Le blog de Dédé de Montreuil

" Sortons des grands ensembles pour aller voir les Grands Ensemble "

Yves Montand le rital

Salut M’ssieurs-Dames,

En 1986, quand Jean-Jacques Servan-SchreiberJJSS ) quitta la France déçu par les uns et les autres (!!!) pour devenir Chairman, International Committee à Carnegie-Mellon University à Pittsburgh, il me demanda de le suivre. Après plusieurs temps de réflexion, je refusai et préférai rester ici. Alors, pour ne pas me perdre, il écrivit des lettres à plusieurs de ses amis. Marcel Bleustein Blanchet, Gilbert Trigano, Carlo de Benedetti, Francis Bouygues, etc., et à Yves Montand pour leur proposer mes services (lettre ci-jointe).

Je l’ai ai tous rencontré, ils m’ont écouté, m’ont regardé et m’ont dirigé vers leurs Chefs du Personnel (le mot DRH commençait à sortir de terre). DRH quel grand mot «  Directeur des Ressources Humaines » alors qu’ils virent les gens sans vergognes et sans lois. Pour eux, le personnel c’est des codes barres. §§§§§§§§§§

Un jour, Yves Montand, (suite à la lettre que Jean-Jacques lui avait envoyé à mon sujet) me convoqua Place Dauphine pour me parler du parti politique qu’il voulait mettre en place. Lors de la discussion à bâtons rompus, j’avais du mal à en placer une !!! Il commençait à me gonfler en jouant la star et l’homme engagé… Je lui ai parlé de mon père qui connaissait bien son père dans le maquis italien. Il m’arrêta net et me dit : «  tu es le fils de Chouckan ?»

A partir de ce moment-là, il arrêta de faire le cabot et me prit dans ses bras… après plusieurs whisky et un questionnaire à bâtons rompus, mais surtout avec beaucoup de points communs : nous étions fils de communistes et prolétaires, nos parents étaient arrivés la même année en France, à Marseille pour fuir l’Italie fasciste, nous avions tous les deux le certificat d’études et le CAP de coiffeur pour lui et celui d’électricien pour moi, le même goût pour la cuisine de la région de Toscane et de l’Emilie-Romagne. C’est alors qu’il invita Simone à venir écouter notre conversation. Ce fut une soirée inoubliable dans la Roulotte sans manouches… (On appelait la Roulotte leur appartement.)

Nous nous sommes revus plusieurs jours, plusieurs mois, pour monter une stratégie afin de créer ce parti qui lui tenait dans les tripes. Après Servan-Schreiber, collaborer avec Montand était une suite logique, tous les deux étaient des visionnaires avec des parcours différents mais si proches quand on analysait bien leurs idéologies et leurs idées.

Par une belle après-midi où il jouait aux boules avec César et d’autres amis Place Dauphine, il m’invita à venir boire un Perrier, Chez Paul,son QG pour m’annoncer qu’il arrêtait son idée de parti politique. Je m’en doutais un peu ! Depuis plusieurs jours, il était aux abonnés absents…

C’était son choix, je pense que la raison a pris le dessus. Il s’est aperçu que le métier d’un homme politique était rude et qu’il n’avait pas réuni autour de lui la machine de guerre «le fric» et les réseaux influents ou affluents.

Nous nous sommes revus plusieurs fois pour parler de la pluie et du mauvais temps.

La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était à l’enterrement de Coluche ou je l’ai accompagné et servi de garde du corps, depuis l’église ou l’abbé Pierre avait fait un discours élogieux jusqu’au cimetière de Montrouge. Yves Montand fit un discours que je n’oublierai jamais, en rendant hommage à Coluche et à Simone Signoret, morte quelques mois auparavant, devant une foule de gens connus et inconnus. Un grand moment…

Voici son discours au cimetière de Montrouge

«Tendre et lucide enfoiré,

Je ne sais de Simone ou de toi,

Quel est celui le plus enfoiré des deux ?

Vous ne perdez rien pour attendre.

Allez, Salut.»

Je passe souvent devant La Roulotte, place Dauphine, en ayant toujours une pensée pour ce grand bonhomme qui a quand même eu une liaison avec Marilyn Monroe qui représentait le capitalisme américain à fond, pour un communiste, c’est un vrai pied de nez… et un bras d’honneur.

J’espère que ceux qui habitent dans cette Roulotte aujourd’hui prennent conscience que dans ce lieu avec très peu de lumière, les plus grands se sont reposés, bien marrés, affolés, vexés, jalousés, énervés, fâchés sans jamais arrêter de réfléchir.

Ciao bello italiano vero.

Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
A Vélib’
Nous étions quelques bons copains
Y avait Bertrand y avait Villepin
Y avait François et Nicolas
Et puis Ségolène

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :