albator, mais aussi sa mère, certains de ses proches, et même son ennemi d’un temps, Nicolas Bedos. « Ce livre ressemble à l’amour, c’est un jeu dangereux qui m’a rendue heureuse et m’a fait mal, tout à la fois… »
Tristane

Préface Carla Bruni
Les lettres de Tristane sont des bouteilles de tendresse jetées à la mer. Au milieu des flots de cynisme et de brutalité qui nous submergent, elles sont comme autant de petites bouées de sauvetage.Tristane Banon, qui est aussi journaliste,témoigne de sentiments peu fréquents à notre
époque, comme la délicatesse, la gentillesse,l’admiration parfois. De sa plume pleine de finesse,portée par sa voix à la fois fragile et limpide, Tristane nous raconte ses enthousiasmes, ses indignations,ses coups de cœur ou de foudre pour ceux à qui elle a choisi d’écrire.
On découvre autrement les destinataires de ces lettres. On croyait en connaître certains, mais on les voit différemment quand Tristane nous les
dépeint, les redessinant de ses mots, de sa voix douce, de son regard bienveillant. J’ai ainsi découvert des artistes que je connaissais trop peu, comme l’auteur-compositeur Damien Saez, la chorégraphe Karine Orts-Briançon, les comédiennes Anne Charrier ou Karole Rocher, et bien d’autres talents.
Il est vrai que l’admiration et la bienveillance sont si rares sur les ondes qu’il est délicieux de se pencher avec curiosité sur le travail ou le talent d’autrui sans entendre grincer la critique et l’acidité, pour une fois. Car c’est bien cela que nous offre Tristane Banon dans ses lettres : un moment de paix et d’humanité, quelques notes d’enthousiasme et de passion, une pincée de tendresse…
On sent bien, en lisant ces lettres, que Tristane a connu une drôle d’enfance, qu’elle a eu affaire à la solitude, à l’abandon, à la tristesse, mais ce sont l’intelligence, la découverte et la gentillesse qui animent son style à chaque ligne.
Cela fait du bien.
Téléchargez un extrait: http://www.ecriture-communication.com/archipel/wp-content/uploads/sites/2/Internet_banon_love_et_caetera.pdf

Alain Depardieu. Mon frère.

Qui se cache derrière l’un des plus grands acteurs français, à la riche filmographie et à la réputation sulfureuse ? Derrière l’acteur mythique, c’est l’homme Depardieu qui fait surface sous la plume de son frère Alain. Celui-ci évoque leur enfance à Châteauroux, ses délits de petit voyou, puis son arrivée tumultueuse à Paris.
C’est aussi, avec la notoriété, les frasques, le goût du bon vin, les rapports familiaux mouvementés, les intrusions en politique, mais aussi, chose moins connue, son approche de la spiritualité…
Alain dresse le portrait tout en rugosités de Gérard, où les éclats voisinent avec les confessions intimes. Plus encore, il souligne leurs différences : tandis que Gérard boude l’école, n’est pas aimé de sa mère et échoue à fonder une famille, Alain, ado demi-voyou comme son frère, bénéficie de l’amour de ses parents, fait de bonnes études et fonde un foyer.
Depardieu

Préface Robert Hossein
Aller vers ce qui nous dépasse Alain et Gérard Depardieu ont toujours couru après l’impossible ; issus d’un milieu modeste, provincial,
souvent déprimant, mais où l’amour tenait sa place, ils cherchent à faire de leur vie une ascension vers les étoiles.
Gérard, je l’apprécie comme acteur, comme tous les Français, mais nous n’avons jamais travaillé ensemble,hélas!
Alain, en revanche, avait son bureau voisin du mien quand, main dans la main avec Vincent Morelli, nous nous acharnions contre vents et marée à monter L’Affaire Seznec, L’Affaire Dominici, Une femme nommée Marie. Nous nous retrouvions de temps en temps pour bavarder. Nous avons découvert ainsi que nous avions beaucoup à partager! Alain est un bâtisseur. Il a d’ailleurs commencé sa vie dans l’architecture. Par la suite, il a
veillé aux destinées de films aussi ambitieux que Pirates,Tess, Tchao Pantin ou encore La Leçon de piano. Et bien d’autres. Il sait la masse de travail que représente ce genre d’entreprises – ces folies que nous aimons tellement.
Et je le sais moi aussi. Il faut avoir l’œil à tout! Ce sont des chantiers monstrueux ! De vraies cathédrales ! Des cathédrales de l’esprit. Comme si les cathédrales pouvaient être autre chose que des œuvres spirituelles. Ces affaires-là,ça ne marche que si l’on a la foi chevillée au corps. Ou au cœur. Rien n’est une question d’argent. Tout est une question d’amour. Et les fabricants de rêve – sur scène ou sur pellicule – sont bien placés pour le dire.
Or je sais qu’Alain a la foi. Comme son frère cadet,d’ailleurs, qui a lu saint Augustin à Notre-Dame de Paris. L’un et l’autre tiennent Dieu en amitié. Alain passe sa vie à brasser des millions d’euros: il le faut quand on veut matérialiser des songes. Mais ce qui l’intéresse,
c’est ce qui nous dépasse, ce qui nous dépassera toujours,ce qui est plus grand que nous, ce qui alimente notre
raison de vivre, comme une espérance mystérieuse, parfois irrationnelle.
C’est notre rôle ici-bas: aller au-delà de tout, inventer le destin.
C’est ce qu’ont fait Moïse, Jésus, Jean-Paul II. À notre modeste niveau, nous essayons nous aussi de soulever des montagnes – nos propres montagnes. Alain est des nôtres: un bâtisseur d’humanité.
Téléchargez un extrait:http://www.ecriture-communication.com/archipel/wp-content/uploads/sites/2/Depardieu_Mon-frere_extrait.pdf

Patrick Poivre d’Arvor. Nostalgie des choses perdues.

Les hommes roulaient en DS ; les femmes portaient des mini-jupes dessinées par Mary Quant. Dans les transports, on donnait son ticket à un poinçonneur. La musique s’écoutait sur 45 ou 33 tours. Plus tard, le walkman fera l’effet d’une révolution. Dans les salles de cinéma, des ouvreuses nous menaient à notre fauteuil. Les films, eux, étaient vus d’abord sur grand écran, puis en VHS.
Dans ce Dictionnaire des choses perdues, Patrick Poivre d’Arvor se rappelle un temps où la crise était loin, une époque heureuse qui mérite d’être célébrée.
En se livrant, de façon intime, il la fait revivre les apéritifs d’antan, l’âge d’or des paquebots, les biscuits que son grand-père lui ramenait de ses voyages ou les Dinky Toys qu’il collectionnait enfant… Par petites touches personnelles, il brosse le roman des Trente Glorieuses.
ppda
Préface
C’était avant. Était-ce mieux ? Je ne sais. Mais c’était avant et cela me plaît ainsi. Parce que les remontées de souvenirs qu’a suscitées en moi ce travail d’exhumation né de mes échanges avec mon éditeur, Arnaud Le Guern, me disent assez qui j’étais petit garçon puis adolescent,mais aussi ce que j’ai voulu devenir. La fidélité à ce petit garçon-là doit à mes yeux se transmettre comme une vertu cardinale. Et à travers ce livre je rends hommage à ce monde « d’avant » qui l’a façonné et a nourri ses rêves.
Ce monde-là était plus lent, certes, mais est-ce si grave ? Il était par nature moins « moderne »,mais qu’est-ce qui se démode plus que la mode ?
À mes yeux de sexagénaire nostalgique, c’était d’abord un monde enchanté et, plus les années passent, plus il le devient.
La nostalgie, ce n’est pas le passéisme. C’est d’abord un sentiment tonique de frustration devant notre impuissance à retenir les êtres et les
choses qui nous filent entre les doigts. Ne pleurons pas sur le lait renversé : ils ne sont plus là, ils ne reviendront que si nous les maintenons fermement en vie. Si l’oubli les recouvre et les ensevelit,ils seront morts pour de bon. Mais si nous savons les honorer comme il se doit, leur rendre hommage comme ils le méritent, à travers un livre ou une simple pensée, ils pourront ressusciter.
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Princesse Hermine de Clermont-Tonnnerre. Savoir-Vivre au XXIe siècle.
Savoir-vivre au XXIe siècle
Les moeurs changent, les usages évoluent, la politesse demeure. Aujourd’hui comme hier, elle consiste à recevoir avec art, dresser un plan de table, établir un menu, faire bon usage d’une carte de visite, respecter les coutumes d’un hôte étranger, et transmettre les principes d’une bonne éducation… mais pas seulement. C’est aussi penser à éteindre son portable dans les lieux publics, s’adresser sans hauteur ni familiarité à la nounou de ses enfants, se tenir lorsqu’on est invité à un mariage protestant ou un baptême musulman…
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Savoir-vivre au XXIe siècle, c’est avoir pour principal souci d’être agréable aux autres. Et en cette matière, civilité rime le plus souvent avec simplicité. Cela vaut pour le téléphone portable et l’email, derniers supports de la goujaterie ! Les règles et les conseils contenus dans ce guide sont faciles à suivre. Ils permettent de vivre en harmonie avec autrui, et de s’éviter bien des désagréments – notamment celui d’être classé parmi les snobs, les malotrus… ou les tristes sires.
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Une belle histoire d’Amour par Frédéric Beigbeder !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Avant de vous présenter le dernier livre de Frédéric Beigbeder, je voudrais encore le remercier pour avoir accepté d’être mon ambassadeur en présentant un texte pour sauver l’Atelier Picasso, lors d’une conférence de presse. ( voir billet  » Lettre ouverte au Président de la République  » 4 novembre 2014 ). Sur ton idée, le Prix Saint-Germain de Shanghai sera remis le 5 novembre à Shanghai par Jean-Michel Wilmotte. Je t’embrasse Fredo. Une belle histoire d’amour, ça fait du bien, dans ce monde de bruts !

L’idylle mécon­nue d’Oona O’Neill et Jerry Salin­ger.

« Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant… quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood. Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. »

Frédé­ric Beig­be­der est un grand enfant, qui a décidé de se pencher, dans Oona &Salin­ger (Gras­set), sur l’histoire de deux jeunes adultes, encore en gesta­tion. Lorsqu’ils se rencontrent en 1940, Oona O’Neill et Jerry Salin­ger n’ont que quinze et vingt-et-un ans. Elle est la fille du drama­turge améri­cain et prix Nobel de litté­ra­ture Eugène O’Neill. L’immense aura de son père permet à cette appren­tie comé­dienne -aussi légère que ce dernier est torturé- de figu­rer dans les pages mondaines des maga­zines people entou­rée de ses amies les héri­tières Gloria Vander­bilt et Carol Marcus.

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Elle a sa table dans le carré VIP du Stork Club, l’un des plus établis­se­ments les plus bran­chés de New-York. Cest là qu’elle se lie d’amitié avec Truman Capote. Jerry, fils d’un commerçant froma­ger, n’est que toléré dans ces endroits à la mode où l’on plébis­cite cette ingé­nue beauté. Le jeune écri­vain n’a alors publié qu’une poignée de nouvelles. Mais son mètre quatre-vingt-dix et son regard sombre séduisent la jeune fille, qui s’embarque dans ce flirt avec la fougue de ses seize ans. « C’est entre seize et vingt-deux ans qu’on aime vrai­ment, écrit Beig­be­der. L’amour est absolu, sans la moindre hési­ta­tion. Oona et Jerry s’aimaient ainsi sans réflé­chir, les yeux écarquillés ».

Si leur rela­tion reste chaste, le jeune homme passe des nuits à lui lire ses écrits, elle, lui confie le drame de sa vie. L’indif­fé­rence de ce père, si célèbre, qui a quitté sa mère, l’écri­vaine Agnès Boul­ton, lorsqu’elle avait deux ans. Cet homme à qui elle écri­vait de poignantes lettres d’enfant : « Papa je t’aime, ne m’oublie pas ». Il n’a jamais su lui tendre la main. S’il lui répond, bien des années trop tard, c’est pour la sommer de ne pas jouer les star­lettes et d’arrê­ter de lui faire honte. Après son titre de Glamour Girl au Stork Club, il lui décoche même ces mots assas­sins : « Toute cette publi­cité que tu as eue est de mauvaise qualité, sauf si ton ambi­tion est d’être une actrice de seconde zone, le genre qui a sa photo dans les jour­naux pendant deux ans et puis retourne dans l’obscu­rité de sa stupide vie sans talent ».

Oona, « orphe­line d’un père vivant et célèbre », écrit Beig­be­der, dissi­mule cette faille derrière son sourire toujours écla­tant. Elle aspire à la légè­reté, se laisse aimer par Jerry Salin­ger, qui est atten­dri par cet ange à sauver. Ils se baladent main dans la main dans Central Park, échangent des baisers sur leur banc de Washing­ton Square, volent des livres d’occa­sion sur la 4e Avenue, fréquentent les clubs à la mode. « Lui est certes fier de sortir avec la fille d’un si grand drama­turge, décrypte Bertrand Meyer-Stabley, auteur d’Oona Chaplin(ed.Pygma­lion), mais il est surtout séduit par sa grande origi­na­lité. C’est un person­nage poétique, son prénom qui signi­fie  »unique » en gaélique, est comme une brise ».

Mais au bout de quelques semaines, le vent tourne. Leurs natures si diffé­rentes commencent déjà à les sépa­rer. Elle supporte mal le mauvais carac­tère et l’ambi­tion déme­su­rée de son amou­reux, se lasse de ce cheva­lier servant aussi exclu­sif qu’irri­table. L’écri­vain sent bien qu’elle lui échappe. La guerre fait rage en Europe. Se sentant sur le point de perdre la bataille des senti­ments, il décide de s’enga­ger, de partir libé­rer la France. Elle ne vien­dra pas lui dire au revoir, et part tenter sa chance à Holly­wood. Fin de cette première belle histoire d’amour, pense-t-elle. Mais le futur auteur du best-sellerL’attrape-coeurs ne capi­tule pas. Il lui écrit des lettres enflam­mées. Chacune des nouvelles qu’il rédige depuis le front est aussi à lire comme un texte à clé qui lui est adressé. « La guerre et ses atro­ci­tés lui font subli­mer leur histoire, et il vit très mal le fait qu’elle ait tourné la page de son côté. Il la met alors sur un piédes­tal pour mieux la lapi­der, en lui écri­vant une lettre horri­ble­ment bles­sante, lorsqu’elle lui apprend sa rencontre avec Char­lie Chaplin », raconte Bertrand Meyer Stabley.

Le coup de foudre est immé­diat entre la jeune comé­dienne de dix-sept ans et le célé­bris­sime Char­lot, qui en a alors plus de cinquante. Orson Welles avait prédit, en lisant les lignes de la main d’Oona, qu’elle épou­se­rait son ami, dès qu’elle l’aurait rencon­tré. Malgré l’ire de son père et le scan­dale provoqué par leur diffé­rence d’âge, miss O’Neill s’unit à Chaplin, en cati­mini, en 1943, juste après ses dix-huit ans, à Carpin­te­ria, à côté de Santa Barbara. Ils vécurent heureux et eurent huit descen­dants. « Cette enfant seule […] se cher­chait un protec­teur, quelqu’un pour l’adop­ter, comme un chat qui fait semblant d’être indé­pen­dant et réclame son bol de lait à heures fixes. Elle ne pouvait se conten­ter d’un adoles­cent belliqueux, d’un fantas­sin expa­trié, d’un écri­vain ombra­geux, et encore moins d’un vété­ran trau­ma­tisé », analyse Frédé­ric Beig­be­der. Ce dernier, pour­tant grand fan de Salin­ger, avoue comprendre le choix d’Oona. Le grand enfant, qui vient lui-même de se marier, a mûri.

Fais-moi mal, « Charlie » !

 

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Voici le dernier message que Georges m’a adressé pour sauver l’atelier Picasso ainsi que le soutien de Cabu transmis par Angélique :

Cher dédé, Cabu m’a donné son accord pour signer la lettre en son nom, ce que je viens de faire.

Bonne chance pour votre combat !

Angélique Le Corre

Charlie Hebdo

C’est toute une partie de ma jeunesse qui vient de s’écrouler, tout ça à cause des burkons !!! et de leur intolérance !!! N’ont t-ils pas de mères ?

Ces meurtres ont été commis par des gens qui se sentaient offensés par les caricatures de Mahomet publiés dans Charlie Hebdo ! Avec l’objectif évident d’intimider les journalistes du monde entier qui oseraient critiquer l’islam.Cet attentat aura peut être le résultat bénéfique de faire comprendre combien la liberté d’expression est précieuse, et fragile à la fois.

Selon la citation de JJSS, « Dire la vérité telle que nous la voyons« est le symbole de la liberté !

Comment oublier mes conversations avec Georges sur le boulevard Saint-Germain devant le kiosque à côté du Flore, les clins d’oeil avec Cabu toujours pressé ?

Comment oublier, quand j’ai dit à Georges devant le kiosque, à la sortie de Charlie Hebdo avec Mahomet,  « Avec cette provoc, vous avez signé votre arrêt de mort ! il m’a demandé pourquoi ?, je lui ai répondu  » vous ne savez pas ce qui se passe dans les cités, alors arrêtez !  »

Comment oublier la sortie du premier numéro de Charlie Hebdo avec le Professeur Chorron en 1970, au lendemain de l’interdiction du magazine satirique Hara-Kiri, le «journal bête et méchant» fondé en 1960 par Cavanna et le professeur Choron. Hara-Kiri s’était attiré les foudres du ministère de l’Intérieur en titrant, au lendemain de la mort du général de Gaulle: «Bal tragique à Colombey: 1 mort»?.

Comment oublier Cavanna, le rital aux yeux bleus, l’ange tutélaire ? et Reiser et le « Gros dégueulasse »

Comment oublier les rigolades, les réflexions, les débats avec mes potes autour d’un verre en lisant Charlie Hebdo ?.

Comment oublier que Charlie Hebdo est le symbole de la liberté d’expression et de notre liberté…. ?

Comment oublier Charb, Tignoux et toutes les victimes fusillées lâchement ?

Charlie Hebdo, continuez à vous battre pour vos amis disparus et pour nous, nous sommes à vos côtés dans ce jour de tristesse.

Message de Alain Casabona, Délégué général du CNEA. ( Comité National pour l’Education Artistique )

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Ils étaient là…dès la réouverture du Grenier des Grands-Augustins, Cabu, Tignous, Wolinski, entre autres, fréquentaient régulièrement les lieux. Les dessins que nous vous présentons sont inédits, car extraits de notre livre d’or (consultable en haute définition à la rubrique éponyme de notre site: https://lecnea.wordpress.com). En 2004, nos trois dessinateurs avaient accepté de participer à l’exposition « Démocratiquement croqués » . A cette occasion, la classe politique avait été largement invitée à servir de modèle à nos caricaturistes. Peu avaient répondu à l’appel: l’Union nationale n’était pas au rendez-vous… Par contre, un large public, et notamment de nombreux scolaires, s’était rendu au Grenier pour participer aux activités gratuites qui leur étaient proposées dans ce cadre, où nos amis partageaient allègrement saucisson et Saint-pourçain avec les visiteurs. Et que dire de la joie des enfants repartant avec un dessin réalisé à leurs côtés.

Ils étaient là…après notre expulsion par la chambre des huissiers de justice de Paris. Dès l’annonce de la constitution du Comité de soutien des Grands-Augustins, Cabu, Tignous et Wolinski, qui étaient déjà membres depuis près de dix ans du Comité d’honneur du CNEA, avaient été parmi les premiers à répondre à notre appel.

Le CNEA dénonce cet acte de barbarie, et exprime toute sa sympathie et son soutien aux familles, aux proches des victimes, et à l’équipe de Charlie Hebdo.

