Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

S.A.S. Cheikha Mozah, la Princesse des sables

Bonjour mes amis,

Belle, moderne et cultivée, l’épouse de l’émir du Qatar est une des femmes les plus influentes du monde arabe, icône du féministe islamique, je  souhaite vous la faire découvrir, car le monde bouge pour certains et s’endort pour d’autres en Occident.

Vice-présidente du Conseil suprême de l’éducation, Ambassadrice de L’Unesco pour l’enseignement et l’éducation de base, elle dirige la Fondation du Qatar et a supervisé le développement d’une ” cité de l’éducation” à Doha.

Je souligne quelques phrases en gras qui rejoignent ma façon de penser  en adéquation avec cette grande dame.

Hier, j’ai eu la chance de rencontrer l’Académicien -l’architecte des mers, Jacques Rougerie, il m’a signalé que le discours de la Princesse était d’un très haut niveau et quelle a ému les académiciens.

Sous les yeux de son époux Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani , elle a reçu l’épée d’académicien des mains du Secrétaire perpétuel, Arnaud d’Hauterives.

Discours de Son Altesse Sheikha Mozah Bint Nasser Al-Missned

à l’occasion de son installation comme membre associé étranger

de l’Académie des Beaux-Arts au fauteuil de Giörgy Ligeti.

Mercredi 24 juin 2009

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie beaucoup pour votre présence à cette cérémonie d’aujourd’hui. Je remercie les membres de l’Académie des Beaux-Arts que je suis vraiment honorée de rejoindre et tout particulièrement M. Roger Taillibert.

Lorsque les membres de l’Académie m’ont fait l’honneur de m’élire en 2007, j’ai réfléchi longuement avant d’accepter la responsabilité qui, pour moi, était indissociable de cette distinction.

Cette attitude n’était pas le résultat d’un préjugé à l’égard de cette institution, car je connais la valeur de l’Institut de France et de son héritage humain, ancré dans cet esprit des lumières que vous vous efforcez de maintenir toujours vivant.

Mon attitude était dictée par des considérations pratiques, liées à ma conception du principe d’engagement qui implique responsabilité envers soi-même, envers la société à laquelle nous appartenons chacun et envers l’humanité.

Soutenir cette responsabilité exige de bien choisir les moyens d’aboutir à certains objectifs prioritaires qui, pour moi, sont la réalisation de l’entente entre êtres humains et la réconciliation entre les civilisations.

Pour moi, l’honneur de rejoindre l’Académie des Beaux-Arts constitue une étape dans la réalisation de cette entreprise.

Aussi suis-je particulièrement heureuse d’être parmi vous aujourd’hui en tant que membre de cette académie ; je suis également heureuse de m’adresser à ce groupe d’élite qu’est l’Institut de France, regroupant l’élite de la France autour d’un même intérêt pour la science, l’art et la littérature, la politique et l’économie.

Si vous le permettez, j’aimerais en cette occasion évoquer la mémoire du compositeur Giörgy Ligeti, décédé depuis trois ans, élu membre de votre Académie au fauteuil qui m’échoit aujourd’hui.

Sa vie confirme les mots d’Eugène Ionesco ; je cite : « une oeuvre d’art n’est pas un reflet ou une image du monde, c’est une image de ce monde. »

Je ne prétends pas être un critique d’art, mais en lisant la biographie de Giörgy Ligeti, j’ai été frappée par deux choses, peut-être parce que les questions de l’éducation et du dialogue des civilisations sont au coeur de mes priorités.

La première, c’est la pratique par Ligeti de la profession d’enseignant, qui représente pour moi l’une des professions les plus sacrées parce qu’elle permet la transmission, c’est à dire la continuation de la vie de l’esprit.

Ligeti n’était pas un artiste installé dans sa tour d’ivoire ; il a utilisé son talent et ses connaissances au service des autres. Il a enseigné dans sa patrie, la Hongrie, puis à Hambourg de 1973 jusqu’au jour où il a pris sa retraite, l’année de l’effondrement du mur de Berlin.

La deuxième chose, c’est la connaissance approfondie que Ligeti avait non seulement en matière musicale mais également dans les domaines de la littérature, de l’art, de l’architecture et de la science (en mathématique et surtout en géométrie), ce qui a contribué à ouvrir son intelligence à l’ensemble du patrimoine de l’esprit humain.

Il nous rappelle les pionniers de la Renaissance qui ont compris l’essence de l’héritage de la civilisation humaine et qui l’ont offert au monde en le traduisant d’une manière compréhensible.

Mon commentaire : ça me rappelle la citation, que j’avais écrite lors de mon séjour au Liban en 1995 et qui avait été reprise par plusieurs leaders d’opinions des communautés religieuses, après 17 années de guerre :

La Renaissance du Liban, passera par la jeunesse et la culture…

Excusez-moi Princesse, reprenons la lecture de votre discours

Je vous invite, mesdames et messieurs à observer une minute de silence en mémoire du compositeur Giörgy Ligeti.

Mesdames, Messieurs,

L’humanité fait face à des défis sérieux, des défis propres à ce troisième millénaire et qui contredisent les principes des droits de l’homme.

Cependant, l’énergie dont Dieu nous a dotés doit nous permettre de les surmonter.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’utiliser cette énergie sans égoïsme, arrogance et isolement.

