Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Jean-Jacques Servan-Schreiber. Un homme hors du commun !

Bonjour M’ssieurs, Dames,

Le 13 février 1924 naissait JJSS. Un visionnaire que la France a loupé !!! Dans l’émission ‘Face à la nation’,  le célèbre intervieweur Lawrence Spivak a conclu l’intervention avec ces mots: « Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence. » 

Polytechnicien, Pilote de chasse  (US Navy en Alabama ), Journaliste, Patron de presse, Essayiste, homme politique.

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JJSS a écrit ce texte magnifique :

 » Il faut penser et agir avec toute la complexité de l’amour réel,

                          se garder de la rigueur de l’esprit.

Il faut croire à de multiples et changeantes vérités,

                        combattre au jour le jour,

et aimer en son coeur autre chose que soi-même.

                   Il faut créer.  » 

Jean-Jacques était un créateur, il aimait l’avenir et en particulier dans notre pays où chacun ne voit qu’un très grand espace devant lui, ne voit pas l’avenir, et quand il le voit, il en a peur, Jean-Jacques c’était le contraire…Il s’engagea avec un sens aigu de l’anticipation. Il est des premiers combats pour la décolonisation de l’Algérie, il est contre l’arme nucléaire, défend Airbus contre le Concorde, prône la suppression de l’héritage des moyens de production, développe des idées environnementalistes, accompagne les débuts de la révolution informatique, milite pour une Europe politique, la monnaie unique et pressent ce que l’on appellera plus tard la mondialisation…

JJSS était unique. Nous ne verrons pas de sitôt un autre homme comme lui. 

Fondateur de L’Express à 29 ans

Le titre est fondé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, comme supplément politique du journal  » Les Echos « , fondé par le père de JJSS,  Emile Servan-Schreiber. L’Express est le grand succès de la presse des années 1960. Jean-Jacques Servan-Schreiber par sa conviction et son intelligence a fait venir des grands noms comme  : Albert Camus, Alfred Sauvy, André Malraux, Fernando Arrabal, François Mauriac, François Mitterrand, Françoise Sagan, Jacques Attali, Jean Daniel, Jean-Paul Sartre, Pierre Salinger, Raymond Aron, Robert Badinter,  et tant d’autres…

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Cela me fait penser à la phrase de Françoise Giroud sur JJSS : « Quand on travaille à ses côtés, il vous éclaire sous votre meilleur jour, il vous donne envie de vous dépasser ».

La citation de JJSS   » Dire la vérité telle que nous la voyons  » devrait être affichée dans toutes les rédactions !!!

Depuis 1977, Jean-Jacques ne croyait plus à la presse écrite à cause des nouveaux réseaux d’information, comme d’habitude il avait vu juste.

J’ai eu la chance de travailler à L’Express comme collaborateur de JJSS   jusqu’au jour de la vente de L’express à Jimmy Goldsmith en 1977, ensuite j’ai continué avec lui vers d’autres aventures ( Défi Mondial, Centre Mondial Informatique ).

A 20 ans, rencontrer un homme comme JJSS, m’a permis de sortir des sentiers battus. C’était l’époque ou les patrons avaient conscience de leur rôle social et de leurs responsabilités  ( les actionnaires n’avaient pas le pouvoir d’aujourd’hui ) et le Coca Light pour Bobo’s n’existait pas !

Vous comprendrez mieux mon combat pour aider la jeunesse de demain, c’est comme Jean-Jacques, un Devoir… comme le 1er défilé de mode que j’ai conçu après 17 années de guerre à Beyrouth et aussi mon engagement pour préserver l’Atelier Picasso, la rénovation de la bibliothèque de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, et mon implication à l’occasion de la remise du Prix Alphonse Allais à Jean-Pierre Mocky, l’un des derniers cinéastes de notre temps, etc…

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Jean-Jacques, mon pygmalion éternel.

« C’est pas possible !  «   ? est la phrase qu’il n’aimait pas de la part de ses collaborateurs. C’est pour cela qu’on allait jusqu’au bout de nos missions et c’est aussi pourquoi je suis resté à ses côtés pendant vingt ans.

