Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Fais-moi mal, « Charlie » !

 

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Voici le dernier message que Georges m’a adressé pour sauver l’atelier Picasso ainsi que le soutien de Cabu transmis par Angélique :

Cher dédé, Cabu m’a donné son accord pour signer la lettre en son nom, ce que je viens de faire.

Bonne chance pour votre combat !

Angélique Le Corre

Charlie Hebdo

C’est toute une partie de ma jeunesse qui vient de s’écrouler, tout ça à cause des burkons !!! et de leur intolérance !!! N’ont t-ils pas de mères ?

Ces meurtres ont été commis par des gens qui se sentaient offensés par les caricatures de Mahomet publiés dans Charlie Hebdo ! Avec l’objectif évident d’intimider les journalistes du monde entier qui oseraient critiquer l’islam.Cet attentat aura peut être le résultat bénéfique de faire comprendre combien la liberté d’expression est précieuse, et fragile à la fois.

Selon la citation de JJSS, « Dire la vérité telle que nous la voyons« est le symbole de la liberté !

Comment oublier mes conversations avec Georges sur le boulevard Saint-Germain devant le kiosque à côté du Flore, les clins d’oeil avec Cabu toujours pressé ?

Comment oublier, quand j’ai dit à Georges devant le kiosque, à la sortie de Charlie Hebdo avec Mahomet,  « Avec cette provoc, vous avez signé votre arrêt de mort ! il m’a demandé pourquoi ?, je lui ai répondu  » vous ne savez pas ce qui se passe dans les cités, alors arrêtez !  »

Comment oublier la sortie du premier numéro de Charlie Hebdo avec le Professeur Chorron en 1970, au lendemain de l’interdiction du magazine satirique Hara-Kiri, le «journal bête et méchant» fondé en 1960 par Cavanna et le professeur Choron. Hara-Kiri s’était attiré les foudres du ministère de l’Intérieur en titrant, au lendemain de la mort du général de Gaulle: «Bal tragique à Colombey: 1 mort»?.

Comment oublier Cavanna, le rital aux yeux bleus, l’ange tutélaire ? et Reiser et le « Gros dégueulasse »

Comment oublier les rigolades, les réflexions, les débats avec mes potes autour d’un verre en lisant Charlie Hebdo ?.

Comment oublier que Charlie Hebdo est le symbole de la liberté d’expression et de notre liberté…. ?

Comment oublier Charb, Tignoux et toutes les victimes fusillées lâchement ?

Charlie Hebdo, continuez à vous battre pour vos amis disparus et pour nous, nous sommes à vos côtés dans ce jour de tristesse.

Message de Alain Casabona, Délégué général du CNEA. ( Comité National pour l’Education Artistique )

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Ils étaient là…dès la réouverture du Grenier des Grands-Augustins, Cabu, Tignous, Wolinski, entre autres, fréquentaient régulièrement les lieux. Les dessins que nous vous présentons sont inédits, car extraits de notre livre d’or (consultable en haute définition à la rubrique éponyme de notre site: https://lecnea.wordpress.com). En 2004, nos trois dessinateurs avaient accepté de participer à l’exposition « Démocratiquement croqués » . A cette occasion, la classe politique avait été largement invitée à servir de modèle à nos caricaturistes. Peu avaient répondu à l’appel: l’Union nationale n’était pas au rendez-vous… Par contre, un large public, et notamment de nombreux scolaires, s’était rendu au Grenier pour participer aux activités gratuites qui leur étaient proposées dans ce cadre, où nos amis partageaient allègrement saucisson et Saint-pourçain avec les visiteurs. Et que dire de la joie des enfants repartant avec un dessin réalisé à leurs côtés.

Ils étaient là…après notre expulsion par la chambre des huissiers de justice de Paris. Dès l’annonce de la constitution du Comité de soutien des Grands-Augustins, Cabu, Tignous et Wolinski, qui étaient déjà membres depuis près de dix ans du Comité d’honneur du CNEA, avaient été parmi les premiers à répondre à notre appel.

Le CNEA dénonce cet acte de barbarie, et exprime toute sa sympathie et son soutien aux familles, aux proches des victimes, et à l’équipe de Charlie Hebdo.