 

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En souvenir de Georges et Cabu, interview dans Paris-Match avec quelques vérités sur la liberté d’expression !

Dans les années 70, vous osiez des blagues impubliables aujourd’hui…
Wolinski. A l’époque, il est vrai qu’on faisait de l’humour sur la pédophilie, et ça ne passerait plus. On faisait même des dessins qui seraient considérés par certains comme antisémites. Mais comme je suis juif, c’est moi qui faisais les dessins sur les “youpins”.
Cabu. En France, il y a toujours eu deux tabous, la religion et l’armée. Pour l’armée, ça s’est un peu tassé depuis que la conscription a été supprimée. En revanche, ça ne s’est pas calmé avec les religions. Autrefois, il n’y avait que les catholiques qui nous emmerdaient, désormais ce sont les trois religions monothéistes.

Quel est votre meilleur souvenir de ces années passées avec le Professeur Choron ?
W. Au cours d’un déjeuner extraordinaire à Saint-­Germain, quand le journal marchait très bien, il nous a déclaré : “Mon comptable me dit que je gagne trop d’argent. Je double les salaires !” De 15 000, je suis passé à 30 000 francs.
C. Georges a toujours su se faire payer. Heureusement, car il était chargé de famille. Mais Choron nous donnait de fausses fiches de paie. Quand Cavanna a demandé sa retraite, il y a quinze ans, on lui a dit qu’il lui manquait dix-neuf années de cotisations !

Wolinski, vous avez réalisé près de 600 affiches publicitaires, alors que Cabu s’y est refusé. N’avez-vous pas été considéré comme un “vendu” ?
W. Cabu est un être pur, il est comme ça ! Moi j’avais besoin d’argent, et la pub, ça ne me dérangeait pas. En 1968, un publiciste a eu l’idée de me demander des affiches pour le chocolat Mars. Je n’avais jamais gagné autant d’argent de ma vie, il m’a payé 5 000 francs le dessin. De gauchiste, j’ai été traité de “récupéré”, c’était le terme à l’époque.
C. Ça venait de l’extérieur, nous on n’a jamais osé, l’amitié nous protégeait. Moi, j’ai travaillé pour le chewing-gum Hollywood, et ils ont passé mes dessins vraiment partout. Là, c’était trop ! On ne peut pas attaquer la société de consommation et en faire la pub. Après, j’ai arrêté.

Mais parfois, un dessin refusé peut être mal pris…
W. Cabu et moi, on n’est pas vraiment des provocateurs. On ne cherche pas la bagarre. On n’est pas comme Siné, pour qui un dessin qui n’est pas censuré n’est pas un bon dessin. On cherche à faire de bons dessins marrants, qui fassent rigoler les gens. Parfois, on va un peu trop loin, mais les gens aiment bien ça.
C. On a des procès. Mais quand on attaque les autres, il faut accepter d’être attaqué. Ce qu’on n’accepte pas, c’est des fatwas, des menaces de mort ou qu’on envoie deux cocktails Molotov dans la rédaction de “Charlie”…

Wolinski, êtes-vous d’accord avec la façon dont Cabu caricature les Français moyens ?
W. Lui, il a trouvé les beaufs, moi, j’aime bien dessiner les femmes, je trouve ça plus agréable. Je les habille, je les déshabille, je fais voler leur jupe. Les mecs, j’ai appris à les faire. Au début, c’était forcément un type qui n’a pas de cheveux avec un gros nez. Maintenant, je m’applique plus, je fais des personnages qui ressemblent aux gens de la rue.
C. Je reconnais que si je conduisais, je serais, moi aussi, un beauf au volant…

Au cours des années, lequel d’entre vous est resté de gauche, et lequel s’est le plus embourgeoisé ?
W. Etre de gauche, ça veut dire quoi ? Vivre comme un pauvre ? J’aime bien avoir un bel appartement, une femme élégante, des enfants bien élevés. C’est ça, être embourgeoisé ? Je n’ai pas envie de vivre comme un clodo.
C. Ce qui est important, c’est ce qu’on fait, pas ce qu’on est.

Le dessinateur de presse est forcément de gauche…
C. Aujourd’hui, oui. Mais du temps de “L’Assiette au beurre”, la majorité était de droite. Ils étaient anti-­dreyfusards, antisémites, mais étaient de très bons dessinateurs.
W. L’humour demande un manque de respect qui n’est pas de droite. La droite est sérieuse, respectueuse, elle a des convictions, une morale, elle croit en Dieu, elle est béate devant l’infini et le néant. Les humoristes s’en foutent, ils ont peur, et parfois ils se suicident comme Chaval et Bosc.
C. Trop de lucidité…

Avez-vous envisagé votre retraite ?
W. Je ne me vois pas m’arrêter. Ou alors pour me consacrer, comme je le fais en ce moment, à la peinture.
C. Tant qu’il y aura des journaux, non. On veut se bagarrer pour que la presse papier vive. Nous deux, on continuera encore longtemps à faire chier le monde.

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Chronique de Delfeil de Ton dans Le Nouvel Obs du 14 janvier 2015.

 Charlie

Pourquoi, tu t’est obstiné Charb ? dédé de Montreuil.

Bonne année 2015

 

Ku Hung Ming photo

義大秋春

THE

SPIRIT OF THE CHINESE PEOPLE

1915

Il y a 100 ans, le Maître Ku Hung-Ming écrivit ceci dans The Peking Daily News :

«  It seems that, in this world, only French people can best understand China and Chinese culture … « 

 «Il semble que, dans ce monde, seulement  les Français peuvent mieux comprendre la Chine et la culture chinoise …«

 Mon arrivée en Chine, serait-ce un signe ?

 Chers amis, je vous souhaite une grande année 2015 avec audace, créativité et amitié.

 dédé de Shanghai

 

dédé à Shanghaï. 德德上海某

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Bonjour les amis.
Je vous annonce que je pars à Shanghai, le 8 août pour 3 ans avec ma famille.
Une bonne opportunité se présente devant nous, pourquoi la laisser passer ?
Cette ville en pleine évolution… me donne envie de créer des événements que l’on ne  peux plus faire dans notre vieille Europe !
Je vais commencer par créer  » Le club de St Germain des Prés  » afin de ne pas perdre mes habitudes.
Je vous tiendrai informé par mon blog de mon adaptation et de mes impressions.

Bises à tous.

PS : si vous avez des contacts à me communiquer à Shanghaï, ils seront les bienvenus.

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Il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica‏

Signez la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls : il faut sauver le Grenier des Grands Augustins où Picasso peignit Guernica

Chers amis,

Je sais combien cette cause vous tient à cœur et vous connaissez ma fierté d’avoir contribué à lui donner le plus large écho, en ma qualité d’animateur du comité de soutien. 

Nous comptons sur votre signature et pour faire passer le message autour de vous. Rien n’est perdu: nous pouvons encore sauver ce patrimoine.

Le CNEA a décidé de saisir la nouvelle municipalité, le premier ministre, et bien évidemment le président de la République.
 
C’était un 8 avril, Picasso nous quittait, rendons lui aujourd’hui un hommage mérité.
 
 Amitié fidèle
 
André Cardinali dit dédé de Montreuil
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Guernica – Pablo Picasso – 1937

Opinion Internationale lance une campagne pour demander au Premier ministre et à la maire de Paris de faire classer en urgence le Grenier des Grands-Augustins. Lisez l’édito de Michel Taube et signez l’Appel à Anne Hidalgo et Manuel Valls.

Je signe la Lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls :

Monsieur le Premier ministre,

Madame la Maire,

Tous deux venez d’être élus et nommés à vos éminentes fonctions. Tous deux êtes nés en Espagne et avez choisi de vivre en France et à Paris. C’est également à Paris que Picasso peignit le plus important tableau du XXème siècle, Guernica, dans l’appartement, constitué des deux derniers étages, où il vécut de 1937 à 1955, 7, rue des Grands Augustins. A votre manière, vous êtes, Madame, Monsieur, des héritiers singuliers deGuernica et vos destins marchent sur les pas de Picasso.

Vous le savez, le Grenier des Grands Augustins est fermé au public depuis novembre dernier. En 2013, la Chambre des huissiers de justice de Paris, propriétaires de l’immeuble, en a expulsé le Comité national pour l’Education artistique qui, après avoir entièrement réhabilité en 2002 cet espace laissé en déshérence depuis l’expulsion du peintre, y a organisé des centaines d’expositions, concerts, lectures, et surtout accueilli des milliers d’élèves d’écoles, de collèges et de lycées dans le cadre d’ateliers pédagogiques. Toutes activités gratuites.

Selon nos informations, l’immeuble de la rue des Grands Augustins est menacé d’être transformé…en résidence hôtelière de luxe. Ce serait d’autant plus incompréhensible que l’un des héritiers du peintre était disposé à financer intégralement une Fondation qui aurait maintenu la vocation artistique de ce lieu mythique tout en satisfaisant les exigences financières des propriétaires.

Madame la Maire, Monsieur le Premier ministre, nous vous demandons solennellement d’user de votre pouvoir et de votre autorité pour instruire une procédure de classement en urgence du Grenier comme lieu de mémoire. Malgré les interventions du Président de la République, du président de l’Académie des Beaux-Arts, du précédent maire de Paris, du Conseil de Paris, du maire du VIème arrondissement et de très nombreuses personnalités, cette procédure n’a toujours pas été, à notre connaissance, activée. Pourtant, ce type de protection avait été engagé avec succès il y a quelques années pour préserver un célèbre restaurant des Champs-Elysées ! Nous savons que la commission régionale du patrimoine et des sites se réunira le 13 mai prochain pour décider d’une éventuelle extension de la protection de l’immeuble des Grands-Augustins. Il s’agit là de l’ultime chance de conserver ce lieu unique de l’histoire des arts.

Quel magnifique symbole ce serait si vous annonciez, au moment de la réouverture de l’Hôtel Salé, la préservation définitive du Grenier des Grands-Augustins, et son accessibilité au public

Nous vous remercions de la bienveillante attention que vous pourrez porter à cette cause et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, Madame la maire, l’expression de nos sentiments respectueux.