Le Défi américain

Jean-Jacques Servan-Schreiber est au milieu des années 1960, un riche patron de presse et un éditorialiste politique toujours à l’affût des nouvelles idées. Par ses brillantes analyses et synthèses, il attire à lui les cerveaux de sa génération. L’Express est le principal journal d’opposition au Général de Gaulle et compte dans ses rangs quelques barons de la presse des décennies à venir : Claude Imbert, Jean-François Kahn, Catherine Nay, Michèle Cotta, Yvan Levaï, André Bercoff, Jean-François Revel…

De plus en plus anti-gaulliste et persuadé que le vieux Général n’est plus l’homme d’une France moderne, JJSS ne veut plus se contenter de son rôle d’observateur politique. Il est pourtant influent dans les milieux de gauche. Mais JJSS est avant tout un agitateur d’idées. Il considère que ses éditoriaux ne suffisent pas à éveiller ses concitoyens sur les défis que la France va devoir relever à l’avenir.  L’un d’eux bouleverse JJSS : les Etats-Unis et l’Europe se livreraient une guerre économique silencieuse où l’Europe semble totalement dépassée, tant au niveau des méthodes modernes du management que de l’équipement technologique et de la capacité de recherche.  Mais Servan-Schreiber y trouve l’occasion de développer un argumentaire en faveur d’un fédéralisme européen, dans un livre choc Le Défi américain, paru en 1967, reste aujourd’hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre est traduit en quinze langues, se vend à des millions d’exemplaires partout dans le monde et est unanimement reconnu comme très brillant.

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Une carrière politique engagée avec plusieurs batailles.

Le Concorde.

Le Concorde fut, comme le prédisait Jean-Jacques Servan-Schreiber avant même son premier vol, un  » Vietnam industriel« , mais cette entreprise était d’abord gaullienne.  » Nom de Dieu, nous le ferons ! » avait tonné le Général, en 1964, tapant du poing sur son bureau. La belle aventure a définitivement tourné au désastre financier. Le général de Gaulle s’en fichait: « On a fait ric-rac avec Caravelle, on fera peut-être ric-rac avec Concorde », rigolait-il. Pas le président François Mitterrand, qui veut même stopper l’exploitation commerciale du Concorde. Il sera finalement sauvé de justesse avec l’appui du ministre communiste des Transports Charles Fiterman qui trouve de nouveaux débouchés auprès des tour-opérateurs – l’un d’eux a d’ailleurs affrété l’avion qui s’est écrasé le 25 juillet 2000 à Gonesse.  Le coût du programme s’est élevé à 45 milliards de francs pour une vingtaine d’exemplaires construits. JJSS, s’interroge sur l’intérêt d’une telle dépense, « pour permettre à quelques milliardaires de traverser plus vite l’Atlantique ».  Aucun Concorde n’a été vendu, JJSS l’avait prédit.

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Le Bataillon de la Paix.

Une équipe internationale, embarque sur un petit voilier, le Fri en direction de Moruroa et Tahiti. L’objectif d’alerter l’opinion mondiale mais aussi, de retarder la campagne d’essais nucléaires aériens.

Plusieurs députés emmenés par Jean-Jacques Servan-Schreiber, Louis Besson, Charles Josselin, Anne-Marie Fritch – se joignent au « Bataillon de la Paix ». Accompagnés de représentants des Eglises, les pasteurs Gilbert Nicolas et Richard-Mollard, le Père Avril. Ils apportent le message des « Français contre la bombe », lancé à l’initiative du Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté. Plusieurs milliers de Polynésiens formeront un impressionnant cortège dans la capitale tahitienne. Entre temps, le 22 juin, la Cour Internationale de Justice aura statué provisoirement demandant à la France de s’abstenir de sa campagne d’essais aériens.  Peu après, des militants non-violents français ont rejoint le Fri pour une action de « vigile » autour de Moruroa. Ce sont Jean-Marie Muller, fondateur du Mouvement pour une alternative non violente, Brice Lalonde, alors jeune écologiste, l’abbé Jean Toulat, écrivain et le général Jacques de Bollardière, mis d’office à la retraite pour avoir protesté contre l’usage de la torture en Algérie. Le tir Centaure du 17 juillet 1974 contaminera gravement Tahiti. 

