Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Un grand homme vient de nous quitter

Jorge Semprùn est mort mardi dernier, un des derniers grands du XX ème siècle.

J’ai eu le privilège de le rencontrer et de discuter avec lui, chez Yves Montand qui était son ami, à La Roulotte, place Dauphine.

Il m’expliqua sa résistance au régime de Franco, sous le pseudonyme de Federico Sànchez avec sa colère, son intelligence, sou goût des autres et ses combats, que du bonheur. Ma mémoire se réveille et me fait rappeler ses moments précieux qui ont forgé une grande partie de ma force et de mon caractère. Il écoutait ma colère et ma jeunesse fougueuse avec ses beaux yeux de braises. Merci Jorge et Yves, de m’avoir fait vivre tout simplement. Vous me manquez !!!

Il a été exclu du parti en 1964. La raison invoquée est : « divergence de point de vue par rapport à la ligne du Parti ». À partir de ce moment, il s’est consacré principalement à l’écriture comme cette oeuvre.

Mon amie,  Grâce de Capitani m’a envoyé ce message, hier soir avec un texte que je vous fait découvrir :

Cher André,
C’est avec une émotion considérable que je reçois l’information du déces de Georges Semprun.
Merci de bien vouloir faire circuler ce texte que j’ai écrit, qui fût une demande de mon fils.
Afin de lui donner l’explication sur les atrocités de la deuxième guerre mondiale, en me procurant le livre de Primo Levi, j’ai pu lui donner une version des faits…
Une maman ne se dois t’elle pas de répondre à chaque demande des siens ?
Bien à toi.
Grâce
PS: ce texte est slammé, viens quand tu as un instant, l’écouter à la maison autour d’un bon plat de pâtes et du bon vin.

Maudits soient-ils

C'est là que l'horreur donna grand bal;
Le diable s'y amusa comme au carnaval.
Dans ces camps lourdement maudits,
Où l'on pratiquait sans répit l'infamie
Les forces du mal y ont mené sabbat,
Aux enfers on en fait encore grand cas.
La mort avait dressé des buffets de néant
Et offrait partout ses immondes relents.
L'ignominie en abondance coulait à flots
Prenant soins de provoquer des sanglots.
La haine et la rage dansaient le menuet,
Faisant virevolter à tous vents leurs couperets.
La peur et le désespoir exécutaient des entrechats
Au milieu du chaos, s'en donnant à cœur joie.
Partout les spectres des ténèbres étaient invités,
Se divertissant des tourments infligés.
La fureur, déchainée, exultait avec fracas,
Entraînant avec elle la terreur dans une polka
Belzec, Auschwitz - Birkenau je vous vomi
Ainsi que tout ces lieux où la dignité est trahie
Où l'on se réjouit de réduire l'humain à un pantin,
Et, à force d'abominations, le contraindre au besoin
En aucun temps, cette abjection ne doit tomber dans l'oubli
Que l'on se souvienne toujours de ces malheureux qui ont subi
Qui ont été contraints d'accepter l'inconcevable
Et forcés à Vivre l'innommable;
Sous la baguette de ce pauvre d'esprit,
Inspiré par de mauvais génies.
Mais, puisque tout est possible à celui qui croit,
Alors, Dieu !  Plus jamais, jamais cela.
Grâce de Capitani. 15.06.2005
 
Vous pouvez retrouver ce texte (page 50) dans le premier recueil de poèmes de Grâce
 " Moments de Grâce"
 

Site Internet http://www.grace-de-capitani.com/

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