 

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En souvenir de Georges et Cabu, interview dans Paris-Match avec quelques vérités sur la liberté d’expression !

Dans les années 70, vous osiez des blagues impubliables aujourd’hui…
Wolinski. A l’époque, il est vrai qu’on faisait de l’humour sur la pédophilie, et ça ne passerait plus. On faisait même des dessins qui seraient considérés par certains comme antisémites. Mais comme je suis juif, c’est moi qui faisais les dessins sur les “youpins”.
Cabu. En France, il y a toujours eu deux tabous, la religion et l’armée. Pour l’armée, ça s’est un peu tassé depuis que la conscription a été supprimée. En revanche, ça ne s’est pas calmé avec les religions. Autrefois, il n’y avait que les catholiques qui nous emmerdaient, désormais ce sont les trois religions monothéistes.

Quel est votre meilleur souvenir de ces années passées avec le Professeur Choron ?
W. Au cours d’un déjeuner extraordinaire à Saint-­Germain, quand le journal marchait très bien, il nous a déclaré : “Mon comptable me dit que je gagne trop d’argent. Je double les salaires !” De 15 000, je suis passé à 30 000 francs.
C. Georges a toujours su se faire payer. Heureusement, car il était chargé de famille. Mais Choron nous donnait de fausses fiches de paie. Quand Cavanna a demandé sa retraite, il y a quinze ans, on lui a dit qu’il lui manquait dix-neuf années de cotisations !

Wolinski, vous avez réalisé près de 600 affiches publicitaires, alors que Cabu s’y est refusé. N’avez-vous pas été considéré comme un “vendu” ?
W. Cabu est un être pur, il est comme ça ! Moi j’avais besoin d’argent, et la pub, ça ne me dérangeait pas. En 1968, un publiciste a eu l’idée de me demander des affiches pour le chocolat Mars. Je n’avais jamais gagné autant d’argent de ma vie, il m’a payé 5 000 francs le dessin. De gauchiste, j’ai été traité de “récupéré”, c’était le terme à l’époque.
C. Ça venait de l’extérieur, nous on n’a jamais osé, l’amitié nous protégeait. Moi, j’ai travaillé pour le chewing-gum Hollywood, et ils ont passé mes dessins vraiment partout. Là, c’était trop ! On ne peut pas attaquer la société de consommation et en faire la pub. Après, j’ai arrêté.

Mais parfois, un dessin refusé peut être mal pris…
W. Cabu et moi, on n’est pas vraiment des provocateurs. On ne cherche pas la bagarre. On n’est pas comme Siné, pour qui un dessin qui n’est pas censuré n’est pas un bon dessin. On cherche à faire de bons dessins marrants, qui fassent rigoler les gens. Parfois, on va un peu trop loin, mais les gens aiment bien ça.
C. On a des procès. Mais quand on attaque les autres, il faut accepter d’être attaqué. Ce qu’on n’accepte pas, c’est des fatwas, des menaces de mort ou qu’on envoie deux cocktails Molotov dans la rédaction de “Charlie”…

Wolinski, êtes-vous d’accord avec la façon dont Cabu caricature les Français moyens ?
W. Lui, il a trouvé les beaufs, moi, j’aime bien dessiner les femmes, je trouve ça plus agréable. Je les habille, je les déshabille, je fais voler leur jupe. Les mecs, j’ai appris à les faire. Au début, c’était forcément un type qui n’a pas de cheveux avec un gros nez. Maintenant, je m’applique plus, je fais des personnages qui ressemblent aux gens de la rue.
C. Je reconnais que si je conduisais, je serais, moi aussi, un beauf au volant…

Au cours des années, lequel d’entre vous est resté de gauche, et lequel s’est le plus embourgeoisé ?
W. Etre de gauche, ça veut dire quoi ? Vivre comme un pauvre ? J’aime bien avoir un bel appartement, une femme élégante, des enfants bien élevés. C’est ça, être embourgeoisé ? Je n’ai pas envie de vivre comme un clodo.
C. Ce qui est important, c’est ce qu’on fait, pas ce qu’on est.