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Enlèvement du chanteur Mikis Theodorakis aux colonels qui régnaient en Grèce.

En 1970, Jean-Jacques a été en Grèce avec Mélina Mercouri et Costa-Gravas pour plaider en faveur des condamnés du réseau « Défense démocratique », Papadopoulos lui permet de ramener Theodorakis en France. Le dictateur retient cependant sa femme et ses enfants en Grèce : Ils seront ses otages pour empêcher Theodorakis de parler.

Le Pouvoir Régional.

Avec dix ans d’avance sur les grandes lois décentralisatrices, Jean-Jacques Servan-Schreiber rêvait déjà de consacrer  » le pouvoir régional « .

Son idée ? Ne plus considérer la région comme un simple échelon administratif, réduit à l’application des politiques publiques, mais la doter d’un véritable pouvoir d’action. Un poids politique réel, équivalent à celui de l’Etat centralisé.

Aujourd’hui encore, à l’heure où l’on parle de regrouper les régions, cette conception demeure d’actualité.

Il faut la mener à son terme et doter les régions d’un véritable pouvoir réglementaire, outil indispensable pour mener de vraies politiques globales. C’est le seul moyen de créer vraiment des entités capables de peser au niveau européen et même mondial.

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Ministère des Réformes.

Après le décès du Président de la République, Georges Pompidou, le 2 avril 1974, Valéry Giscard d’Estaing accédait à la tête de l’Etat après 16 ans de régime gaulliste. Au gouvernement, le député Réformateur Jean-Jacques Servan-Schreiber est nommé Ministre des Réformes le 27 mai 1974.

Le 9 juin 1974, en apprenant la reprise des essais nucléaires à Moruroa, JJSS fait cette déclaration à France Inter : « Au nom de la France, des bombes vont exploser de nouveau dans le ciel du Pacifique et contaminer les habitants de la Polynésie française. C’est une chose contre laquelle je me suis élevé l’année dernière de toutes mes forces, lorsque j’étais à Tahiti avec le Bataillon de la Paix… » Jacques Chirac, Premier ministre, fit pression sur le Président de la République pour faire exclure Jean-Jacques Servan-Schreiber du gouvernement, ce qui fut fait le jour même de la déclaration publique du ministre.

Carrière politique : Député de Nancy. Président du Conseil Régional de Lorraine. Président du Parti Radical – Socialiste. Président du Mouvement Réformateur. Père fondateur de l’UDF.

Le Défi Mondial

Au milieu de la crise mondiale,JJSS saisit l’imagination et éclaire l’avenir. Il nous emporte de Paris à Bombay, de Tokyo à Riyad, de Hambourg à Alger, sur les sentiers de l’espoir. Dans le village de Taïf, en Arabie, dix avions privés atterrissent au crépuscule. Les hommes qui en sortent détiennent la richesse du monde. Ils posent leurs conditions.
Parmi des millions d’êtres humains affamés, illettrés, accumulant la misère du monde, des chefs d’Etat impatients interpellent l’Occident.

Dans les pays développés, la société industrielle, qui a perdu la maîtrise du pétrole et des investissements, se retrouve le dos au mur.

Du choc entre ces trois univers peut surgir un désastre, ou bien jaillir une flamme. Celle d’une épopée à l’échelle planétaire. Des instruments existent _ mais qui le sait? La révolution de l’intelligence est à notre portée, mais qui la veut? Un groupe d’hommes Européens, Arabes, Japonais conscients de ces périls, informés de ces réalités et de ces moyens, ont exploré ensemble, la voie de la Renaissance. Oui, elle existe. Tel est l’enjeu du Défi Mondial.