Madame de Montreuil, Marquise de Sade

Bonjour M’ssieurs – Dames,

Lors d’un déjeuner avec Alain Casabona et Gonzague Saint-Bris, une conversation s’est engagée autour de mon surnom  » dédé de Montreuil  » , après explication, Gonzague, alors,  me conseilla de faire connaissance avec  Madame de Montreuil, Marquise de Sade.

Quel bonheur d’être attablé avec deux hommes lettrés comme Alain et Gonzague : les mots, les références fusent à tout instant, je suis comme un enfant devant un livre d’histoire.

Marquis et Marquise.

Jamais contraste plus frappant que ce ménage du marquis et de la marquise de Sade ; d’un côté Donatien Alphonse François de Sade, le fameux satyre, l’écrivain scandaleux, le prisonnier de Vincennes et de la Bastille, convaincu de vices et de crimes immondes – de l’autre côté, Renée-Pélagie de Montreuil, une femme aimante, tendre, dévouée et résignée, aux yeux de qui l’époux ne saurait avoir de torts, une sainte de l’amour conjugal.

Le nom du marquis de Sade, n’inspire certainement pas beaucoup de sympathies. Il en sera tout autrement de la marquise. C’est l’ange à côté du monstre. Il est bon que l’on sache que dans le château de Valery, propriété de la famille de Sade, habita en même temps que le vice, la vertu – et dans la compagnie du plus détestable des maris la plus exemplaire des femmes.

La marquise de Sade était née « de Montreuil« . Le mariage fut célébré le 17 mai 1763, à Paris, à l’église Saint-Roch. Renée-Pélagie de Montreuil avait 23 ans, le marquis de Sade 22. Mariage de raison du côté de Sade, mariage d’amour du côté de Renée. Elle eut ensuite besoin de tout son courage et de sa passion pour supporter la vie qui lui fut faite. Elle devait d’ailleurs rester jusqu’au bout amoureuse, « amoureuse comme le sont les âmes pures et très droites, sans complications, et qui ne savent point se livrer à demi, assurées qu’elles ne se livreront point deux fois ».

La lune de miel fut courte, on se l’imagine aisément. Après un mois à peine, un abominable scandale éclata. Des filles entraînées dans « la petite maison » de Sade, se plaignirent de raffinements de débauche qui avaient ressemblé à d’ignobles brutalités. La marquise de Sade ne douta du reste pas un instant de son mari, accepta toutes ses explications et crut envers et contre tous à son innocence. « Elle avait admis sans hésiter l’hypothèse d’une erreur, d’une dénonciation calomnieuse. Elle était encore dans tout l’enivrement de son amour conjugal ».

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Après vingt sept ans de mariage avec un marquis, divin certes, mais qui, entré en prison à trente sept ans n’en sortit qu’à cinquante, après vingt sept ans de luttes, d’humiliations, écartelée entre la fureur dévastatrice de sa mère  et  la fureur (épistolière notamment) de son mari, on est en droit de se demander  qui était  réellement madame de Sade.
« Sa passion avait hissé jusqu’au sublime cette femme à l’esprit court, à la chair tranquille, l’obligeant pour ainsi dire à aimer au-dessus de ses moyens.

La marquise, par un entêtement généreux d’abnégation, pardonna, fit semblant d’ignorer ce que savait tout le monde, s’inquiéta peu de voir sa fortune s’émietter pourvu que le mari infidèle n’eût rien à lui reprocher. A partir de cette époque la marquise seule, combattue par sa famille, persiste héroïquement dans son rôle d’amante sacrifiée, d’épouse fidèle jusqu’à la mort, malgré l’infamie de l’aimé.

Le 5 juillet 1772 le marquis de Sade est accusé d’avoir tenté d’empoisonner des filles (c’est l’affaire de Marseille, la fameuse histoire des pastilles cantharidées), accusé en outre de débauches contre nature. La vérité oblige à dire qu’on mena singulièrement vite, avec une sorte de haine, cette affaire. Le 3 septembre Sade est condamné à mort, peine excessive puisque aucune de ses victimes n’avait succombé. Alors commence une campagne sublime de la femme dévouée, en faveur du mari qu’elle croit et qu’elle affirme innocent.

Le marquis, réfugié en Piémont, est arrêté par les autorités sardes et enfermé au château de Miolans. Son épouse ne l’entend pas ainsi, elle accable le gouverneur du château de plaintes et de reproches, voire de menaces. Elle allège la captivité du prisonnier, mieux que cela elle se met en tête de le délivrer! Elle recrute à Grenoble 15 hommes, les équipe, les arme, les anime. Elle gagne à Miolans quelques soldats invalides de la garnison. Par eux le marquis est averti, et il s’évade dans la nuit du 1er au 2 mai 1775.

La chère dame promet de s’inquiéter de toutes ses forces pour la liberté de son mari : « Sois bien convaincu que je ne tarderai pas pour t’instruire de ce qu’il y a de nouveau sur ta situation dès que je le pourrai. J’ai trop à coeur de te prouver tout mon attachement et toute ma tendresse pour rien négliger d’aucune manière ce qui te regarde. La longueur du temps déjà écoulé me tue et me désespère autant que toi parce que je partage ta position avec toute la sensibilité d’un coeur qui ne peut exister que par ton bonheur ». Ce qui me désespère le plus, écrit l’épouse admirable, c’est que tu m’accuses de négligence et de me laisser gagner, et ces soupçons accroissent le trouble de mon âme et font mon chagrin, t’aimant véritablement plus que moi-même.

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A force d’instances, la marquise fait réviser le procès de Sade. Le jugement qui concerne l’accusation d’empoisonnement est cassé. Mais par l’influence de la Présidente de Montreuil, belle-mère du marquis, celui-ci n’est tout de même pas rendu à la liberté. En 1778, le marquis est reconduit à Vincennes, d’Aix où l’avait amené la révision de son affaire, Mais en chemin, à Lambesc, à 5 lieues d’Aix la marquise le fait s’évader.

« Mon bonheur ne peut exister sans toi ni sans le tien, et le jour où l’on nous rendra l’un à l’autre, je crois que je mourrai de joie. Puisse-t-il arriver bientôt !Tous les voeux d’un coeur tout à toi ! ».

L’esprit dépravé du marquis ne cesse de forger de folles accusations et il imagine un monstrueux roman dont sa femme serait l’héroïne. Les termes de ses lettres sont orduriers. Le marquis est épouvanté de ses ignominies qui n’étonnent plus qu’elle. « Ta façon de penser à mon égard m’atterre, m’anéantit, m’humilie, moi qui ne vis et n’existe que pour toi !… Me voir soupçonnée et avilie! Je me tais, mais vous faites une plaie à mon coeur. Pourtant il ne se refermera jamais. Je n’ai pas à me justifier, ma conduite est au su et au vu de tout le monde. Non, il n’est pas possible que me connaissant comme tu dois me connaître, tu penses ce que tu écris ».

Enfin elle s’enferme dans un couvent, le plus régulier qu’elle a pu trouver. Elle continue du reste ses chères visites à Vincennes. Hélas ! Son mari la reçoit furieusement, se jette sur elle, la frappe… Elle s’en plaint timidement et ajoute : « Si tu es capable de me poignarder, ce serait dans ces circonstances un grand bonheur pour moi de ne plus exister ».

Dès qu’il fut libre, le marquis prendra ses dispositions pour faire prononcer la séparation « de corps et de bien » <;

La marquise de Sade reprenant son nom de Montreuil, cessa véritablement d’exister. Son mari devient le citoyen Sade, secrétaire de la section des Piques. Seule, triste, désabusée, elle meurt, le 7 juillet 1810, après avoir « largement payé son tribut à la misère humaine ».

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« Quel a été le désir de Renée de Sade, cette femme qui, avec son mari maudit, a « appris que le bonheur brille au fond même de l’enfer, comme la poussière d’or dans la boue » ?

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Ami de longue date de la famille de Sade, Gonzague Saint Bris a eu accès à des archives encore inédites. Il a voulu, outre son admiration pour l’écrivain, retracer un parcours humain douloureux et méconnu, révélant une fin de vie surprenante.
Le divin Marquis est une divine surprise sous la plume de Gonzague Saint Bris qui en trace, à l’aube du bicentenaire de sa mort, un portrait aussi saisissant qu’émouvant. Sans jamais rien éluder des aspects les plus choquants et dérangeants de son oeuvre ou de ses obsessions les plus viscérales, Gonzague Saint Bris va plus loin, explorant les relations du Marquis avec les femmes de sa vie, ses enfants, le monde de la monarchie, de la Révolution et de l’Empire.
Apparaît un homme singulier, d’un courage intellectuel hors norme et d’une liberté confondante.
Emprisonné pendant les deux tiers de son existence, l’auteur des 120 journées de Sodome ou de Justine ne rend jamais les armes.
Éternel insoumis, athée combattant, rebelle sans tabou, Donatien Alphonse François de Sade est l’Ange de l’ombre de la littérature française.
Après quarante-cinq ans de libération des moeurs, notre époque est totalement sous le signe de Sade, marquée de son empreinte brûlante et indélébile.
Je vous remercie Gonzague de m’avoir fait découvrir cette femme éprise de l’Ange de l’ombre.
Une femme à qui l’on aurait souhaiter dire :   » L’Amour triomphe de tout  » !!!.

Jean-Jacques Servan-Schreiber. Un homme hors du commun !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Le 13 février 1924 naissait JJSS. Un visionnaire que la France a loupé !!! Dans l’émission ‘Face à la nation’,  le célèbre intervieweur Lawrence Spivak a conclu l’intervention avec ces mots: « Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence. » 

Polytechnicien, Pilote de chasse  (US Navy en Alabama ), Journaliste, Patron de presse, Essayiste, homme politique.

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JJSS a écrit ce texte magnifique :

 » Il faut penser et agir avec toute la complexité de l’amour réel,

                          se garder de la rigueur de l’esprit.