Nous avons besoin d’apprendre des expériences du passé et de ses leçons afin de redonner à la vie sa valeur, de reconstruire des fondations solides, capables de nous rendre espoir et de

donner confiance en eux-mêmes à nos enfants et à nos petits enfants.

C’est le véritable changement dont nous avons besoin sans délai car il garantit la sécurité de toute l’humanité.

Mesdames et Messieurs, regardons sérieusement et d’une façon responsable le monde autour de nous, regardons comment nous détruisons notre environnement, causant ce lent suicide, comment nous nous contentons de réagir au lieu d’agir pour faire face à la pauvreté, la maladie, l’ignorance, les guerres et les conflits, au point qu’il est devenu normal de considérer que la culture du désespoir a triomphé sur la culture de la vie.

Que faisons-nous pour combattre cette situation honteuse et irrationnelle ?

La créativité et l’intelligence sont les attributs propres de l’être humain ; ils ne peuvent être confinés. La nature artistique et créative de cette cérémonie d’aujourd’hui me conduit à vous remémorer une histoire réelle, où l’intelligence humaine et le génie social ont réussi là où la politique avait échoué.

Lorsque le célèbre poète et musicien musulman Ziryab fut contraint de quitter Bagdad, la capitale du califat à l’apogée de son pouvoir, pour Cordoue, qui était la capitale de l’Ouest de l’Islam, il y a apporté toute sa culture arabe, persane, indienne et grecque qu’il a ainsi pu transmettre à l’Andalousie.

Ziryab a profité de la liberté existant en Andalousie pour y établir une école de musique destinée aux garçons comme aux filles ; il a aussi contribué à l’épanouissement de la société andalouse d’un point de vue culturel et intellectuel. Cette influence s’est révélée dans plusieurs aspects liés au mode de vie de la société comme les vêtements, la cuisine et l’art de la décoration. Je ne développerai pas plus avant ces détails, suffisamment analysés par les historiens français, notamment Lévi-Provençal.

Ce qui me paraît important dans cette histoire, c’est que le génie de la créativité et la perméabilité de la société de cette partie du monde à cette époque ont pu conduire à la naissance de la civilisation andalouse, qui est en réalité un mélange de la civilisation islamique orientale avec des éléments gothiques, byzantins, berbères et romains, le tout sur un arrière plan culturel judéo-chrétien.

Cordoue était politiquement séparée de Bagdad mais en raison des liens entretenus alors entre leurs deux cultures, elles ont toutes les deux constitué les deux faces d’une même monnaie : la civilisation islamique.

Cordoue est devenue une capitale mondiale, influençant les autres capitales et partageant avec elles ses expériences intellectuelles, artistiques et culturelles riches et variées.

Cet environnement est à l’origine de la naissance d’Ibn Rushd et de Moussa Ibn Maymun.

Le fameux Ziryab n’a-t-il pas réussi ainsi à rapprocher les sociétés et les cultures alors que la politique avait échoué dans ce domaine, contribuant à propager une civilisation fondée sur l’entente, la transparence et la tolérance ?

Goethe a écrit que les arts, je cite : « accordent aux êtres humains ce qu’ils ne parviennent pas à accomplir dans la vie ». Nous avons besoin aujourd’hui d’une renaissance humaine universelle comprenant parmi ses objectifs prioritaires le renforcement du droit à l’éducation pour chacun, une éducation de qualité fondée sur l’esprit critique ; une éducation, également, donnant une place de choix aux contenus artistiques. Ces enseignements recèlent en effet une valeur unique qui accompagnera pour toute leur vie les étudiants, en nourrissant leur intelligence, leur imagination et leur goût.

Ce que j’ai tenu à vous présenter brièvement ici n’est pas une ordonnance magique mais une ébauche de réflexion à la constitution d’un antidote qui renforce notre immunité contre l’isolement et la discrimination ; ceci afin qu’un jour, la réconciliation des civilisations nous donne le droit légitime d’appartenir à ce troisième millénaire, au sein d’une humanité ayant retrouvé son véritable sens.

C’est dans cette optique que je comprends la mission et la vision de l’Académie des Beaux-Arts. Merci.

Merci, Chère Princesse, continuez votre mission pour l’éducation, comme je continue la mienne : celle d’aider la jeunesse, c’est mon devoir… voir du civisme.

Le 8 décembre 2011, votre pays vient de lancer un fonds de 50 millions d’euros pour aider les entrepreneurs des quartiers de Seine-Saint-Denis, ” un moyen de lutter contre les injustices “. Votre Ambassadeur en France, Son Excellence Mohamed Jahan Al-Kuwari aura même ces mots pour ses jeunes entrepreneurs ” Vous avez représenté la France de façon très moderne. Vous avez donné une très bonne image des Français d’origine arabe “.

Chère Princesse, vous et votre pays visionnaire, devez nous apporter votre expérience, dîtes-le à votre amie Carla.

Voici une partie du texte que j’ai écrit sur mon blog  ” Brute France  ”

https://soufflezsurlesbraises.com/2011/02/17/brute-de-france-pour-carla/

France

France, ton peuple a de la patience

France, donne-nous de l’assurance, de la délivrance

France, ne gâche pas nos expériences et nos sciences

France, réveille les compétences

France, bouscule le silence

France, nous voulons ta Renaissance


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