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Le Centre Mondial Informatique

JJSS joue alors de son influence auprès de Gaston Defferre afin de convaincre Mitterrand de créer un institut d’informatisation de la France. Ce sera le Centre mondial informatique et ressource humaine (CMIRH). JJSS est, comme il l’était avec Mendès France et Giscard d’Estaing, un conseiller de l’ombre du président, un éveilleur et même dit-on un « visiteur du soir »

Voir billet : https://soufflezsurlesbraises.com/2014/01/24/le-macintosh-a-30-ans-aujourdhui/  

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Oui JJSS était trop en avance, surtout dans le contexte des années 70. Bref, il a eu son utilité.
Les historiens s’y pencheront un jour, ce n’était pas totalement anachronique de parler d’Europe fédérale, de monnaie unique, d’informatisation, de globalisation de la consommation en 1969. JJSS a été là pour le montrer. Et d’une certaine façon, il est avec Mendès-France l’exemple que des hommes politiques peuvent être droits, intégres et visionnaires. Qu’on ne s’y trompe pas, l’image qu’on a voulu donner de lui : imprévoyant, bondissant et léger est fausse. JJSS est l’un de nos héros nationaux les plus lucides et les plus graves. Son idéal était le développement de son pays et, partant, le bonheur des Français.

JJSS laissera l’image d’un homme « visionnaire », louant son « courage qui avait du sens ». 

Message pour ses fils :  » Soyez fiers de votre père, c’était un grand homme de la France « 

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28 réponses à “Jean-Jacques Servan-Schreiber. Un homme hors du commun !

  1. Michel Pocquet 13 février 2014 à 13 h 22 min

    Merci à toi Dede pour cette émouvant hommage

  2. SURRE Dominique 13 février 2014 à 13 h 26 min

    Extra, merci Dédé, quel homme, quel exemple, quelle intelligence, quelle époque !

    Ça fait du bien mais comme ça passe trop vite !!!

    À très vite,

    Dom

    Envoyé de mon iPad

    >

  3. Jean-Louis Servan-Schreiber 13 février 2014 à 13 h 31 min

    Fort bien fait et complet cher Dédé.
    Bravo pour ce témoignage si justifié.
    Merci et amitiés,
    Jean-Louis

  4. Michele Cotta 13 février 2014 à 15 h 46 min

    Merci pour ces évocations d’un passe que nous sommes quelques uns a ne pas oublier
    Michele Cotta

  5. Laurent Tournebise 13 février 2014 à 22 h 54 min

    Cher Mr Cardinali,
    Avant d’avoir le privilège de vous connaître tous, je ne connaissais de Jean-Jacques Servan-Schreiber, qu’un nom, un visage, l’Express, et ses célèbres intiales.
    Depuis le début de cette aventure documentaire, je vais de découvertes en découvertes avec toujours la même curiosité.
    J’espère qu’en cette année des 90 ans de la naissance de JJSS, nous verrons se concrétiser notre film documentaire (avec la précieuse aide de Sabine, de Mme de Surmont, de la vôtre et de tant d’autres) consacré à «la bataille de Bordeaux».
    Duel épique au cours de laquelle il défia Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre, sur ses terres. Un enjeu local pour une bataille nationale qui allait profondément bouleverser la manière de faire de la politique en France.

    Amitiés

    Laurent Tournebise

  6. de Fouuqières Ariane 14 février 2014 à 10 h 44 min

    Bravo Dédé, on peut dire que Jean-Jacques et L’Express ont été l’université de la vie. Ton témoignagne est magnifique d’intelligence et de justesse. Continue dans la voie de ton maître et grands mercis d’Ariane

  7. Bertrandb 14 février 2014 à 11 h 13 min

    Merci Dédé. Mais tu me le fais connaitre car il vit en toi!

  8. Jean-Luc Allavena 14 février 2014 à 19 h 11 min

    Cher André,

    Merci de m’avoir fait partager votre billet sur cet homme remarquable !

    Je me souviens si bien de cette période ! mes parents lisaient l’Express, j’ai toujours certains numéros historiques et j’ai continué a le lire par la suite.

    JJSS était en effet un visionnaire avec un esprit fin et élégant

    A bientôt j’espère

    Jean-Luc

  9. Claudie de Surmont 14 février 2014 à 19 h 13 min

    Bravo au gardien de la flamme. Que des bons souvenirs.
    Nous avons vécu l’histoire en marche
    Amitié fidèle
    Claudie

  10. Ariane de Fouquières 14 février 2014 à 19 h 16 min

    Merci Dédé, tu as fait un excellent travail, plaisant à voir et à lire : on reconnait bien là le disciple de son maître…
    J’ai fait un commentaire sur ton site pour te dire ma reconnaissance et mon admiration.Je t’embrasse, Ariane

  11. Emile Servan-Schreiber 14 février 2014 à 20 h 06 min

    Merci André pour ce rappel à l’intelligence. Il nous manque !