Le dessinateur de presse est forcément de gauche…
C. Aujourd’hui, oui. Mais du temps de “L’Assiette au beurre”, la majorité était de droite. Ils étaient anti-­dreyfusards, antisémites, mais étaient de très bons dessinateurs.
W. L’humour demande un manque de respect qui n’est pas de droite. La droite est sérieuse, respectueuse, elle a des convictions, une morale, elle croit en Dieu, elle est béate devant l’infini et le néant. Les humoristes s’en foutent, ils ont peur, et parfois ils se suicident comme Chaval et Bosc.
C. Trop de lucidité…

Avez-vous envisagé votre retraite ?
W. Je ne me vois pas m’arrêter. Ou alors pour me consacrer, comme je le fais en ce moment, à la peinture.
C. Tant qu’il y aura des journaux, non. On veut se bagarrer pour que la presse papier vive. Nous deux, on continuera encore longtemps à faire chier le monde.

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Chronique de Delfeil de Ton dans Le Nouvel Obs du 14 janvier 2015.

 Charlie

Pourquoi, tu t’est obstiné Charb ? dédé de Montreuil.

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6 réponses à “Fais-moi mal, « Charlie » !

  1. sylviefourcade 8 janvier 2015 à 3 h 32 min

    coucou Dédé de Shanghaï, bien triste journée, absurde, inhumaine…. Impossible de dormir… Je te souhaite plein de bonheur et de plaisir pour cette nouvelle année. !!! Des bisous. Sylvie.

  2. Colin Penet 8 janvier 2015 à 5 h 08 min

    Merci André pour ces sourires dans la tristesse

  3. hardel 8 janvier 2015 à 9 h 31 min

    Tu crois pas que Paris a fait beaucoup pour Picasso avec l’hotel Salé et les musées nationaux ? La famille Picasso, assise sur un confortable magot, peut peut être aussi prendre sa part ?

  4. Bertrand 8 janvier 2015 à 11 h 30 min

    C’est vrai cela… il fait quoi Bernard P. pour sauver l’atelier de Pablo Picasso ? Et puis, ce n’est pas la 1ere fois que la liberté d’expression est malmenée en France. Les canards voleront toujours au dessus des fusils! C’est rassurant de voir cette mobilisation entre Français et de toute religion, contre ces assassins suicidaires…

  5. Claudie de Surmont 8 janvier 2015 à 13 h 17 min

    DD « je suis Charlie, nous sommes tous Charlie » il faut continuer à se battre. Je te livre ci dessous un texte qui devient aujourd’hui d’une prémonition et d’une actualité cruelle : LE SILENCE DES PANTOUFLES
    Claudie

    Le silence des pantoufles est plus dangereux que le bruit des bottes.
    Texte de Martin NIEMÖLLER (1892-1984)

    > Un homme dont la famille faisait partie de l’aristocratie allemande, avant la seconde guerre mondiale, possédait un certain nombre de grandes usines et de propriétés.
    > Quand on lui demandait combien d’allemands étaient de véritables nazis, il faisait une réponse qui peut guider notre attitude au regard du fanatisme.
    >
    > Peu de gens sont de vrais nazis, disait-il, mais nombreux sont ceux qui se réjouissent du retour de la fierté allemande, et encore plus nombreux ceux qui sont trop occupés pour y faire attention.
    > J’étais l’un de ceux qui pensaient simplement que les nazis étaient une bande de cinglés.
    > Aussi la majorité se contenta-t-elle de regarder et de laisser faire.
    Soudain, avant que nous ayons pu réaliser, ils nous possédaient, nous avions perdu toute liberté de manœuvre et la fin du monde était arrivée.
    > Ma famille perdit tout, je terminai dans un camp de concentration et les alliés détruisirent mes usines.
    >
    > La Russie communiste était composée de Russes qui voulaient tout simplement vivre en paix, bien que les communistes russes aient été responsables du meurtre d’environ vingt millions de personnes.
    > La majorité pacifique n’était pas concernée.
    >
    > L’immense population chinoise était, elle aussi, pacifique, mais les communistes chinois réussirent à tuer le nombre stupéfiant de soixante-dix millions de personnes.
    >
    > Le Japonais moyen, avant la deuxième guerre mondiale, n’était pas un belliciste sadique.
    > Le Japon, cependant, jalonna sa route, à travers l’Asie du sud-est, de meurtres et de carnages dans une orgie de tueries incluant l’abattage systématique de douze millions de civils chinois, tués, pour la plupart, à coups d’épée, de pelle ou de baïonnette.
    >
    > Et qui peut oublier le Rwanda qui s’effondra dans une boucherie.
    > N’aurait-on pu dire que la majorité des Rwandais était pour la Paix et l’Amour ?
    >
    > Les leçons de l’Histoire sont souvent incroyablement simples et brutales. Cependant, malgré toutes nos facultés de raisonnement, nous passons souvent à côté des choses les plus élémentaires et les moins compliquées : les musulmans pacifiques sont devenus inconséquents par leur silence.
    >
    > Aujourd’hui, des experts et des têtes bien pensantes, ne cessent de nous répéter que l’Islam est la religion de la paix, et que la vaste majorité des musulmans ne désire que vivre en paix.
    > Bien que cette affirmation gratuite puisse être vraie, elle est totalement infondée.
    > C’est une baudruche dénuée de sens, destinée à nous réconforter, et, en quelque sorte, à diminuer le spectre du fanatisme qui envahit la Terre au nom de l’Islam.
    >
    > Le fait est que les fanatiques gouvernent l’Islam, actuellement.