Il faut croire à de multiples et changeantes vérités,

                        combattre au jour le jour,

et aimer en son coeur autre chose que soi-même.

                   Il faut créer.  » 

Jean-Jacques était un créateur, il aimait l’avenir et en particulier dans notre pays où chacun ne voit qu’un très grand espace devant lui, ne voit pas l’avenir, et quand il le voit, il en a peur, Jean-Jacques c’était le contraire…Il s’engagea avec un sens aigu de l’anticipation. Il est des premiers combats pour la décolonisation de l’Algérie, il est contre l’arme nucléaire, défend Airbus contre le Concorde, prône la suppression de l’héritage des moyens de production, développe des idées environnementalistes, accompagne les débuts de la révolution informatique, milite pour une Europe politique, la monnaie unique et pressent ce que l’on appellera plus tard la mondialisation…

JJSS était unique. Nous ne verrons pas de sitôt un autre homme comme lui. 

Fondateur de L’Express à 29 ans

Le titre est fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, comme supplément politique du journal  » Les Echos « , fondé par le père de JJSS,  Emile Servan-Schreiber. L’Express est le grand succès de la presse des années 1960. Jean-Jacques Servan-Schreiber par sa conviction et son intelligence a fait venir des grands noms comme  : Albert Camus, Alfred Sauvy, André Malraux, Fernando Arrabal, François Mauriac, François Mitterrand, Françoise Sagan, Jacques Attali, Jean Daniel, Jean-Paul Sartre, Pierre Salinger, Raymond Aron, Robert Badinter,  et tant d’autres…

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Cela me fait penser à la phrase de Françoise Giroud sur JJSS : « Quand on travaille à ses côtés, il vous éclaire sous votre meilleur jour, il vous donne envie de vous dépasser ».

La citation de JJSS   » Dire la vérité telle que nous la voyons  » devrait être affichée dans toutes les rédactions !!!

Depuis 1977, Jean-Jacques ne croyait plus à la presse écrite à cause des nouveaux réseaux d’information, comme d’habitude il avait vu juste.

J’ai eu la chance de travailler à L’Express comme collaborateur de JJSS   jusqu’au jour de la vente de L’express à Jimmy Goldsmith en 1977, ensuite j’ai continué avec lui vers d’autres aventures ( Défi Mondial, Centre Mondial Informatique ).

A 20 ans, rencontrer un homme comme JJSS, m’a permis de sortir des sentiers battus. C’était l’époque ou les patrons avaient conscience de leur rôle social et de leurs responsabilités  ( les actionnaires n’avaient pas le pouvoir d’aujourd’hui ) et le Coca Light pour Bobo’s n’existait pas !

Vous comprendrez mieux mon combat pour aider la jeunesse de demain, c’est comme Jean-Jacques, un Devoir… comme le 1er défilé de mode que j’ai conçu après 17 années de guerre à Beyrouth et aussi mon engagement pour préserver l’Atelier Picasso, la rénovation de la bibliothèque de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, et mon implication à l’occasion de la remise du Prix Alphonse Allais à Jean-Pierre Mocky, l’un des derniers cinéastes de notre temps, etc…

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Jean-Jacques, mon pygmalion éternel.

« C’est pas possible !  «   ? est la phrase qu’il n’aimait pas de la part de ses collaborateurs. C’est pour cela qu’on allait jusqu’au bout de nos missions et c’est aussi pourquoi je suis resté à ses côtés pendant vingt ans.

Le Défi américain

Jean-Jacques Servan-Schreiber est au milieu des années 1960, un riche patron de presse et un éditorialiste politique toujours à l’affût des nouvelles idées. Par ses brillantes analyses et synthèses, il attire à lui les cerveaux de sa génération. L’Express est le principal journal d’opposition au Général de Gaulle et compte dans ses rangs quelques barons de la presse des décennies à venir : Claude Imbert, Jean-François Kahn, Catherine Nay, Michèle Cotta, Yvan Levaï, André Bercoff, Jean-François Revel…

De plus en plus anti-gaulliste et persuadé que le vieux Général n’est plus l’homme d’une France moderne, JJSS ne veut plus se contenter de son rôle d’observateur politique. Il est pourtant influent dans les milieux de gauche. Mais JJSS est avant tout un agitateur d’idées. Il considère que ses éditoriaux ne suffisent pas à éveiller ses concitoyens sur les défis que la France va devoir relever à l’avenir.  L’un d’eux bouleverse JJSS : les Etats-Unis et l’Europe se livreraient une guerre économique silencieuse où l’Europe semble totalement dépassée, tant au niveau des méthodes modernes du management que de l’équipement technologique et de la capacité de recherche.  Mais Servan-Schreiber y trouve l’occasion de développer un argumentaire en faveur d’un fédéralisme européen, dans un livre choc Le Défi américain, paru en 1967, reste aujourd’hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre est traduit en quinze langues, se vend à des millions d’exemplaires partout dans le monde et est unanimement reconnu comme très brillant.

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Une carrière politique engagée avec plusieurs batailles.

Le Concorde.

Le Concorde fut, comme le prédisait Jean-Jacques Servan-Schreiber avant même son premier vol, un  » Vietnam industriel« , mais cette entreprise était d’abord gaullienne.  » Nom de Dieu, nous le ferons ! » avait tonné le Général, en 1964, tapant du poing sur son bureau. La belle aventure a définitivement tourné au désastre financier. Le général de Gaulle s’en fichait: « On a fait ric-rac avec Caravelle, on fera peut-être ric-rac avec Concorde », rigolait-il. Pas le président François Mitterrand, qui veut même stopper l’exploitation commerciale du Concorde. Il sera finalement sauvé de justesse avec l’appui du ministre communiste des Transports Charles Fiterman qui trouve de nouveaux débouchés auprès des tour-opérateurs – l’un d’eux a d’ailleurs affrété l’avion qui s’est écrasé le 25 juillet 2000 à Gonesse.  Le coût du programme s’est élevé à 45 milliards de francs pour une vingtaine d’exemplaires construits. JJSS, s’interroge sur l’intérêt d’une telle dépense, « pour permettre à quelques milliardaires de traverser plus vite l’Atlantique ».  Aucun Concorde n’a été vendu, JJSS l’avait prédit.

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Le Bataillon de la Paix.

Une équipe internationale, embarque sur un petit voilier, le Fri en direction de Moruroa et Tahiti. L’objectif d’alerter l’opinion mondiale mais aussi, de retarder la campagne d’essais nucléaires aériens.

Plusieurs députés emmenés par Jean-Jacques Servan-Schreiber, Louis Besson, Charles Josselin, Anne-Marie Fritch – se joignent au « Bataillon de la Paix ». Accompagnés de représentants des Eglises, les pasteurs Gilbert Nicolas et Richard-Mollard, le Père Avril. Ils apportent le message des « Français contre la bombe », lancé à l’initiative du Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté. Plusieurs milliers de Polynésiens formeront un impressionnant cortège dans la capitale tahitienne. Entre temps, le 22 juin, la Cour Internationale de Justice aura statué provisoirement demandant à la France de s’abstenir de sa campagne d’essais aériens.  Peu après, des militants non-violents français ont rejoint le Fri pour une action de « vigile » autour de Moruroa. Ce sont Jean-Marie Muller, fondateur du Mouvement pour une alternative non violente, Brice Lalonde, alors jeune écologiste, l’abbé Jean Toulat, écrivain et le général Jacques de Bollardière, mis d’office à la retraite pour avoir protesté contre l’usage de la torture en Algérie. Le tir Centaure du 17 juillet 1974 contaminera gravement Tahiti. 

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Enlèvement du chanteur Mikis Theodorakis aux colonels qui régnaient en Grèce.

En 1970, Jean-Jacques a été en Grèce avec Mélina Mercouri et Costa-Gravas pour plaider en faveur des condamnés du réseau « Défense démocratique », Papadopoulos lui permet de ramener Theodorakis en France. Le dictateur retient cependant sa femme et ses enfants en Grèce : Ils seront ses otages pour empêcher Theodorakis de parler.

Le Pouvoir Régional.

Avec dix ans d’avance sur les grandes lois décentralisatrices, Jean-Jacques Servan-Schreiber rêvait déjà de consacrer  » le pouvoir régional « .

Son idée ? Ne plus considérer la région comme un simple échelon administratif, réduit à l’application des politiques publiques, mais la doter d’un véritable pouvoir d’action. Un poids politique réel, équivalent à celui de l’Etat centralisé.

Aujourd’hui encore, à l’heure où l’on parle de regrouper les régions, cette conception demeure d’actualité.

Il faut la mener à son terme et doter les régions d’un véritable pouvoir réglementaire, outil indispensable pour mener de vraies politiques globales. C’est le seul moyen de créer vraiment des entités capables de peser au niveau européen et même mondial.

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Ministère des Réformes.

Après le décès du Président de la République, Georges Pompidou, le 2 avril 1974, Valéry Giscard d’Estaing accédait à la tête de l’Etat après 16 ans de régime gaulliste. Au gouvernement, le député Réformateur Jean-Jacques Servan-Schreiber est nommé Ministre des Réformes le 27 mai 1974.

Le 9 juin 1974, en apprenant la reprise des essais nucléaires à Moruroa, JJSS fait cette déclaration à France Inter : « Au nom de la France, des bombes vont exploser de nouveau dans le ciel du Pacifique et contaminer les habitants de la Polynésie française. C’est une chose contre laquelle je me suis élevé l’année dernière de toutes mes forces, lorsque j’étais à Tahiti avec le Bataillon de la Paix… » Jacques Chirac, Premier ministre, fit pression sur le Président de la République pour faire exclure Jean-Jacques Servan-Schreiber du gouvernement, ce qui fut fait le jour même de la déclaration publique du ministre.

Carrière politique : Député de Nancy. Président du Conseil Régional de Lorraine. Président du Parti Radical – Socialiste. Président du Mouvement Réformateur. Père fondateur de l’UDF.