  12. Jesus Vasquez Rivera 14 février 2014 à 22 h 30 min

    Cher Dédé,
    Merci pour cet article dans ton blog, on oublie le temps qui passe quand je te lis. Incroyable parcours de cet homme JJ Servan-Schreiber et quelle vie bien remplie.
    Je comprends ton enthousiasme pour la vie et qu’à ton tour tu
    sois un pygmalion pour bien nombre de jeunes et moins jeunes.
    Tu me fait penser au « Juif Errant de Jean d’Ormesson ».
    Sagesse et Fraternité.
    Amitiés.
    Jesus

  13. Scred Connexion 14 février 2014 à 22 h 34 min

    Chapeau dédé de Montreuil, continue le même chemin, tu es un modèle pour nous tous.
    Mokless & Koma
    Scred Connexion

  14. Alain Hardel 14 février 2014 à 22 h 41 min

    Tant qu’il y aura des hommes comme JJSS et André Cardinali l’espoir sera toujours possible…

    Lorsqu’il le présentait ou le recommandait aux Grands de ce monde, Jean – Jacques Servan – Schreiber définissait André Cardinali par trois adjectifs : « Courageux, intelligent et très créatif ».

    Trois adjectifs qui définissent bien André et auxquels tous ceux qui ont suivi son action peuvent aujourd’hui en ajouter une infinité d’autres.

    Car André est avant tout un enthousiaste, un homme de passion dont la fougue, l’efficacité, la volonté, la créativité et l’énergie n’ont d’égale que la générosité avec laquelle il se consacre aux autres;

    André est l’homme des tours de force, capable de créer des ponts entre les différentes manifestations artistiques et de larges passerelles entre les peuples d’un continent à l’autre.

    Homme de combat et d’engagement, il a apporté aux jeunes son aide pour les aider à faire émerger leur talent, à le promouvoir, en leur communiquant son extraordinaire optimisme et sa foi en l’humain.
    Faire rayonner les talents de demain, leur ouvrir grand les portes en les faisant bénéficier de son expérience et de ses connaissances sont au cœur même de la mission qu’il s’est fixée.

    Et c’est là son élégance, une élégance du cœur : rendre ce qu’on lui a donné, offrir en retour ce qu’il a eu la chance de recevoir.

    Un message profondément humaniste et formidablement optimiste qui est aussi une manière de témoigner qu’on peut être enfant des banlieues et fils d’immigré italien sans que cela empêche de rêver à des parcours lumineux, et qu’au delà des différences la culture reste le levier idéal pour soulever des montagnes.

    Ce qui explique certainement que JJSS ait tenu à le garder si précieusement près de vingt ans à ses côtés.

    Alain Hardel

  15. Pierre-Marie Mosconi 15 février 2014 à 11 h 20 min

    Parce que sachez braves gens ! Dédé de Montreuil est éternel car il est fait de lettres et d’esprit ! Et de l’esprit il en a pour nous tous et des lettres il en a sur les trois qui forme le mot « Ami » !! 

    Il est des personnes qui sont des accélérateurs d’idées. André Cardinali en fait partie.
    L’avoir rencontrer m’a permis de participer au festival « Les pépites du cinéma » et grâce à cet événement, le film que j’ai écrit a pu trouver un public et ainsi exister.
    André n’a de cesse de mettre son énergie au service des artistes et de la création.
    Cette volonté de transmettre et d’aider que Monsieur Cardinali entretient depuis toujours sont infatigables, et sa passion contagieuse pour la vie est sa force.
    Je n’ai qu’une chose à dire : « Merci mon ami !! »
    Pierre-Marie Mosconi
    Comédien – Scénariste

  16. Franz Heidsieck 15 février 2014 à 11 h 27 min

    Nous étions 20 jeunes créateurs franco-libanais au SAD ( Salon des Artistes Décorateurs) en mai 1995 à Beyrouth, 20 jeunes diplômés de la Chambre Syndicale de la Haute – Couture Parisienne.

