Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

L’Avant ! L’Après …

Bonjour M’ssieurs-Dames,
Le confinement m’a servi à mettre de l’ordre dans mes actions passées, c’est pourquoi j’ai retrouvé un combat que j’ai mené pour sauver l’atelier Picasso avec l’intervention de mon Ambassadeur Frédéric Beigbeder, ci-dessous le texte qu’il a lu en mon absence pendant la Conférence de presse, le jeudi 13 novembre 2014 à la Mairie du 6ème arrondissement.
 » ça c’était Avant, maintenant nous sommes dans l’Après pour agir et vivre autrement ».
Chers amis,

De Shanghai, je suis, comme vous pouvez l’imaginer, de tout cœur avec vous dans ce combat ultime pour sauver les Grands-Augustins. Je remercie chaleureusement Frédéric de me représenter.

Je dis bien ultime car nous étions tous persuadés que l’affaire était réglée.

Force est de constater que tel n’est pas le cas ! Je salue tout particulièrement Maître Roland Dumas, dont le témoignage précieux et la ténacité dont il a fait preuve, contre vents et marées, pour que soit respectée la volonté de Picasso, à savoir le retour de Guernica à Madrid, « quand l’Espagne serait devenue une démocratie ».

Je dis bien contre vents et marées, car il faut souligner avec quelle habileté celui qui avait la confiance du maître a su prévoir et déjouer les obstacles qui ne manqueraient pas d’être dressés dans cette mission si délicate.

Qui sait, par exemple, que c’est sur le conseil de Roland Dumas que Picasso rajouta quelques lignes concernant les extraordinaires études préparatoires, dont on a pu voir les reproductions au Grenier, avant que ce lieu mythique ne soit condamné par les huissiers. En effet, Picasso suivit le conseil de notre ami, précisant que ces travaux préliminaires étaient indissociables de Guernica, et devraient aussi être présentés à ses côtés à Madrid. Qui sait ce que seraient devenus ces dessins si importants si cette précision n’avait pas été apportée ?

J’ai la conviction que la réunion d’aujourd’hui va permettre de trouver enfin une solution positive face à la situation scandaleuse contre laquelle nous protestons. Alerté par Lucien Clergue, président de l’Académie des Beaux-Arts, et président de notre Comité de soutien, le Président de la République avait pourtant – c’était en avril 2013 – exprimé clairement sa volonté de voir ce dossier « traité prioritairement ». Un an après, face à l’inertie des pouvoirs publics, le Comité de soutien avait pris l’initiative d’adresser une lettre ouverte au Premier ministre Manuel Valls et à la maire de Paris Anne Hidalgo, quelques jours après leur nomination. La commission régionale du Patrimoine et des sites s’était réunie, et avait – décision semble-t-il sans précédent – voté à l’unanimité le classement du Grenier et de l’étage inférieur, où Picasso a peint Guernica.

Nous nous étions tous félicités de cette décision, largement relayée par la presse, qui avait titré « le Grenier des Grands-Augustins est sauvé ».
Sauvé ? Tu parles ! Les huissiers, ou plutôt la Chambre des huissiers de Justice de Paris – ne pas confondre – a profité de l’absence de réactivité immédiate des pouvoirs publics pour déposer, en douce, le 5 août dernier, une demande de permis de construire pour transformer l’Hôtel de Savoie…en résidence hôtelière de luxe, après avoir affirmé pendant des mois que telle n’était pas son intention, et que ceux qui véhiculaient cette information étaient des affabulateurs, allant jusqu’à faire état, sur une radio publique, d’ « allégations fantaisistes ».
Le temps des pétitions est passé ! Le message de la lettre ouverte à Mme Hidalgo et à M. Valls était pourtant clair. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous en appelons au Président de la République pour lui demander d’user de son autorité et de ses pouvoirs pour que les Grands-Augustins retrouvent leur vocation culturelle et artistique, et soient ouverts au public, dans les meilleurs délais. Halte au foutage de gueule : il faut arrêter de tergiverser !
Avec tout le respect que nous devons au Président de la République, nous lui demandons solennellement de prendre ses responsabilités dans cette affaire. Faute de quoi, la France sera la risée du monde entier pour tous ceux qui sont attachés à ce patrimoine, qualifié par Carlos Saura de « lieu le plus mythique de la capitale ». Et puisqu’il est question de cinéma, rappelons que chaque scène est précédée de l’ordre du réalisateur : « ACTION ». C’est ce que nous attendons aujourd’hui. Il est temps de mettre un terme à ce mauvais feuilleton !
André Cardinali, dit Dédé de Montreuil – ou de Shanghai – c’est selon !.

 Une anecdote veut qu’à Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire » C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous ! avec le soutien de Charlotte Rampling et Didier Lockwood.

Article dans Opinion Internationale https://www.opinion-internationale.com/2014/04/29/il-reste-13-jours-pour-sauver-les-ateliers-de-picasso

J’espère que vous allez tous bien.
Bises masquées
dédé

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