Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Une belle histoire d’Amour par Frédéric Beigbeder !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Avant de vous présenter le dernier livre de Frédéric Beigbeder, je voudrais encore le remercier pour avoir accepté d’être mon ambassadeur en présentant un texte pour sauver l’Atelier Picasso, lors d’une conférence de presse. ( voir billet  » Lettre ouverte au Président de la République  » 4 novembre 2014 ). Sur ton idée, le Prix Saint-Germain de Shanghai sera remis le 5 novembre à Shanghai par Jean-Michel Wilmotte. Je t’embrasse Fredo. Une belle histoire d’amour, ça fait du bien, dans ce monde de bruts !

L’idylle mécon­nue d’Oona O’Neill et Jerry Salin­ger.

« Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux.
En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O’Neill, 15 ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant… quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood. Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant. »

Frédé­ric Beig­be­der est un grand enfant, qui a décidé de se pencher, dans Oona &Salin­ger (Gras­set), sur l’histoire de deux jeunes adultes, encore en gesta­tion. Lorsqu’ils se rencontrent en 1940, Oona O’Neill et Jerry Salin­ger n’ont que quinze et vingt-et-un ans. Elle est la fille du drama­turge améri­cain et prix Nobel de litté­ra­ture Eugène O’Neill. L’immense aura de son père permet à cette appren­tie comé­dienne -aussi légère que ce dernier est torturé- de figu­rer dans les pages mondaines des maga­zines people entou­rée de ses amies les héri­tières Gloria Vander­bilt et Carol Marcus.

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Elle a sa table dans le carré VIP du Stork Club, l’un des plus établis­se­ments les plus bran­chés de New-York. Cest là qu’elle se lie d’amitié avec Truman Capote. Jerry, fils d’un commerçant froma­ger, n’est que toléré dans ces endroits à la mode où l’on plébis­cite cette ingé­nue beauté. Le jeune écri­vain n’a alors publié qu’une poignée de nouvelles. Mais son mètre quatre-vingt-dix et son regard sombre séduisent la jeune fille, qui s’embarque dans ce flirt avec la fougue de ses seize ans. « C’est entre seize et vingt-deux ans qu’on aime vrai­ment, écrit Beig­be­der. L’amour est absolu, sans la moindre hési­ta­tion. Oona et Jerry s’aimaient ainsi sans réflé­chir, les yeux écarquillés ».

Si leur rela­tion reste chaste, le jeune homme passe des nuits à lui lire ses écrits, elle, lui confie le drame de sa vie. L’indif­fé­rence de ce père, si célèbre, qui a quitté sa mère, l’écri­vaine Agnès Boul­ton, lorsqu’elle avait deux ans. Cet homme à qui elle écri­vait de poignantes lettres d’enfant : « Papa je t’aime, ne m’oublie pas ». Il n’a jamais su lui tendre la main. S’il lui répond, bien des années trop tard, c’est pour la sommer de ne pas jouer les star­lettes et d’arrê­ter de lui faire honte. Après son titre de Glamour Girl au Stork Club, il lui décoche même ces mots assas­sins : « Toute cette publi­cité que tu as eue est de mauvaise qualité, sauf si ton ambi­tion est d’être une actrice de seconde zone, le genre qui a sa photo dans les jour­naux pendant deux ans et puis retourne dans l’obscu­rité de sa stupide vie sans talent ».

Oona, « orphe­line d’un père vivant et célèbre », écrit Beig­be­der, dissi­mule cette faille derrière son sourire toujours écla­tant. Elle aspire à la légè­reté, se laisse aimer par Jerry Salin­ger, qui est atten­dri par cet ange à sauver. Ils se baladent main dans la main dans Central Park, échangent des baisers sur leur banc de Washing­ton Square, volent des livres d’occa­sion sur la 4e Avenue, fréquentent les clubs à la mode. « Lui est certes fier de sortir avec la fille d’un si grand drama­turge, décrypte Bertrand Meyer-Stabley, auteur d’Oona Chaplin(ed.Pygma­lion), mais il est surtout séduit par sa grande origi­na­lité. C’est un person­nage poétique, son prénom qui signi­fie  »unique » en gaélique, est comme une brise ».