    20 jeunes remplis d’espoir, de vie et de désordre…

    C’est la rencontre avec André Cardinali, qui a permis que notre rêve puisse devenir réalité, sa passion d’aider les jeunes talents de demain , son amitié, son énergie et son travail acharné, ont pu canaliser notre fougue. Pour la première fois, la mode entrait depuis sa création en 1901 dans le SAD.(Salon des Artistes Décorateurs) sur son initiative, envers et contre tous !!!
    Après 17 années de guerre, on parlait alors de reconstruction, André Cardinali a écrit cette phrase formidable, qui a été reprise par plusieurs personnalités politiques libanaises :

    «  La Renaissance du Liban, passera par la Jeunesse et la Culture «

    En quelques jours, dans un rythme hallucinant, il organisait sur la Place des Martyrs à Beyrouth, en plein milieu des ruines, Notre défilé de mode, parrainé par 10 grands couturiers français ; une première, où 40 modèles étaient présentés, sur cette place mythique, où, tout juste deux heures avant le show, nous avons obtenu , après force discussions l’autorisation des 11 communautés religieuses.

    Ce fut un succès mérité et apprécié du peuple libanais…devant 3000 personnes et relayé par les médias libanais, du monde arabe et français.

    Nous sommes heureux, aujourd’hui d’assister à un autre défi d’André Cardinali, en créant le Premier défilé européen de mode «  Cumulus Fashion Tour » représenté par 20 écoles de l’Association Cumulus provenant de 20 pays européens, il continue le combat qui l’anime, c’est son devoir, comme il aime à le répéter.
    Le défilé européen, auquel vous allez assister, est l’expression renouvelée de la nécessité de soutenir des jeunes créatifs entreprenants.
    Nous avons besoin de l’appui, du savoir, et de l’expérience de nos aînés.
    Franz Heidsieck

  17. Franklin Servan-Scheriber 16 février 2014 à 17 h 55 min

    Merci pour ton billet sur Jean-Jacques qui est très juste et beau.
    La France a vraiment ratée son rendez-vous avec lui. On le paie maintenant.

    je t’embrasse

    Franklin

  18. Philippe Douste-Blazy 16 février 2014 à 17 h 57 min

    Merci! Un exemple pour nous tous!!!

    Philippe Douste-Blazy

  19. Julien Colonna 17 février 2014 à 10 h 10 min

    Après avoir lu ce post sur JJSS, je comprends mieux l’enthousiasme et la volonté de mon pote dédé de Montreuil.
    Dédé est de ces hommes qu’on appelle les « passeurs », de ceux qui tendent la main à autrui pour les faire passer de l’autre côté de la rive…
    Je suis très attaché à cette notion de passage, omniprésente dans mon
    travail, car elle symbolise l’évolution d’un état à l’autre. Du physique
    au liquide, du diurne au nocturne, de la vie à la mort, et en ce qui me
    concerne… de l’invisible au visible.
    Sans lui, mon film CNC n’aurait jamais été programmé dans le festival
    “Les pépites du cinéma” où il occupe le titre de Vice-Président.
    Et parce que Dédé fait partie de ces personnages qui voient là où les
    autres tracent leur chemin, il veut à tout prix donner à voir à ses contemporains par le prisme de sa curiosité de l’autre et sa foi en la nouvelle garde culturelle, qui font de ce philanthrope un éternel jeune
    homme, avide de partage et de connaissance.
    Telle une balle tirée à bout portant, son énergie et sa détermination sont
    à notre société sclérosée ce que la déflagration est au silence… un
    cataclysme dérangeant, mais souvent nécessaire.
    Julien Colonna – Artiste / Réalisateur / Photographe

  20. Marie-Laure Solanet 18 février 2014 à 7 h 29 min

    Merci cher Dédé de m’envoyer tes idées et tes magnifiques analyses sur les gens et surtout sur ton MAGNIFIQUE MENTOR que j’aurais ADORÉ AVOIR CONNU. Il est vrai que ta sensibilité et ta franchise nous le font connaître et aimer. Bravo encore. Continue à nous régaler en nous apprenant toujours des choses utiles et importantes.
    Beijos
    Marie-Laure

  21. Hélène Saint Loubert 18 février 2014 à 12 h 33 min

    Très intéressant, instructif et émouvant. Où sont les nouveaux JJSS? Vite, il y a urgence!