    > – Ce sont les fanatiques qui paradent.
    > – Ce sont les fanatiques qui financent chacun des cinquante conflits armés de par le monde.
    > – Ce sont des fanatiques qui assassinent systématiquement les chrétiens ou des groupes tribaux à travers toute l’Afrique et mettent peu à peu la main sur le continent entier, à travers une vague islamique.
    > – Ce sont les fanatiques qui posent des bombes, décapitent, massacrent ou commettent les crimes d’honneur.
    > – Ce sont les fanatiques qui prennent le contrôle des mosquées, l’une après l’autre.
    > – Ce sont les fanatiques qui prêchent avec zèle la lapidation et la pendaison des victimes de viol et des homosexuels.

    > La réalité, brutale et quantifiable, est que la majorité pacifique, la majorité silencieuse y est étrangère et se terre.
    >
    > Les musulmans pacifiques deviendront nos ennemis s’ils ne réagissent pas, parce que, comme mon ami allemand, ils s’éveilleront un jour pour constater qu’ils sont la proie des fanatiques et que la fin de leur monde aura commencé.
    >
    > Les Allemands, les Japonais, les Chinois, les Russes, les Rwandais, les Serbes, les Albanais, les Afghans, les Irakiens, les Palestiniens, les Nigériens, les Algériens, tous amoureux de la Paix, et beaucoup d’autres peuples, sont morts parce que la majorité pacifique n’a pas réagi avant qu’il ne soit trop tard.
    >
    > Quant à nous, qui contemplons tout cela, nous devons observer le seul groupe important pour notre mode de vie : les fanatiques.
    >
    > Enfin, au risque de choquer ceux qui doutent que le sujet soit sérieux et détruiront simplement ce message, sans le faire suivre, qu’ils sachent qu’ils contribueront à la passivité qui permettra l’expansion du problème.
    >
    > Aussi, détendez-vous un peu et propagez largement ce message.
    > Espérons que des milliers de personnes, de par le monde, le liront, y réfléchiront et le feront suivre…
    >
    > Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.
    >
    > Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.
    >
    > Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.
    >
    > Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.
    >
    > Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester.
    >
    > Texte de Martin NIEMOLLER (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.
    >
    > On ne peut s’empêcher de repenser à cette phrase de l’un de nos congénères les plus éclairés, lui aussi allemand d’origine :
    >
    >  » Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal,
    > mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.  »
    > Albert Einstein

  6. Joël Martin 9 janvier 2015 à 2 h 27 min

    Après ce KO, j’émerge tant bien que mal, mon Dédé.

    De mon côté :

    http://blogs.mediapart.fr/blog/joelmartin/070115/nous-sommes-tous-charlie-hebdo

    Bosses grises,

    Sur l’Album de la Comtesse
    Le Canard Enchainé

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