Mais au bout de quelques semaines, le vent tourne. Leurs natures si diffé­rentes commencent déjà à les sépa­rer. Elle supporte mal le mauvais carac­tère et l’ambi­tion déme­su­rée de son amou­reux, se lasse de ce cheva­lier servant aussi exclu­sif qu’irri­table. L’écri­vain sent bien qu’elle lui échappe. La guerre fait rage en Europe. Se sentant sur le point de perdre la bataille des senti­ments, il décide de s’enga­ger, de partir libé­rer la France. Elle ne vien­dra pas lui dire au revoir, et part tenter sa chance à Holly­wood. Fin de cette première belle histoire d’amour, pense-t-elle. Mais le futur auteur du best-sellerL’attrape-coeurs ne capi­tule pas. Il lui écrit des lettres enflam­mées. Chacune des nouvelles qu’il rédige depuis le front est aussi à lire comme un texte à clé qui lui est adressé. « La guerre et ses atro­ci­tés lui font subli­mer leur histoire, et il vit très mal le fait qu’elle ait tourné la page de son côté. Il la met alors sur un piédes­tal pour mieux la lapi­der, en lui écri­vant une lettre horri­ble­ment bles­sante, lorsqu’elle lui apprend sa rencontre avec Char­lie Chaplin », raconte Bertrand Meyer Stabley.

Le coup de foudre est immé­diat entre la jeune comé­dienne de dix-sept ans et le célé­bris­sime Char­lot, qui en a alors plus de cinquante. Orson Welles avait prédit, en lisant les lignes de la main d’Oona, qu’elle épou­se­rait son ami, dès qu’elle l’aurait rencon­tré. Malgré l’ire de son père et le scan­dale provoqué par leur diffé­rence d’âge, miss O’Neill s’unit à Chaplin, en cati­mini, en 1943, juste après ses dix-huit ans, à Carpin­te­ria, à côté de Santa Barbara. Ils vécurent heureux et eurent huit descen­dants. « Cette enfant seule […] se cher­chait un protec­teur, quelqu’un pour l’adop­ter, comme un chat qui fait semblant d’être indé­pen­dant et réclame son bol de lait à heures fixes. Elle ne pouvait se conten­ter d’un adoles­cent belliqueux, d’un fantas­sin expa­trié, d’un écri­vain ombra­geux, et encore moins d’un vété­ran trau­ma­tisé », analyse Frédé­ric Beig­be­der. Ce dernier, pour­tant grand fan de Salin­ger, avoue comprendre le choix d’Oona. Le grand enfant, qui vient lui-même de se marier, a mûri.

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3 réponses à “Une belle histoire d’Amour par Frédéric Beigbeder !

  1. Marie-Laure Solanet 23 mars 2015 à 2 h 46 min

    Comme tu as raison cher Dédé !!! Moi qui ne pense qu’à l’amour, je vais courir acheter ce livre !!!!
    Marie l’Or

  2. Claudie de Surmont 23 mars 2015 à 2 h 48 min

    Merci DD pour ce papier très intéressant qui donne envie de lire le livre. Je vais l’acheter.
    Bravo aussi pour le Club Saint Germain des Prés de Shanghaï.
    You did it !!! Continue mais n’oublie pas de revenir.
    Tu aurais pu aussi rajouter sur ton carton d’invitation : « YES YOU CAN ! »
    Bizzzzzzzzz de Paris
    Claudie

  3. Grâce de Capitani 23 mars 2015 à 2 h 50 min

    Bravo DEDE fais donc rayonner la France, je trouve qu’elle en a besoins…
    Chéri Chéri se joint à moi pour t’embrasser chaleureusement .
    Bizooooos. Grâce.

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