Le Défi Mondial

Au milieu de la crise mondiale,JJSS saisit l’imagination et éclaire l’avenir. Il nous emporte de Paris à Bombay, de Tokyo à Riyad, de Hambourg à Alger, sur les sentiers de l’espoir. Dans le village de Taïf, en Arabie, dix avions privés atterrissent au crépuscule. Les hommes qui en sortent détiennent la richesse du monde. Ils posent leurs conditions.
Parmi des millions d’êtres humains affamés, illettrés, accumulant la misère du monde, des chefs d’Etat impatients interpellent l’Occident.

Dans les pays développés, la société industrielle, qui a perdu la maîtrise du pétrole et des investissements, se retrouve le dos au mur.

Du choc entre ces trois univers peut surgir un désastre, ou bien jaillir une flamme. Celle d’une épopée à l’échelle planétaire. Des instruments existent _ mais qui le sait? La révolution de l’intelligence est à notre portée, mais qui la veut? Un groupe d’hommes Européens, Arabes, Japonais conscients de ces périls, informés de ces réalités et de ces moyens, ont exploré ensemble, la voie de la Renaissance. Oui, elle existe. Tel est l’enjeu du Défi Mondial.

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Le Centre Mondial Informatique

JJSS joue alors de son influence auprès de Gaston Defferre afin de convaincre Mitterrand de créer un institut d’informatisation de la France. Ce sera le Centre mondial informatique et ressource humaine (CMIRH). JJSS est, comme il l’était avec Mendès France et Giscard d’Estaing, un conseiller de l’ombre du président, un éveilleur et même dit-on un « visiteur du soir »

Voir billet : https://soufflezsurlesbraises.com/2014/01/24/le-macintosh-a-30-ans-aujourdhui/  

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Oui JJSS était trop en avance, surtout dans le contexte des années 70. Bref, il a eu son utilité.
Les historiens s’y pencheront un jour, ce n’était pas totalement anachronique de parler d’Europe fédérale, de monnaie unique, d’informatisation, de globalisation de la consommation en 1969. JJSS a été là pour le montrer. Et d’une certaine façon, il est avec Mendès-France l’exemple que des hommes politiques peuvent être droits, intégres et visionnaires. Qu’on ne s’y trompe pas, l’image qu’on a voulu donner de lui : imprévoyant, bondissant et léger est fausse. JJSS est l’un de nos héros nationaux les plus lucides et les plus graves. Son idéal était le développement de son pays et, partant, le bonheur des Français.

JJSS laissera l’image d’un homme « visionnaire », louant son « courage qui avait du sens ». 

Message pour ses fils :  » Soyez fiers de votre père, c’était un grand homme de la France « 

Le Macintosh à 30 ans

Salut M’ssieurs-Dames,

Une centaine de lecteurs du Monde.fr ont répondu à un appel à témoignages mis en ligne à l’occasion du trentième anniversaire du « Mac », lancé le 24 janvier 1984. La question posée ? « Racontez-nous votre première expérience avec un Mac d’Apple . »

Voici la mienne pour mes amis fidèles :

« L’histoire humaine ne commencera que lorsque l’homme s’appropriera l’Univers par la science, l’action et le rêve ». Citation de Jean Jaurès.

Steve Jobs est un génie du XXème siècle, il fait partie des créateurs qui ont fait bouger le monde, je ne peux m’empêcher à chaque fois que je vois une personne téléphoner avec un Iphone ou un gosse taper sur une tablette de penser à lui.

« C’est une vieille citation de  l’ancien joueur de hockey Wayne Gretzky que j’adore : « Je patine vers l’endroit où le palet va être, et non vers là où il a été ». Et nous avons toujours essayé de faire cela chez Apple. Depuis le tout début. Et nous le ferons toujours. » Steve Jobs.

La France , François Mitterrand et les énarques ont loupé ce génie ! quel gachis…

Je fus le premier en France à avoir vu et touché le Macintosh 128 K de Apple, pourquoi ?

JJSS invita Steve Jobs à Paris pour le présenter à François Mitterrand à l’occasion d’ une conférence au Centre Mondial Informatique. Je suis allé accueillir Steve à Roissy, et c’est à cet instant-là que j’ai eu entre les mains le Mac, cet ordinateur qui devint la référence de la Micro-Informatique dans le Monde, je ne pensais pas un seul instant en mettant le carton dans le coffre de la voiture, que c’était historique et que ça allait devenir la société moderne que nous connaissons tous aujourd’hui. En repartant aux USA, Steve m’offrit son Mac, vous découvrirez ci-dessous la première disquette de démonstration du Mac « System Disk » dédicacée par Steve, le Co-Fondateur de Apple.

NB : comme un con, j’ai jeté ce Mac, pensez au collector que j’aurais aujourd’hui ?


Une autre grande idée de JJSS : il proposa à François Mitterrand l’implantation d’une usine Apple en France à Charleville-Mézières avec la création d’ un ordinateur français sur le même modèle que le Macintosh, il se serait appelé « L’appel » à la place du logo de Apple, il y aurait eu un bonnet phrygien qui symbolise la Liberté et le civisme en souvenir du logo du Parti Radical, Présidé par Jean-Jacques Servan-Schreiber de 1971 à 1979.

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Communiqué : Cohttp://www.portices.fr/formation/Res/Info/Dimet/TextesAi/1984-11-Appel.html

Ce projet aurait permis à la jeunesse française d’avoir une avance sur tous les pays européens, malheureusement il n’a pas vu le jour, à cause de Laurent Fabius !!! et d’intérêts politiques et économiques avec Thomson et Goupil. Steve Jobs était dégouté et nous donc. JJSS, François Mitterrand, Gaston Defferre et Pierre Bérégovoy n’ont pas réussi à faire naître l’Appel..

Voici un résumé http://www.portices.fr/formation/Res/Info/Dimet/TextesAi/1985-01ChantiersPop.html

Ce que je retiens de Steve est simple.

Quand Apple s’est développée, Steve Jobs a considéré qu’il avait atteint son niveau d’incompétence en tant que manager.  » Combien de personnes s’accrochent à leur pouvoir alors qu’elles sont devenues illégitimes…
Pendant un an, il  a cherché le manager. En 1984, il a convaincu John Sculley, Président de Pepsi-Cola en lui disant :  « Tu ne vas vendre toute ta vie des bulles, viens diffuser l’intelligence »…

Une anecdote, en rentrant de Marseille avec d’autres chercheurs, Steve a complètement flashé sur une hôtesse de l’air d’Air Inter, il demanda à JJSS, comment faire pour retrouver cette fille ? Jean-Jacques téléphona de suite à Gaston Defferre, Ministre de l’Intérieur pour retrouver cette belle inconnue. Réponse de Air Inter : « Nous ne diffusons jamais le nom de nos personnels volants pour des raisons de sécurité ».

le beau gosse

Steve Jobs est reparti la tête basse en Californie sans son Macintosh.( hé !hé !) Une grande pensée à toi Steve, génie de Californie. Reposes-toi bien et de là-haut, invente nous encore des Ipad, des Ipod, des Iped,et des Ipud…pour nous faire rêver. Au fait, ça me revient, il a fait la découverte du Minitel au Centre Mondial, il était bouche-bée !!! Les ingénieurs français des Postes et Télécommunications présents autour de ce petit appareil de couleur marron frimaient comme des Coqs gaulois…

LE CENTRE MONDIAL INFORMATIQUE

François Mitterrand et ma pomme à L’Elysée

Le 20 novembre 1981, François Mitterrand annonçait au Palais de L’Elysée, la création du Centre Mondial Informatique sous l’impulsion et une idée de Jean-Jacques Servan-Schreiber, orateur brillant ayant une vraie capacité à convaincre.

http://www.portices.fr/formation/Res/Info/Dimet/ArticlesLivres/8311LedMicro.html

Etaient réunis ce jour-là dans la salle des Fêtes de L’Elysée,  autour du Président et de JJSS, l’initiateur de cet énorme projet : Jean-Pierre Chevenement, Jack Lang, Pierre Bérégovoy, Jacques Attali, Gaston Defferre, Pierre Dreyfus, Louis Mexandeau, André Rousselet et des grands chercheurs comme Radj Reddy, Seymour Papert, Nicholas Negroponte, Eduard Ayensu, Saburo Ohkita, et le spécialiste en informatique de la République Populaire de Chine, le Professeur Zhisong Tang, que du lourd…et du sérieux.

Sans oublier votre serviteur, s’il vous plaît. Et oui, dédé de Montreuil à L’Elysée, c’est un peu normal, il ne faut pas oublier que cette belle demeure nous appartient à tous…

Le Centre Mondial était situé au 22, avenue Matignon à Paris 8ème, il avait pour mission d’irriguer après de la jeunesse la « culture informatique ». C’était aussi, un lieu de travail, et d’expérimentation, pour les chercheurs du monde entier, trouvant, à Paris, un environnement puissamment informatisé par sa capacité d’invention. Une fourmilière mondiale de l’intelligence et de rencontres à haut-niveau.

Plus de 100 chercheurs, (qui n’étaient pas tous des trouveurs), vivaient jour et nuit dans cet immeuble surprenant mélangeant la modernité et l’ancien construit par l’architecte et peintre milanais, Vittorio Mazzucconi, j’aurais du profiter plus de leurs savoirs et de leurs expériences

Encore une fois, JJSS, le visionnaire avait vu et visé juste !!!

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Jeudi 30 janvier 2014 page 16

Une usine Apple en France ?

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Steve Jobs en 1984.

Le 12 février, François Hollande se rendra dans la Silicon Valley. C’est la première dois depuis trente ans qu’un président en exercice s’y rend. A l’époque, François Mitterrand était resté huit jours en Californie. Il y avait reconnu l’importance du » capital à risque  » et expliquait à Pierre Salinger vouloir encourager les cadres à se  » jeter dans l’aventure  » de l’entrepreneuriat. Trente ans avant la révolte des  » pigeons  » !.

A son retour, aiguillé par Jean-Jacques Servan-Schreiber, il musclait le Centre Mondial Informatique et Ressources Humaines à Paris, où brillait Nicholas Negroponte, créateur du Medialab au MIT, le pape de l’intelligence artificielle Seymour Papert, ou encore Alan Kay, spécialiste de l’interface homme-machine.