  22. Sophie Balick 19 février 2014 à 1 h 01 min

    Merci de nous rappeler notre besoin impératif d’intelligence !!!

  23. Aimé Nouma-tsang 3 mars 2014 à 17 h 13 min

    UN billet très inspirant
    Vision et envergure !.Un véritable exemple !
    Dédé , tu as franchement été à bonne école.

  24. Benoït Perrier 6 mars 2014 à 9 h 06 min

    Hello Dédé,
    Vraiment bien ce texte, un homme qui marque les esprits et forge des caractères hors du commun j’aurais adoré le connaître pour le plaisir d’échanger avec un visionnaire !

    Amitiés.
    Benoît PERRIER

  25. Xavier Herambourg 6 mars 2014 à 9 h 07 min

    JJSS était un visionnaire et comme toutes personnes de cette qualité, elles ne sont pas entendues, mais surtout décriées…

    Amitiés
    Xavier

  26. Alice Morgaine 10 mars 2014 à 10 h 06 min

    Merci André pour ce résumé de la vie de JJ, qui a été un peu celle de nous tous.
    Alice

  27. Ledoux Christian 18 mars 2014 à 15 h 26 min

    Bonjour Monsieur…
    Il se peut que nous nous soyons croisés durant ces années,dans quelque couloir de quelque congrès ou lors d’un déplacement de Jean-Jacques en province. J’ai dévoré ses analyses dans L’Express depuis ma plus tendre jeunesse – il a contribué à mon éveil politique et intellectuel,j’ose le mot – avant de le rejoindre au parti radical en 1972 pour plusieurs années. J’avais à peine 17 ans. Merci pour ce témoignage et ce rappel d’un personnage – pas seulement politique – rare dans notre univers qui avait presque tout prédit 20 ans (au moins) avant tout le monde. Relire aujourd’hui Le défi mondial est particulièrement révélateur. Il fut brocardé et reconnaissons que çà n’était pas toujours facile de le suivre et de suivre son rythme.. Mais quelle période ! Assurément,il nous manque en ces temps de relative médiocrité de nos « élites ». Sûr qu’il aurait aimé ces temps difficiles au cours desquels, chacun démontrant avoir perdu sa boussole, il se serait appliqué à apporter ses solutions. Ce qui était extraordinaire chez Jean-Jacques, c’était cette volonté permanente – vous le savez bien – de vouloir chaque instant, toujours, élever le débat, faire appel à l’intelligence de ses semblables. Et ne pas susciter leur bêtise comme nos hommes politiques le font hélas le plus souvent aujourd’hui. On ignore souvent qu’il fut un remarquable orateur, sachant capter son auditoire. Je me souviens en particulier à Lille d’un débat public lors de la présentation du Défi mondial. Un personnage exceptionnel qui, fait rare et j’en termine là, se sera même mis en danger financièrement et professionnellement, pour la défense de ce en quoi il croyait. Pour ces raisons aussi, et en ces temps troubles, JJSS mérite tout notre respect.
    Bien cordialement,
    Christian (Pas-de-Calais)

  28. François-David Lemierre 29 avril 2014 à 22 h 44 min

    J’ai rédigé l’article entier après avoir fait mes deux mémoires de Master d’histoire sur JJSS. D’ailleurs, David m’avait contacté et nous nous sommes rencontrés parce que son article était régulièrement vandalisé par des gars qui l’accusaient de faire du business avec les oméga3.
    Quand JJSS est mort j’ai fait des copies de tous les articles de presse (si un jour je m’étais lancé dans une thèse…) et tous utilisaient le wikipédia. David, lui, avait mis en lien l’article sur le blog (qui a disparu) qui faisait la compil des interventions à l’église.

    Je sais bien que faire du copier-coller c’est devenu la règle. Mais ça serait mieux de citer ses sources en bas de page comme on le fait dans les travaux universitaires…

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