Mais surtout Mitterrand fut littéralement  » épaté  » par Steve Jobs, 29 ans à l’époque, qui, invité en France, avait évoqué l’idée d’installer une usine à … Charleville-Mézières.  » Elle aurait porté le nom d’Appel « , se souvient André Cardinali, secrétaire de JJSS durant vingt ans. Mais la France, privilégiant un équipement Thomson To7 dans les écoles, a poliment refusé cette implantation.  » Et l’usine de Charleville-Mézières n’a jamais vu le jour …

Guillaume Grallet

 

Alain Rey, Le petit Robert

Bonjour M’ssieurs – Dames,

Alain Rey a été intronisé  le lundi 20 janvier par Alain Casabona, Grand chancelier à l’Académie Alphonse Allais.

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En deux mots … on peut tout dire ! Adepte de la concision…Paul Eluard.

Alain Rey est un linguiste et lexicographe, rédacteur en chef des publications des Editions Le Robert. Il est un observateur de l’évolution de la langue française. Il incarne une langue française en perpétuelle évolution ( à la différence de Madame Hélène Carrrère d’Encausse, mèrepétuelle de l’Académie française ) n’hésitant pas à inclure dans ses dictionnaires du verlan ou des régionalismes.

 Je dédie cette citation au Maître des mots : 

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Il nous faut peu de mots pour exprimer l’essentiel. Paul Eluard

Mon ami Joël Martin ( La Comtesse de l’Album du Canard Enchainé ) lui a concocté quelques contrepèteries :

Alain Rey a l’airain : un laid râle (Un râlait)… Ah, les reins !

Ne pas confondre Allais pinté et Alain pété.

Alain a toujours aimé l’essai, Allais a toujours aimé les seins.

Alain ne s’est pas retrouvé député, Allais ne s’est pas retrouvé des putains.

Alain se rendait-il au caté ? Allais se rendait-il aux catins ?

Alain est-il coquet ? Allais est-il coquin ? (Le coquet pinte, le coquin pète)

Là où le père parle de robinets, le Robert parle de Pinay.

Ne pas confondre Robur le Conquérant avec Robert le concurrent.

Ne pas confondre Le beau-père parle de marine et Le Robert parle de ma p…

Ne pas confondre Deux robots chers et Deux roberts chauds.

Une petite en rabe :

Ne pas confondre La fonction du dictionnaire et L’addiction du fonctionnaire.

Voici une idée, que j’ai retrouvée dans mon tiroir à idées …

Organiser une Exposition éphémère  » Le voyage des Mots  » sous la Présidence de quatre moqueurs : Serge Moati, Jean-Pierre Mocky, Yann Moix et François Morel. A l’occasion du cinquentenaire de la parution «  Les Mots «  de Jean-Paul Sartre. Gallimard 1964.

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Sous la présidence d’honneur de M.Alain Rey pour son dernier livre «Le voyage des mots» de l’Orient arabe et persan vers la langue française. Editions Guy Tredaniel. 2013.

« Un immense voyage de mots et d’idées a conduit les civilisation arabe, persane et turque à enrichir notre pensée et nos imaginaires. Héritiers de cet impressionnant transfert, les mots de notre langue sont secrètement nourris par leur origine orientale » – Alain Rey

Couverture Le voyage des mots - Alain Rey - Guy Trédaniel Editeur

  • Les invités seraient invités à choisir leur mot préféré et ceux d’autres auteurs connus accrochés aux murs ( les mots, pas les auteurs !!! ) en les dégustant avec une partie salée et une partie sucrée.  Une saveur des mots.

  • Mots fléchés, Mots d’Amour, Mosaïques, Maux de tête, Mots d’esprit, Mot con posé … Jeu de mots, seront les bienvenus sans oublier les gros mots ! 

  • à l’entracte, dégustation d’ exquis Mots…avec les glaces Motta. 

En fait les mots agglutinés sont le seul fruit de l’imagination et

ne sont pas dans les dictionnaires.

Anticonstitutionnellement n’est pas (plus) le mot le plus long

de notre chère langue, ce serait :

 HEXAKOSIOIHEXEKONTAHEXAPHOBIE

qui signifie la phobie du nombre 666….

SMILES est le mot le plus long dans le dictionnaire anglais, car il y a un mille entre les deux S

Je me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça ? Boris Vian

 

 

 

Pourquoi les riches ont gagné ?

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Crise ou pas, la richesse mondiale est en plein boum et ceux qui la possèdent n’ont jamais été si dominateurs. Jean-Louis Servan-Schreiber prend, dans son nouveau livre, la mesure de ce phénomène.

Et, à l’autre extrémité du spectre, la pauvreté, sur la planète, s’est aussi réduite plus vite que prévu. Pourtant, les inégalités s’accroissent et peuvent déstabiliser des sociétés obsédées par l’égalitarisme. Pour « JLSS », la réduction de cette fracture va devenir la question primordiale des vingt années à venir.

Pourquoi les riches ont gagné
Le fondateur de L’Expansion et de Clés souligne que le pouvoir d’informer est très largement tombé aux mains des riches. © Bruno Charoy / Pasco

Jean-Louis Servan-Schreiber, journaliste, écrivain et patron de presse, est l’un des meilleurs observateurs de l’époque contemporaine. Il l’a montré dans ses choix professionnels, en créant les bons médias au bon moment: L’Expansion avec Jean Boissonnat en 1967, puis, notamment, L’Entreprise, Radio Classique, Psychologies Magazine et, enfin, Clés, avec sa femme, Perla… sans oublier L’Express, lancé avec son frère, Jean-Jacques Servan-Schreiber ( avec qui j’ai travaillé pendant 20 ans )

Il l’a montré aussi dans ses engagements, puisqu’il préside aujourd’hui le comité de soutien en France de l’ONG Human Rights Watch. Il l’a montré, enfin, dans les choix thématiques de la dizaine de livres qu’il a publiés à ce jour : Le Pouvoir d’informer, L’Art du temps, Le Métier de patron,ou plus récemment Trop vite ! et Aimer (quand même) le XXIe siècle.

L’économie, le comportement humain, l’accélération des sociétés sont ses centres d’intérêt permanents, et il porte sur leur évolution un regard à la fois lucide et optimiste. Son nouveau livre, Pourquoi les riches ont gagné (Albin Michel), dont L’Express publie en exclusivité les bonnes feuilles, part d’un constat : depuis six ans, en Occident, l’obsession politique et médiatique de « la crise » occulte le fait que nous assistons, depuis 2000, à une explosion de la richesse mondiale.  

La planète compterait désormais plus de 12 millions de millionnaires, dont 500 000 en France!

[Extraits] Les riches ont gagné, mais quels riches? Tous ceux qui, dans un pays comme la France, gagnent 6 000 euros net par mois et plus (montant à partir duquel les Français, interrogés en 2013 par Challenges, situent la richesse)? Ou ceux qui possèdent 1 million de patrimoine? Ou les très riches (10 millions)? Ou les hyperriches, ce 0,1 % de la population qui nourrit à la fois les fantasmes des plus modestes, les tirages des magazines people et l’imagination fiscale des gouvernants à la recherche de symboles politiques d’équité?

Même s’ils ne constituent pas une catégorie sociologique homogène, même s’ils ne vivent pas de la même manière et n’ont pas les mêmes priorités, ils ont en commun de ne pas connaître les pesanteurs et les difficultés matérielles auxquelles se mesurent au jour le jour 99 % des citoyens. Eux-mêmes et leurs enfants ont accès à ce qu’une société moderne offre de plus confortable, de plus divertissant, de plus succulent, de plus exotique, de plus esthétique ou de plus novateur. Ils sont mieux conseillés, mieux protégés, mieux soignés, mieux éduqués.

C’est pour eux que semble avoir été formulée l’expression anglaise« the best of everything ». Certes, cela ne les empêche pas de connaître les duretés de l’existence comme les dilemmes ou les conflits de tout mortel. Mais leur bulle est climatisée.

En majorité, ce ne sont pas des nantis paresseux ni des parasites de la modernité. La plupart agissent, produisent et s’efforcent de maintenir ou de développer leurs actifs. Beaucoup même se plaignent de consacrer tant de temps à ce qui les rend riches qu’ils n’en ont guère pour profiter du résultat de leurs efforts. Ils jouent plutôt, dans notre société, un rôle de modèle enviable que de repoussoir ou d’adversaire. C’est peut-être en cela qu’ils ont gagné, sans avoir mené de guerre ni suscité de révolte.

Pourquoi un tel succès, qui ne paraît ni précaire ni sérieusement contesté ? Pour des raisons conjoncturelles, politico-historiques et du fait aussi de leur propre comportement. Nous les avons abordés sous différents aspects au long de cet essai, mais il est temps de les résumer, comme un faisceau d’indices ou de preuves :

– Pour être riche, il faut de l’argent, or celui-ci abonde comme jamais sur notre planète. On l’oublie souvent dans nos pays en crise, mais le développement mondial est rapide et global. La richesse naît plus facilement dans son sillage. Non seulement parce qu’il se crée, en permanence, de nouveaux produits ou services, mais du fait que le niveau de vie général augmente, de même que le pouvoir d’achat des consommateurs de ces produits. Davantage, certes, dans les pays en progression forte que dans les nôtres. Mais les riches vendent et investissent partout, puisqu’ils ont les moyens d’être présents sur les marchés où la demande croît le plus vite.

Les riches n’ont pas de frontières.

– La richesse n’est pas une simple retombée du progrès économique. Elle fructifie aussi au croisement des deux valeurs clefs de ce nouveau siècle : l’individualisme et le culte de l’argent. Les héros contemporains ne sont ni politiques, ni militaires, ni religieux, ni même savants. Ils sont sportifs, acteurs et artistes, entrepreneurs à succès.

Les héros sont bien payés et deviennent riches. 

– Les patrimoines des riches s’accroissent plus vite que la misère ne diminue. Les taux de rendement des capitaux seront durablement, au cours de ce siècle, plus élevés que la croissance des PIB. De ce fait, l’héritage va reprendre de l’importance dans les décennies à venir, ce qui n’est jamais en faveur de la réduction des inégalités.

Qu’ils travaillent ou non, les riches s’enrichissent.

– La misère recule enfin dans le monde. Elle était dominante il y a encore un demi-siècle; la croissance est rapidement en train de la marginaliser, laissant la place à une immense classe moyenne, qui peuplera la planète ce siècle durant. Il en résulte une atmosphère plus propice à la richesse. Il semble plus légitime de prospérer si d’autres ne meurent pas de faim à proximité.

Le ressentiment à l’encontre de la richesse s’atténue.

– En même temps, la demande d’égalité, si rituelle dans le discours républicain, n’est plus politiquement prioritaire. Dans les continents en forte croissance, on insiste plutôt sur l’égalité des chances que sur celle des revenus. Sans grands résultats d’ailleurs. Dans les pays plus stagnants, la revendication sociale se porte sur le maintien des acquis plutôt que sur des progrès de niveau de vie, qui semblent bien hypothétiques sans vraie croissance.La pression sociale est plus réaliste et souvent résignée.

– Il n’y a plus d’idéologies antiriches, comme ce fut longtemps le cas entre la Révolution française et la dissolution du Parti communiste de l’Union soviétique en 1990. Il n’y a plus d’ennemis de classe, selon la formule léniniste. Les riches sont considérés par la gauche comme une force politique antagoniste et une cible encore privilégiée de contribuables. Mais ces derniers y sont habitués et ont appris à négocier en conséquence.

Politiquement, les riches sont devenus des acteurs sociaux puissants et non plus une classe honnie.

– Les riches sont militants et acteurs d’une idéologie, le libéralisme. Le fait qu’il s’agisse d’un système économique illustre notre époque, où l’essentiel du jeu politique tourne autour du partage d’un gâteau qui se rétrécit. Le libéralisme est à la fois décrié et triomphant. Il déchaîne les polémiques, mais il n’a aucun adversaire frontal. Personne n’a, mondialement, de doctrine crédible à lui substituer. Les débats actuels se limitent aux moyens d’en atténuer les effets sociaux, quelquefois dévastateurs.

Les riches sont à l’aise avec l’idéologie dominante, la leur.

– Partout dans le monde, le seul adversaire des riches est la fiscalité. Il s’agit à la fois de les faire contribuer le plus possible aux dépenses publiques et de donner l’impression que les politiciens ne sont pas leurs amis ou complices. Cette guérilla, pour laquelle les riches sont bien armés, ne pourra obtenir de résultats significatifs que lorsqu’il y aura une véritable fiscalité mondiale. On en est loin. Les Etats s’efforcent de resserrer les mailles du filet en passant des accords d’échanges d’informations et de lutte contre les paradis fiscaux. Mais, avec 192 nations à la fiscalité autonome, les riches trouveront encore longtemps des havres financiers hospitaliers.

Les riches sont experts en stratégies fiscales planétaires.

– Les Etats de toutes tendances ferraillent avec les riches, mais n’ont pas les moyens de leur faire la guerre. Car leur premier casse-tête politique est le chômage. Or ce sont les riches qui créent les emplois. Le grave pour un responsable politique serait de déclencher une grève – pis, un exode – des employeurs. Il y a connivence de fait entre les gouvernements et les riches, qui ont mutuellement besoin les uns des autres.

On ne peut pas se passer des riches quand on est au pouvoir.

– Les riches sont amenés partout à se substituer à l’indigence budgétaire publique. Leur rôle financier est donc destiné à croître dans de nombreux secteurs d’activité : éducation, santé, recherche scientifique, aide humanitaire, philanthropie, mécénat artistique. Sans oublier que, de longue date, les entreprises que possèdent et dirigent les riches contribuent de façon décisive au financement des prestations sociales. Ce qui rend les riches coresponsables, avec la puissance publique, de la stabilité sociale du pays.Les riches sont devenus un acteur public central.

– Les riches sont mieux à même de tirer parti de la modernité que les politiques. Ils sont mieux informés, mieux conseillés, plus libres et plus concentrés que les élus du peuple. Car ils n’ont qu’un seul objectif, produire de l’argent et le protéger. Ils n’ont pas d’électeurs, peuvent garder le secret sur leurs plans et leurs tactiques, et savent s’arranger entre eux.

En même temps, au service de cet objectif central, ils peuvent mettre des moyens considérables, qui, souvent, manquent aux Etats. A la différence de ces derniers, ils se jouent des frontières et ont des stratégies mondiales. Les entreprises multinationales, que certains d’entre eux gouvernent, sont plus puissantes économiquement que la plupart des pays représentés à l’ONU. Seules les plus grandes nations peuvent encore les tenir en respect mais pas sur tous les terrains. Seuls les riches ont un pouvoir mondial.

– De ce fait, les riches n’ont plus de complexes et poussent leurs avantages sans prendre trop de précautions. La manière dont les banquiers et les financiers ont réduit à une peau de chagrin les mesures de régulation que les Etats voulaient prendre après la crise de 2008 l’illustre de façon éclatante. Les bonus les plus insolents sont repartis de plus belle dès 2009. Comme si les riches se sentaient libres de tirer un profit financier de tous les aléas économiques, laissant les politiques s’arranger avec les conséquences, en particulier sociales. Qu’a pesé un Montebourg face à un Mittal?

Les riches ne prennent plus de gants pour affronter le pouvoir politique.

– Les riches tiennent les médias, directement ou indirectement. Soit parce qu’ils en sont propriétaires, soit parce que les médias ont un besoin vital de la publicité que les riches peuvent leur attribuer, ou leur refuser. Comme la presse est en position de faiblesse partout, elle est un peu à leur merci. Les journaux les plus prestigieux, au bord de la faillite, sont rachetés à la casse par des possédants.

C’est ainsi que Jeff Bezos, qui a créé Amazon, a « sauvé », en 2013, le Washington Post. Même les médias les plus modernes ne peuvent vivre, à l’exception de quelques-uns, du Canard enchaînéà Mediapart, sans l’assentiment financier des puissants. Il n’y a que lorsqu’un riche est en difficulté que les médias se ruent à la curée. Ce qui donne à ces derniers une impression fugitive de puissance. D’autant qu’à ce moment-là les autres riches abandonnent l’animal à son triste sort. Car les riches ne sont pas tendres avec les plus faibles d’entre eux.

Le pouvoir d’informer est tombé très largement entre les mains des riches.

– Plus globalement, les riches contrôlent l’essentiel de l’argent sur la planète. Soit parce qu’ils en possèdent eux-mêmes (mais ce n’est qu’une petite partie de l’argent-pouvoir), soit parce qu’ils sont aux manettes du business mondial. Ceux, en effet, qui sont à la tête des entreprises ou des banques, non seulement sont nommés par eux, mais ils sont responsables devant ces jurys d’argent que sont les actionnaires, lesquels ont compris l’intérêt d’enrichir rapidement ceux qui travaillent pour eux.

Ainsi s’assurent-ils qu’ils sont passés dans le clan des riches. De ce fait, la morale de l’argent, les buts de l’argent, les stratégies de l’argent pèsent de plus en plus sur le destin de nos contemporains. On n’en finit pas d’en mesurer l’ampleur des conséquences. A l’échelle de la planète, même le plus puissant des riches ne pèse pas bien lourd, mais la religion de l’argent, commune à presque tous les riches, domine le débat mondial dans les pays en paix, c’est-àdire presque partout.

Les riches détiennent le pouvoir essentiel, celui de l’argent. Le reste suit.

– Certains riches ont pu réussir en politique, comme Michael Bloomberg ou Silvio Berlusconi, mais ce sont des exceptions. Car, d’instinct, les riches ont compris combien la détention publique du pouvoir est périlleuse et provisoire. Ils préfèrent l’infiltrer pour en obtenir ce qui leur est nécessaire. La vulnérabilité des politiciens face aux riches, c’est que la politique coûte cher et que la plupart des candidats à l’élection ne disposent pas de moyens personnels. Les scandales financiers qui émaillent la vie politique portent sur des sommes dérisoires comparées aux vraies fortunes. Quand un politique dissimule 600 000 euros, sa carrière est fichue. Quand un riche a fraudé sur 6 millions, il trouve discrètement un compromis financier avec l’administration.

Les riches laissent les détenteurs officiels du pouvoir prendre les risques. Ils se contentent de les influencer.Ils savent que la richesse est plus pérenne que les mandats électifs.

Ainsi s’exerce le pouvoir des riches. Il est pacifique, car ils n’ont plus, comme ce fut le cas au cours de l’Histoire, besoin de déclencher des guerres ni de fomenter des coups d’Etat pour maximiser leur puissance. Un marché mondial sur lequel ils peuvent intervenir avec l’efficacité des technologies contemporaines leur suffit. Ils n’ont besoin ni de police, ni d’armée, ni de censure pour servir leurs intérêts.

Au contraire, opérer dans un monde ouvert, à l’expression libérée et où la loi est respectée, crée les conditions optimales de leur réussite. Les riches sont forcément modernes, sinon ils ne survivent pas longtemps dans un monde en accélération permanente.

Les riches se doivent d’être des mutants de leur époque, de la comprendre, la deviner avant les autres. Ceux qui y parviennent gagnent gros et, en plus, s’amusent à ce jeu en vraie grandeur et à sommes réelles.

Les riches ont gagné. Ils n’ont même plus besoin de s’en vanter. Ce monde actuel est devenu le leur, ils y sont chez eux.

Ne pas oublier que les nouveaux riches sont aussi des anciens pauvres… dédé

Moi, je m’en fous, je vis dans la luxure :

 Je fais ce que je veux

ou je veux

quand je veux

avec qui je veux… 

Même Bill Gates et le Pape ne peuvent pas le faire !!! 

ça s’appelle la liberté et je l’ai eu à juste prix.